Hagne don'
Huggy Home saute sur le blog
Les certitudes,
Les avis définitifs ?
Je m'en méfie
Comme de la peste ;
Surtout des miens.
Mes grandes idées
Ont disparu
Sans laisser d'adresse.
"Ce n'est pas le temps qui passe, c'est nous qui passons."
Coco Lapin
Bon, aujourd'hui, vous m'excuserez, mais je suis très fainéant. Très fatigué, aussi. L'article de Chris concernant l'amour m'a rappelé que
Socrate avait rencontré l'oracle qui lui avait (entre autres) raconté ceci, qu'amour est fils d'expédient et de pauvreté.
Aucun dieu ne s’occupe à philosopher et ne désire devenir savant, car il l’est. Et d’une manière générale si l’on est savant on ne philosophe pas ; mais les ignorants eux non plus ne
philosophent pas, et ne désirent pas devenir savants. C’est là justement ce qu’il y a de fâcheux dans l’ignorance : on n’est ni beau, ni bon, ni intelligent, et pourtant on croit l’être
assez. On ne désire pas une chose quand on ne croit pas qu’elle vous manque.
- Qui sont donc, Diotime, demandai-je, ceux qui philosophent, s’ils ne sont ni les savants ni les ignorants.
- C’est très clair, dit-elle ; même un enfant le verrait dès maintenant : ceux qui se trouvent entre les deux, et l’Amour doit en faire partie. La science, en effet, compte parmi les choses les plus belles ; or l’Amour est amour du beau ; il est donc nécessaire que l’Amour soit philosophe et, comme il est philosophe, qu’il tienne le milieu entre le savant et l’ignorant. La cause de cela même est dans son origine, car il est né d’un père savant et plein de ressources, et d’une mère dépourvue de science comme de ressources. Telle est, mon cher Socrate, la nature de ce démon. Mais l’idée que tu t’étais faite de l’Amour n’avait rien de surprenant. Ton idée, autant que tes paroles me permettent de le conjecturer, est que l’Amour est l’aimé, et non ce qui aime. Pour cette raison, sans doute, il te paraissait doué de toutes les beautés. Et de fait ce qui est aimable, c’est ce qui est réellement beau, délicat, parfait, digne de toute félicité. Mais l’essence de ce qui aime est différente : je viens de t’exposer ce qu’elle est.
Je vois que vous avez apprécié cette introduction à la pensée épicurienne... Comme une crème de soin pour l'âme,
c'est une sagesse vraiment revitalisante, à la fois, saine, naturelle et simple, bonne pour l'esprit et bonne pour teint.
Allez, encore une, pour la route ! Aimez ceux et ce que vous aimez avec le plaisir du gourmet...
MAXIME XLIV
Ceux qui ont eu le talent de se procurer par leurs environs une sécurité entière, ceux-là on passé leur vie agréablement
dans le sein de l'amitié et de la confiance réciproque : et quand il a fallu perdre ces amis si chers, ils ne se sont point plaints que la mort les eût enlevé trop
tôt.
Si nous n'avions point de soupçons fâcheux à la vue de ce qui se passe dans le ciel, ni d'inquiétude au sujet de la mort, et que nous connussions les limites du
besoin et de la douleur, la Philosophie nous serait entièrement inutile.
Epicure
maxime XI

Le philosophe n'a pas dit :
"Croissez, et multipliez"
Non, ce n'est pas lui.
Mais il aurait pu préciser :
"- Mais surtout pas à l'infini
Car les ressources sont limitées."
En revanche, le philosophe a dit :
"- Pour vivre heureux, vivons cachés."
Il ne dit pas que des âneries.
Je sais une place où s'y nicher
Petit îlot pas loin d'ici
Sans immondices ni indiscrets.
"Je pense, j'existe", méditait métaphysiquement Descartes un jour qu'il n'avait pas trop la migraine.
Les créatures imaginaires
existent-elles ? Ça existe, les créatures imaginaires ? Si elles existent, existent-elles plus, ou moins, que les créatures réelles ? Les créatures imaginaires n'existent-elles que dans les
histoires ? Les histoires pensent-elles d'elles-même ? Ou bien donnent-elles à penser ?
Ne donne t'on pas seulement ce que l'on a ?
On ne peut pas vraiment dire que je sois jamais sorti de la réalité. Je vois très bien que ceci est en bois, par exemple. Et que cela ne l’est
pas.
Un beau jour (ou était-ce une nuit ?), nous revenions d’Elbeuf, Jean-Marie et moi. Nous entrions sur le boulevard des Belges, quand une 4L bleue serra ma 4L blanche contre le trottoir… Les
cow-boys avaient jailli, nous avaient un peu menacés, fouillés au corps, et ils nous avaient posé des tas de questions indiscrètes, par exemple sur le but de notre voyage, sur ce que nous
faisions dans la vie, tout ça... Nous étions étudiants en philosophie et nous rentrions chez nous.
Le douanier, dépité, finissait par se convaincre de l’absence de toutes substances illégales et le défaut d’armes de catégorie supérieure à la moyenne dans les chaussettes de ce grand
Africain aux yeux en bille de loto, quand Jean-Marie, gris comme un linge, lui demanda soudain :
"- Mais c’est quoi, la réalité, Douanier ?
- Bin... La réalité, c'est ça ?" demanda aussi le gabelou en désignant l'environnement immédiat, parce c'est commode de répondre à une question par une autre question quand on se sent piégé.
Les gens ont du mal à dire "je ne sais pas", surtout s'ils portent un uniforme !
"- Ce que je vois ? ajouta-t-il encore.
- Maiiiiiis noooooooooon ! Douanier ! Ça, c'est ce que tu crois, c'est l'illusion ! Ta réalité, elle est là, affirma mon ami en lui tapotant le képi de son doigt immense. Chez Freud, le
principe de réalité est lié au principe de plaisir : la recherche de la satisfaction doit tenir compte des contingences extérieures, des conditions imposées par ce qui ne dépend pas de
nous... C'est sexuel !
- Heu... C'est possible... Si vous le disez !"
Je ne me souviens plus très bien de la suite de la conversation, seulement que les yeux, c'est moi qui ai commencer à les rouler, parce que les douaniers étaient fatigués, peut-être, à travailler
de nuit, je sais pas, vous avez déjà travaillé la nuit ? C'est fatiguant, hein ? Bref : si j'avais très envie de partir, et c'était surtout parce quand le bleu m'avait demandé mes papiers,
je les avais TOUS sortis de mon portefeuille, replié le bazar là-dessus, sur la paperasse, et fourré l'ensemble dans les mains du type, genre "démerde-toi avec ça", et, profitant de la
confusion occasionnée par cette providentielle pluie administrative, j'avais balancé mon shit dans le caniveau ; et je n'allais être rassuré qu'une fois parti loin de là. Car,
effectivement, je me droguais beaucoup, et souvent, et longtemps, à cette époque, on n'a pas tous les jours vingt ans.
Aussi, arrivés dans ce que je n'ose toujours pas appeler notre appartement (trop petit), on a fumé un gros pétard pour fêter ça. "- Est-ce que tu vois du bien ?", qu'on gueulait, avec
l'accent ivoirien, moi aussi, oui, par mimétisme.
Rideau.
Reggae.
Le sobriquet de péripatéticienne (celle qui se promène) est attribué par euphémisme aux prostituées. Le masculin, péripatéticien, existe mais ne qualifie aucunement un homme se prostituant ; ceux-là on les appelle autrement. Les Péripatéticiens -disciples d'Aristote- enseignaient que l'âme n'était qu'une faculté capable d'atteindre toutes les sortes de perfection passive, et qu'alors, par la connaissance et la vertu elle devenait apte à s'unir à l'Intelligence. Notez la majuscule. Et tout ça leur venait pendant la promenade, d'où leur nom. Et puis ils étaient Grecs antiques, une petite pipe ne les effrayait pas, mais gratuitement. Non, mais il faut savoir les choses, avant d'en parler.
Tout paraît possible à l'Homme.
Mais Tout lui est-il souhaitable ?
Voilà. Désolé.

On a beaucoup phrasé au sujet de l’immortalité ; globalement, il en ressort trois théories que j’ai synthétisées pour vous. Heureusement que je suis là pour vous mâcher le boulot, pas vrai ?
1) Dieu est mort, et tous les hommes seront emportés dans les flammes éternelles, même les bons cons qui n’ont rien demandé à personne.
2) Les hommes sont mortels, exceptés les plus favorisés. La métempsycose tourne mal et le cercle devient vicieux.
3) Il n’y a pas que les vivants dans la vie: le minéral reste immuable et permanent. Donc, si l’on introduit les acquis du vivant dans la matière inerte, il faut être pointu parce que c’est compliqué, les technologies modernes.
Bon, ben... ok !
Encore une question, alors ? Cette fois, c'est Leibniz. J'espère qu'il n'était ni officionado, ni tortionnaire en aucune manière, mais bon, ces gens-là, on connait ce qu'ils écrivirent, quant à
ce qu'ils firent, c'est passé à la trappe de l'Histoire, H majuscule. Si ça se trouve, Socrate était un fieffé salopard. Pardon ? Socrate n'écrivait pas ? Qu'est-ce que vous en savez ? Apportez
moi votre carnet de correspondance!
Pourquoi quelque chose, plutôt que rien ?
J'avais déjà posé cette question, mais tout le monde s'en était foutu.
Allons, faites un petit effort, oui, vous là-bas, dans le fond, je vous ai vu, vous revâssiez ! Vous regardiez les corneilles par la fenêtre ! Vous bayiez ! Venez au tableau,
enlevez les doigts de votre nez, et répondez !
Ah ah !
Paf !
L'autre jour, j'écoutais Nonobstant, la nouvelle émission d'Yves Calvi (un peu chauve, mais c'est de la radio), sur France Inter, donc. A 17 heures. L'invité
était le fameux psychiatre spécialiste de l'adolescence, Marcel Ruffo. J'adore Ruffo. On a tout de suite envie de se confier à lui, de s'en faire un ami, qu'il nous fasse un câlin.
Bref.
Calvi rapporte, au fil de l'entretien, une série de questions que des ados ont posées à Ruffo dans le cadre d'une (ou un ?) interview dans Télérama.
Vous me suivez toujours, là ? Non, parce que moi, j'ai l'impression de m'embrouiller.
Bref.
Une de ces questions était celle-ci :
Peut-on être maître de ses actes alors que l'inconscient est si puissant ?
Bon, Ruffo n'a pas répondu, on a juste senti son sourire bienveillant. De toutes façons, c'est une petite émission de trente minutes.
Et ce sont des entretiens, on est surtout là pour parler de l'entretenu (on dit, ça ? l'interviewvé ?), de son actu, tout ça.
Mais moi, cette question, je sens bien qu'il y a quelque chose derrière.
Aussi je vous la pose :
Selon vous, peut-on être maître de ses actes alors que l'inconscient est si puissant ?
Allez, au boulot.
Pour Marie Rennard,
que je devrais féliciter pour l'aboutissement de son travail, et à laquelle je devrais peut-être présenter quelque excuse , qui me disait un jour -entre deux verres de vin blanc, qu'il est
impossible de dénifir ce qu'est la vie, j'adresse une réponse légèrement diferrée qui m'a parue vraiment pertinente. Je l'ai trouvée dans le hors-série Sciences et Avenir de juillet-août ("seuls
?")

Ensemble tout
devient pénible

Vu ?
Hmpf ! Tu serais capable, toi, de dire exactement comment que tu vas te la goupiller, ta vie ? J'aimerais m'employer dans les écritures, s'il faut ABSOLUMENT donner une réponse...
Mouais... Oui, non, d'accord. Mais sérieusement ?
Hm...
Je suis caché au grenier. C'est ma caverne, mon secret, mon ventre chaud. Il n'y a pas d'échelle, il faut connaître les petites prises pour s'y hisser, se méfier des planchers instables et des trous vicieux. Quiconque n'est pas guidé par moi ose beaucoup, et risque ses jambes. D'ailleurs j'ai mis un panneau, une herse, des tessons. Je me vautre parmi les magazines -tous ceux que je n'ai pas pu refourguer chez le bouquiniste, les trop collés, je me fais mon petit blé comme ça... C'est le jour du Seigneur et je regarde voler de la poussière... Les mandibules un peu crispées, le visage pesant, les yeux qui me grattent, une pulsation aux tempes... Le réel s'exprime selon ses particules, les photons me tamponnent la pupille par milliasses, des molécules plus ou moins fétides me titillent l'olfactif, le papier frémit à mes oscillations, je me pique les paumes à des échardes, et c'est comme ça pour tous les sens, sauf pour le goût parce que je ne suis en train de ne rien manger du tout.

LA PHILOSOPHIE D'EPICURE
Epicure méritait VRAIMENT ce pied de page.
Allegro, ergo sum ;
Vous répondîtes