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HUGGYHOME

La machine infernale

30 Septembre 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

Mais non, ne vous inquiétez pas, ne paniquez pas, et enlevez donc cette bouée : les grandes banques françaises sont solides -écoutez Sarko ce soir il vous le dira, en roulant des épaules (plus il a de tics, plus il ment fort). La main invisible du marché va tout arranger...
Quand elle aura fini de se gratter les couilles en or !
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je t'ai vue !

29 Septembre 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #JE veux RIMER (powems)

Tu as beau te tapir bouclée dans tes cheveux
Je sens dans mes prunelles que fouillent tes yeux
Les aiguilles, la pendule languissent, piégées
Attendent la pause que tu pourras goûter

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A poil !

29 Septembre 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

Hiiiiiiiiiiiiiii ! Hiiiiiiiiiiiiiiii ! C'est la crise ! Vendez tout ! ! Retirez tout, achetez de l'or ! C'est de la panique ! Hiiiiiiiiiiiiiii ! Hiiiiiiiiiiiiiiii !
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Cinéma

23 Septembre 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

Planquez vos miches, rentrez vos gisquettes : je me fais une petite cure intensive
L'assassinat de Jesse James par le lâche Bob Ford d'Andrew Dominik
Les idiots de Lars Van Trier (glups)
Mysic River de Clint Eastwood
Deuxième Souffle de Jean-Pierre Melville

C'est mon programme de la nuit


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Je cherche un remplaçant

18 Septembre 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

Pour me remplacer au pied levé au foyer, voici mes instructions. Arrêtez de mâchonner votre stylo et de regarder par la fenêtre : je pars demain faire le tour du monde -en dormant, alors lisez bien tout tout, après vous saurez être surveillant(e) de nuit(e) à ma place, j'en ai plein le dos, ça tombe bien. Merci d'avance.

Avant tout, rencontrer le public au préalable, partager un ou deux repas avec les résidents pour se confronter au handicap mental (désormais dans le milieu on dit la "déficience intélectuelle", mais tout le monde n'en est pas forcément) et se décider si on on peut supporter (certaines personnes ont peur).

Bien regarder d'abord son planning pour éviter les surprises (attention aux changements de dernière minute).

L'arrivée. A 20H, à 21h, à 22H, ou 23h. Ca dépend.
Café avec les collègues, transmission des dernières nouvelles. Consultation du cahier de liaison. Comptage des résidents sur le tableau de présence (entre 15 et 32 résidents). Un collègue passe la nuit sur place dans une chambre réservée à cet effet. Regarder les affichage dans le bureau. Évaluer la quantité de ménage à effectuer.

Rester attentif aux bruits de la nuit : portes, pas, chasses d'eau, cris, pleurs, appels...

Une ronde toutes les heures, hop hop hop, baguenauder à la lueur verdâtre des issues de secours... Moi je le fais pieds-nus, rapport à la discrétion et à mes chaussures qui me font puer les arpions.

Passer dans les couloirs et écouter aux portes. Passer dans les chambres de certains résidents épileptiques. En cas de crise d'épilepsie : veiller à la sécurité de la personne, éloigner les objets dangereux, rester jusqu'à la fin de la crise. En général, la personne ne se réveille même pas. De toute façon, elle est épuisée et se rendort très rapidement, la rassurer, la border...

En cas d'angoisse, ou d'envie de parler : rassurer par sa présence, et rappeler la règle qui veut qu'on dorme, la nuit. C'est con, mais quand on n'a pas la même notion du temps que nous autres, les personnes dites "ordinaires", c'est pas forcément évident.

En cas de violence: isoler la personne, réveiller le collègue, protéger les autres, ne jamais tourner le dos, et éventuellement en cas de prolongement de la crise faire appel aux secours (astreinte, pompiers, police). Un psychotique en crise a une force immense, il ne ressent pas la douleur, il est dangereux comme un éléphant furieux. Moi, je m'y frotte pas, et puis j'ai pas pour vocation de casser la gueule aux gens.

En cas de bazar (il y a des blagueurs) : rappel impérieux à cette autre règle qui dit que la nuit, les autres dorment et qu'il ne faut pas chanter, ni mettre la musique à fond ou imiter les animaux à une heure pareille. Recoucher la personne, rester avec elle un moment, ou devant la porte. Le veilleur n'a pas accès aux cigarettes de résidents, d'ailleurs c'est le rôle de l'éducateur de donner des cigarettes.

Pour éviter les vols ne pas laisser traîner de café, de nourriture, de clés, de cigarettes, des bonbons, des bouquins...

En cas de blessure (chute ou violence), assurer les premiers secours et prévenir les professionnels de la chose aux 15, 17, 18 ou 112 (numéro d'urgence depuis un portable).

En cas de bobo (mal de tête, de ventre...) donner un paracétamol ou un aspirine : attention, il y a une liste affichée dans le bureau, certains résidents sont allergiques à l'un ou l'autre produit. Normalement les surveillants n'ont pas le droit de donner d'autres médicaments : pour cela il faut réveiller le collègue (En cas de crise d'asthme notamment). Ou alors, en cas de doute, discrètement préparer un placébo (eau + sucre ou farine).

Le ménage

Je commence le ménage à 4H30 du matin, quand le sommeil me menace le plus. Moins de deux heures me suffisent, mais un débutant devra compter le double du temps : je connais les gestes par coeur, alors je vais vite.

Dans la lingerie, le planning du ménage est affiché : il faut faire des croix dans les cases. Il y a un rythme de ménage pour chaque pièces : les sanitaires sont à nettoyer tous les jours, les bureaux tous les deux jours, les meubles tous les trois jours, etc... C'est facile, hein ?

Dans le local ménage, on trouve tout le matériel : vérifier le chariot, lingettes, serpillières, produits à sanitaires, à vitre, à inox, à meubles... Remplir un des deux bacs d'eau, ajouter la solution détergent sols (1 dose pour 5 litres).

D'abord ramasser la poussière avec les swifs et leur balai prévus à cet effet, puis passer la toile. Changer de toile tous les 20m2 environ. Vider toutes les poubelles.

Quand c'est fini : changer le sac poubelle, vider-nettoyer les bacs, mettre au lavage les serpillières (lavage rapide).

Parfois la direction demande de ranger les chariots de linge des résidents dans des bacs à leurs noms. Les vêtements sont marqués. Ca me gonfle, mais bon

Petit déjeuner : à 6H, faire couler deux cafetières de café normal. Couper deux pains en tranches. Sortir le beurre, le chocolat, le thé, le sucre, les sucrettes... Les résidents se serviront leurs bols eux-même ; y'a pas de raison, on n'est pas à l'hôtel, merde !

Il n'y a que le samedi matin où le veilleur participe activement au service du petit déjeuner.

Ok ? c'est facile, pas vrai ?

Bon. C'est pas tout ça, mais faut que j'y aille.

Et puis encore merci !

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Légères perturbations au-dessus de la Normandie

16 Septembre 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #PERSONNELLEMENT -MOI - JE

Excusez-moi. Je pense à vous et je vous remercie de vous soucier de mon sort.

Je n'écris plus ici depuis quelques jours, ou quelques semaines, déjà, je ne sais plus...

Les physiciens spécialistes de la chose prétendent que le temps est étirable, à cause de la vitesse constante de la lumière ; moi, poète, je suis bien d'accord avec eux, même si je suis tout à incapable de vous refaire la démonstration. Ces temps derniers, je les trouve caoutchouteux, pour ne pas dire immangeables : tantôt, ils filent comme des qui auraient attendu le dernier moment pour remettre leur feuille d'imposition, et parfois, il se traîne, pisseux comme un automne de Normandie...

Le temps n'est jamais à l'heure, trop pressé, ou trop épais.

Je me suis mis trente fois au clavier, avant de me décider. Et puis j'ai remis ça à plus tard. A la prochaine. Non, pas tout de suite. Finalement. Après. Pas maintenant. J'ai préféré griffonner dans mon petit cahier à la belle couverture que m'a offert mon amoureuse, ou alors regarder des films romantiques... J'aime ça, moi, les belles histoires d'amours qui finissent mal, vous savez, quand on pleure à la fin, quand le héros il meurt... Les amours qui changent de genre, selon leur nombre...

C'est à dire que quand je m'y mets, à écrire, rien que d'ouvrir le capot de ma machine, je cherche mes cigarettes, je ne sais pas, peut-être est-ce parce que j'ai besoin des volutes de fumées pour m'inspirer ? Le problème, c'est que je n'ai plus rien à aspirer : je n'ai plus de cigarettes, j'essaie d'arrêter de fumer. Pourtant, c'est pas l'envie que me manque : les habitudes me pourchassent, me harcèlent, me picorent, me chicorent, harcelé par le doute et les récepteurs de nicotine qui réclament leur dose, je souffre, pauv tit pépère... Au réveil, au café, en voiture, quand quelqu'un s'allume une clope, dans la rue, à la queue du cinéma, en revenant du boulot, à la pause, avant la réunion, après la réunion, au marché, au bistro, en sortant de la banque, du libraire, en partant en balade, en revenant de balade, en écoutant de la musique, comme ça, vingt fois par jour, la salope me tente au coin de la rue, du point du jour jusqu'au crépuscule... Hého, me dit l'envie, une petite cigarette ?

Mes journées sont faites de petites victoires sur moi-même. J'ai des crises de manque, bon, je gère, et puis j'ai eu aussi des crises d'angoisse, tu sais, quand on s'éparpille sans parvenir à se rassembler, on a l'impression de devenir dingue, d'un coup, on dit n'importe quoi, on a envie de se rouler en boule sous une couverture, vous voyez le genre de truc quoi.

J'avais finis par me résigner ; après vingt-deux ans d'addiction, je me disais que je serais fumeur jusqu'à mon terme, comme cette femme qui ouvre le clapet de sa trachéotomie pour s'injecter une bonne bouffée...

Je sais pas pour vous, mais autour de moi, le cancer fait des ravages. Ça tombe comme des mouches, par chez nous, les babyboomers. Pas forcément des cancers du fumeurs, non, c'est même assez rare, dans la masse, finalement, toutes sortes de cancers, les seins, les ganglions, les pancréas, les oesophages, les testicules, les anus, les intestins, les ovaires, les utérus, les cerveaux... Toutes ces maladies créées par l'homme, moi, ça me fout les foies. Ça me terrorise, bien plus qu'AL-Qeiada (petit clin d'oeil à la CIA).

Je dis pas que j'y échapperai, mais je sens que c'est pas la peine d'en rajouter.

Les écologistes, sourcil froncés, le disaient bien, depuis cinquante ans, attention, ça va nous retomber sur la gueule, attention, sur celle de nos enfants, aussi, attention ! Les antis, goguenards, disaient mais non, c'est génétique, t'inquiète.

Le déclic, c'est l'amour : j'ai pas envie que, dans trente piges même pas, mes proches viennent pleurnicher au-dessus de mon cadavre, en se disant que c'est injuste, que c'est trop tôt.

Ça m'est arrivé récemment, et, je vais vous dire, de voir quelqu'un partir trop jeune, trop vite... C'est sans doute trop dur, ça a beau être inacceptable, n'empêche que c'est là.

C'est aussi pour ça que j'avais pas envie d'écrire, pas trop, le deuil, vous savez ce que c'est, on se retrouve... incapable... J'avais plutôt besoin de parler parler parler de cet inacceptable, intolérable mort. Parler avec la bouche, je veux dire : écrire, c'est pas pareil. Moi je veux partir comme la grand-mère, sans m'en apercevoir, en foutinant dans la salle de bains.

Mais bon... On ne choisit pas, j'avais oublié. Même les macrobios craignent le crabe.

Avec le pognon que j'aurai économisé, j'irais bien aux Antilles.

Il faut que je reste vigilant : la dépendance au tabac, c'est pernicieux. J'ai pas gagné. Pas du tout.

Une petite bière ?

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