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HUGGYHOME

Interractivité à la main, à la fois amicale et fraternelle

30 Juillet 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #LES JUSTES

Bon.

Voici mes trois frères et moi.DSC04220.JPG

Question:  le(s)quel(s) est-ce que je pourrais battre au ping-pong ?
Exercice : Imprimez la photo. Munissez-vous de crayons de couleur. 
En rouge : François.
En bleu : Vincent.
En orange : Laurent.
En vert : Sébastien.
Scannez le résultat.
Envoyez-moi.
Si vous avez bon, je vous le dirai.
Sinon, je vous le dirai aussi.
Bonne récompense assurée pour le premier arrivé !

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Névrosia ne regarde pas ça

29 Juillet 2007 , Rédigé par Seb

Pour commencer, les candidats dorment.
A suivre : ils se brossent les dents en trémoussant sur des boumeboumes de supermarché.
Et puis, ils chuchotent sur des transats, autour d'une piscine.
Ensuite, ils caquettent sur deux grands canapés.
Pour finir, ils ergotent, un verre à la main.
Ils ont la pression. Stressent. Pleurnichent, brâment.
Eau chaude, eau froide.
Pas d'amour, ni même  un peu de baise.
Pas de mandales : seulement des menaces.
Rien.
Rideau.
castaldi.jpgNe mangez ni trop salé, ni trop gras, ni trop sucré.
Ilsnti_bug_fck
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RETOUR D'HELENE - épisode dernier

28 Juillet 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #NOUVELLES

 

 

 

Se procurer l'Illiade

- Où est Pâris ? leur demande t’il, que se passe t'il ?
- Ils font des choses, quelque part par-là, dit Cassandre en pointant en direction des terriers.
- Qui ça, ils ?
- Pâris a trouvé quelqu'un pour la nuit…
- Il nous a montré sa conquête, ça c'est de la femme, ajoute Hector en se prenant une claque derrière les oreilles. C’est Aphrodite qui lui a présenté.
- La vieille chouette...
- Hein ?

- Rien, continue.
- Il nous a dit de nous tenir prêts pour le bateau à cinq heures.
- Cinq heures ... du matin ?
- Ouais, non mais je veux pas critiquer, mais ton pote, écume Cassandre, là, il abuse !

Passent de longues minutes …
Le problème, c'est que cette fille là, elle était peut-être venue déjà accompagnée à la soirée, songe Polytlès, fuyayaille, l’embrouille, il espère que non, s'amuser à jouer les galants dans un pareil endroit ! Faut-il y croire, faut-il ?
Il surveille la nuit encore longtemps, avant que deux silhouettes enlacées n’apparaissent dans la nuit : Pâris et sa conque arrivent au camp, la frimousse enfarinée, elle est magnifiquement décoiffée, il a le casque tout de guingois, leurs pupilles sont humides…
Polytlès se plante sous le nez de la jeune femme, et pose une question à laquelle elle répond en pouffant :

« - Moi ? C’est Hélène, pourquoi ?
- Hélas ! La femme de Ménélas !
- Oui, la femme de Ménélas, et alors ? Qu’est-ce que ça peut faire ? Pâris, mais c’est qui, ce mec ? D’où est-ce qu’il sort ?
- Je suis l’ami de Pâris, répond lui-même Polytlès. Non mais t'es vraiment une tête de fraise, toi, dit Polytlès en se tournant vers son copain. Non mais, tu sais c’est qui c’est, cette fille-là, sauf votre respect ?
- Oui, je sais, c’est Aphrodite qui me l’a présentée… Elle est belle, hein ? Je crois qu’on va se marier.
- Vous marier… Vous marier ? Vous marier ! Mais, elle l’est déjà, mariée !

- Pas chez nous… Et puis j’ai bien le droit de tomber amoureux de temps en temps, non ?
 
- Pff !
- C’est facile à dire, ça, mais quoi ? Qu'est ce que j'aurais pu faire, selon toi ?
- Tu aurais pu prendre dire non à la fatalité et réfléchir un petit peu, mon petit pote !
- C’est vrai. Ça aurait été plus simple… J’aurais dû choisir la femme du patron, comme gagnante… Mais c’était inscrit sur les tablettes de la Fortune. »

 
 

Cassandre s’emporte :

« - Fortune mes fesses, oui ! Je l’avais bien dit, mais on ne m’écoute jamais ! Non, mais j’ai l’impression que vous ne vous rendez pas bien compte du danger ! De la situation réelle ! C’est la crise ! On va avoir tous les Achéens aux trousses, je tiens à mes dents de devant, moi, et même et surtout pour la gloire ! Vous connaissez pourtant  ces espèces de spartiates, ce sont des brutes, des bêtes de guerre ! Il faut se tirer ! Et vite !
- Elle n’a pas tort. Ulysse, le gars que j'ai rencontré sur la plage, m’a raconté ton histoire, Hélène.
- Je suis une femme libre. Je pars avec Pâris. Je viens avec vous. Après tout, c’est aussi un prince…
- Bon, dit Hector, réaliste. Regardez ces lumières, sur la crête, entendez-vous ces cris ? Il semble qu’on nous cherche déjà. Allons-nous rester ici à attendre qu’on nous cueille, mal cachés derrière notre petite enceinte ? Non ! Seuls des murs épais pourront nous protéger. Rentrons à Ilion !

En un seul mouvement, ils saisissent leurs sacs, les yeux avivés par l’alerte. Blang blang blang, c'est le bruit des casseroles qui s'entrechoquent contre leurs flancs. Ils voudraient rester discrets, ils trébuchent dans la nuit, les rochers coupants sont prêts à leur déchirer l’épiderme, mais aucune arrête ne vient trancher leurs mains offertes.

Les Achéens sont partout, leurs bronzes rutilent dans les projecteurs qui fouillent les ténèbres, mille fois les lumières les frôlent, mais ce soir, ils sont invulnérables, ils sont imperceptibles…

 
 


Ils sont passés au travers de la nasse : la retraite s'est effectuée dans les meilleures conditions, l’héroïque section, épuisée mais entière, n’a laissé à l’ennemi que les engins par Hermès confiés, au pied d’un olivier…
Ils embarquent sur leur trière, la lune qui leur était masquée se mire désormais dans la mer, nul besoin d’allumer les feux du bateau, on sait manoeuvrer sous son utile lueur. Un vent opportun les pousse au large. Les indigènes spoliés s’agitent sur le quai, sonnent le cor.

 
 
 
 

Polytlès dit :

« - Tu aurais pu réprimer tes montées de jus de glande et réfléchir un petit peu, mon petit pote ! Maintenant, on va les avoir au train, je les connaîs, il va falloir aller se retrancher à Ilion. En hauteur. On les verra arriver de loin. Hm. C
es Grecs ne nous lâcherons pas jusqu’à la récupérer, leur Hélène... Je parie qu’on en aura pour des années.

- J’aurais dû choisir la femme du patron, comme présidente… Mais c’était écrit. »
 
Ils s’éloignent ainsi, tentant de fuir leur Destin, cheveux aux vents… Le soleil darde ses premiers feux d'airain sur la mer Egée qui s’enflamme, annonciatrice de tourments et d’épopées qui marqueront l’histoire des siècles.
 
 

FIN

 
 


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RETOUR D'HELENE - épisode 7

27 Juillet 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #NOUVELLES

 

 

Résumé : Pâris le Troyen a donné la pomme d'or à une immortelle qu'il n'aurait pas dû choisir. En remerciement, elle lui promet un beau cadeau.

On fait connaissance, on barvarde ; Ulysse raconte à Polytlès les mésaventures de Ménélas l'Atride, son meilleur ami, un prince du coin : son épouse, Hélène, lui a pris le chou pendant des jours pour assister au mariage de Thétis et Pelée, ses cousins, et surtout pour se présenter au concours de beauté du Mont Pélion, haut-lieu des dépravations insulaires. Hé : elle avait ses chances, car hormis les imortelles filles du Patron, il n’y a pas plus belle femme sur cette terre. Elle lui a fait tout un cirque, comme quoi il l'empêchait de vivre, que c'était toujours la même chose, et puisque c'était ainsi, il allait faire ceinture jusqu'à nouvel ordre. Na. Il
a finalement cédé quand Aphrodite a personnellement insisté, et il est resté bouder au palais pour ravaler sa peine. De toutes façons, elle lui a interdit de venir traîner ses guêtres dans les parages, par peur du scandale : il serait capable de dézinguer n'importe quel couillon trop entreprenant.
Avec prudence, Polytlès s’étonne que Ménélas ait pu épouser pareille traînée. Ulysse est bien contrarié... Il sait que Ménélas aime son épouse comme le roseau aime l’eau. Il a grand malheur avec cette fille :


«  - Tu verrais la tête de l'Atride, le pauvre… Il fait peine à voir, à la vérité. Il est jaloux, il a soupçonne tout le temps, sa petite figure triste, son visage tout rabattu, un peu, comme ça... Quand il l’a rencontrée, il s'est retrouvé comme ensorcelé, ça arrive, hein, il est amoureux, mais elle ? Si elle a dit oui, c’est probablement pour les honneurs, tu comprends ? Devenir princesse ! Et puis il offrait en dot sa royale condition, ce qui n’est quand même pas rien.
- C’est sûr. Et après ? C'est de sa faute, il aurait dû deviner ce qui allait se passer, non ? »

Le regard d’Ulysse flotte un instant, puis :

« - Le Destin les a enchaînés, c'était ECRIT, comprends ça, le Destin, c’est plus fort que l'Homme !

- C’est sûr…
réplique Polytlès. Son Destin, on y échappe pas. Si c'est comme ça que c'était écrit... Quelle tragédie !
- Et puis si tu voyais son regard, à la coquine, cette invitation à la faute ! Elle n’a pas gagné, contre les Trois, tu parles, toujours les mêmes, mais je devais la surveiller, et elle m’a filé entre les pattes après sa demi-finale, je suis bien embêté : Ménélas devrait arriver d'une minute à l'autre, on l'a prévenu, ce soir, sa guêpe l’a piqué.
- C’est sûr … », 
refait Polytlès, poli. Le temps a passé. Intéressé par cette histoire édifiante, mais inquiet du sort de ses amis, il remercie Ulysse et prend congé.

Le concours s’est achevé depuis un bon moment, quelques piliers s’accrochent encore au comptoir, d’autres sont couchés sur le flanc comme des canettes vides... et ses compères qui se sont tous sauvés sans l’attendre, les enfumés !
Heureusement ils lui ont laissé son scooter. L’engin pétarade un peu. Dehors, Ulysse est en grande grande conversation avec une troupe en armes, soudainement apparue sur la plage, avec des torches…
Peu rassuré par cette agitation soudaine, Polytlès tourne casaque, il ajuste son casque et s’enfonce seul dans la nuit.

Il a longé la côte, s’est empêtré les pneus dans les rochers, puis il est finalement tombé sur le campement, un peu par hasard. Hector et Cassandre sont autour du foyer encore fumant, sac au dos. Leurs affaires sont rangées en tas.

 
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CLAP DE NUIT

26 Juillet 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #PERSONNELLEMENT -MOI - JE

Voilà qui est confortable pour écrire : un feutre à pointe fine. Bleu, pour le confort de la vue et l'apaisement du regard... Ca glisse bein, je waouffe dans le vent, dérapages, nuages d'encre...
C'est dommage que vous puissiez pas voir ça...
L'écriture à la main se fait rare, à l'époque du clavier-roi. Il m'arrive cependant d'en tartiner encore des pages, comme me voilà en train de le faire ce soir... Mon manuscrit se couvre de gribouillis, visages, fusées, dragons, de ratures, pâtés, flèches, notes, de mots illisibles et de lettres repassées, mouettes qui suivent le sillon de  mon écriture. Je laboure le papier. Tous ces petits machins, ce sont mes bidules à moi. :0022:
Vous écrivez encore à la main, vous ?
Mais dans quelles circonstances ?
J'aime bien aller interroger les gens avec mon petit carnet à souches, je note, je demande, on boit une bière, ou un café, c'est selon. A la maison, je saisis l'article sur l'ordi, et voici une feuille de papier qui aura bien servi. Vous connaissez Karpov, reporter à l'écho des labours . Relisez Sokal !
Tout de suite, là, au moment où je vous écris, je suis  au boulot ; à la lune, il est minuit  et quart. Que dit la météo ? Belles éclaircies, il ne pleuvra pas avant  20h02,5468, car la précision de décimales fait oublier l'imprécision de prévisions ; à voir aussi : les sondages, les points de croissance,les chiffres du chômages. Assommés à coup de virgules. Poh ! Poh ! En ce qui me concerne, je suis nul en chiffres, et, quand je signe un chèque je suis obligé de me relire. Heureusement, depuis quelques semaines je porte des lunettes !  Ca y est ! Je fais partie du club : amis binoclards, je vous salue bien bas !
dsc04209.jpgJ'ai fait la tête méchante pour n'être pas reconnu.
Je travaille avec des déficients intellectuels (...)
Woa, si tu avais vu ce décollage ! J'ai bondi comme un clown de son étui quand le téléphone a sonné, j'ai planté là ma feuille et le si fameux stylo-feutre, j'ai couru de tout la puissance de mes sandalettes, mais quel est le bougre de con qui est en train de me réveiller mes handicapés ? C'est Caroline, elle est barrée avec les clefs du camion le WA ps celui qui est contre le lur l'autre qui est en face dont le pare-choc est abimé est-ce que je peux le dire à Carole mais il ne faut pas la réveiller parce que demain matin comme ça si elle en a besoin elle l'appelle comme ça elle aura le temps de prendre sa douche et de se maquiller parce que sinon si elle sort elle se sent toute nue mais avant sept heures ok ok ok ok...
La nuit, je déteste bavarder, ENCORE PLUS que le jour, ça m'agace, car je suis plutôt écouteur que parleur. La nuit, je l'ai choisie, c'est justement pour ne pas me perdre en causeries, je suis mauvais à l'oral vertical. Je m'efforce de n'en rien laisser paraître et je parviens à bavarder, donc, mais vraiment à contre-coeur. Parlons parlons, mais tout ce que nous dirons pourra être retenu contre nous. le problème c'est quand mon interlocuteur ne s'aperçoit pas qu'il m'importune malgré mes réponses succinctes et mon regard fuyant.
Oui, ça reste encore mieux quand c'est de l'écrit. 
Il se peut que je n'aie pas grand-chose à dire, mais il faut que cela se sache. Encadrez cet aphorisme et gardez le pour une fois il n'y aura pas grand-chose à dire : parlez des phases de la lune, sinon, on peut causer de la pluie qui veut pas s'arrêter, de la myxomatose ou des incendies de forêt...
Vous le saviez, vous, que les Parcs nationaux du sud de l'Italie étaient en flammes?

Moi non plus : à la radio, sorti des péripéties du Tour de France, il n'y a rien d'audible aux infos.
Ca m'a fait mal au coeur en tout cas, c'est dans un de ces parcs que j'ai pour la première fois rencontré une laie en vrai. Oh ! Un marcassin ! Oh ! Un autre ! Ah ! Une laie ! Chacun détala de son, comme on dit, côté. Quelle misère ! Tiens, remets moi z'en une petite, tous ces feux m'ont donné une de ces soif !
Ou plutôt, je vais aller me faire un cawa, un clope, et peut-être un petit caca pour compléter la fameuse loi de Murphy, dite des 3 "C".
Bon, je sens que je commence à faire long, et puis il faut que j'aille déambuler, chacun ses urgences.
(Coupez, elle est bonne ! C'est dans la boîte !)
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RETOUR D'HELENE - EPISODE 6

26 Juillet 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #NOUVELLES

Résumé : Hector, Cassandre, Polytlès et le joli Pâris se sont incrusté à un mariage. Pâris se trouve désigné comme président du jury d'une concours de beauté.

film-troy.jpg

Pâris et Hector

Pâris est entraîné à l’écart. Le prétoire délibère ; chacun y va de son petit argument, suivant son goût ou selon son intérêt ; en tant que président du jury, il doit, en dernier ressort, parmi les trois choisir la plus jolie, celle dont on louera la beauté dans les siècles à venir… C’est à lui que revient la décision finale. Il monte sur une table.  
   
    « - Oyez !
    

Ils oient.

    «  - C’est Aphrodite la plus belle !

 
Et puis c’est l’ovation ! Cris de cochon, têtes qui s’entrechoquent et mains qui étranglent, le sol tremble et les flashs aveuglent la gagnante, elle leur offre son plus doux sourire (numéro 22), celui où elle plisse ses yeux jade, ici, et là… Pendant que la clameur envahit l’assemblée et ne sait plus s’arrêter, les deux vaincues affichent un sourire de circonstance, mais on voit bien qu’elles en ont gros sur la patate ; on porte Pâris en triomphe jusque sur l’estrade. Il s’approche de la plus discrète parmi les trois beautés, la colombe, et il lui tend la pomme d’or comme un cadeau des dieux… Elle s’en saisit, alors Pâris lève la main, le fracas s’amenuise, et il crie :

 
    « - Tournée générale sur le compte du patron !

 
Et c’est reparti, car les Grecs ont le sang chaud : on trinque, on se tape dans le dos, quelle soirée réussie ! Pâris va pour embrasser Aphrodite, mais il est retenu par Hector, qui lui désigne tout de suite le grand rouquin dont les yeux brillent au centre de la meute.

 
    «  - Faut pas voir trop grand, crie t’il directement dans l'oreille de Pâris car on a poussé la musique à fond, regarde par là-bas : j’ai l’impression qu'il faut garder ses distances de sécurité, rapport au monsieur qu’a l'air pas baisant, t’as vu son profil de requin ? »

 
Les yeux magnifiques plongés dans ceux de Pâris, Aphrodite explique que malheureusement pour elle, toute aventure est inconcevable, à cause de son papa jaloux qui n’envisage pas un homme de basse extraction pour elle, fût-il un prince d’Ilion, pas plus que son mari, d’ailleurs. Elle dit aussi que malgré tout, elle lui trouvera la plus belle des femmes après elle, qu'elle la lui gardera bien au chaud.

Polytlès s’est éclipsé. Ça le gonfle, lui qui n’a pas beaucoup de succès avec les femmes, avec les hommes non plus, d’ailleurs, pourtant, ce Pâris, avec ses pectoraux… Zut ! La bonne soupe, c’est toujours pour les mêmes ! Il pense : 

    «  -
Y’en a marre !

 
Il a emprunté l'escalier blanchi à la chaux qui descend sur la rue, dehors il fait plus frais, les tympans lui bourdonnent la cervelle à l'aide de vrombissements aigus et prolongés... C'est à cause de la techno : au bout d'un moment, ça lui fait toujours cet effet-là.
Il faut juste traverser la rue, et il est sur la plage, il y a foule. Il veut allumer une cigarette, mais il a encore perdu son briquet. Il avise un gars qui est là, assis dans un renfoncement de la jetée, qui tire sur son clope, le nez en l’air, l’air de penser à la lune. Il est aussi en train de biberonner au goulot d'une bouteille de Metaxa en fourbe… Quand Polytlès l’interpelle, il est comme saisi ; apeuré, il commence à rouler des yeux pas possibles, à transpirer d'un coup :

 
 « - No police, supplie t’il, no police, no police !
- Ho ho, no police ! No problem ! Ok ? No police !
- No no no police no police, qu’il repeat.
- Mais bougre de con, est ce que j'ai l'air de la police, moi ?
- Vous parlez grec ?
- Non ! J’improvise ! Alors ? Good brandy, you, me ! Moi Greek.»


Le buveur déploie un grand sourire soulagé et lui tapote la main... Il désigne les gens tout autour, hop, il suffit de s'éloigner un peu pour être peinards…

Ulysse, il s'appelle.

 

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RETOUR D'HELENE - épisode 5

25 Juillet 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #NOUVELLES

Résumé : Quatre Troyens sont en vacances dans le Pélopponèse. Le soir venu, ils errent par les petites rues spartiates et se décident pour un estaminet où l'ambiance bat son plein.rubens.pngAphrodite, Athena, Hera, Hermes & Paris par Rubens



Un grand type torse-nu au regard fulgurant, sans doute le patron, à la longue barbe blanche et aux épaules puissantes, est monté sur l’estrade et tonne dans le micro. Son regard parcourt l’assemblée… Il rugit :

    « - La maison espère que les noces de Pelée et Thétis resteront gravé dans vos mémoires ! Vous passez une bonne soirée ?
- Ouaiiiiiiiiis !
- Et maintenant ! Nous allons attaquer les animations ! Vous savez que Sparte est la capitale des arts de la guerre en Grèce et que nous savons nous amuser ! Ce soir ! Nous avons besoin d’une main innocente pour la finale de notre petite compétition... Ah ! Mais j’aperçois là-bas un étranger qui ne pourra être que neutre dans les affaires qui nous concernent ! Un militaire, peut-être ? Quel bel uniforme ! Holà, fier hoplite ! Approche !
Comment t’appelles-tu ? Qui es-tu, d’où viens-tu ?


Le jeune homme se penche sur le microphone, s’éclaircit la voix et se présente :

« - Bonjour, je m’appelle Pâris et je profite d’une permission pour découvrir votre région et ses charmantes coutumes. Nous sommes d’Illion, mes compagnons et moi. Je souhaite tout le bonheur aux jeunes mariés.

- Des touristes troyens ! Sois le bienvenu, auguste Pâris d’Ilion ! Accepteras-tu de désigner celle qui mérite de remporter la grande finale de notre célèbre concours annuel de beauté ?

- Si vous cherchez un avis impartial, je suis votre homme, répond Pâris en rejoignant le micro. Où sont les demoiselles en question ?

- Quelle impatience ! Public, chers clients mes amis, je vois que nous avons affaire à un jeune motivé, un qui en veut ! (à part) Installe-toi sur le trône ici. (plus haut) Mesdames-messieurs, un peu de silence, on va tirer le rideau, un peu de calme et de discipline, sinon, on n’y arrivera jamais, non de Moi !


Le tumulte se mue murmure, roulements de tambours, le rideau se lève : apparaissent trois femmes... Un « hoooo » aérien tournoie lentement au-dessus de l’assistance… Trois célestes beautés, de dix-huit à quarante ans, aux formes harmonieuses, aux visages nobles et charmants, viennent d’apparaître sous les spots : Pâris et ses compagnons ont laissé choir leurs mandibules, sauf Cassandre qui s’est cambrée en pinçant les lèvres ; elle a croisé les bras, elle soupire et lance des couteaux aux yeux de Hector.
La première femme s’avance sur la scène et effectue un aller-retour des plus charmants ; on voit bien que le piquant de sa lance n’est pas seulement affûté pour faire joli, son bouclier ciselé est orné d’yeux de topaze, d’épais cheveux roux s’échappent en cascade de son casque d’or serti de rubis, les bronzes et les argents de son équipement flamboient dans son regard ardent... Les applaudissements se sont figés, pétrifiés par cette éblouissante apparition. La chevêche perchée à son épaule hulule :

« - Ffiour-houuuuuu… histoire de détendre un peu l’atmosphère.

- Mesdames ! Mesdemoiselles ! Messieurs ! Éclate l’autre barbu, permettez-moi de vous présenter la martiale, l’éclairée Athéna, ma propre fille ! Découvrez cette attitude empreinte de sagesse, la régularité de ses traits… Mais ne vous fiez pas à ce joli minois, elle a du caractère, car voyez son habit : c’est la peau du géant Pallas qu'elle a tué et écorché de ses mains. Fallait pas la chercher. Encore un petit tour pour le plaisir des yeux, allez ma chérie, retourne à ta place, car c’est maintenant le moment soumettre à votre verdict notre deuxième finaliste, à mes yeux la plus belle que la terre et les cieux aient jamais porté, car vous l’avez deviné, il s’agit de ma chère et tendre épouse Héra ! Allez la patronne, amène donc tes fesses par ici.

Acclamations de la foule en délire, on lance des bouquets et les casquettes virevoltent jusqu’aux plafonds.

Héra s’avance, altière et majestueuse.

Elle a sorti la grande tenue de pourpre brodé d’ors et d’argents, une canne-sceptre finement ouvragée en main ; coiffée d'un diadème, Héra affirme sa position privilégiée au sein du clandé. Les spectateurs applaudissent à s’en péter les métacarpes. Un paon l’accompagne, il étale son orgueilleuse queue pour l’occasion, et crie léon ! Elle s’expose aux regards de l’assemblée en décortiquant une grenade –le fruit, d’un air mutin.

 


    «  - Allez maman, fini de jouer ! Retourne à ta place, n’en fais pas trop non plus, je vais finir par devenir jaloux tellement que t’es belle, ma chérie.

Quelques sifflets réprimés par un haussement de sourcil de l’orateur.  
    « - Passons maintenant à la troisième de nos charmantes concurrentes, j’ai nommé ma deuxième fille, Aphrodite, engendrée d'une vague étincelante, je sais pas si vous avez remarqué, mais j’ai quand même la chance d’avoir les plus belles filles de Sparte sous mon toit, comment ça, du favoritisme ? Avance-toi, ma Didite.


Aphrodite dissimule à peine son anatomie aux courbes impeccables sous des tulles de soie vaporeuses et célestes. Elle a simplement dérobé ses plus intimes attributs derrière un coquillage nacré. Elle tient en laisse deux nobles cygnes aux cous cintrés. Une écume blanchâtre se forme aux commissures des lèvres des spectateurs, leurs mâchoires pendent. Elle, intimidée, regarde ses orteils gracieux en se dandinant mignonnement. Chuchotements d’admiration, bourdonnements d’extase.


 

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Bidules

24 Juillet 2007 , Rédigé par Seb

Comment ça s'appelle ces machins là ?

:0123:

 ou encore :

:0019:

c'est rigolo !

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RETOUR D'HELENE - épisode 4

24 Juillet 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #NOUVELLES

Résumé :  Les beuveries ont commencé parmi les éléments déchaînés. La qualité de l'amateur de feuilletons, c'est la patience !Les-trois-graces.jpgAvezard - Les trois Grâces - huile sur toile


Les yeux encore collés quand ils se présentent à la porte du restaurant, ils sont accueillis par un aubergiste qui semblait les attendre. Toute la baraque y passe : les poivrons et les farcis, et aussi toutes les brochettes, par brouettes, les aubergines par chariots, un tombereau de tomates, un torrent de courgettes, les pâtissons par pelletées, les haricots (les rouges), les salsifis, les patates, les riz en grains... Des sauces, des garnitures, des poiscailles, et toutes sortes de viandes... Un basilic en salade… Le patron, Hermès, qu'il s'appelle, un grand type, trois fois comme moi. Plutôt poilu, frisé et grisonnant, l'éclat malicieux du regard... Ca, et les vespas planqués derrière le rade :

« - Attention, les Achéens sont de très mauvais conducteurs, comme on dit chez nous : Grec au volant, mort au tournant ! En ce qui me concerne, je suis du pays, ces machines me donnent des ailes aux pieds, je peux délivrer mes messages partout et rapidement. Pratique ! »



Hermès leur a prêté trois de ses engins à vitesses automatiques. Ils sont partis pétaradants comme les vieilles bandes de mobylettes dans la cité... Conquérants, cheveux au vent pour les chevelus, moustiques collés aux dents pour les heureux, sur la visière pour les prudents... Leurs casques rutilent sous les feus du ciel, ils sont les plus forts du monde. Leurs pétrolettes ont du mal à avancer, surtout au sommet des cols ; des fois, même, on est obligé de descendre en route pour pousser, ce qui manque là-dessus, ce sont les pédales. Heureusement, après chaque côte il y a une descente en lacets, et chaud devant ! Hermès n'avait pas menti : on risque sa peau dans toutes les courbes, il ne faut pas jouer au mariole, au risque de se trouer la carcasse dans les cactus.
Ils longent le rivage, s’arrêtent dans un village aux petites maisons blanches sur fond d'océan et d’azur, c'est pour la carte postale. Ce n'est pas une région à colonnes... Il fait très chaud et ils demandent l’hospitalité pour un instant : une belle femme médite à l’ombre d’une vigne grimpante ; ils discutent un peu, et Eris, c’est son nom, félicite Pâris pour la propreté de sa cuirasse ; elle lui offre une belle pomme dorée, lui conseillant avec un clin d’œil de la garder pour la plus belle, sans penser à demain. Elle le prie de bien vouloir excuser la modestie de son offrande et prend congé...
Le climat aride les a complètement desséchés, mais l’eau de la fontaine qui jaillit là par magie  leur donne la force de continuer.

C’est le soir. Ils ont suivi une rivière, erré jusqu’à Sparte, pour tâter de l'ambiance ; des discothèques et des troquets, ça se trémousse, ça sent 1e fauve, la luxure et l'ivrognerie ! Ils ont vagabondé de boîtes en zincs jusqu’à s'échouer au coin d'un comptoir crasseux d’une gargote suspecte : Au Mont Pélion S’ils sont entrés ici (contre l’avis de Cassandre qui prétend avoir la migraine et que ce genre d’endroit n’apporte que des problèmes : personne ne l’écoute) c’est parce on y voyait une parade de jeunes femmes peu vêtues et souriantes.

 

L’endroit est immense, ouverts aux vents, la musique s’échappe par les ouvertures et envahit la rue… Ils comprennent vite le pourquoi de tant d’agitation : c’est une soirée concours de beauté, et ici, on connaît le sens du mot ambiance.
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RETOUR D'HELENE - épisode 3

24 Juillet 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #NOUVELLES


Résumé : Polytlès, Pâris, Cassandre et Hector ont décidé de voyager ensemble. Destination ? Sparte !

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Au débarcadère, ils entendent parler non seulement grec, mais aussi gaulois, germain, latin et tutti quanti : la ville grouille de touristes en socquettes et de marchands de souvenirs, chez lesquels on trouve des petits temples grecs dans des boules que quand tu les retournes, ils se couvrent de neige, et des dauphins en plastique, des soleils et des lunes en terre cuite, des statuettes en résine et des yeux porte-bonheur ; l’air de la ville
, presque palpable, est dense et poussiéreux du diesel et des scooters qui pétaradent.
D’instinct, sans se consulter, ils tournent les talons et prennent la direction opposée aux
mauvaises particules de pétrole brûlé.
Sous les ardeurs de l’astre brûlant, ils marchent le long de la mer, dans les rochers ; les jambières sont lourdes, et les quatre troyens tombent sur une plage de galets plutôt déserte. Dans le vent, le soleil couchant donne aux pierres comme une aura dorée et irradiante… C’est encore plus beau que Mururoa... Mais les toiles tentent de détaller dans le tourbillon et les piquets se rétractent, s’enroulent sans se laisser planter, on se passera donc de tentes pour cette nuit, ils se pelotonnent dans leurs sacs de couchage ; Eole les met à l’épreuve, l'immonde vicelard, ils ont beau se planquer dans n'importe quelle position, ce zèphe-là vrille de telle manière qu'il a toujours le dernier mot, il entre, il chatouille, il fait froid... Je ne sais plus qui en a l'idée : il faut monter un muret qui les protègera des assauts venteux. Derrière leur abri en croissant de lune, face à la mer, ils forment un peloton serré serré…
Au matin, ils remplissent les bouteilles à une taverne qui est là, le gars leur permet même de prendre une douche. Impossible d'en boire, elle est saumâtre (trop salée, si tu préfères). Le type les regarde lutter pour la vie, mort de rire. Ils mangent un vieux pain humide qui reste de la veille, quelques fruits, un peu de fromage, des olives...
Les lapins pullulent dans les environs. Pâris et Polytlès ont pour projet de s’emparer d’un de ces hardis rongeurs pour le dîner. Hector entreprend de compléter le dîner avec le fruit de sa pêche, muni du fil et de l'hameçon qu'il a trouvés sur la plage :


« - Tu verras, ça ira bien avec les nouilles ! » dit-il avant de plonger. Il trouve quelques bigorneaux.

-Wali, Cassandre. Ils sont SUPER-GROS ! C'est génial, euh ! »


Quand le jour va, ils cuisent coquillettes et bigorneaux. Dommage que l'eau de mer soit trop salée, que les lapins courent trop vite, que le poisson de Pâris soit venimeux, ou vérolé, je sais plus bien, enfin un des deux, mais le vin coule à flots et, si Eole ne les a pas à la bonne, Dionysos veille sur eux, on le voit cligner de l’œil dans les étoiles. Pâris a sorti ses pinceaux, il a dressé deux totems et  a laissé parler son double…


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