Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
HUGGYHOME

Toxic avengeance

31 Décembre 2013 , Rédigé par Hagaär Dünor-Toxic Avenger Publié dans #COPAINS

Les gars, a dit le patron. Si vous mettez un bonnet rouge, je vous propose d'étudier la possibilité de régler la pointeuse à l'heure d'RTL… Et d'ajouter une tranche de mortadelle dans les sandwiches au thon à  la cantine ! Y'en a marre, j'ai trop de charges, j'ai trop de taxes, j'ai trop de frais. Et pourtant, j'ai fait des efforts : je ne vous ai jamais augmentés ! Jamais ! J'ai touché toutes les aides possibles, j'ai optimisé mes impôts au Lichtenstein, j'ai fraudé la TVA, j'ai bouffé à tous les râteliers !

Ouuuais, qu'ils ont gueulé de joie, les collègues, intérimaires comme moi. Sauf Toufik, qui n'a rien dit :  il aime pas la mortadelle va savoir pourquoi. Et moi non plus, j'ai rien dit. Non pas que j'aime pas la mortadelle : j'étais en train de nettoyer mes scies. J'étais content : c'est le trichlo, que j'utilise, pour enlever les impuretés, les bouts de gras, les tripailles, ça me mets de bonne humeur, j'ai jamais compris pourquoi !

Lire la suite

Aux poubelles de l'histoire

26 Décembre 2013 , Rédigé par Hagaär Dünor-Toxic Avenger Publié dans #LES JUSTES

 

"Responsable mais pas coupable" : c'est par ce genre de pirouette sémantique que la Cour Internationale de Justice (CIJ) dédouana la Serbie de sa culpabilité dans l'affaire de Srebrenica, qui fit huit mille morts et quelques quarante mille déportés en quelques semaines. La Serbie de l'époque n'a donc pas "orchestré" ce massacre, pourtant qualifié de "génocide" par cette même Cour. Un génocide, c'est un massacre orchestré en raison de l'origine ethnique d'une population, en droit international. C'est une circonstance aggravante du crime contre l'humanité. Ce qui n'est pas joli-joli, si vous voulez mon avis.

La cour parvint à ignorer la politique de Belgrade pendant le conflit en ex-Yougoslavie, ainsi que les discours de Milosevic qui promettait la purification ethnique de la "Grande Serbie". Ça en fait, des guillemets ! Et des majuscules !

Je dis que séparer la guerre nationaliste des Serbes et le massacre de Srebrenica revient à séparer les chambres à gaz de l'histoire de la seconde guerre mondiale : c'est du révisionnisme.

Ce n'est évidemment pas pour les seuls beaux yeux de la nouvelle administration yougoslave qu’a été rendu ce verdict, administration qui préfèrerait oublier ce "problème". Le génocide fut reconnue par le Tribunal Pénal International (TPI), et la Cour ne pouvait pas aller contre cette reconnaissance ; il y a donc bien eu un génocide, mais le coupable s’est fait la belle ! Peut-être a-t-on espéré que les Serbes adouciraient leur position sur le Kosovo ? Au contraire : Belgrade avait tout de même exigé de la communauté internationale qu’elle reconnût la souveraineté yougoslave sur la province. "Poignez vilain, il vous oindra. Oignez vilain, il vous poindra !"
L’avantage de ce verdict, c’est que l’affaire a été classée : plus d’investigations sur ces tragiques semaines.

Srebrenica était sous la protection de quatre-cents casques bleus Néerlandais. Ils demandèrent le soutien de l’aviation de l’OTAN, qui est une bonne grosse aviation qui aurait donné à réfléchir aux milliers de soudards qui s’apprêtaient à investir la ville. Le général Janvier, commandant Français de la force ONUsienne, refusa cet appui.
Pourquoi ?

Des notes confidentielles et des conversations secrètes ont été déterrées du bourbier secret-défense par l’association Médecins Sans Frontières (envoyez vos dons) : Chirac était en contact avec Milosevic, et avec Clinton, qui accepta de ne pas pratiquer ces frappes "inacceptables" pour le Président de la République Française -en notre nom, à nous Français, donc. Amitié séculaire, ancestrale… J’ai honte de mon pays, de sa scélératesse une fois de plus démontrée. Est-ce que François Hollande aurait agi de cette manière ?

Un peu dans la même veine, le juge Bruguière a rendu ses conclusions sur l'attentat qui coûta la vie au dictateur Rwandais Habyarimana, évènement désigné par le juge Français comme signal de départ du génocide rwandais. C'est Paul Kagamé, chef du FPR (Front Patriotique Rwandais), actuellement au pouvoir, le responsable. Et par là même et grâce à une habile interprétation, le vrai coupable du génocide. Cherchez l'erreur.
C'est à dire que Bruguière agissait sur ordre : il fallait dédouaner la France, qui a formé les génocidaires Hutus, qui les a armés et qui les a laissés faire. Souvenez-vous des images du JT montrant les troupes françaises de la force "Turquoise" accueillies en libératrices par la population rwandaise. Seulement, ce qui n'était pas précisé, c'est la composition de cette foule : c'étaient les massacreurs qui acclamaient la France, bien contents d'échapper au FPR, soutenu par les forces ougandaises, qui entraient victorieusement dans le pays. En renvoyant dos à dos le FPR et les maniaques de la machette -800 000 morts-, la France se livre au délicat exercice du négationnisme. Comme pour la Shoah, les massacreurs et leurs complices ont essayé de masquer leurs crimes dès leur perpétration - c'était la position des autorités rwandaises de l'époque. La France permis à la plupart des suspects de fuir au Congo voisin.

Une petite pelletée de terre et un dernier crachat sur la tombe des victimes du carnage. Z'avaient qu'à être moins musulmans, z'avaient qu'à mieux aimer la France !

Les tartufes de la politique se congratulent, et tout le monde est content ; une bonne chose de faite, allez hop ! Aux poubelles de l'Histoire !

Attention. Je ne dis pas que la France est coupable de génocide, ni à Srebrenica ni au Rwanda. Mais je dis qu'elle s'est fourvoyée dans ses choix d'alliances et qu'elle a manqué de discernement en s'impliquant partialement dans ces susdits conflits.

La démocratie a encore perdu des points dans ces régions, où le feu couve encore sous les cendres des victimes…

Joyeux Noël à tous

Lire la suite

Nacht und Nebel après l'averse

19 Décembre 2013 , Rédigé par Hagaär Dünor-Toxic Avenger Publié dans #FILE - Ô - SOPHIE !

 

Nos rêves semblent révéler nos peurs enfouies. La France a subi le joug d'un régime fasciste, d'extrême droite, raciste et xénophobe, dans les années quarante, traumatisme  pas si ancien qui hante encore l'inconscient de son peuple. Le Psikopat est allé à la rencontre de Sigmund Voltaire, explorateur intrépide de retour de voyage dans notre inconscient collectif.

 

Totoseb : "Sigmund Voltaire, vous revenez des territoires de la peur du fascisme. Comment s'est passée votre préparation ? Vous avez assisté à un match dans la tribune Boulogne ?

Sigmund Voltaire : - Absolument pas. Nous sommes allés nous imprégner des idées du Front National dans leur milieu habituel. Vers 11h, nous nous sommes installés au comptoir du Balto, sous des déguisements de Français ordinaires, que nous appelons "moyens" dans notre jargon scientifique. Il pouvait s'agir de n'importe qui : environ 25% de la population a l'intention de voter pour le parti lepéniste, d'après nos études. Nous aurions pu aussi bien arpenter le Marché aux Fleurs, la Ballade des Anglais, ou nous incruster à la pause café à l'usine : "ils" sont partout. Mais nous avons choisi un lieu propice à la diffusion des idées d'extrême droite. Nous avons participé à la conversation en alternant vins blancs sec, bières pression et petits jaunes. Après un couscous arrosé de Boulaouane, le plat préféré des Français d'après nos recherches, nous sommes allés à la sieste. Je précise que notre équipe est constituée de démocrates aguerris, pour limiter les risques de contagion. Les tests ont montré que nous faisions partie des 75% de Français qui craignent le fascisme. Le but était de nous mettre en condition pour rêver d'une France sous l'emprise de l'extrême droite. Le but n'était pas démontrer que les "solutions" du FN ne sont pas les bonnes, malgré l'impuissance apparente de la classe politique ordinaire, car tout le monde sait dans quelles catastrophes plongerait le pays si on le confiait à ces Diafoirus : ça serait achever le malade.

T. : Vous êtes donc allés à la sieste. De quelle nature fut votre cauchemar ?

S. V. : - D'abord, nous flottâmes dans une atmosphère de nuit et brouillard. Puis nous aperçûmes une femme blonde, menton en avant, qui gravissait fièrotement un escalier monumental entre deux rangs de supporters de foot, avec étendards et brassards tricolores frappé d'une flamme. Une foule en délire tendait le bras. Une écœurante odeur de cochons grillés flottait au-dessus des clameurs de la foule. Des monceaux de livres étaient la proie des flammes. Les indésirables décharnés agonisaient derrière des barbelés ; en haut des marches un gouvernement attendait la chef : Roucas à l'Education Nazionale, M'Bala M'Bala aux Affaires Juives et Etrangères, Delon à la Kulture, Bardot à l'Environnement et Bacs à Fleurs… Quand des sbires nous ont poursuivis avec des tenailles, nous nous sommes enfuis en courant, mais nos Mouvements étaient lents, et dérisoires. C'est à ce moment que nous nous sommes réveillés en sursaut, et en sueur.

T. : Heureusement, ceci n'était qu'un cauchemar. Que pensez-vous qu'il faille faire contre la montée du Front National d'extrême droite ?

S. V. : - Je vous remercie de rappeler que le premier mouvement a avoir porté ce nom, désormais usurpé, était une organisation de résistants communistes antinazis, justement. Quoi faire ? Brailler "F comme fascistes, N comme Nazis" ne semble pas efficace. L'enseignement depuis la maternelle, de la Shoa, mais aussi des aventures de Mussolini, Franco… pourrait porter ses fruits. Et puis interdire la propagande du "Tous pourris" à la télé. Mais ce qui semblait inconcevable il y a quinze ans paraît se rapprocher inexorablement. Je ne veux pas vous faire peur, mais il va falloir relire Madeleine Chapsal pour savoir comment s'organiser. Il va y avoir du chômage dans une certaine presse ; vous feriez bien de vous recycler dans les mots fléchés, dans les horoscopes ou les recettes de cuisines.

Lire la suite

"Le triomphe de la cupidité"

12 Décembre 2013 , Rédigé par Hagaär Dünor-Toxic Avenger Publié dans #Deep ecology

La crise de la dette... L'Europe et les USA ont donné environ un quart de leur PIB aux banques : trop aimables ! Messieurs les banquiers sont sans pitié avec les faibles. Les hedges funds attaquent l'euro (c'est pas si mauvais de le faire baisser, c'est bon pour nos exportations). Et les agences de notation notent mal les pays, leur font la leçon ! Mais d'où ils sortent, ces guignols experts auto-proclamés ? Je te nationaliserais tout ça, moi ! Un salaire (normal) fixe pour les traders, un (gros) impôt sur les bénéfices financiers, l'interdiction du secret bancaire, et puis encore, je suis gentil : on les exemptera des crocs de boucher, c'est pas notre genre.

Mais non, ne paniquez pas, et enlevez donc cette bouée : les grandes banques françaises sont solides. La main invisible du marché va tout arranger... Quand elle aura fini de se gratter les couilles en or ! Depuis novembre 1989, ils nous serinent que c'est la fin de l'histoire et des idéologies, alors que la chute du mur de Berlin n'était que le signe de la fin des dictatures soi-disant communistes… S'il fallait bien se réjouir des avancées de la liberté, ce n'était pas la fin des droits sociaux acquis par la lutte des générations précédentes. Les banquiers, ce qu'ils voulaient, ce n'était pas forcément la fin de ces dictatures (ils s'accommodent très bien des dictatures), c'était la fin de la régulation et des droits du travail : c'était une occasion pour programmer la fin des contrats de travail, c'était l'ouverture des marchés internationaux, la fin des entraves à la liberté d'entreprendre…

C'est vers ceci qu'ils tendent, les banquiers, à supprimer tout ce qui pourrait leur rogner un peu de leurs marges immenses, de leurs pouvoir sans limites. Seulement, leur idéologie à eux est submergée par la crise financière. Le danger, étant que, comme d'habitude, c'est nous, les petits, qu'ils désignent comme responsables. Il faut accélérer les réformes, nationaliser leurs pertes, en attendant de re-privatiser quand les banques re-gagneront de l'argent... Ce qu'ils aimeraient, c'est que nous soyons tous des ouvriers chinois, 75 heures par semaine à 20 yuans de l'heure, et pas de syndicats ! Ça vous troue pas le cul, à vous, de voir qu'on pleure les douze milliards de déficit de la sécu depuis des années pendant que quelques minutes de crise spéculative ont suffi à débloquer des milliers de milliards ? ELLE EST OÚ, LA JUSTICE ?

Lire la suite

Rendre la terre aux paysans

5 Décembre 2013 , Rédigé par Hagaär Dünor-Toxic Avenger Publié dans #BIOSPHERIQUE

La terre, le paysan est bien obligé de lui filer des engrais, à la terre : elle a besoin de protéines, elle a besoin de vitamines ! Parce qu'est-ce qu'elle devient, la terre, après qu'on l'a exploitée, quand on l'a définitivement rincée, quand on lui a dérobé tout son sang, abusée à grands coups de maïs intensif, de monceaux de soja ?

La terre est vivante, avec ses lombrics et ses petits micro-organismes qui interagissent dans une joyeuse partouze de vitalité. Toutes ces bestioles, on les massacre sous des hectolitres d'herbicides, raticides, insecticides...

Voilà pourquoi on l'azote et on la couvre de lisier, la terre. Le paysan, il aimerait bien alterner les cultures, il lui redonnerait de la vigueur, une année de patates, une année de trèfle, une année de ci, une année de ça… Mais le banquier ne veut pas.

Il lui faut du chiffre : il y a les prêts à rembourser : un tracteur moderne qui va percher dans les cent cinquante mille euros, et la moissonneuse-batteuse n'en parlons pas, et tous les intrants, les semences que le paysan –"l'agriculteur", pardon- ne peut pas produire sur sa terre, qu'il doit forcément racheter au semencier, il faut de la trésorerie, avec la banque derrière qui décide tout. Et la banque, elle veut du rentable, elle veut du blé !

Et le banquier dit au paysan : "Je t'explique : je ne fais que suivre ce que me commande le monstre, un monstre plus puissant que moi, camarade, il n'a pas de nom, il est le système, et moi, je suis une victime du système, comme toi. Pas le choix. On sait pas trop à quoi il ressemble, mais il nous entraîne dans sa course folle, par là, droit dans le mur, de plus en plus vite, de plus en plus loin, de plus en plus fort !

Tu pourrais simplement travailler ta terre, faire vivre ta famille et payer tes impôts. Jusqu'au jour où les bénéfices de ton travail ne suffisent plus, jusqu'au jour où il faut emprunter de l'argent à la banque. Ce jour-là, tu es pris par les couilles : une banque, ce n'est pas une créature qui boit, mange ou respire ; tout ce qu'elle respire, pauvre bête, c'est les bénéfices. Elle se goberge des intérêts de l'emprunt. Sans ça, elle crèverait, tout comme tu crèverais sans air. Et sans banques, pas de capitalisme, et sans capitalisme, plus d'histoire.

Tu veux pas la fin de l'histoire, quand même ? Pour un taux intéressant à dix-huit pour cent, tu signes en bas, là. Voilà, c'est bien. Et maintenant, dégage, péquenot, tu mets de la crotte partout !"

Lire la suite