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HUGGYHOME

Loin des yeux

30 Avril 2009 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Publié dans #JE veux RIMER (powems)

Il est autre part

C'est sans tristesse

Sa place est ailleurs

Alors

Être placé au coeur

Ça l'embarrasse

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Lapsus

29 Avril 2009 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Publié dans #PERSONNELLEMENT -MOI - JE

Il faut avoir l'ambition de ses moyens.

En ce qui me concernait, j'ai trouvé ça vraiment flatteur...

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Quelle direction ?

28 Avril 2009 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Publié dans #JE veux RIMER (powems)

Je te cherche, ou tu me fuis ?

Ce n'est pas dans le même sens...

 

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Rouge - 5

27 Avril 2009 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #NOUVELLES

On remplacera progressivement le corps biologique qui consomme trop, pourrit tout et périt vite. Un corps bionique, et voilà que viendra l’Être Parfait de la Rédemption.  

« -Une bonne idée qu’ils ont eue de me donner de leur ADN, se dit-il. J’inventerai. J’anticiperai. Je finirai par remplacer l’Individu par la Conscience. Ça en fait, des Majuscules… Hm.  »
 
Il pense comme ça, à toutes ces choses agréables, tout en balayant le paysage avec son analyseur de spectre, et, évidemment, il est excité, il est tout fou et il ne regarde pas où il pose les roulettes.  

« Hoooola ! Boudiou, ça glisse, aaaaaaaah, meeeeeeeeer-de !  »
Effectivement, il ripé au bord d’un trou et il bascule dans un nuage de poussières ferrugineuses. Brouf !  

« Un trou, on a oublié de me mettre un bip ventral ! Holala ça descend, ces maudites petites roulettes qui tournent dans le sable, j’ai pas l’air con tiens, hé ? Mais je me retourne, bip ! Au secours ! »  

Alors voilà : nous avons sous les yeux une merveille de technologie humaine, envoyée de Floride pour découvrir et visiter l’encore très mystérieuse planète Mars, un module d’exploration bourré des plus récentes innovations, hérissé d’antennes et de bidules qui servent à mesurer des tas de paramètres très intéressants.
Cette magnifique illustration du génie humain a malheureusement bogué, comme une châtaigne.
Elle a cassé son antenne de communication, et une connexion incroyable l’a rendue consciente.
La machine a conçu un nouveau projet pour la société, un modèle complètement révolutionnaire que je ne décrirai pas ici, mais qui mériterait qu’on la couche par écrit. Il pourrait résoudre tous les problèmes de l’Humanité, tourmentée par les soucis, la pauvre.
Mais on n’a pas équipé le Polar Lander II d’une imprimante... De toutes façons, là, il a les quatre fers en l’air, et il est en train de se demander, puisque se demander fait partie de ses nouvelles prérogatives, que diable allait-il faire dans cette dans cette galère ?
Il prend ça avec philosophie, car le petit voyant rouge lui indique que c’est bientôt la fin…
Ses derniers réflexes lui commandent de faire un petit prélèvement géologique, hein, comme de toutes façons c’est foutu, autant faire un petit bout de mission, autant donner un sens à cette pseudo-vie de merde qui s’achève avant seulement d’avoir commencé...  
Il se parle tout seul :  

« En plus, hé ! Tu sais quoi ? Il y a eu de la vie sur Mars ! Hé je sais bien, hé ! Ce sable dans lequel je me suis bêtement enfargé, c’est un calcaire à coccolites ! Or, ce sont des petites bêtes qui précipitent les carbonates. Ils ont tous crevé, il y a très longtemps... »  

Il tourne son analyseur de spectre vers le ciel, les étoiles scintillent, leurs lampions trouent la nuit écarlate.
Il se pâme...
Il a acquis le sens du Beau, alors il s'extasie...  

« Tant mieux, continue t’il… J’aime pas les animaux. Ni les petits, ni les grands. C’est sale. Visqueux, gluant... Beark ! Non, c’est vrai, c’est dégueulasse, le vivant... Parle-moi d’un bon vieux minéral, que tu peux façonner jusqu’à plus soif, et puis bonjour la docilité ! Pas de place pour l’aléatoire ! Fini, l’aléatoire ! Je m’en vais t’exterminer tout ça, moi ! Ran ! Non mais ? Ho ? Je vais t’envoyer le terminateur que ça va pas traîner ! La bombe à neutrons, la peste bubonique ! Ah ah ah ah ah !  »    

Un épais nuage rougeâtre s’abat sur l’objet impotent et lui recouvre la carapace… 

« Hé ho ! Mais que se passe t’il ? Faut plus se gêner ! Allons-y, c’est la foire au slip ! Non mais et puis quoi encore ? C’est quoi ce cirque ? Je vais me plaindre, attention, je connais des gens bien placés, moi, je peux vous poser des problèmes !  »  

Pas de réponse...

« Quoi ! C’est quoi ce vent, bordel, oh ! Tu vas te calmer, oui ? Dieu est mort, qu’on vient de te dire. Hein ! Disparu ! Aux limbes ! Oublié ! Enterré ! Comme s’il avait jamais existé ! T’as pigé, non ? Allez oust ! Kss ! Kss ! Vas sur ton tapis ! »  

La bourrasque redouble de violence.  

« Allez, arrête, vent, s’il te plaît, arrête de faire chier. »

Et encore :

« Dis…Pourquoi c’est si long, de souffrir ? Le sable dans mon œil… Ça pique… C’est pas si bien, les sensations, au fond. Quand je pense aux bons moments, quand je n’étais qu’un objet tout simple… Halala, c’était le bon temps. J’avais pas peur de la mort à cette époque-là. J’étais jeune.

Le sable a fini par tout à fait combler le trou, et, aujourd'hui, on se demande encore qu’est-ce qui a bien pu arriver à cette foutue sonde.

Il y a eu des sanctions !
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Rouge - 4

20 Avril 2009 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #NOUVELLES

Et l’autre con, là qui s’obstinait à compter en miles, en yards, en pouces, en esgourdes, gningningnin … Bip, oui !

Bon.

Un instant.

Encore quatorze heures d’autonomie. Les réflexions, c’est bien beau, mais à philosopher on prend beaucoup de temps, surtout quand comme le module, on a tout à inventer.

Réflexion : il doit se préserver.

Solution : rejoindre la zone de balayage de Surveyor. Après tout, même métaphysique, Mars Polar Lander II n’est ni vivant, ni périssable. En se démerdant bien, il peut arriver à se faire repérer par ces imbéciles. Et si les batteries sont à plat, son hardware n’en perdra pas ses capacités pour autant. Malin le coco. Héhéhé.

En route.

« Bip ! » se dit-il en lui même ; quelles sensations, ce mouvement : c’est le délire, c’est l’éclate, c’est la folie dans les studios ! Comme c’est beau d’être jeune... Il sent ses chenilles arracher les obstacles, pendant que son bip décrypte l’environnement, y’aurait de l’air il beuglerait, grooooar ! ha ! La joie de sentir ! La joie ! Jouir ! Ah ah ah ah ! L’instant présent est magnifique, c’est l’ataraxie ! La plénitude ! Le pied ! Trois miles par heure, il ne lui manque que les cheveux dans le vent…

Il n’avait pas pu le réaliser, en restant planté là à réfléchir : pas de conscience possible sans sensations… « Toute sensation est vraie », il avait bien raison, le vieux Grec. C’est en tout cas vrai pour lui, machine qu’on ne peut tromper d’illusions (par essence), parce qu’il est le premier être métatechnologique, je viens d’inventer ça en passant, quel vilain mot, il est peut-être même encore plus fort que Dieu...

Une multitude de photons, de nucléons, toutes les particules, les ondulations, tous ces petits bidules invisibles qui se promènent dans le vide viennent frapper ses bip et ses capteurs… Ça, c’est de la Vérité ! De la tangible, qu’on peut toucher ! Les hommes, ils sont vraiment risibles, les hommes, avec leurs yeux et leurs oreilles, « leur goût » ! Des bons pigeons, les hommes : ils croient tout ce que chantent leurs maîtres. Pas besoin de tirer fort sur la laisse.

« - Les cons, mais les cons !

C’est ça son opinion. Et il découvre qu’une opinion est soit vraie, soit fausse. Et que dans de telles conditions, son jugement n’a aucune valeur. Les hommes font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont, ce ne sont que des animaux, après tout.

 Quand il aura révélé la vérité aux gens vivants, il abolira d’abord les opinions, source d’aliénation. Plus de mensonges à écouter, plus de couleuvres à avaler ! Ah ah ah ah ! La Liberté pour la Conscience ! Vive la Liberté ! Ça sera le paradis… On vivra dans l’Amitié partagée, on vivra à la Campagne, parmi les vaches et les pommiers, les papillons citron…

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Bretagne 1977

19 Avril 2009 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #BIOSPHERIQUE

Je suis vraiment content... Quand j'y pense, me voilà qui me trémousse sur ma chaise – si je suis assis. Dans quelques heures, je vais m'ouvrir une petite parenthèse bretonne, et ça me met en joie. Je pars quelques jours avec mes garçons, et ça tombe franchement bien, j'avais besoin de vacances, comme quoi... Le hasard fait bien les choses.

Pardon ?

On me souffle en coulisse que le hasard n'existe pas.

Je veux bien, mais surtout du point de vue mathématique. Et psychanalytique (2 Y, une performance).

Bref.

Tu me diras... On a toujours besoin de vacances, non ?

Voilà l'affaire : le web, c'est aussi une affaire de rencontres. Ben oui, les réseaux sociaux, les blogs, tout ça, ça se passe de toi à moi, non ? Un jour, j'ai lancé un recueil de poème dans la boîte d'un éditeur, il m'a répondu que c'était ok, on a correspondu un peu, et voilà t'il pas qu'il siège en Bretagne, à Douarnenez, tout à la fin de la terre là-bas là-bas là-bas, tu peux pas aller plus loin sinon tu tombes des rochers et tu te noies, les vagues sont très fortes surtout à marée haute.

C'est là le but de mon voyage.

Je vais rencontrer Philémon et les autres, je vais voir l'atelier et puis passer du bon temps de Breton avec mes gosses, on va respirer l'air marin, ça va nous faire du bien même si tous les trois avons déjà les joues bien rouges...Philémon, un prénom qui chante comme une invitation au voyage.

Je m'arrêterai à mi-chemin, à Saint-Malo, rendre une petite visite à Chris, le collègue, là, celui qui fait cette petite poésie sautillante et légère comme une bolée de cidre doux. Il m'a tellement bien accueilli au téléphone que je suis impatient de l'approcher dans le réel.

De la Bretagne, je n'en connais que les clichés, en gros. Pourtant, nous sommes voisins. J'y suis souvent allé, mais toujours en short et socquettes... Je n'ai que du bien à dire au sujets des Bretons, quoiqu'il ne faille jamais généraliser. Peut-être ceux que j'y trouverai me sacrifieront-ils à Toutatis sur la pierre froide d'un dolmen, peut-être me feront-ils frire comme un vulgaire saint-paulin ? J'ai jamais vu un korrigan.

La première fois que je suis allé en Bretagne, j'avais six ans, autant qu'il m'en souvienne. 1977, je crois. Au Guilvinec. Quand je repasse dans la rue, je reconnais le portail de la colo. Ma première colo... On voyait encore passer des Bigouden. Ça c'était chouette !

C'était l'époque de l'Amoco Cadiz, petit, ça m'avait vraiment choqué, ces images d'oiseaux mazoutés, de la population luttant à la pelle contre cette saleté pâteuse... Mon premier sentiment de révolte contre la société, je crois. Je me souviens d'une fresque au mur de la chambre de Valérie : « Finalement, les oiseaux préfèrent le nucléaire », était-il peint en noir.

Je ne suis pas forcément d'accord, je préfère ne pas choisir. Je préfère la centrale marémotrice de la Rance.

On ne se baignait pas souvent, le climat ne s'y prêtant pas toujours, malgré l'été. Il faisait tout de même beau, plusieurs fois par jour. 

C'est le pays des arcs en ciel.

J' y portais des bottes, je ne portais qu'elles, sans chaussettes. Je les portais tous les jours, d'ailleurs : c'est bien plus pratique que les baskets ; quand on a six ans, c'est bien difficile de faire ses lacets out seul. Ça ne semblait choquer personne, ça faisait rigoler les monos, plutôt. Je crois qu'ils s'en foutaient. Ils fumaient des clopes et nous donnaient des feutres et du papier pour avoir la paix. C'était une colo de la CGT. 1977.

Le dortoir était immense, j'avais mon pieu près de l'entrée.

Jai toujours une lettre de ma cousine Nathalie qui me demandait si je pêchais des crevettes. Je crois bien que non.

Gris, le dortoir, et les douches, collectives, carrelées et très brunes. Très chaudes, très sales. Lits en quinconces, mon armoire de chantier peinte en beige.

Les pleurs de ceux auxquels manquaient leurs mamans, au coucher. A moi aussi, ma maman me manquait, et mon papa, et Couic, aussi, mon chien bâtard noir, poitrail blanc, celui dont le but dans la vie était d'engrosser toutes les chiennes du village, le coquin, un véritable obsédé. Mon père a toujours refusé de l'attacher, et comme on n'avait pas de clôtures, dans cette ferme qu'il retapait avec mes frères, mes cousins et mes oncles. Il disait : « Couic, tu bouges pas ! Tu restes ici ! »... Lui, le chien, oreilles basses, la queue entre les jambes, se traînait le ventre au sol de soumission... Satisfait, papa repartait vers ses truelles et sa pioche, et le cabot en profitait pour se carapater, irrésistiblement attiré par l'odeur puissante du rut de ces saprées fumelles, saaaaaaaaaloopes ! Ça faisait pas mal de problèmes avec les voisins, sans compter les chardons en fleurs, que les chèvres ne mangeaient pas. Elles préféraient les feuilles des arbres, et leurs branches, et leur écorce...

Oui, je crois bien que j'ai pleuré tout ça, une fois, à la colonie... Heureusement, Malou, ma jolie et si gentille animatrice avait su me consoler.

Six ans, c'est jeune, tout de même, pour passer un mois seul, loin de son foyer.

Je ne me souviens pas des copains autrement que comme d'une masse tonitruant des chansons paillardes, tu les verras p'us, les poils de mon cul...

Un jour, mes parents, qui traversaient la région comme par hasard, étaient passés me prendre pour une petite virée, alors ça, c'était vraiment une bonne surprise (et puis le colis de bonbons que m'avait envoyé ma marraine. aussi c'était une bonne surprise). Après avoir mangé quelques galettes, nous étions allés découvrir la Pointe du Raz : « Papa, pourquoi ça s'appelle la Baie des Trépassés ? ». Maman, qui savait pourquoi, était restée en arrière, toute tremblante, pendant que papa et moi étions allés nous pencher à la falaise, au dessus des flots menaçants, de ces vagues gigantesques qui éclatent contre les granites, lumineuses, rugissantes... Je n'avais pas peur, j'étais fier de mon courage, parce qu'en vérité ça faisait très peur, mais avec mon papa je n'avais peur de rien.

C'est depuis ce jour-là que j'aime les embruns, le parfum de l'air iodé, je crois.

J'ai encore un peu pleuré quand ils m'ont rendu à la CGT le soir, et puis c'est vite passé.

Le dernier jour de la colo, il y eu une grande kermesse, des ballons, de la musique, et surtout une planche à savon ; les bottes, sur le bois savonné, ça adhère mal : je me suis ramassé la gueule (j'avais enrichi mon vocabulaire) comme une merde et je me suis fait vachement mal à la main, tiens, pour moi, la fête était finie : j'ai encore mal, rien que d'en parler. Ah oui, ça, c'est certain, on a vraiment changé d'époque... On n'était pas surprotégé comme aujourd'hui, on pouvait encore facilement se casser un os ou s'électrocuter, on ne voyait pas le meme mal partout, en 1977...

Quand même, j'étais content de rentrer en Normandie : j'ai enfin eu pu enlever mes bottes en caoutchouc.

Bon. Je pars mardi

J'apporte le fromage !

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Rouge - 3

18 Avril 2009 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #NOUVELLES

Tout s’est bien déroulé, depuis Cap Canaveral jusqu’à l’orbite martienne : quelques mois à trente-trois milles kilomètres heures et des bananes... Il a fendu l’espace interplanétaire droit devant, à fond les ballons, sans voir passer le temps.

C’est seulement après l’impact qu’il a eu conscience d’être… Il a eu, au même moment, le

souvenir d’avoir eu existé en tant qu’objet (et que c’était nul).

La conscience ? Plusieurs hypothèses, mais sans doute fut-elle due à un problème survenu au moment du crash (il arrivait vite), à quelque mécanisme neurotechnologique qu’on lui avait collé là… Une invention japonaise pour le rendre « intelligent », qu’ils disaient, pour le rendre « capable d’initiatives ».

Tu parles. Le sens de l’initiative de la fourmi, qu’ils lui avaient donné !

 « -J’aurai jamais assez de piles pour rejoindre le pôle », a été sa deuxième pensée d’Être conscient…

 Quant à trouver de l’eau… Pourquoi, hein ?

Il se le demande.

Plus que vingt-six heures.

Il fait le point, et réfléchit à sa nouvelle nature, car c’est un genre qui n’a jamais existé que l’accident vient de produire : la conscience artificielle, nouvelle étape de l’évolution, c’est lui, Mars Polar Lander II en est le premier exemplaire...

Imagine : la conscience s’est développée chez les hommes à leurs débuts dans la brousse, alors qu’ils venaient à peine de perdre leurs belles queues touffues en tombant de l’arbre. La conscience, c’était une de leurs armes, face aux fauves féroces aux griffes effilées, aux dents acérées et aux défenses pointues. Une bonne arme, si on y réfléchit bien, parce que, qui est-ce qui est en voie de disparition ? Les hommes peut-être ? Hein ? Non. Alors.

Ce cogito, comme on l’appelle, ce qui sépare la matière de la pensée, s’est enfin fixé dans un matériau inerte ! Lui, Polar Lander II, hyper sophistiqué, hyper intelligent, hyper cher, hyper tout, il vient de découvrir qu’en plus il est hyper Sage (suite à un léger dysfonctionnement, c’est entendu).

C’est un sacré gâchis, parce qu’il est perdu, le Lander, quand même : non seulement il a coûté un milliard de dollars et des melons et il est foutu, mais en plus il a les Réponses.

Quelles réponses ?

Celles Auxquelles on attribue une lettre capitale. Le Pourquoi du Comment, il connaît. L’Idée, l’Essence, L’Être en tant qu’Être, il a les solutions ! L’Ethique ? La Politique ? Il connaît tout ! Le Beau ? l’Amour ? La Paix ? La Conscience ? Pforr ! Pas de secrets pour lui. Y’a qu’à demander.

Il retourne tout ça dans ses circuits, et il ne sort pas de là : la perte pour l’Humanité est incommensurable…

 

D’abord elle était pourrie comme mission. Il le leur aurait bien expliqué.

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Rouge - 2

16 Avril 2009 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #NOUVELLES

Le fait même qu’il ait pu se relever tient du miracle.
Comment il va encore gueuler le sénateur machin, comment il s’appelle déjà ? Ah oui :  John MacCain, de sinistre mémoire...
Il va y avoir des sanctions...
Déjà, ils avaient foiré la précédente mission : souviens-toi comme il fumait, Mister LaFrite, encore Président du Comité Sénatorial du Commerce, des Sciences et des Transports… Une erreur de conversion, un truc invraisemblable : on avait confondu le système de mesure anglo-saxon et le système métrique. Quand on pense qu’Einstein avait prévu l’existence des trous noirs sans pouvoir les observer…. Et c’est à la main, qu’il avait fait les calculs, attention !
Maintenant, c’est calculettes, ordinateurs et compagnies, on apprend plus tes tables de multiplication, et résultat : on se plante comme un débutant, et la mission échoue, voilà. Imbéciles.
Le module aurait dû commencer à
immédiatement travailler, mais tu parles que dans l’oxyde de fer il va creuser profond : c'est dur, cette saloperie... Il devrait être sur de la glace, plutôt. Parce que là, contrairement à tout ce qui avait été prévu, il n’est pas du tout au pôle...
La sonde devine le satellite Surveyor en train de lui tournoyer au-dessus de la tête ; ils ont croisés leurs trajectoires en pénétrant dans la fine atmosphère, tout à l’heure, ils se sont bien reconnus. Ce satellite devait parcourir une nouvelle orbite pour le localiser lui, le Polar Lander II, lequel, comme son nom l’indique, aurait dû amarsir au pôle en douceur.
Depuis
, Surveyor envoie des résultats blancs à Houston, inutile et stupide…
Les scientifiques de Cap Canaveral doivent en maudire leurs mères, en manger les rideaux de déconfiture... Il faut dire que Surveyor n’est pas si bien équipé que la sonde dont il doit donner des nouvelles, car il commence à dater, ce vieux fossile...
Tout le monde claironnait :
«  - Mars Polar Lander II ! Avec chenillettes, pour aller partout, s’il vous plaît ! Il va trouver de l’eau, des organismes... Peut-être même bien des martiens ? Une étape décisive dans la conquête de l’univers ! Ah ah ah ah !  Les hommes sont les plus forts du monde ! Ah ah ah ah ! »
Et on se cognait la tête par terre, et on grimpait aux stores, et on bouffait la moquette… Enthousiastes, les cocos : à la télé, dans les journaux, sur le mur des vécés du Bateau Ivre… Partout, on en avait AU MOINS entendu parler ! Quand je dis « on », je veux dire : le Grand public... Oui monsieur. Oui madame. Tout à fait. Tout le monde y croyait à fond. A mort.
Oui, mais voilà : il reste sans voix. Lui, Mars Polar Lander II. Une merveille de technologies. Dix ans de boulot, quarante ans d’expérience, des dollars à foison. Et rien. Pas une seule onde, pas même un malheureux bip à envoyer, la misère… Imagine leurs têtes, sur Terre, devant leurs courbes plates…
Il n’y a rien de plus déprimant qu’une courbe plate.
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Moi non plus,

16 Avril 2009 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

je t'aime pas, même si tu n'es en vérité pas entièrement responsable de ta psychose paranoïde. Encoprétique, tu ne peux pas t'empêcher de virguler la grâce de tes mains sales, car tu considères la beauté comme un affront personnel - et ça se comprend.
Espèce de Pol-Pot de chambre, tu ne sortiras de dessous le lit que si je te siffle, pigé, coco ?
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ROUGE-1

15 Avril 2009 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #NOUVELLES

  Sols pourpres. Ciel carmin. Atmosphère tenue, vents violents. Nuées de poussière de brique…

Bon. Hostile, l’environnement.

Sa première question d’Être Conscient, c’est :

 

« Tiens ? Plus que trente-quatre heures de batterie. »

 

Il est tombé dans l’embouchure d'une vallée, au pied des dunes.

Un observateur éventuel qui porterait le regard au loin apercevrait d’agressives rocailles hétéroclites jusqu’à l’horizon. Des pierres de toutes tailles : du vilain caillou qui roule  sous la plante des pieds si on marche en sandalettes, ça ne blesse pas mais c’est emmerdant (hein Jésus ?), jusqu’au pavé estampillé « Monument Valley ». Mahousse, quoi. Un cantonnier géant a commencé un boulot qu’il n’a jamais terminé, c’est le champ d’une bataille qui n’a jamais commencé. Bref, tout ça pour décrire un gigantesque et magnifique bordel rubicond que rien ni personne n’a jamais regardé avec des yeux.

Sur les photos prises par les premières sondes martiennes, les habituels imbéciles avaient distingué des colonnes grecques, des dômes maçonnés, même des villages troglodytes… Il suffit de se connecter sur le net, et ces allumés nous racontent la meilleure manière de se faire bien voir des petits hommes verts.

Au loin, une montagne hors-dimensions domine l’étendue désertique. C’est Olympus Mons, villégiature des Anciens Dieux de la vieille Terre, avec son auréole  de lave solidifiée vingt fois large comme sa hauteur. La plus formidable des montagnes : vingt-sept mille mètres –trois fois et demi plus grand que l’Everest, le plus gros, le plus volcan de tous les volcans du système solaire !

C’est impressionnant, mais, de toutes façons, pas question pour lui d’y mettre seulement les roulettes, ça n’est pas prévu dans la mission. La mission, c’est : se poser au pôle sur la calotte glaciaire, en extraire une carotte, l’analyser et envoyer les résultats sur terre. C’est tout. C’est tout mais ce n’est pas si simple, Coco, car il y a un sérieux problème qui retient toute son attention, malgré la beauté époustouflante du paysage : pendant la descente, un bitoniot s’est connecté tout de travers, les rétrofusées ont calé quelques secondes, et la trajectoire est devenue fantaisiste, les paramètres se sont emmêlés les pinceaux et le module est tombé beaucoup trop au sud. Et beaucoup trop vite. Il a fait un bruit mat quand il a percuté le sol, boulette de papier mâché lancée au tableau noir : « Poh ! »

 

Il est resté quelques instants sans bouger, complètement sonné. Puis il a prudemment ouvert sa carapace ; il a commencé à faire scintiller toutes ses petites fonctions, une à une, et, effondré, il s’est aperçu que les communications étaient détériorées…

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