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HUGGYHOME

Mal de Terre

28 Février 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #BIOSPHERIQUE

Quelques citations de grands penseurs trouvées par Hubert Reeves pour illustrer son propos. A lire absolument.

Tant que les hommes massacreront les bêtes, ils s'entretueront. Celui qui sème le meurtre et la douleur ne peut récolter la joie et l'amour.

Pythagore

Le jour viendra où le fait de tuer un animal sera condamné au même titre que celui de tuer un humain.
Léonard de Vinci, in Prophéties

Les naturels sanguinaires à l'endroit des bestes témoignent d'une propention naturelle à la cruauté.
Michel de Montaigne in Essais

Quelle pitié, quelle cruauté, d'avoir dit que les bêtes sont des machines privées de connaissance et de sentiments.
Voltaire in Dictionnaire philosophique

La cruauté envers les bêtes est une violation des devoirs de l'homme envers lui même.
Emmanuel kant, in Métaphysique des Moeurs

Entre la pitié envers les bêtes et la bonté d'âme, il ya un lien étroit.
Arthur Schopenhauer, in Le Fondement de la Morale

Vous ne serez jamais, et en toutes circonstances, tout à fait malheureux si vous êtes bons envers les animaux.
Victor Hugo

Qu'est-ce que l'homme sans les bêtes ? Si toutes les bêtes disparaissaient, l'homme mourrait. Car ce qui arrive aux bêtes arrive bientôt aux hommes.
Déclaration au président des Etats-Unis, Chef Seattle, 1854

Quand un homme désire tuer un tigre, il appelle cela sport. Quand un tigre le tue, il appelle cela férocité.
George Bernard Shaw

La grandeur d'une nation et ses progrès moraux  peuvent être jugés par la manière dont elle traite les animaux.
Gandhi

Un seul oiseau est en cage et la liberté est en deuil.
Jacques Prévert

L'homme a peu de chance de cesser d'être un tortionnaire pour l'homme; tant qu'il apprendra sur la bête son métier de bourreau.
Marguerite Yourcenar

Chasseurs = gros cons
Cavanna
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Trahi par ses mains noires

27 Février 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #BIOSPHERIQUE

"En prévision du procès de l'Erika, " le télégramme" (10/02) est revenu sur la colère des bénévoles qui ont nettoyé les plages polluées en 1999 : "l'un d'eux, Cissoko Sory, l'un des vingt sans-papiers venus comme bénévoles sur l'île durant un mois, sera fait citoyen d'honneur de Belle-île le 30 janvier. Il sera arrêté huit jours plus tard lors d'un contrôle en banlieue et aussitôt expulsé vers le Mali."
Encore un qui piquait le goudron des Français !"
In "le Canard Enchaîné" du 21 février 2007- Zigzag
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Bip-Bip et le Coyote

25 Février 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #BIOSPHERIQUE

Lecteurs, salut.

Bon, je me lève et j'apprends que j'ai maintenant deux blogs rien que pour moi. Génial. Pff… En plus, je me suis froissé un muscle en descendant mon gamin de la table à langer. C’est qu’il a la gouache, le bougre, il est pressé, dans la vie ; une diagonale fulgurante m’a zébré le râble, j’ai posé un genou à terre, gladiateur demandant grâce, et j’ai laissé filé mon asticot, trop heureux d’échapper à mon étreinte. Je vous rassure : je peux marcher, je peux même passer l’aspirateur, trancher des betteraves ou faire un lavage de nez au bébé, mais je ne peux plus éternuer ni frissonner sans m’arracher un cri de douleur. Enfin ! Le médecin va me donner un médicament qui va bien… J’adore le mal de dos, en fait, miam !

Bon, je voulais écrire aujourd’hui au sujet de la lutte qui oppose un méchant monsieur à votre serviteur, je sais pas si vous aviez remarqué.


Je vous fais un petit résumé.
Un jour que je déplorai le non-lieu accordé en première instance au chasseur qui tua l’ourse des Pyrénées sur le blog Huggyhome (voir le lien en haut à gauche), quand soudain un certain "écrivain", vingt-huit-millième chez Amazone, qui participait jusque là assez gentiment à mes posts, se félicita de la disparition des ours des Pyrénées, disant que c’était dans la nature des choses, et que c’était bien fait pour eux, ils n’avaient qu’à être moins ours. Là-dessus, je répondis que pendant qu’on y était, y’avait qu’à bétonner depuis les sommets jusqu’à la plage, on ne serait plus emmerdés par les problèmes d’environnement une fois que tout ça serait ravagé une bonne fois pour toutes.

Que n’avais-je pas fait là ?
Le quidam s’engagea alors dans une démonstration délirante, comme quoi que je préférais la nature à l’humanité, et que notre but, à moi et à tous les autres écologistes, c’était de massacrer le reste de l’humanité pour pouvoir jouir de la planète en égoïstes. Voilà t’il pas que je me retrouvais génocidaire, dis donc. Moi qui mets des couches à des mongoliens avant de les border dans leur lit, j’étais devenu nazi et je voulais éliminer les parasites du genre humain. J’étais scandalisé ; derechef, je publiai un nouveau post où je protestais de ma bonne foi : si j’étais écologiste, c’était au contraire parce que je pensais qu’il faut considérer que la condition de l’existence de l’humanité future est une biosphère préservée ; qu’étant donné que nous avons le pouvoir de la détruire, elle n’est plus seulement un environnement dans lequel nous pouvons puiser sans compter mais qu’au contraire elle est devenu un objet de notre responsabilité.
Non non non, répondit simplement mon contradicteur, les écologistes veulent la fin de l’humanité et l’anéantissement du bonheur, vous êtes un fasciste, un nazi, et vos copains avec ! Et c’est tout ! Taisez-vous quand je le dis !
Mais non !
Mais si !
Mais non !
MAIS SI !
Dans la vie réelle, je suis un garçon timide et j’ai tendance à m’écraser quand on brame plus fort que moi. Je cherche mes mots, je bafouille, et puis je laisse tomber… la bonne pomme, quoi. Mais ici, à l’écrit, j’avais le temps suffisant pour rétorquer pas trop bêtement.
Vous êtes fêlé, mon garçon, que je lui laisse entendre.
« Ha voilà, il veut m’envoyer à l’asile, c’est un Stalinien ! Stalinien ! » qu’il se met à beugler…
Oh et puis merde, tiens, il me faisait vraiment chier, lui, je lui montrai donc mes fesses poilues en lui proposant de me les embrasser, j’avais bien compris où il voulait en venir, mais je n’étais définitivement pas d’accord avec ces divagations.
Déchaîné par mon insolence, il continua à me traîner dans la boue car j’étais exactement le contraire de ce que je suis, d’après lui : un Salaud -moi, pas lui, hein, évidemment, lui c’était le représentant de la moralité, moi j’étais la pire des crapules. J’avais réprouvé un chasseur, imaginez l’offense à la sagesse.
Bon.
Je me suis demandé quels pouvaient être ces étranges créatures qui fabulent d’une telle façon sur les écologistes ; j’avais jamais vu ça, et ce type commençait à m’empêcher de dormir, pour tout dire. Il me blessait en proférant d’ignobles mensonges à mon encontre. Tout ce que je trouvai, c’était une certaine extrême droite catholique antisémite et quelques sectes d’outre-atlantique. Je découvris aussi qu’il existait un courant qu’on appelle la deep ecology, une poignée d’excités qui, effectivement, considère que la fin du genre humain est un but à atteindre pour sauver la planète. Des vrais malades, ésotériques et fanatiques à souhait. Je n’ai rien à voir avec ces cons, moi, je savais même pas que ça existait. N’arrivant pas à le convaincre, je jouai donc le même jeu que mon adversaire en l’assimilant à ces opinions des extrémistes chrétiens, puisqu’on s’autorisait à rapporter le tout à la partie.
Nous nous engueulâmes ainsi pendant des pages et des pages. Je reçus  des mails d’encouragement de personnes connues et inconnues, qui me poussaient à la riposte.
Et puis ma co-blogueuse estimée demanda à ce que nous cessions de polémiquer de façon stérile sur Huggyhome, sinon, elle partait, car elle lui était redevable d’un service- c'est-à-dire que notre homme est plutôt flagorneur et qu’il s’entend à flatter les gens pour s’en faire des amis, à se faire passer pour un mec bien, quoi. Je n’avais pas envie qu’elle parte, je l’aime bien, la Marie. Je me suis donc mis debout sur le frein. J’ai arrêté un temps de me frotter à lui, après tout, je l’avais assez humilié comme ça, j’étais content de ma belle défense ; j’ai décidé de rester chez nous et de ne plus aller visiter son site. Mais on m’a prévenu qu’il avait continué, jour après jour, à m’injurier injustement.

J’ai rongé mon frein, mais je rageais trop, alors j’ai créé mon propre blog où j’ai lâché quelques posts, il fallait d’abord éloigner la bête du terrain de jeu de mes petits camarades. Je sentais son souffle mauvais sur ma nuque, mais je lui faisais des grimaces et je le provoquais sans avoir l’air d’y toucher, la proie se faisait chasseur, le taureau encornait le toréador, je sais, on dit torero mais moi non, c’est juste pour emmerder les ocifio… les offifio… Pfr ! Je ne cite jamais son nom. Enfin, non, une fois, je l’ai cité, mais c’était avant cette histoire de dingue, et de manière un peu flatteuse, d’ailleurs.
Il essaya bien de me piéger en laissant des coms sur mon site où il s’insultait lui-même sous un faux nom (cf : la nausée), un procédé tordu destiné à me pousser à la faute, combine que je démasquai aussitôt, car monsieur abuse de ces points d’exclamation monocouilles. Sans sa terreur des écologistes, j’aurais même pu m’enrichir à son contact, mais je ne connais que le côté sombre du personnage et les moyens les plus malhonnêtes de la rhétorique qu’il emploie à me faire passer pour ce que je ne suis pas : à chaque fois qu’il se passe quelque chose d'abominable dans le monde, c’est bibi qui s’y colle.
Dernièrement, il s’est amusé à passer ma page à la moulinette moralo-linguistico-sémiologique. Monsieur déclare être docteur es Lettres - je n’en crois pas un mot, mais bon, il maîtrise la discipline, admettons. Interprétations erronées, bien entendu. Sauf sur ma hargne méprisante, là, il a bon : à bombe atomique, bombe atomique et demi. Dans son article, il me retire le droit de lire le Canard Enchaîné et Charlie Hebdo, mais comme je ne lui autorise aucun droit, alors je m’en fous, en estimant que Cavanna et Cabu me conchieraient à sa manière ! Cavanna ? François ? Fravça ? Mon mentor ? Celui qui inspire ma pensée politique ? L’écolo acharné ? Duquel j’ai tout lu -et relu ? Mazette, diantre, fichtre ! Parce que tout à coup, voilà t’il pas QUE JE NE SUIS MEME PAS ECOLOGISTE ! Merde alors, que je lui réponds, c’est vrai ? Que ne suis-je pas écologiste ? Mais c’est formidable, la polémique peut s’arrêter ici ! Vous m’avez injurié pour rien !
Mais non, c’eut été trop facile : étant donné que j’ai ironisé un jour sur la montée de Bérou dans les sondages et ma difficulté à choisir un candidat, me voilà devenu un de ces centristes snipers démocrates-chrétiens mous de la bite qui tirent toujours les premiers - chez lui, on se contredit sans vergogne, et les contraires se muent en mêmes.
Malheureusement, il a vite effacé mes commentaires et les passages de l’article qui montraient combien il se retrouvait piégé dans sa propre toile, et ainsi il pourra clamer que je mens. Je peux seulement vous demander de me faire confiance. C’est pas lourd, mais c’est vrai.
C’est pathétique.
Au fond, je plains ce pauvre bonhomme, car il faut être sacrément malheureux pour aller se défouler sur de pauvres anonymes comme voilà moi. Moi, je lui proposerais bien d’arrêter cette guéguerre ici, et maintenant. Il sait que moi aussi je peux être très méchant.  Mais il a la tête dure, le bougre, je le connais, il va nier de toute ses forces, et elles sont considérables. Je suis sûr qu’il a déjà déployé toute sa dialectique pour prouver que non, il n’a jamais rien censuré, et qu’au contraire c’est moi qui.
Pff…
La vérité c'est qu'il était en train de rouler par terre pour un sucre d'orge, en la personne de la regrettée Marie Rnnrd, qui a choisi de se soumettre. Les gens font ce qu'ils veulent, c'est dommage, je l'aimais bien. Marie, tu es virée.
Bilan : deux blessées graves. Je reste tout seul dans mon bunker.
Je vous embrasse bien et mort aux vaches !
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EGOISTES (3)

22 Février 2007 , Rédigé par Seb


Départ : Métro Mairie des Lilas (le quartier de Gainsbourg), plein nord, arrivée : Les Ulis, aux confins de la banlieue sud. Changement à Denfert-Rochereau, RER, et encore un bus si je suis claqué, mais en général, je finis à pied : je suis en pleine forme. Si vous en avez l’occasion, observez donc marcher un francilien : nez au sol, rapide comme Minerve. Même à la campagne. Chaque trajet me coûte deux heures, quand tout se goupille bien. Parfois j’y vais en voiture, mais les embouteillages me rendent hargneux, et c’est mauvais pour mes performances, parce que je suis standardiste dans une grande société américaine, et je dois être toujours de bonne humeur. Je veux garder ma place de premier, mon nom est affiché, je gagne des félicitations et des bons d’achat : je sais cacher mon agacement et je suis toujours souriant au téléphone, mon naturel enjoué me permet de maîtriser les clients les plus revêches. Je sais non seulement me plier en quatre pour satisfaire aux demandes, mais je sais aussi envoyer les gens se faire foutre sans en avoir l’air, c’est un métier, la logique spécieuse, ça s’appelle : ça s’apprend en formation ; j’ai souvent à dompter un ou deux emmerdeurs par jour.
Le soir, je défais le même trajet, et ce soir, justement, j’ai eu de la chance : à Denfer, j’ai trouvé une place assise, il a fallu jouer des coudes, l’heure de pointe dans le métro, je sais pas si vous avez jamais essayé, mais c’est toute une tactique que de ne pas se laisser marcher sur la gueule ; c’est l’heure de pointe qui rend le Parisien tellement tenace : il sait se battre pour avoir le droit de respirer. Bref : je suis assis, plongé dans le Canard de la semaine, et je me marre bêtement en me promenant dans la Rue des Petites Perles. Depuis ma petite bulle autonome de protection, je perçois à peine les autres qui s’agglutinent aux barres de soutien comme des moules dans la marée. Je lève le nez de temps en temps pour vérifier le nom de la station, je descend au terminus, mais bon, réflexe, quoi.
Mais quelque chose me gêne, tout à coup : un ventre. Tout rond. Bière, hamburgers ? Je replonge. Non… Non ! Je replie mon journal : n’y aurait-il pas un fœtus, là-dedans ?
« Mais, demandé-je en pointant le doigt vers l’objet du délit, sans voir la figure au-dessus, bien sûr, nous sommes à Paris, je pourrais commettre un impair… Et si j’avais affaire à une véritable obèse ? Enfin, mon regard saute au visage de la jeune femme, je la vois en entier, les reins creusés « vous êtes enceinte !
Je bondis et j’offre sans compter ma chère confortable place.
-  Merci…
- C’est naturel, voyons, n’importe qui aurait fait la même chose, je suis désolé, je ne vous avais pas remarquée : je lisais.
- N’importe qui, vous êtes sûr ? Répond-elle en regardant lourdement les sept voyageurs assis qui ont bravement basculé dans leurs lectures.
- Ah oui… C’est vrai… J’ai toujours tendance à oublier. Je suis de la province, vous savez, je n’ai pas encore pris toutes les habitudes locales. »
Je m’amarre avec les cuisses contre les sièges et je déploie au mieux mon journal entre les passagers installés face à la dame, mon père est aviateur. Si ça se trouve, Neandertal était plus civilisé que nous avec les femmes enceintes…
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METS TA PHYSIQUE !

21 Février 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #FILE - Ô - SOPHIE !

Pourquoi quelque chose plutôt que rien ? Question à 100 balles. Mais où sont les balles d'antan ? Et les briques ? Les patates ?


Figure optique de LEIBNIZ

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Ezechiel

17 Février 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #JE veux RIMER (powems)


Le Prohète Ezechiel

Fresque de Michey l'Ange — 1508-1512 -Chapelle Sixtine



Il y a dans la bible des passages qui me donnent le grand frisson littéraire :

"Maintenant, je vais bientôt répandre ma fureur sur toi, assouvir sur toi ma colère. Je te jugerai selon tes voies. Je te chargerai de toutes tes abominations. Mon oeil sera sans pitié et je n'aurai point de miséricorde."
EZECHIEL - CHAP. 7


On a beau être athée, ça fait froid dans le dos...
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Mecs

15 Février 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #JE veux RIMER (powems)

"- Dis-moi, qu'est-ce que tu fais quand tu veux faire pipi et qu'il y a quelqu'un dans les lieux d'aisance ?
- Ben je pisse dans le lavabo, tiens."
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Magister dixit

14 Février 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #FILE - Ô - SOPHIE !


Revenons un petit instant sur le chant du choeur d’Antigone. Non, sérieux, là, s'il vous plaît, j'en vois un encore un qui ricane dans le fond, aussi je vous demande de vous arrêter.
A la lecture du poème de Sophocle, nous comprenons que l'homme est le créateur de propre humanité et de son propre univers ; qu'il sait utiliser et plier le monde selon son besoin, et que, sauf contre la mort, il trouve toujours une réponse ingénieuse à la question de sa subsistance. De cette manière, l'homme organise un équilibre à l'intérieur de l'équilibre plus large d'une nature aux réserves sans fin. Son action ne touche pas à la nature des choses : la nature ne s'occupe que d'elle même, et elle offre ses ressources sans en être affectée, elle est envisagée selon l'imagination et l'intelligence.
La nature est donc neutre, du point de vue de l'éthique -dont le but est de régler avec sagesse nos problèmes humains, parce que nous sommes des brutes toujours prêtes à se foutre sur la gueule.
Ou plutôt, elle l'était, jusqu'à la révolution industrielle, car aujourd'hui, les choses ont changé : en effet, on ne peut que constater la vulnérabilité de la nature face à la technologie, une fragilité que nous ne pouvions pas imaginer avant que les effets délétères de cette nouvelle puissance ne se fussent manifestés. Cette découverte de notre pouvoir sur la biosphère nous en rend responsables, justement parce que nous avons pouvoir sur elle.
On verra pourquoi, ou pas, au prochain chapitre. Sans exclamations excessives.
(petit commentaire du Principe Responsabilité de Hans Jonas)
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Ce qu'était l'homme

11 Février 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #FILE - Ô - SOPHIE !



"-Antigone ? Antigone ! Où est-ce qu'elle est encore passée, celle-là ?
- Oui, mon Phophocle, me voilà, je finissais d'étendre le linge.. Qu'est-ce qu'il y a ?
- Assois-toi ici et écoute mes derniers vers, tu me diras ce que tu en pense."

Sophocle se jucha sur son tabouret et s'éclaircit la voix :

"- Hum hum ! Rrr, arrrh, hph ! Hph !
- As-tu pris ta potion, mon Phophocle ?
- Silence, femme, écoute, plutôt :

Il est bien des merveilles en ce monde, il n'en est pas de plus grande que l'homme. Il est l'être qui sait traverser les flots gris, à l'heure où. soufflent les vents du Sud et ses orages, et qui va son chemin au creux des hautes vagues qui lui ouvrent l'abîme. 11 est l'être qui tourmente la déesse auguste entre toutes, la Terre, la Terre éternelle et infatigable, avec ses charrues qui vont sans répit la sillonnant chaque année, celui qui la fait labourer par les produits de ses cavales.
Oiseaux étourdis, animaux sauvages, poissons peuplant les mers, tous, il les enserre et les prend dans les mailles de ses filets, l'homme à l'esprit ingénieux. Par ses engins, il est le maître des bêtes indomptées qui courent par les monts, et, le moment venu, il ploiera sous un joug enveloppant leur col et le cheval à l'épaisse crinière et l'infatigable taureau des montagnes.
Parole, pensée prompte comme le vent, aspirations d'où naissent les cités, tout cela, il se l'est enseigné à lui-même, aussi bien qu'il a su, en se faisant un gîte, échapper aux traits du gel, de la pluie, cruels à ceux qui n'ont d'autre toit que le ciel. Bien armé contre tout, il n est désarmé contre rien de ce que lui peut offrir l'avenir. Contre la mort seule il n'aura jamais de charme permettant de lui échapper, bien qu'il ait déjà su, contre les maladies les plus opiniâtres, imaginer plus d'un remède.
Mais, ainsi maître d'un savoir dont les ingénieuses ressources dépassent toute espérance, il peut prendre ensuite la route du mal tout comme du bien.
Qu'il fasse donc, dans ce savoir, une part aux lois de sa ville, et à la justice des dieux à laquelle il a juré foi; il montera alors très haut dans sa cité ; tandis qu'il s'exclut de cette cité, du jour où il laisse le crime le contaminer, par bravade.
- Bravo, mon Phophocle, tu vas faire un malheur !"


Sophocle, Antigone, traduction de P. Mazon, collection Budé, Éd. les Belles Lettres. Adaptation libre de S. Clivillé.
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Réfléfifons un peu

9 Février 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #FILE - Ô - SOPHIE !

"Le Prométhée définitivement déchaîné, dit Jonas en se reboutonant soigneusement, auquel la science confère des forces jamais encore connues et l'économie son impulsion effrénée, réclame une éthique qui, par des entraves librement consenties, empêche le pouvoir de l'homme de devenir une malédiction pour lui. La thèse liminaire du Principe Responsabilité est que la promesse de la technique moderne s'est inversée en menace, ou bien que celle-ci s'est indissolublement alliée à celle-là."



Hans Jonas a la même coiffure que moi
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