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Fumiers

28 Novembre 2006 , Rédigé par seb

Je ne sais pas si je vous l’ai déjà dit, mais je travaille comme surveillant de nuit dans un foyer pour déficients intellectuels, comme on dit en politiquement correct, pour gogols, en langage courant. En plus de surveiller, je fais le ménage des  parties communes. Je sais, ce n’est pas glorieux, mais est-ce que vous le feriez, vous ? Non ? Bon, il en en faut et j’en suis, il ne faut pas se moquer de mon métier, je me sens utile. Un jour que je voulais acheter une maison, un vendeur, avec lequel j’allais conclure une affaire, me demande ce que je faisais dans la vie. Je lui réponds. Il me dit que, quand même, on en fait un peu trop pour ces gens là. Mes sourcils se circonflexent ; il a un siège bébé à l’arrière de son véhicule. Vous savez, lui dis-je encore, vous avez un petit gamin, vous en aurez peut-être un autre… Or, ce sont souvent les enfants de vieillards qui sont handicapés, c’est pas moi qui le dit, c’est la statistique. De plus, vous n’êtes vous-même pas de première jeunesse, un accident cérébral est si vite arrivé que vous pourriez vous retrouver gogol avant de pouvoir faire « ouf ». Ce jour là, vous serez bien content de trouver des gens comme moi. Quant à votre baraque pourrite, vous pouvez vous la foutre dans le cul, a’ pue, au revoir, vieux schnock !

Bon. J’ai pas été aussi direct, mais c’était le sens de mon propos.

Finalement j’ai trouvé un terrain et j’ai fait construire une maison neuve. C’est moins cher et c’est mieux isolé.

Autres choses.

A mon travail, si on m’a embauché, c’était pour remplacer un veilleur qui s’était fait virer. Pourquoi ? Simplement, cet enfoiré avait violé un des handicapés. A cette époque les veilleurs étaient seuls, la nuit. Maintenant, on a un collègue en train de dormir, en cas de problème, d’incendie, par exemple, ça sera plus facile pour évacuer. Au procès, la victime a su expliquer, avec ses propres mots, ce qu’il s’était passé. Il y a deux ans, encore un déficient victime de viol : cette fois, c’était un cousin qui avait l’habitude d’emmener la personne en week-end.

La semaine dernière, au café, la collègue me dit qu’il y a un accueil d’urgence cette nuit-là : une trisomique en appartement accompagné s’est faite violer à son domicile. Je n’ai pas demandé de précisions.

Rien à voir entre le cas du gros con de vendeur et mes trois violés ? Voire. Je comprends qu’il y ait eu tant de nazis : les handicapés ne sont pas considérés comme des êtres humains. Faites la liaison. C’est par là qu’ils avaient commencé.
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Psychologie de la peur

26 Novembre 2006 , Rédigé par Seb Publié dans #FILE - Ô - SOPHIE !

La lecture du blog de Hémiprésente (j’aspire le H) m’inspire une petite réflexion. Car elle souffre, ou plutôt, je l’espère, a souffert des mêmes troubles que ma moitié, je l’ai réalisé quand j’ai lu que Hémi avait passé un scanner des fois qu’elle aurait pas attrapé la SEP, la terrible sclérose en plaques aux dents jaunes, et tout un tas d’examen tous plus négatifs les uns que les autres. J’espère que tuvas bien Hémi, si tu passes par ici.

Notre histoire.

C’était il y a quelques années. Après une  grossesse interrompue, tout a commencé à aller de travers, estomac, cœur, intestins, cerveau… Le mal passait d’un organe à l’autre et les spécialistes s’y cassaient les dents, elle était convaincue d’être la victime d’une maladie incurable, les examens ne décelaient rien et elle allait sans doute en mourir. A chaque qu’un médecin ou un autre lui demandait si un événement traumatisant avait eu lieu, elle évacuait la question d’un revers de la main, oui, c’était vrai, mais ça n’avait rien à voir : elle souffrait vraiment physiquement. Moi j’étais un peu désemparé. Et puis après qu’elle fût retombée enceinte, la maladie s’est estompée puis ma mie en a guéri : c’était psychologique. Attention, je ne dis pas qu’elle n’était pas malade, elle était vraiment mal. Cette angoisse, c’était la peur du malaise, la peur de la mort, la peur de la peur, la peur de perdre le contrôle. On éternue, ça étourdit un peu, on s’imagine le pire et le processus se met en branle, ça finit en vrai malaise, spasmophilie, ça s’appelle, on prête attention au moindre glouglou, on s’hyper-oxygène, la tête tourne, c’est de pire en pire. Rationnellement, on ne meurt pas d’éternuer trop fort, mais c’est le cerveau émotionnel qui prend le dessus, et même si on le sait, la crise de panique peut quand même prendre le dessus.

Le cerveau humain est une drôle de machine, hein ?

Le docteur Christophe André, psychiatre, a écrit un excellent bouquin à ce sujet, où il préconise une thérapie comportementale plutôt que la prise de psychotropes. La psychanalyse viendra en soutien de la thérapeutique. Le titre : « Psychologie de la peur, craintes, angoisses, phobies » chez Odile Jacob poche. Il explique les mécanismes de nos peurs, hérités de nos ancêtres préhistoriques et nécessaires à notre survie, peur des serpents, du vide, des araignées… sont comme des alarmes de voiture : elles sont parfois déréglées et trop sensibles, et elles se déclenchent au moindre effleurement. Son travail consiste à régler le curseur à un niveau raisonnable.

Bon. Si vous souffrez de ces crises de panique, lisez-le, ça vous fera du bien.

 

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le pholcus

23 Novembre 2006 , Rédigé par Seb Publié dans #JE veux RIMER (powems)

On me demande ce que  je veux être,

Comme bête ?

Je réponds que je préfère être araignée.

Pourquoi un tel gibier ?

Elle tisse sa toile au coin des murs :

Dans ces endroits les plus sûrs

Elle jaillit comme un bandit

Sur les petites fourmis

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ART (rectificatif)

20 Novembre 2006 , Rédigé par Seb Publié dans #NOUVELLES

Pas du tout. Les artistes étaient les premiers inaptes et paresseux de l'humanité. Chétifs, ils ne chassaient pas et accompagnaient les femmes aux champignons : on se servait d'eux pour reconnaître les bons des pas-bons en les leur faisant goûter. Un de ces déficients physiques, au lieu de mourrir bêtement, commença à peinturlurer les murs de la caverne avec ses excréments en tonitruant des airs paillards. Plus tard, on perfectionna la technique, mais les ingrédients de l'art étaient enfin réunis : de la drogue, des femmes, un support et de la matière. Et tous ceux qui vous raconteront autre chose, c'est rien que des menteries.
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Racistes (2)

20 Novembre 2006 , Rédigé par Seb

En revenant de la cueillette des mûres de la forêt toute proche, mes deux gamins dans la brouette. Blonds, tous les trois ; une dame qui étend du linge, sa petite fille, du même âge que les miens, qui cavale en tous sens. On discute, ça se fait, les mûres, la forêt, la construction, l’école… Ha ! l’école… « -Les miens je ne les ai pas mis en bas, parce qu’il y a trop de, enfin, vous voyez ce que je veux dire. »

Je vois très bien ce que vous voulez dire. Au revoir Madame. Rendez-vous le 22 avril.

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La Dame et le Pion

13 Novembre 2006 , Rédigé par Seb Publié dans #JE veux RIMER (powems)



Un pion arrive à dame



Un pion, une Dame,

Perdus au sein d’l’échiquier

Ils chantent, ils clament

Qu’ils sont à croquer

 

Le pion aime la Dame

Et la Dame le sait

La Dame donne son âme

Au pion stupéfait

 

« - Ah Madame ma Dame

Quel beau cadeau-là !

Pour un pion infâme

Tel que voilà moi

 

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Les pays d'Olmes

3 Novembre 2006 , Rédigé par Seb Publié dans #NOUVELLES

Un de mes neveux, j'en ai 14, 15 ? m'a envoyé ça (entre autres)
Un commentaire ?



Partout dans le monde entier, des gens souffrent et meurent. J’ai vu trop d’hommes, de femmes et d’enfants se faire tuer pour avoir cru en l’avenir.

Le monde semblait s’organiser tel un chaos infernal engendrant un ordre inexprimé.

Chaque conférence sur la violence me laissait de plus en plus perplexe. Les grands discours nous endormaient sous un déluge d’illusions.

 

Mais je ne perds pas espoir.

 

Je me souviens, trop bien, de ces terres où la nuit me portait si bien conseil. Les étoiles scintillaient comme des lumières célestes sur des bougies d’obscurités. Et dans cette nuit sans lune, chacune de ces étoiles me livrait un secret, une merveille. Je restais là, à les contempler, me promettant de ne rien ébruiter.

 

J’étais sur la route, sortant de la brume épaisse, lorsque je la vis pour la première fois. La petite fille me regarda un instant puis se remit à fixer l’horizon et les montagnes enneigées.

Le vent soufflait d’un air glacial. Que faisait-elle là, toute seule ? Elle devait avoir tout juste cinq ans…

Au moment où le soleil se leva, la petite fille se retourna et me fixa de nouveau :

 

La peau de son visage s’était assombrie comme la nuit des ombres.

Le noir de ces cheveux brillait comme une étoile à l’aube.

De ses yeux bleus à peine ouverts, se tracèrent aux niveaux des cils, un horizon de lumière, comme la mort qui sombre.

Et enfin, la lueur brillante et rosée, qu’émit sa beauté éclairée, sortant chacun de ses traits de la pénombre…

L’homme la dénomma « Aurore », comme l’annonce d’un dieu, le bûché d’un démon, la fin d’une illusion…….

Mais dans le reflet d’un éclat trop puissant, ses yeux se mirent à briller, avec le sourire d’une révélation, comme la lumière pure d’un levé de soleil, brûlant la nuit grandissant les ombres, elle s’appelait « vérité ».

 

J’ai cligné des yeux et elle avait disparu, laissant la place à cet épais brouillard. Ai-je rêvé ?

Non, je le sens au plus profond de moi. Là où le langage se perd autant en larmes qu’en gestes mystérieux et rythmés….

La brume était toujours là. Compacte, elle affirmait cette volonté de nous perdre. Mais en moi résistait l’image de cette femme et de cette petite fille solitaire.

Nul part au monde, je n’ai ressenti autant d’espoir !

Car cette petite fille, elle y croyait !


 


 

Samuel

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