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Tout ou presque sur les champignons comestibles

1 Novembre 2015 , Rédigé par Hagaär Dünor-Toxic Avenger

S’il y a un bien truc important dans la vie, ce sont les champignons. Non, je ne parle pas des mycoses, ni des mérules dévastatrices de charpentes : je parle de ceux qu’on mange, les sauvages qu’on aura ramassés, débarrassés de leurs limaces invisibles, de leurs minuscules araignées bleues orangées sur leurs longues pattes de verre… De leurs dérisoires scolopendres encore non répertoriés la systématique. D’aucun traversent les océans dans la plupart des dimensions de l’espace, sondent les marigots délétères, vont se noircir les orteils sur les Aconcaga, alors que la nature s’étale, sous nos pieds. Ici. Il y a de tout ça dans le champignon, petites merveilles gustatives et /ou visuelle.

C’est facile, pour la nature, d’être belle. C’est comme ça depuis, pfiou ! Un paquet d’années. Si ça se trouve, c’est même un animal qui a trouvé un truc beau pour la première fois… Mouais. Déjà, un animal, c’est beau. A-t-on jamais vu une belette laide ? Un corbeau sans reflets navals, un nuage disgracieux, une étoile adipeuse ? Le champignon, dans toute son abscondité, est une splendeur. Je te le dis tout net, tel que je le pense. En tant que poète, je n’irai pas par quatre chemins : c’est beau. Tiens, prenons, le premier qui nous tombe sous la main. Sortons dans le jardin, ou allons jusqu’à la pelouse devant l’immeuble… Amis de centre-ville, fermez les yeux et contentez-vous d’imaginer… Marchez jusqu’au prochissime square. Les brins d’herbes humides d’une fin d’après-midi d’automne. Fin octobre, précisément, à la sortie de l’été indien. Oh ! Des petits champignons ! C’est quoi, papa, ça, ces champignons-là ?

Approchons-les prudemment. mon petit chapeaux crème, pralinés au centre, caramel au bord, retournez moi avec toute la délicatesse due à ma fragilité : mes lamelles bien détachées café-au-lait, ma tige de même couleurs je pousse en lignes en bosquets ou en rond sur les pelouses rases et les prés récemment broutés on me trouve même sur la place de la mairie je suis je suis je suis ? Le petit mousseron ! Oh ! un petit mousseron, comme disait mon tonton Guy qui est un grand mycologue devant l’Eternel : et hop, il le cueille il le gobe ! J’en suis resté : baba, comme disait Marguerite. Cherchez pas, il n’y pas de calembours, je déteste ça les calembours, les contrepèteries, les acrostiches et tout ce qui te fout de ta gueule avec son air de ne pas y toucher. C’est de l’humour vicié. Dans la pelouse, on trouve aussi des coprins, de deux variétés. Le noir d’encre, et son petit coprin (bon des fois on peut se laisser aller, allez…), le chevelu. Ils vont parfois ensemble. Le coprin noir d’encre est un excellent comestible, il n’y a pas plus fin plus goûtu. Mais il présente un petit inconvénient, c’est qu’il est diurétique, astringent, émétique et hallucinogène quand on le consomme avec un verre de Sancerre ou tout autre alcool, avec ou sans raisin… Mieux vaut ne manger que son cousin ébouriffé, qui doit être cueilli quand il est encore en œuf, quand il ouvre son parasol au soleil blafard de fin octobre, aussitôt il noircit et disparaît en quelques heures. J’en ai mis dans la soupe récemment, des que j’avais ramassés au bord de la route, oh putain j’ai vu surgir comme un pouce blanc d’écume sur le bas-côté, j’ai fait une embardée et je me suis garé en catastrophe à cheval sur la circulation : je suis descendu affolé de ma voiture (diesel) et ouf : ils étaient encore-là, mes petits coprins… C’est comme ça, les acharnés des champignons, ils en repèrent et ils se jettent sur leurs proies comme des morts-de-faim. Toujours à l’affût, ils scrutent les sols, l’orientation, la végétation, la météo… C’est comme ça qu’ils viennent te gober des mousserons sous le nez, alors que tu savais même pas que c’était comestible, ces petites bêtes-là. T’aurais même jamais imaginé que. Dans les herbes, on trouve aussi d’excellentes coulemelles, ou lépiotes élevées, qui montent au soleil les pieds dans l’eau jusqu’à des trente-trente-cinq centimètres. Une petite alvéole autour du pied, un large chapeau brun clair, il ne faut récolter que les champignons les plus gros, tout nanisme révélant une toxicité pas piquée des hannetons : mon cousin Patrick, qui pourtant s’y connaît en chapeaux ronds, s’est empoisonné avec des petites coulemelles, qui n’en sont pas. En français, on les appelle petites lépiotes, pour ta gouverne. Et il est bien connu que plus c’est petit, plus c’est méchant, en tout cas pour les lépiotes, c’est prouvé. On ne l’y prendra plus ( c’est ça qu’est difficile à dire dans la morale de la fable), diarrhées, maux de tête, boutons sur le cuir chevelu qu’il a luisant (c’est de famille), bref : malade à s’en foutre partout, dégueulasse. Il y a aussi les vesses-de-loup géantes, qui servent de maison aux schtroumpfs, si quelqu’un vous dit le contraire, c’est son droit mais méfiez-vous : il n’a pas l’esprit scientifique ni rationnel, c’est un faiseur-de-prendre-les-vessies-pour-des-lanternes, un politicien. Méfiez-vous : il ne sert que ses propres intérêts. Sachant qu’un schtroumpf moyen mesure onze centimètres environ, seule de la vesse-de-loup il peut faire son logis. Blanche et grosse comme un œuf de diplodocus, les schtroumpfs les plus schtroumpfs peuvent même y installer un étage. Les petits être bleus (j’en ai marre d’écrire schtroumpf) ont trouvé un moyen pour conserver la vesse-de-loup en état. Sinon, en quelques jours elle jaunit de l’intérieur et se transmue en poussière de spores ; c’est alors qu’on peut shooter dedans et disperser ses promesses aux quatre vents. Non seulement c’est rigolo, mais c’est utile. Bien vérifier la maturité du champignon, sinon on frappera dans un masse compacte de plusieurs dizaines de kilos. Comestible et même pas mauvais, d’ailleurs. Ça continuera à être rigolo, mais ça fera mal au pied. On n’a pas idée de taper dans les champignons, sacrilège ! Sauvage ! On peut encore trouver des roses des prés, agarics champêtres de leur petit nom, un gros tu le retournes lamelles vieux rose ; il est délicieux. Il n’y pas si longtemps, j’ai même croisé des psilos. Je passais devant un champ en poussant la poussette, un peu poussif, j’avais un peu poussé la veille sur le poussin, c’est la campagne, les gamins, faut que ça respire, les bonnes joues rouges sous la cagoule, après on viendra me dire que la nature n’est pas belle ! Tiens ! Un psilo (une chasse aux champignons, ça commence toujours par un « tiens ! ») ! A quoi.. trois, quatre-cents mètres de chez moi. Je n’ai plus dix-huit ans. Je ne me sens plus pour ce genre de voyage… C’est comme si je retournais à Karabane… Ça n’aurait plus la même saveur Prendre un chat qui ronronne sur les genoux, ça me suffit. Il y en avait des centaines.

Finies, les grandes ambitions !

En revanche j'ai trouvé des chanterelles

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