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Y'en aura pour tout le monde.

30 Mai 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

J'ai l'impression d'embrouiller tout le monde avec mes renvois à des articles de septembre 200... Une même histoire, mais en différentes versions...
C'est super chiant.
La galère.
I-LLI-SI-BLE.
Moi qui suis l'ennemi juré des longueurs...  Bref.
Si ça vous botte, alors écrivez-moi, et je vous enverrai mon texte en format rtf, il suffira de me le demander poliment, en laissant vos trimail dans la case secrète des commentaires, en cliquant sur le lien ci-contre, là, à gauche, " joindre Seb", Seb c'est moi, et en privé je ne suis pas l'ogre que vous croyez, je suis très fin, très délicat. Pas du tout rentre-dedans, ni goujat, surtout pas !
Bon, me cherchez pas de noises non plus (mais je ne vois pas pourquoi) parce que je suis aussi hyper-susceptible, il vous en cuirait : je griffe tous ceux qui m'embêtent. J'aime bien distribuer les coups de pieds au cul, ça me détend. Enfin, si vraiment vous aimez les complications, essayez de cliquer le lien contact, tout en bas. Très en bas, parce que je laisse 10 articles en ligne, et comme en ce moment j'en mets des tartines... La pesanteur peut vous faire faire du chemin, pourvu qu'il n'y ait rien dessous. Très habile dichotomie (pour les proutprout de la littérature qui viendraient à passer par ici).
Voilà voilà...
Ça, c'est fait...
Ah oui ! J'ai acheté une petite traduction à 2,50€ (prix neuf) de la lettre à Ménécée, d'Epicure. 
Ça s'intitule  : Epicure, Lettre sur le bonheur, éditions mille et une nuit. Traduite du Grec par Xavier Bordes. Et bien les copains moi je dis bravo à ce Xavier, car c'est la meilleure traduction que j'en ai lue, c'est vivant, on sent tout l'humour, toute la sagesse de ce philosophe majeur. La philosophie du plaisir... La recherche de l'Ataraxie, vivre en accord avec soi-même, se contenter de choses simples, connaître la nature de l'univers... Alors attention, amis lacaniens, oui vous avez bien lu, se contenter, être content de, trouver du plaisir à.
Tout à l'heure, dominant de ma terrasse tout le Vexin, j'embrassai mon domaine d'un seul regard : il faisait chaud, il faisait beau, une fin d'après-midi hollywoodienne, et j'écoutais chanter les tourterelles (pan les palombes ! Il y a des gens, et je vous assure que ça existe, tu leur dis "tourterelles", et aussi sec ils sortent le fusil de chasse et le saucisson sec ! Incroyable, hein ?) et grenouilles (donc), et mes petits qui baguenaudaient dans les hautes herbes, sans clôtures -et sans emmerdeurs, et les  bourdons qui cherchent des trous pour y poser leurs oeufs, il bouchent ça avec de la cire, bon sang j'adore les bourdons, le vent doux qui 
susurrait à mes oreilles... Je me disais que j'étais bien, là, une tasse de thé bien noir à la main, sucré comme mon amoureuse, et, même si la gueule me chauffait un peu (j'aime le soleil, mais à l'ombre, je suis de Normandie et on ne se refait pas), et le soleil sur les pentes de la vallée, là-bas, au loin, qui se perdait dans le sfumato du printemps, serpentant autour du Gambon, ha ! Le Gambon ! Si clair, si frais (pour les amateurs de rosé) !
Hum. Bon, je ne résiste pas à l'envie de vous recopier une page du bouquin.Hé hé hé. Zavez qu'à l'acheter !
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Ambrose

30 Mai 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #NOUVELLES

Nouveau chapitre. Le 5 ? Je sais plus. Blanche va se demander ce qui participe de l'art, ou du cochon ?


Il y a longtemps, les Anciens avaient décidé que le jeune Ambrose serait envoyé en ville poursuivre ses études, en tant que représentant d’une famille importante de la région. Il était ensuite resté quelques années à Katona comme pasteur et instituteur, où il avait monté une organisation de volontaires. Une minorité de Katonais menait grand train et se vautrait dans le stupre alors que le peuple croupissait dans la pauvreté. Il avait longtemps observé la situation, abasourdi, et il avait décidé d’aider les autres à construire une vie (non plus une survie) honnête et suffisante. Il avait constaté que les nantis, enfermés dans leurs tours de verre, ne faisaient pas grand-chose pour que cela change, disposant des milliers de mains du peuple exploité pour des queues de mangues. Et il fallait que cela change, que la flèche du progrès repartît dans le bon sens… Il croyait que tous ensembles les gens pourraient peut-être se prendre en main, et palier à certaines carences de l’état : alphabétisation des enfants de la rue, brigades d’adultes dans les zones dangereuses, lectures publiques, conciliations… Son projet, en gros, c’était, dans les grandes lignes, que les moins pauvres aident les plus pauvres à s’en sortir. HARAMBEE ! Ambrose regardait les volontaires monter les derniers parpaings de l’école. Il était revenu vivre quelques années plus tôt au village avec sa femme, ses quatre enfants naturels et les deux filles de son frère mort du SIDA -il passait au travers de l’épidémie et il en remerciait le Seigneur, en ce qui le concernait. Il avait retrouvé la petite localité accrochée à ses coteaux verdoyants dans l’état qu’il avait craint : il ne restait plus beaucoup de couples au village. Toute une génération avait été emportée et le sinistre était loin d’être circonscrit… Comme si la malaria n’était pas suffisante ! Les campagnes se dépeuplaient... Les jeunes ne savaient pas travailler aussi bien que s’ils avaient terminé leur apprentissage. Evidemment. Ambrose avait retroussé ses manches et s’était courbé dans les champs pour rattraper le temps perdu… Mais il continuait ses activités à Katona, les important même jusqu’à son village… La situation réclamait toute sa vitalité et il avait mobilisé son réseau. Ils avaient pu construire quelques écoles locales, où on n’exigeait pas d’uniforme comme en ville, uniforme trop coûteux qui matérialisait la limite de deux mondes. Ici, les instituteurs étaient des bénévoles nourris logés par les villageois qui retournaient régulièrement en ville faire le plein de liquide grâce au expédients habituels. Parfois, un volontaire étranger était intégré à un projet (on avait des contacts et on travaillait sérieusement) et on lui demandait des participation fees… Mais ce n’était pas la meilleure source de revenu de la communauté : ils avaient créé une coopérative caféière qui rémunérait leurs efforts, la Mbarara Ankole Coopérative Union Ltd.
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Formalités

29 Mai 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #NOUVELLES

Une neige humide lui glissa dans le col : Paris se trouvait, en ce début de mars, juste au point de contact d’une perturbation océanique et d’une masse d’air sibérienne, avait expliqué la dame de la météo, mais, n'ayant pas la télé, Esa était sorti en bras de chemises. 
Il ferma son dernier bouton sous la piqûre de la bise qui s’engouffrait dans la rue des Abbesses... Il frissonna, et puis, tandis que voletaient encore quelques flocons, le soleil déchira les nuages noirs, et Montmartre s'enflamma sans prévenir. Il allongea le pas. Perdu les constellations de chewing-gums, ses pensées le ramenaient sans cesse à Philippe.
Après la nouvelle de la blessure de son ami dans l’attentat du Family, Esa avait tout abandonné séance tenante pour se consacrer aux affaires courantes de son camarade blessé.
Le patron, l’ambassade, l’assurance, le rapatriement à Paris, et puis l’AP-HP, le CHU, la CAF, la CPAM, la CRAM, La CNAM (pour valider l’ADT et organiser l’HAD), la MAIF, l’ACOSS, et j’en passe : il s'était occupé de tout.
Il sétait provisoirement installé dans un petit appartement, à mi-pente de la Butte.Il y avait laissé pas mal de cheveux, d'alleurs... Et puis il était entré en contact avec le fameux notaire, celui qui avait demandé à Philippe de le joindre, juste avant sa blessure.
Il n’aimait pas les tracasseries bureaucratiques, alors, en découvrant l’incroyable complexité des systèmes français, il crut tomber dingue : jamais, dans son pays d'Hyperborée, il ne s'était autant pris de bec avec des fonctionnaires, toujours à réclamer des paperasses par ici, des signatures par là...
Le notaire avait annoncé à Klimmt le décès de Thérèse, l’épouse légitime de Philippe. La voisine avait découvert le corps sans vie… Thérèse était morte, bêtement, sans s’y attendre, le cou rompu dans la belle mosaïque de l’escalier de sa maison d’enfance. Philippe était son seul héritier.

Bon, c'est un paragraphe de transition en centre ce qui précède et la suite. Vous me suivez ? Je vous conseille tout de même de lire depuis le
tout début... Cependant vous ferez le lien... Parce que... J'en avais fait une nouvelle indépendante... Hum. Je me déchire, mais je sais bien que vous n'avez pas le temps. Allez. Bises.
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Rudeboy shufflin

28 Mai 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

L'aventure moderne, c'est dans les townships qu'il faut la vivre... Les sensations fortes. Les shoot d'adrénaline. La peur, la fuite ! C'est là qu'on constate l'ampleur du problème des grandes villes africaines, la violence et la pauvreté des populations des faubourgs. Les mystères de Paris et le chourineur, c'est de la petite bière, si on compare. C'est assez décourageant, il faut dire.
J'ai passé quelques semaines dans les faubourg de Nairobi.

Si vous avez écouté les infos récemment, vous vous souvenez forcément des émeutes qui ont enflammé le Kenya, après la contestation des résultats à l'élection présidentielle. Donc, vous avez une image du genre d'endroits où j'ai été hébergé. J'étais chez une amie, volontaire d'une association de chantiers de bénévoles internationaux, KVDA, Kenyan volunteers for development association. La première fois que je suis allé chez elle, c'était au terme d'un très long voyage en Matatu depuis Kampala, Ouganda. Ca faisait un sacrément long voyage...
Le "paradis" Kenyan, n'est qu'un mirage. Autant je me suis senti tranquille en Ouganda, autant qu'au Kenya, la violence était telle que j'en suis encore choqué, aujourd'hui. Et il paraît qu'il est des villes bien plus dangereuses que Nairobi.
En Ouganda, j'avais passé mon temps à faire la bombe avec mon guide ravissant, juste elle et moi, nous papillonnions - pas facile à dire, ça "papillonnions"- la fête était partout, les gens étaient positifs, on sentait le bonheur de n'être plus sous la dictature de l'abominable Amin Dada, et même si la vie n'y était pas rose, le gouvernement  en découd régulièrement avec des groupes armés sectaires - lire à ce sujet Allah n'est pas obligé, d'Ahmadou Kourouma au sujet des enfants-soldats, bref : à Kampala, j'ai senti de l'espoir.
Rien de tout ça à Nairobi.

On a traversé les faubourgs dans un autobus bondé... Vous voyez le métro, les jours de grève. Vous voyez ? Eh bien là, c'étaitpire, on était obligé de sortir les passagers au démonte-pneu... Avec mon chapeau de paille de travers et mon gros sac sur le ventre, je me sentais vraiment vulnérable. Une petite vieille d'au moins 45 piges... M'a laissé sa place assise. Je lui en suis encore reconnaissant. Depuis la gare routière, ça nous avait pris deux heures pour arriver. C'était la nuit. J'avais du mal à respirer, à cause des gaz d'échappement.
Mon amie m'avait dit : bon, on va arriver. Concentre toi Clivillé, tu fais exactement comme moi. Ah oui, que je lui dis, on joue à jacadit ? Mais non imbécile : tu cours !
Bon, j'ai pas couru assez vite, j'ai vu briller une lame : un rudeboy aux yeux fous m'a pris mon chapeau en me gratifiant d'un aimable "-fuck you", genre, si tu bronches je te crève. Run run run, qu'elle me répétait. Là, j'ai compris, j'ai tourné le dos à ce garnement, et j'ai galopé derrière elle jusqu'à, sa petite maison en tôle, recouverte de barbelé.
Mon beau chapeau... Un cadeau, bon sang !
Je le savais pourtant : j'avais déjà été attaqué à Nairobi. Je suis très naïf : je crois que si je suis aimable avec les gens, ils seront empli de bienveillance à mon égard... N'importe quoi !
J'étais quand même plutôt content d'êté rester entier.
La vie ne tient qu'à un fil.
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Traduction automatique

27 Mai 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #NOUVELLES

A la demande générale ("- Ouaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis), je donne une suitte à cette histoire d'hôpital. Un épilogue ? Je balance de mon roman comme ça, en fait... en désordre. C'était une suite possible de "les fauves de la saint-valentin", nouvelle déjà publiée sur mon blog.
Comme j'ai saucissoné, l'enchaînement n'est pas évident... Mais que voulez-vous ? Vous êtes si paresseux, ou si pressés, que si je balance 200 pages, je risque bien de vous faire fuir. Bon. La suite ?


Esa s’éclaircit la voix et commença à lire :


« Quatre tués dans le double attentat (…)

- Plus fort !

- QUATRE TUES DANS LE DOUBLE ATTENTAT DE LA SAINT-VALENTIN A KATONA - Au moins quatre morts et trente blessés graves dans le double-attentat à la bombe (…)

- C’était des grenades !

- Oui mais ici, je lis bombes, alors je dis bombes, tu vas pas commencer à m’emmerder ? Ecoute, chut !

- Bon.

- Silence ! Bon, où j’en suis moi ?

- Double-attentat à la bombe… 

- Hum ! Qui a secoué la banlieue de Katona juste après 21h hier soir. Parmi les victimes, M. Haïlé Tenta un étudiant Ethiopien de l'Université de Makerere, Mme Rosemary Kavuma, M. Katsiga, homme d'affaires de Muyenga, mort sur son siège quand l’explosion lui a déchiré l’estomac.

- Abrège.

- Je lis, oui, ou merde ? Son téléphone cellulaire a sonné continuellement pendant que les sauveteurs se précipitaient sur la scène du drame. Les secours ont dû amputer deux blessés sur place peu avant minuit, tandis qu’une troisième victime se vidait de son sang.. Plusieurs autres victimes ont été transférées à l'hôpital Nsambya. Le porte-parole de la police, Eric Masiré, a déclaré que « jusqu'à six personnes pourraient avoir été tuées. Trois sont mortes sur place, on a déclaré une autre personne morte une heure plus tard. Deux corps viennent juste d’être apportés à Mulago ».  Aucune arrestation n’a été effectuée. Les deux explosions se sont déclenchées à trois minutes d’intervalle au Family Shop, célèbre boîte de nuit de Niokabaokaba, sur la route de Muyenga. L’établissement fait partie de l’ensemble très couru de Niokabaokaba(…)

- Ils se répètent…

- On va jamais y arriver. C’est déjà assez difficile à prononcer comme ça, quoi, merde. L’établissement, donc, fait partie de l’ensemble très couru de Niokabaokaba dont les bars sont surtout fréquentés par des étrangers. Les blessés transférés à Mulago sont : Charles Balele, 16 ans, de Niokabaokaba, le membre inférieur gauche fracturé ; Violene Nabusokele, 21 ans, dans le coma, blessée à l’aine et au pied ; Natalia Lankuka, 32 ans, de Kyambogo, blessée à la poitrine. Parmi les victimes, on compte également un homme d’affaire Français, amputé du bras (…)

- Hum !

- Hum… un couple asiatique et un autre couple Ethiopien. Les témoins oculaires ont déclaré que la première détonation avait eu lieu dans l’entrée, bondée de couples célébrant le Jour de la Saint-Valentin. « Nous étions en train de nous enfuir, quand nous avons entendu une deuxième explosion dans le dancing. Il y avait du sang partout et des chaises fracassées avaient volé partout. Les gens hurlaient, les femmes poussaient des cris hystériques. Quelques blessés avaient les jambes arrachées et le corps d’un homme émergeait des ruines » Un autre témoin a témoigné

- "témoin a témoigné", c'est pas très heureux, comme formule...

-Tu sais que tu commences à m'emmerder, toi ? Je reprends : a témoigné qu'un vigile en faction avait été blessé dans l’explosion et qu’il avait perdu son pistolet : « Il a vu une personne suspecte, il a dégainé son arme, mais la deuxième explosion a retenti à ce moment même et il a été blessé à la jambe » a dit un témoin oculaire. La Police du commissariat voisin de Niokabaokaba est arrivée sur la scène trente minutes plus tard. Le reste des forces de l’ordre est arrivé à pied. A 23h, le personnel de sécurité en civil et les policiers en uniforme avaient bouclé l'accès, parmi eux le chef des services secrets militaires, Maj. Mayombo Noble. Parmi les décombres, devant le hall ravagé, on pouvait encore apercevoir des véhicules abandonnés portières grandes ouvertes dans la panique, les verres de bière à demi plein abandonnés sur les comptoirs, les roses rouges et les plateaux de viande rôtie éparpillés dans les flaques de sang.  »

Les explosions de la nuit dernière font suite à une série d’attentats qui secoue la ville depuis le 12 juillet 98, où des supporteurs de football ont été tués alors qu’ils regardaient la finale de la coupe du monde dans un bar de Katona. Plusieurs suspects ont été arrêtés dans ces affaires et inculpés de terrorisme.  »


Esa reprit sa respiration et jeta un œil sur le tas de bandelettes qui gisait devant lui.


« Et c’est quel journal, ça ? Demanda la momie.

- L’Eastern African du 23 février.

- Eh ben merde… Tu traduis bien !

- On peut dire que tu as fait une belle échappée !

- "Que tu l’as échappé belle », Esa.

- Eh, à peine sorti du coma et il me donne des leçons… Quand tu as vu Dieu, tu lui as dit que tu était Français ?

- Dieu est Français ?

- Parle pas de malheur. »



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Hôpital - fin

27 Mai 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #NOUVELLES


Philippe se redressa, le fragile échafaudage tintinnabula sous les regards affolés des infirmières : les paumes soudain tendues vers lui l’incitèrent à retrouver sa position initiale –bien moins inconfortable, songea t’il fugacement.


« Vous n’avez pas le souvenir de ce qui est arrivé ?

- Non. Alors ?

- Vous ne vous rappelez pas avoir été victime d’un attentat ? S’exclama le médecin.

- Un attentat ? Mais où ?

- A la Saint-Valentin !

- Oui, mais OU ?

- En Afrique !

- En Afrique ? Mais je sais bien que je suis en Afrique !  »


Le professeur avait haussé le sourcil.


« Le dernier truc dont je me souviens, c’est d’avoir commandé un gin ricky au comptoir du Family Club…  »


Le docteur se tourna vers ses jeunes futurs condisciples :


« Le patient est victime du Syndrome Post-Traumatique. Puis s’adressant directement à lui : Vous aurez un entretien avec l’oto-rhino demain. Reposez-vous, ne parlez pas trop. On va se revoir bientôt. Dans deux jours on vous accordera des visites. Vous vous souviendrez bientôt. »


Il avait tapoté la main de son malade, « - Faîtes-lui une injection de Temesta, deux milligrammes », dit-il sans se retourner.

Le médecin lui accorda un sourire réconfortant, mais le visage du patient s’écrasa soudain sous le poids de la souffrance. On le piqua aussitôt. Phil, le regard nébuleux, ne répondit plus que péniblement aux stimuli extérieurs, le profil enfoncé dans son oreiller moelleux. Maintenant, malgré les ondes de douleur qui se propageaient le long de ses os brisés, ses paupières s’alourdissaient. Il était pressé de plonger dans le médicament, impatient, même, d'aller retrouver cette petite mort... De ses yeux n’apparaissait plus que le blanc ; de sa bouche entr’ouverte, fila une petite plainte prolongée…

Le chirurgien et sa nuée sortirent de la chambre.


Philippe Jertein en profita pour s'évanouir.

*



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Petits agités

26 Mai 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

Vous connaissez le fabcrobard, cette paire de punks en Champagne ? Ils ont constitué une liste à Epernay. Fred, mon camarade, a fait un punkissime reportage sur le sujet. Donnez lui votre avis...
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Hôpital -2

26 Mai 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #NOUVELLES

Le docteur était tout juste entré dans la pièce, entouré d’une nuée d’internes attentifs. Il commença immédiatement sa petite causerie au sujet du cas présenté, les élèves se penchèrent sur les courbes et vérifièrent les chiffres donnés par les machines scintillantes... Puis il s’était adressé directement à Jertein, lui avouant qu’il avait d’abord eu du mal à appréhender la bouillie d’épaule qu’on lui avait présentée… Sans compter la petite fracture au crâne. Mais qu’il était finalement assez content de son travail. Là, il brandit fièrement des radiographies bruissantes où l’on pouvait admirer un complexe échafaudage qui donnait une certaine consistance à ses propos. La sphère sédative dans laquelle on protégeait Philippe de douleurs plus grandes encore, et aussi le vrombissement dans ses oreilles, l’empêchèrent de bien comprendre l’histoire de sa nouvelle articulation artificielle et de ses sous-scapulaires déchirées, mais il comprit que ce serait long et difficile, formule toute prête assez pratique pour résumer son état général. La fracture crânienne serait a priori sans conséquences fâcheuses.

Le chirurgien avait attendu la réaction de Philippe, lequel avait tenté de regarder l’assemblage qui enfermait le haut de son bras. Il tenta de siffler d’admiration, mais la technique semblait lui avoir échappé. Il s’étouffa dans sa bave. Sa tête tournait un peu, et son regard partit en arrière sans pouvoir s’accrocher à rien.


« - Est-ce que vous avez bien compris ce que j’étais en train de dire ? Demanda le médecin, l’air vaguement agacé. Je ne sais pas si j’ai pu rattraper votre bras, monsieur. Je ne sais pas si vous en resservirez correctement un jour.

- Bien… C’est vous le pro, avait marmonné Philippe en fixant le plafond, moi, qu’est-ce que je peux dire, hein ? Vous avez fait votre boulot. Je vous en remercie. Mais j’ai bien compris, vous inquiétez pas : ce sera long et difficile. A moi de jouer, donc ?

- Voilà. Bon. Bien bien bien. Je vois que vous êtes réaliste. Parfait, avait-il ajouté en se frottant les mains. Et la douleur, comment ça va ?

- Bof.

- Si vous deviez donner une note de un à cinq à votre douleur ?

- Ah tiens, c’est nouveau, ça comme méthode, c’est pas idiot ! Heu… Disons, 4,75 ? Mais vous savez, le plus pénible, c’est ce crin-crin qui me perfore les oreilles... Mon Dieu… Vous n’en avez pas parlé. 

- C’est vrai. Hum ! L'effet de souffle a endommagé les tympans. Bon, je crains malheureusement qu’en l’état actuel de nos connaissances, il n’y ait pas grand-chose à faire. Ce qu’il faut espérer, c’est que les acouphènes (les sifflements qui vous gênent) s’atténuent avec le temps… Mais je vous adresserai à un confrère spécialiste de la chose. Il aura peut-être du nouveau. Pour nous, l’urgence, c’est votre épaule. On vous a remis les os du crâne en place… Vous avez eu une chance invraisemblable. 

- Une chance, c’est beaucoup dire. Il y a aussi une question que je me pose…  

- Dites toujours.

- Pourquoi est-ce que je suis ici, d’abord ? J’ai eu un accident ? Où est-ce qu’on est, là ? »


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Hôpital -1

23 Mai 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #NOUVELLES

A tous : je manque de temps pour visiter vos oeuvres, aussi je vous demande de rester compréhensifs. Voici une petite nouvelle sur un gars  qui est à l'hôpital. Pour savoir ce qu'il lui arrive ensuite et pourquoi il est là, revenez lundi. Je vous embrasse.



Qu'est-ce que la conscience ?
Il avait commencé par percevoir quelques borborygmes vibrer dans le lointain… Tout ce qui le retenait à la réalité, c’était cette douleur : la multitude des photons, des nucléons, toutes les particules, les ondulations, tous les petits bidules invisibles qui se promenaient dans le vide venait frapper son pauvre corps meurtri et lui faisait souffrir le martyre… Ça, c’était de la vérité ! De la tangible, qu’on pouvait sentir… Il avait si mal ! Durant les premières heures de son calvaire, ça avait été son opinion... C’était ce qui lui confirmait qu’il était toujours en vie. Mais, dans l’extraordinaire clairvoyance que provoquait son délire, il découvrit qu’une opinion est soit vraie, soit fausse. Et que, dans de telles conditions, son jugement n’avait aucune valeur.
Bref, il douta jusqu’au bout de la nature réelle de son état. Puis, peu à peu, les larmes nettoyèrent ses yeux asséchés, et des formes floues vinrent compléter les glouglous, les sifflements et les chuintements qui lui tenaient lieu d’environnement...
Sa position horizontale, les odeurs douceâtres, les colonnes de termites-soldats qui lui grignotaient les tendons de l’épaule, le blanc des murs et les violonistes débutants qui repassaient leurs gammes dans ses oreilles martyrisées, tout cela lui révélait la nature réelle de son environnement : il n’était définitivement pas parti pour les limbes, mais bel et bien cloué dans un lit d’hôpital, et sans possibilité de communiquer correctement.
Le jour d’après, il avait continué à récupérer, grâce aux bons soins des infirmières qui lui adressaient la parole, même s’il semblait rester indifférent leurs propos ; elles avaient alors remarqué que la vie était revenue hanter le bleu laiteux de ses yeux presque morts.
Dès le lendemain, il clignait à tout-va, les contours confus s’étaient enfin exprimés en ces personnes vivantes et attentionnées qui lui administraient les substances nécessaires à sa survie.
Le troisième jour, sa bouche avait esquissé un rictus : il s’autorisa même à cligner d’un seul œil au blond chignon d’une jeune fille -dont les formes alléchantes s’étaient révélées à lui, malgré l’informe uniforme qui lui cachait les miches.
Le jour suivant, grâce à tous ces exploits précédemment cités, on lui ôta de la bouche la tubulure de respiration qui lui déformait la mâchoire et lui tranchait la commissure des lèvres. Il réclama aussitôt un verre d’eau qu’on lui refusa par principe, car un amas d’autres tuyaux empêchaient qu’il satisfasse normalement cette envie naturelle. Il avait soif, son gosier ne raclait que de la poussière. Il redemanda, au moins une goutte, n’eût-ce été que pour humecter le chemin de braises de sa gorge. Il en appela à la pitié du médecin-chef… Celui-ci concéda une modeste lampée, plus par humanité que par pitié, sentiment que le chirurgien exécrait et trouvait improductif.
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Retour sur place

20 Mai 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

Je me souviens, au matin du 22 avril 2002. J'avais des envies de barricades, de drapeaux noirs... Le téléphone n'arrêtait pas de sonner : il fallait préparer la manif. Voilà, j'avais fait des slogans, pour préparer des panneaux. Peut-être que je passerai à la télé ?
Pas de bol : Nous étions des millions.
Ensuite... Chirac remporta l'élection. J'ai encore les boules.

J'ai retrouvé un fichier de ces slogans. Je vous les balance, à boire et à manger. Bruts de décoffrage.

 

Marie-Jeannne contre Jean-Marie

 

Après l’homme du passif
L’homme du pastis

 

L’affront Nazional

 

Front contre Front

 

L’insécurité c’est eux 

 

La France à la peine

 

Evidemment qu’il ne passera pas…Comme il était évident que Jospin serait présent au second tour

 

Prière de ne pas voter sur le bord de la cuvette

 

Veuillez laisser la France comme vous l’avez trouvée en entrant

 

Veuillez laisser la France comme vous souhaiteriez l’avoir trouvée en entrant

 

Au royaume des aveugles les Borgnes sont rois

 

A bas l’affront national

 

F comme J’ai soif

N comme Pinard

 

Les Français sont des veaux
d’extrême droite

 

2002 : année têtes de veaux

 

On criait déjà quand on était jeune

 

Ils coupent les mains des petits enfants

 

Non au gouvernement des nigauds

 

La 8ème compagnie + La 7ème colonne = La 6ème république

 

Mourrons pour des idées

D’accord, mais de mort lente…

 

Jean-marie, vous êtes le maillon faible : au revoir.

 

Dépénalise le fouf, Délepenise la France

 

Pour Le Pen pas l’état nazi, mais l’euthanasie


 

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