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Amour à l'échafaud 5

30 Juin 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #NOUVELLES

Augustin et son apprenti ont travaillé toute la journée sous les vivats. Ils ont transporté des brouettées et des brouettées de pierrailles, qu’on pousse du haut des remparts de la Bastille, attention dessous ! Il y en a pour plusieurs semaines.

C’est dur.

La poussière est dense autour des manoeuvres, mais la fête ne sait plus s’arrêter, il va y avoir un accident si ça continue comme ça. Poussez-vous, bande de civils !

Ils sont en train de remplir leurs brouettes quand on les apostrophe d’une voix claire :

 

 - Salut les travailleurs !

- Ah ! Louison, tu nous as retrouvés, ma bonne petite, dit Augustin exalté par tous les beaux discours qu’il se chante dans la tête. Vois la Nation triomphante ! C’est le premier jour d’un avenir meilleur pour nous tous, mes enfants, nous, le peuple ! C’en est fini de la tyrannie, et vive demain !

- Bonjour mon cousin, ma foi, comme vous êtes sale ! Mais enfin,  je suis bien aise de vous trouver : depuis ce matin, que je vous cours après ! Je suis passée par chez Palloy, on m’a dit que vous aviez été envoyés démonter la Bastille. Si vous voyiez le monde dans les rues ! Pfou ! J’ai eu bien de la peine à arriver jusqu’ici, dame ! Ah ! Mais je vois que tu as pris ton charmant apprenti avec toi. Depuis quand êtes-vous arrivé ?

- M. Augustin m’a enrôlé. On est arrivé ce matin, répond Paulin lui-même.


 Paulin qui a du mal à dissimuler ses dents. Elle est ici... Elle est venue ! Des bouffées d’amour le submergent, son cœur va succomber ! Elle parle encore :


 - Une bien belle journée, ne trouves-tu pas, Paulin ?

- Ça, ma… mademoiselle, pour un beau jour… Il y a ce souffle de liberté qui passe sur Paris… Ah chère Louise !  Vous me manquiez... Tu me manquais… et soudain tu apparais ! Ho, je suis si heureux ! Oui ! Que tu sois venue, Louise, ma chère Louise, parce que j’ai justement des révélations à faire, dit-il en portant la main à sa poitrine.

- Des révélations ? frémit Louise.  

- Oui : des révélations pour M. Augustin.

- Pour moi ? demande l’autre, surpris.

- Tais-toi, tu me fais peur, hoquette t’elle encore.

- Oui, je crois que le jour est bien choisi, poursuit Paulin qui n’a pas l’intention de se défiler. Dans la vie, j’ai remarqué ça, continue t’il : il y a des choses qu’on hésite à avouer, on hésite, on hésite, et puis un beau jour, c’est le moment. On le sent. On le sait, et là, il faut se jeter à l’eau. Patron, il faut que je vous dise quelque chose…

- Vas-y mon gars, je t’écoute. Tu veux t’engager dans les gardes-françaises, c’est ça ? Brave petiot ! Tu veux aller à la Révolution ? C’est bien, mon garçon ! La Nation a besoin de tous ses bras, de tout son sang, il faut que nos forces fondent sur l’ennemi scélérat qui presse déjà ses armées à nos frontières ! Les armées d’Europe sont à nos portes ! Aux armes !

- La nation ? Ah non, j’avais pas du tout pensé à ça. Non, patron, il ne s’agit pas de ça, il s’agit de l’amour…

- De l’amour ? Quel amour ? Que vient faire l’amour là-dedans ?

- Et bien voilà : j’aime Louise ! Louise ! Je t’aime !


 Augustin laisse choir  son chargement, bouche bée. Puis :

 - Comment ça, j’aime Louise ? Louise, la petite Louise ?  Ma Louise ?

- C’est vrai, mon cousin, avoue t’elle en rougissant. Moi aussi, j’aime Paulin. Et je veux l’épouser.

- Paulin, mon app… ? Ce… ce tr…, ce godelureau ? Eh bin c’est la meilleure ! Et moi qu’ai rien vu ! C’était donc à cause d’elle que tu te dandinais toute la journée, toi ? Allez, avance, il faut encore les mériter, tes 35 sous par semaine, fainéant ! Et toi, rentre à la maison, on parlera de ça plus tard.

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Amour à l'échafaud 4

29 Juin 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #NOUVELLES


Augustin ? Il ne se doutait de rien. Veuf depuis neuf ans; il l’avait jamais rencontré la femme hardie et aimante qui aurait pu remplacer son épouse regrettée. Il avait peur de vieillir tout seul. Il ne voyait que des filles d’un soir, rencontrées dans des endroits malsains, car il avait peur des femmes auxquelles il faut prêter serment…
Il songeait tout de même à trouver une jeune fille sérieuse pour refaire sa vie et avoir les enfants qu’il n’avait pu avoir.
Et puis un jour, son cousin, Camille, Compagnon comme lui, se blessa mortellement en tombant d’un échafaudage. Recueillant les dernières volontés de son camarade agonisant, Augustin promit d’adopter sa petite et de s’en occuper jusqu’à ce qu’on la marie à un parti convenable.
Ainsi, Louise entra dans la vie d’Augustin, le compagnon.
Elle avait treize ans.
Augustin aimait tendrement sa pupille ; il protégeait jalousement sa moralité et il surveillait ses fréquentations. Il lui avait fait apprendre à lire par un abbé charitable, qui lui avait inculqué les bonnes manières et le sens des responsabilités. Depuis ces quelques années, il observait Louise se transformer en une jeune fille séduisante qu’il fallait protéger d’un monde sans pitié. Louise embellissait chaque semaine ; il la trouvait toujours plus charmante, elle prenait des proportions admirables. Il savait que les hommes la regardaient dans la rue. Elle avait les longs cils d’une biche épuisée, des traits fins et réguliers. La courbe de ses hanches était pleine de promesses sous ses vêtements légers… Oui… Elle était bien jolie, la petite-cousine...
Au fil du temps, l’orpheline était devenue la véritable femme du foyer, et il avait de moins en moins songé à la marier.
Pas à un autre, en tous cas.


Car il avait son idée : il s’était convaincu que l’affection qu’elle lui témoignait était plus que de la reconnaissance. Qu’il ne lui était pas indifférent. Il se disait qu’elle accepterait sans doute sa proposition de partager avec lui une vie confortable. Elle, orpheline, lui, propriétaire de son logement, un bon métier et de l’ouvrage, encore bel homme…
Il était lui-même le meilleur fiancé possible, il ne sortait pas de là.
Quand il rentrait chez lui, il humait l’odeur du lard au-dessus de la soupe aux choux… Et puis il se disait que c’était bien, qu’il ne manquait pas grand-chose pour que cela devienne parfait.
Il avait une autre bonne raison de se marier à la jeune fille : il voulait tordre le coup aux racontars qui salissaient sa réputation. Il sentait bien les regards soupçonneux, les chuintements des vieilles chouettes, ces yeux d’huissier qui lui appuyaient dans le dos chaque fois qu’ils arrivaient ensemble au logement, lui et sa pupille. Il trouvait ça agaçant, surtout qu'on puisse mal parler de lui, Augustin, un si honnête Compagnon, un veuf si respectable, jamais un mot de trop, tpoujours poli ! Et voilà maintenant qu’on allait le dénigrer, rire de lui ?
Il attendait impatiemment l’âge légal pour lui déclarer sa flamme et régler l’affaire devant les hommes et devant Dieu, si elle y croyait. Quel beau jour sera-ce que celui-là, pensa t’il, j’ai de grands projets pour nous, ma chère pupille, de grands projets ! Tu vas bientôt savoir mes projets pour nous ; je suis certain que tu accepteras !

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Hmpf

29 Juin 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger



Hmpf. Un peu de nostalgie, ce soir...
Voilà que je me tague tout seul. C'est la faute à Heureuse.
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Amour à l'échafaud 3

29 Juin 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #NOUVELLES


Il l’a rencontrée six mois plus tôt, sur le perron de chez Augustin, le Compagnon maçon.
C’était pendant l’hiver ; le vent givrait les rues désertes et le verglas rendait la marche dangereuse ; elle allait chercher du pain, emmitouflée dans son grand châle et il avait jailli du coin de la rue. De surprise, elle avait glissé sans quitter son sourire mais il l’avait rattrapée par le coude. Lui, Paulin, venait chercher de l’embauche chez Augustin. Comme apprenti. C’était son premier jour. Elle, elle s’appelait Louise.
Devant les petites fossettes de Paulin, ses paupières clignèrent au rhytme d'un papillon affolé. La voyant hésitante face à la couche de glace, il bredouilla un prétexte et lui proposa un bras ferme pour patiner jusque chez le boulanger. Là, ils firent la queue ensemble, il lui prêta des gants. C’était une jeune orpheline recueillie par son cousin Augustin ; Louise rendait de nombreux services dans la maisonnée, en échange de cet accueil généreux, elle allait aux courses, préparait les repas, lavait toutes les vaisselles, les lessives – même le caleçon de la semaine, et le repassage, donc ! Les sols, les poussières, les carreaux, tout ça c’était son travail. Sans oublier raccommodage et broderie, elle allait aussi chercher l’eau et le bois, elle ouvrait grand les fenêtres et elle faisait les lits, elle secouait la literie. Sans compter le chien à nourrir, et les toiles d’araignées au plafond ; elle avait les inconvénients d’une femme au foyer sans en avoir les avantages, en somme… Sans doute. Mais, comme elle disait, le cousin avait ses bons côtés : il était prévenant et agréable ; il l’avait toujours protégée et elle lui en témoignait beaucoup de reconnaissance et d’affection, il était un peu jaloux, un peu comme un grand frère, mais il avait toujours été correct…
Paulin essayait d'écouter son histoire, mais il était fasciné, envolé dans le ciel des yeux brillants de Louise. Il se sentit palpitant, la tête pleine de lumière, tout à coup...
Il était en train de tomber amoureux, par surprise, foudroyé !
Sans le savoir, Paulin aussi avait su plaire à Louise, avec sa gentillesse et son oreille attentive… sans parler de ses grands yeux noisette, de ses petits cheveux bouclés, de ses grandes mains, de sa voix douce...
Ils se revirent dès le lendemain, et le surlendemain, et encore le jour d’après, et puis tous les jours suivants : c’était devenu un rituel que Paulin accompagnât en secret Louise dans sa sortie au pain. Chaque fois qu’elle le pouvait, Louise échappait à la surveillance de son tuteur. Elle le connaissait comme un père : il n’aurait pas toléré, surtout avec un apprenti.
Au hasard des ruelles, les jouvenceaux s’enlaçaient sous des porches secrets, ils s'étreignaient jusqu’à ce que le souffle leur manquât. Il l’attendait, caché sous le ventail d’une église voisine, et ils s’enfuyaient de par les rues, insouciants des temps difficiles… C’est à la pleine lune qu’ils s’étaient embrassés pour la première fois.
Paris bruissait déjà des éclats de la révolte...
C'était un soir de juin, et les tourterelles sur les toits roucoulaient leurs amours indifférentes à tout. Tendrement enlacés au pied d’un moulin de Montmartre, leurs lèvres malhabiles s’étaient effleurées plusieurs fois, avant de se rejoindre, enfin...


Augustin ? Il ne se doutait de rien. Il était veuf depuis quatre ans. Il n’avait jamais rencontré la femme hardie et aimante qui aurait pu remplacer son épouse regrettée. Il avait peur de vieillir tout seul. Il ne voyait que des filles d’un soir, rencontrées dans des endroits malsains, car il avait peur des femmes auxquelles il faut prêter serment… Il songeait tout de même à trouver une jeune fille sérieuse pour refaire sa vie et avoir les enfants qu’il n’avait pu avoir.

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Amour à l'échafaud 2

28 Juin 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #NOUVELLES


Poussé par la marée humaine, le cortège d’Augustin et Paulin arrive devant la Bastille.
Augustin gonfle le torse. Il ajuste fièrement l’outil à son épaule. Il a planté une feuille de marronnier à son chapeau, il a vu faire ça au café de Foy. L’échancrure de sa chemise laisse s’échapper quelques poils sauvages…
A la Bastille, les premiers combats ont eu lieu l’avant-veille au matin, à l'entrée du principal pont-levis du fortin. Une petite centaine de patriotes sont restés sur le carreau. Avant-hier, c’était le 14 juillet, le Gouverneur de la prison, De Launay, a refusé d'obéir à la milice et au peuple. Mais la Bastille est tombée sous le nombre, et De Launay s’est rendu. On l’a aussitôt massacré, d’ailleurs, et sa tête grimaçante est encore exposée au rempart.
Maintenant, c’est la liesse. En pantalons, les fiers sans-culottes déchargent leurs pétoires au-dessus des cris de joie : les filles ont piqué des cocardes à leur bonnet, on chante, on fait des rondes, on lance encore des fleurs… Partout, on parle des succès des patriotes, des nobles qu’on oblige à partir, de leurs maisons dévastées. Augustin crie sa joie avec les autres… Paulin aussi sent le parfum de délivrance et d’insolence qui flotte sur Paris, il entend le crépitement des feux de joie, mais, en ce qui le concerne, il reste légèrement décalé par rapport à l’exaltation populaire, planté dans les pattes de son maître :

 – Hola, l’Paulin, n’t’endors pas, l’ami ! On a d’la belle ouvrage qui nous attends ! Profite ! C’est un moment historique !

- Hé, Patron… C’est rien que des pierres à faire tomber, non ? Je croyais que vous vous occupiez pas de politique ?

- N’fais pas de mauvais esprit, Paulin. On dirait que tu ne te rends pas bien compte. On dirait que tu es à autre chose...T’es tout drôle, mon gars… Es-tu ivre ? Souffle-moi don' dans l’nez, là, pour voir un peu... Tu n’as pas bu avec ces coquins, au moins ? Allez, souffle donc !

- Maître ! Je bois jamais !

- Non, tu as l’haleine aussi fraîche qu'une pucelle. Ou alors… Dis moi ? Regarde-moi un peu dans les yeux, là ? Ho, toi… A rougir comme ça… Tu rêvasses à ta bonne amie, hein ? T’es amoureux ! Allez, avance donc ! Y’a du boulot, imbécile !
Paulin reçoit une petite tape derrière la tête qui fait tomber son chapeau. Le bel adolescent s’empourpre encore plus… La France est en train de changer autour de lui, et lui, petit monsieur… Il pense à sa si jolie Louise… Il aimerait tant respirer ce vent délicieux avec elle ! L’ancien monde s’écroule, et lui, petit bonhomme épris, il songe surtout au moment où il pourra la serrer contre son cœur… Il évoque son parfum, parce qu’elle sent sacrément bon, la Louison, c’est son parfum à elle, son odeur de fille… Il pense à elle tout le temps, en fait : en se débarbouillant, en buvant la soupe au chantier, et aussi quand Augustin lui explique les outils… Il y pense même pendant la Révolution ! Paulin est amoureux de Louise, et toute la journée, son cœur s’envole par-dessus les clameurs de la foule.

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Amour à l'échafaud 1

27 Juin 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #NOUVELLES

A l'origine cette nouvelle ( en épisodes) a été écrite pour le magazine nous-deux, hum, oui, bon, ça va, ça va, je sais. Désolé pour ceux qui connaissent déjà. Vous verrez un modèle d'"auto-plagiat", ce qui est très fort. Bon, ça va, hein ?


Enveloppés dans leur cocon de chaleur animale, chiffonnés de paille humide, ils sont restés tendrement enlacés. Longtemps… C’est la rumeur qui les a réveillés : Marie-Antoinette, l’Autrichienne, épouse de louis XVI, vient d’être arrêtée et on l’a jetée au bas d’une fosse. La Conciergerie est une prison. La prison du Tribunal Révolutionnaire. Le tambour roule, et les amants regardent s'éloigner les rivages de la vie… On se saisit de Louise et de Paulin, on les attache :
- Paulin !
- Louise !
La figure boursouflée et rougie par l’alcool, un gardien au bicorne de travers leur arrache le col et entreprend de leur raser la nuque… L’heure approche.

Trois ans plus tôt, été 89.

Ce jour-là, le soleil se lève à quatre heures et huit minutes, écrit le roi dans son registre. La ville s’est échauffée toute la matinée, et cet après-midi, les rues de Paris se sont encore embrasées. C’est le 16 juillet. La nouvelle Assemblée Nationale est toujours réunie au Jeu de Paume, et le peuple manifeste dans les rues de Paris. La rue est à la Rue, aux révoltés enthousiastes, aux marmots en loques, aux vieillardes édentées, aux polios, aux albinos, aux culs-de-jatte dans leurs petites boîtes, aux fous de toutes les manières, aux trisomiques, aliénés, caractériels, paranoïaques, tous le poing brandi, sauf les manchots, ça va de soi.
Ils ont gagné la liberté.
On accourt de partout en criant « - Aux armes ! », des flambées dégagent des fumées âcres.

Un solide ouvrier, Augustin, et son jeune apprenti tailleur de pierre, Paulin, 18 ans aux prunes, se sont mêlés à la foule agitée : on a fait la révolution, bon sang, la forteresse de la Bastille est tombée avant-hier ! Gloire à la Nation ! Vive la Liberté ! En avant !
Ils vont au chantier.

Apprenant la chute de la Bastille, leur patron, le rusé Palloy, s’est aussitôt présenté devant l’Assemblée : il a fait un grand discours en parlant de gloire et de nation, et il a emporté le marché de démolition de la forteresse, comme on dit aujourd'hui. Il a donc envoyé des centaines d’ouvriers abattre les murailles. Ils avancent en formation guerrière, pioches à l’épaule. On les acclame, on leur lance des fleurs. Le bataillon presse le pas : on part mettre à bas le symbole de la tyrannie de Louis XVI ! Augustin chante et braille tant qu’il peut, porté par l’enthousiasme de l’événement. Il tape dans le dos de son jeune apprenti tellement il est content, et l’autre manque de s’étaler sur un couple d’ivrognes vautrés dans le caniveau, on a mis les tonneaux en perce.

Ils remontent le Faubourg Saint-Antoine, et là, la foule devient plus dense. Excitation, bousculades aussi, parfois on est soulevé, on avance par ondulations, compacté par la pression des corps ; une boulangerie est saccagée sous leurs yeux :


-
Du pain ! crient les émeutiers en brandissant des piques.
Et encore : - A la Bastille ! Il y a eu des morts hier à la Bastille ! En avant, et mort aux traîtres !

 

 Paris a faim : les boulangers n’ont plus de farine, Paris a faim, mais elle est joyeuse, ce soir, elle fait chanceler le despotisme ! Ici et là, des bouteilles de vin surgissent d’on ne sait trop où et s’éparpillent au-dessus de la foule : on vient de passer devant un couvent. On l’a pillé, on a calotté le chanoine, on a même trucidé quelques religieux pour rigoler. La foule est sans merci... On se renverse, on chante des chansons paillardes, on s’interpelle, c’est un joyeux bazar, les Vikings sont lâchés, on se balance des caleçons de moine à la tête, on boit le vin de messe à pleins ciboires…

La populace est à la fête.


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Baïlle

23 Juin 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #PERSONNELLEMENT -MOI - JE

La galère ! La galère pour changer ma musique ! J'y comprenais plus rien ! Pff... J'ai tourné en rond dans deezer.com pendant au moins une demi-heure (demi-heure, comme on dit dans le sud) pour mettre en ligne deux autres chansons.
Marketing, ça, Coco.
Déjà, tu m'appelles pas Coco. Je vais te péter la gueule : ça fait au moins trois fois que je te te préviens, je t'aurais prévenu ! En plus, mon br pendouille comme un vieux bout de cuir sous la pluie au bord d'un trou. De 81, il a baisé à 61, vingt points dans la tronche, ce con !
C'est qu'il a besoin que je m'en occupe, il fait chier ce con, il est encore plus exigeant qu'une impatiens ou qu'un tamagoshi.
En tout cas, je suis bien content de ma sélection de musique, j'ai passé toute la nuit à y penser. Deux chansons pour accompagner mon état d'esprit...
Hey...
Je pars pour quelques jours. Encore. Je reviens d'un week-end de fêtes et de côtes normandes avec mes petits gamins, c'était le pied.
A la prochaine.
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Arrêtez ! Je vous demande de vous arrêter !

19 Juin 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #COPAINS

Celui là, on m'a déjà enjoint de le faire 3 fois; Gazou, Marlou, et maintenant Minuitmivie...
Je cède, je cède... mais arrêtez ! Je vous demande de vous arrêter !
Cette fois, il s'agit de prendre le livre en cours et de recopier les cinq premières phrases de la page 123.
Bon.

"GIN RICKEY
Jus de lime : 3cl, dry gin : 6cl, sirop de canne : 1,5 cl. Agiter au shaker avec des glaçons et verser dans un verre à cocktail. Remplir de club soda. Cocktail originaire du restaurant Shoemaker à Washington au début du 20ème siècle et nommé à partir du colonel Jim Rickey, un client de l'établissement."

Voilà.

Mais je proteste, car ce tag pratique l'ostracisme à l'égard des gens qui ne lisent pas.



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Invisible

18 Juin 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #JE veux RIMER (powems)

C'est la fête c'est la fête

Cotillons et chansons bêtes

Sous la pluie

Des confettis

Elle s'embête

Elle a une drôle de tête

La chenille la chenille

Prends le train petite fille

Dans le bruit

De la sauterie

Au bout de la table

Sans semblables

Elle s'ennuie

Elle pense à lui

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Insomnie

16 Juin 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #PERSONNELLEMENT -MOI - JE

L'insomnie a épépiné mon radio-réveil de toutes ses minutes, patiemment, une à une, comme un macaque de Gibraltar décortique une juteuse grenade. Finalement, j'ai tout de même réussi à m'endormir tandis que l'aurore violaçait l'horizon... Une heure et demi plus tard, quand les informations de Radio-France ont égrené leur chapelet habituel de mauvaises nouvelles, référendum irlandais, Sarkozy, coupe d'Europe, De Rudder... J'ai lancé l'appareil contre le mur. Je me suis ré-inhumé dans mon linceul temporaire, les yeux plein des larmes du mauvais sommeil, la langue bouffie, la colonne spongieuse, les oreilles gourdes et les paupières lourdes...
Je devais me lever, mais bon, l'amertume, la fatigue avaient pris le contrôle de ma volonté...
«Heureusement», le téléphone a sonné...
Pff...
Pendant vingt minutes, je suis resté assis dans mon lit, hébété, hagard, Saint Lazare... Le réveil, qui est d'un cuir solide, s'est rallumé et il a réitéré ses psalmodies délétères, plein de mauvaises intentions, mais hors de ma portée, heureusement pour lui. C'est un vieux réveil électrique, rivets d'aciers, buffleteries, de qualité est-allemande, solide comme une Lada : on n'en fait plus des comme ça depuis la chute du mur de Berlin.

J'ai fait une bonne sieste.

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