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Guy Drut lessivé

31 Mai 2006 , Rédigé par Seb

Eh oui Guy, c'est bien toi qui as gagné la médaille d'or

Dès que j’ai ouvert les yeux, ce matin, j’ai pensé à Guy Drut.

Mais oui, vous savez, l’autre, là, Guy Drut, l’ancien ministre du sport ! Le vainqueur du 110 m haies (je vous parle de ça c’était il y a trente-deux ans), l’athlète ! Mais oui, Frisaplat, c’est ça, excusez-moi, j’aurais dû commencer par là, un sobriquet, c’est tout de suite plus parlant… Pourquoi j’ai pensé à lui ? Je ne sais pas. Peut-être est-ce que c’est parce que j’ai rêvé de démission ?

M. Drut a été amnistié par son ami Jacques Chirac. Comment ça, qui ça ? Ha non, ça ne va pas recommencer !  Jacques Chirac, c’est le président de la République Française, et je vous prierai de ne pas négliger les majuscules : Jacques Chirac , c’est le vieux monsieur qui a perdu ses lentilles et qui cause dans le poste de télévision. Hé, il faut s’informer de temps en temps, hein, y’a pas que Confessions Intimes, dans la vie. Eh bien, quand un ami de Jacques Chirac est en délicatesse avec la justice, il peut compter sur son compère.

J'explique.

M. Drut était condamné à quinze mois de prison avec sursis et quelques milliers d’euros d’amende (50), pour les anciens, multipliez ces quelques milliers par six virgule cinquante-cinq neuf cent cinquante sept et des bananes, ça vous donnera le bon chiffre, et pour les très très vieux, multipliez encore ce tout-là par cent, mais alors là ça m’étonnerait franchement parce que les très très vieux n’ont presque pas Internet ; je le sais parce que sinon les hard-rockers satanistes Finlandais (ce qui fait quand même beaucoup) n’auraient jamais gagné le concours de l’Eurovision, mais c’est une autre histoire.

M. Drut condamné.

Ah bon ? Un si grand champion !

Pourquoi ? Oh, pour quasiment rien, pour une broutille, un emploi fictif, ça s’appelle : vous avez un employeur, vous avez des fiches de paie, un très bon salaire, vous payez vos cotisations sociales (quand même), tout comme en vrai, sauf qu’au lieu d’aller au bureau tous les jours –ou à l’atelier, au chantier, bref, vous vaquez à vos occupations personnelles, je sais pas, moi, comme promouvoir Paris pour accueillir les Jeux Olympiques (on l’a échappée belle -arrêtez de me faire rire j’ai un lumbago, ça fait encore plus mal, c’est pas sympa). Est-ce qu’il avait aussi des primes ? De transport ? De panier ? L’histoire ne le dit pas, mais pourquoi pas ? Mais vous ne travaillez pas pour votre employeur. Surtout pas : sinon l’emploi ne serait plus fictif du tout, sinon, et tout serait à recommencer depuis le début. D ‘ailleurs, M. Drut l’a dit et répété lui-même : s’il n’y a pas de traces de son travail (à part les fiches de paie) c’est parce qu’il est meilleur à l’oral qu’à l’écrit. Eh ! C’est un sportif, que voulez-vous ? Encore une innocente victime des défaillances de notre système judiciaire. Se sentant donc victime d’une abjecte iniquité, M. le Ministre (je crois qu’on a droit au titre – et au salaire- A VIE) a téléphoné à son ami Jacques Chirac (je vous ai déjà rappelé qui c’est), et il lui a expliqué sa petite affaire. L’autre lui a dit de lui faire un petit courrier en bonnet haut-de-forme, et hop, le tour était joué ! Ça n’a pas traîné ! C’est un pouvoir du président de la république, notez que je lui enlève ses majuscules, ça lui apprendra. Ça date d’avant Louis XVI. Au motif qu’il a eu une médaille d’or. Bon. Bernard Lama, quand il a eu fumé un joint, aurait pu bénéficier de la même, mais il n’a pas penser à écrire. Tant pis pour lui. Pourtant il était Champion du monde de foot, ce qui a quand même plus de gueule qu’une vulgaire médaille d’or au 110 mètres haies dans les années 70, non ?

La gauche proteste, la droite rougit, Bayrou nous dit qu’il nous l’avait bien dit, nananère, et nou espérons que le(a) prochain(e) président(e) nous absoudra de nos menus péchés et autres stationnements gênants.

Voilà.

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DOUZE SECONDES 9

30 Mai 2006 , Rédigé par Seb Publié dans #NOUVELLES

 photo nomadsheep
http://nomadno.over-blog.com

J’ouvre grand la fenêtre ce matin et je reste là en buvant un café bien noir : j’aime bien regarder au dehors, depuis la cuisine, je peux surveiller mon pommier... Je l’ai planté hier. J’ai sorti trente kilos de parpaings, au moins. J’aime bien contempler mes arbres pousser. Je surveille. Il y a aussi les oiseaux. Ils viennent picorer le vieux pain que je leur lance. Mes chats en profitent aussi, fatalement, et là, je suis moins content. J’aime les oiseaux, moi. Deux hirondelles ont à peine hésité avant d’entrer juste pour un aller-retour. J'apprécie pas trop ; parfois, elles ne savent plus trouver la sortie et c’est la panique dans la baraque. Bon.

La dernière fois que vous m’avez vu, j’étais allongé sur le flanc, cassé à l’épaule, la joue sur une tôle fraîche, lourd comme un âne mort. Mais tout le monde était bien vivant dans la voiture accidentée : nous avions tous parlé. B., ma cheftaine, avait disparu. Sur le coup, et même pendant longtemps, je lui en ai voulu de nous avoir laissés, Thierry et moi, seuls, blessés. Ce n’est qu’en écrivant ces lignes, neuf ans plus tard, que je réalise qu’elle était allée chercher du secours, et qu’elle était, bien qu’indemne, en état de choc. On la comprend : la voiture s’était envolée à la verticale, elle avait fait un salto raté pour retomber sur le toit et se fracasser sur le ballast d’une voie de chemin de fer. N’empêche, je l’avais mauvaise.

Je sortis par la portière avant, du côté de Thierry qui, encore attaché, avait la tête en bas. J’ai entendu un bruit suraigu : un train était en train de freiner, vite je détachai mon camarade et je le tirai sur le bord de la voie ferrée. Le train n’emporta pas l’épave, cependant, car la locomotive finit par s’arrêter à une cinquantaine de mètres de là. Il me dit qu’il était blessé au genou, je le soutins de mon bras valide et nous allâmes nous affaler dans l’herbe tendre, au milieu des ajoncs, bien à l’abri d’une éventuelle catastrophe ferroviaire. On n’allait pas en rajouter, non plus.

Il n’y avait plus qu’à attendre les secours.

Là-haut, des gens qui nous observaient depuis le parapet du pont. B. aussi, et je les voyais comme si je n’étais pas là. La douleur commençait à se propager dans tout mon corps et à me troubler les sens. L’air était frais, il était huit heures et demi du matin, quelques cumulus passaient dans le ciel bleu… Le conducteur de la loco, que je reconnus à son bleu de chauffe, est venu nous regarder d’un air embêté, un téléphone portable à l’oreille. A cette époque, l’appareil n’était pas si commun ; je crois que c’est lui qui appela les renforts.

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DOUZE SECONDES 8

18 Mai 2006 , Rédigé par Seb Publié dans #NOUVELLES

Je vous préviens tout de suite : ça ne va pas être facile ; je sors de la dernière littérature de Marie Rennard, vous savez… bon. Pas mal. Pas mal du tout, même, carrément bien. Je suis plus au niveau, là. Elle m’a mis 21 – 12. C’est l’histoire d’un mec qui retrouve une femme qu’il a aimé, c’est épistolaire, ça donne envie de supporter le désespoir, vraiment… Il faut que je me remette. Il faut que je me dise que je ne suis pas en train de fabriquer de la littérature, mais que je raconte ma vie, et que c’est surtout pour moi pour me faire du bien, et peut-être pour une poignée de potos aussi. On a beau dire, elle est vachement poétique, la Marie, quand elle écrit.

Et vous, sinon, ça va, les potos ?

Bin ouais, moi aussi, tout ça… C’est l’histoire d’un mec qui a eu un accident de voiture, et qui prétend voir la vie d’une certaine manière à cause de cet événement.

Le mec, c’est moi. Il a eu peur de mourir.

Dans l’œuvre de ma chère collègue, deux correspondants envisagent la mort par longue maladie, une mort douceâtre et savoureuse, dégustée à la façon de celui qui souffre avec philosophie…

Pour ma pomme, ça ne s’est pas du tout passé comme ça,je vous préviens. D’ailleurs, j’étais plein de sève, alors, la mort, la mort, je ne l’envisageai pas du tout. Qu’est-ce que j’en avais à foutre, moi, de mourir, moi, c’était la vie que je voulais, la baise, le rock’n’roll, les voyages, la défonce, quoi ! Autant vous dire que quand j’ai compris ce qui allait se passer, j’étais vraiment furieux, révolté ! Quoi ? Moi ? Moi ! Quoi, moi ? Non mais et puis quoi encore ?

On a quitté la gare dans la 205 de Thierry. Il a aussitôt éteint la musique. J’avais galamment laissé la place du mort à ma supérieure hiérarchique. J’avoue m’être tâté, car j’étais de si mauvaise humeur que j’ai failli faillir à la plus élémentaire des courtoisies : j’allais presque m’affaler dans le siège du passager avant. J’ai fait le geste. Presque presque, que je me suis assis. C’est le métal fondu de son regard qui m’a arrêté, mais j’ai quand même poussé la goujaterie jusqu’à lui demander si elle la voulait vraiment, cette place. A ce moment précis, j’étais entre deux eaux plutôt vaseuses, et mon Ça Freudien marchait à pleins tubes.

 

Bougon, je m’encaissais donc sur la banquette arrière, et je regardais défiler les platanes comme autant de coups de bambous. J’avais faim, j’avalai une orange en me dégueulassant le pantalon, puis je tétai des eaux chaudasses à ma petite bouteille plastique. Au premier carrefour, Thierry a tourné à gauche, juste après un bouquet de joncs épais comme ils sont par là-bas. Première seconde. Après il a dit un gros mot et il a dit qu’il venait de se perdre. Deuxième seconde. Le nez au pare-brise, il a commencé par regarder en tous sens, ne sachant plus que faire. Troisième seconde. La route était droite, et dégagée. Quatrième seconde, un panneau indiqua un virage à droite,  puis, cinquième seconde, un autre commanda de ralentir en deçà des trente kilomètres heures. Lui, les six, sept, et huitièmes secondes, paniqué, continua à accélérer, pressé de retrouver son chemin.

Neuvième seconde, j’ai regardé le compteur : quatre-vingt. j’ai regardé devant, j’ai vu qu’on allait s’envoler sur une belle butte bien arrondie, un vrai tremplin, j’ai pensé qu’elle était pour moi et, dixième seconde, j’ai pelotonné plongé derrière les sièges, si j’avais pu je serais retourné dans le ventre de ma mère.

Moi qui avais toujours cru que je me serais fait emporter par le cancer, bin mon vieux, c’était compromis. Je voulais pas mourir.

Je voulais pas mourir. Il y avait ma femme dans ma vie, je l’ai vue qui me regardait, et mes parents… Je voulais retourner en Afrique. Avoir des enfants. Je voulais pas mourir. C’est long, douze secondes. Là, depuis une seconde, on était déjà à la onzième, et , pendant toute la onzième seconde, je n’ai plus entendu aucun bruit. « Nous volons » pensai-je. Haaaa, qu’elle me fut chère, cette belle et bonne, dernière seconde, si douce, si généreuse ! Que la vie était belle… J’implorai. J’avais peur, si peur, et peur si brutalement interrompue par un seul et unique bruit, un bruit qu’on n’oublie pas, un vrai bruit, pas un bruit de cinéma,mais un bruit inimitable. Comment décrire avec des mots… Un « crong ! » bref, comme une grosse canette en alu compressée par une très grosse main. Moi, je ressens un choc qui ne m’autorise même pas à rebondir. Paf : plaqué, enfoncé, paf ! Mon premier sentiment ? L’étonnement, la surprise de n’être pas mort. Mais vraiment, hein,j’en suis resté baba, les bras ballants si j’avais pu, mais j’étais la tête contre de la tôle, un peu en chien de fusil sur une surface lisse, en plus, des bras, y’en avait un des deux qui m’était arrivé dans mon dos. De voir mon bras pas à sa place, ça m’a paru insolite,  inacceptable, même. Je lui ai pris le poignet avec ma main droite et je l’ai grossièrement remis à sa place. J’ai bien senti qu’il était encore relié à moi.

Un choc stupéfiant, un gars stupéfié, donc.

Ahou ! Hé ? Je suis pas mort, hé, les copains, hé, c’est moi !

Dans le silence parfait, je me suis senti comme l’himalayiste qui vient de retrouver son camp de base alors qu’il était complètement paumé dans le brouillard.

Je ne sais plus exactement comment je formulai la question, mais ça a pu être " - Est-ce que tout le monde est vivant ? ", c’est même sûrement ce que j’ai demandé, si moi après tout j’avais cette chance là, pourquoi pas les autres ? " - Oui ", répondit Thierry, non mais quel gros con, lui(1), comment il savait pas conduire ! B. dit "-Ouf !" et elle s'enfuit en courant, elle disparut va savoir où. On était plus que nous deux.


 

A suivre...

 

(1) J’aime beaucoup Thierry Saint-Arnoult, c’est un gars au poil. Seulement, fallait pas lui confier un volant. IL VOUS L’AVAIT BIEN DIT, mais évidemment, un objecteur de conscience, ça objecte, certes, c’est boudeur, assurément, mais ça doit servir avant tout, non mais.

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DOUZE SECONDES 7

6 Mai 2006 , Rédigé par Seb Publié dans #NOUVELLES

Aparté

Certains lecteurs m’ont fait remarquer sur le forum que certaines photos en illustration de mon histoire peuvent heurter la sensibilité des plus émotifs. Oui, vous avez raison : c’est ce que je cherche à faire. Même celle des moins impressionnables. Mais, allez-y franchement, dites-moi : mes photos sont-elles plus ou moins efficaces que l’actuelle campagne de prévention routière qu’on entend à la radio. A la pub de la télé, je ne sais pas, je zappe. Mais mes tôles déchiquetées et mes cadavres pulvérisés sont là pour vous faire prendre conscience qu’il faut faire attention en voiture, et que nos corps ne sont pas conçus pour résister à de tels chocs. Je vous aime bien. Je ne vais pas faire de la prévention rigolote, il n’y a que les images chocs qui vous fassent réfléchir. Vous êtes fragiles, et je n’ai pas envie de vous voir finir en viande hachée. Je tiens à vous, mes amis. L’automobile, c’est bien beau, mais c’est dangereux. Si j’écrivais contre le tabagisme, je ne me contenterais pas de vous monter des dents jaunes.

D’autres lecteurs m’ont fait remarquer que je n’anonymisais (?) pas assez les noms propres dans mon histoire… Bon, je suis pas là pour faire de la pub, mais qui connaît le contexte s’y reconnaîtra bien. Vous pourriez m’écrire pour connaître leurs vrais noms, mais est-ce que c’est vraiment intéressant ?

Pour finir, vous avez félicité Marie pour son talent via mail ou en me laissant des messages sur le forum. Vous pouvez commentez sur le blog, vous gênez pas, car, même si elle est gueularde, au pire vous vous en tirerez avec une cuisante humiliation, mais sans aucune douleur physique ni perte d’argent.

 

Bon. Satané histoire. Là, il est une heure vingt du matin et je sors d’un concert de reggae, je suis un peu dans un état second. Je plane encore. Je ne sais plus de quoi je parlais.

Ah si.

Thierry nous attendait sur le quai. Le fameux conducteur.

Mauvais réveil : la nuit dans le train en proie aux tourments de la remise en question : est-ce que mon chef avait découvert ma vraie nature, est-ce que j’étais un nul, est-ce que j’allais réussir à lui prouver que j’étais dans le bon en faisant comme je faisais ? A lui faire comprendre que je ne visais pas sa place ? C’est vrai qu’au moment où Crcrdia avait lancé le recrutement de son nouveau directeur, j’avais proposé un instant ma candidature, par altruisme, pour rendre service, quoi. Elle l’avait peut-être su ? Ayant réfléchi et approfondi la question, je lui laissais bien volontiers, parce que c’était un nid à emmerdes son job. Elle avait du mal à s’y retrouver, et elle brassait beaucoup de vent, et j’avoue, j’aurais bien aimé ne pas être associé à ces soucis, je marchais très bien comme ça.

J’avais donc très mal dormi. Peu avant l’aube, je m’étais baladé dans les couloirs, et j’avais gaulé des jeunes qui fumaient une herbe terrible entre deux voitures. Ce n’est qu’ensuite que j’avais réussi à un peu à me détendre. De toutes manières, j’aurais eu très mal dormi, car les banquettes des trains sont trop dures, et trop étroites surtout, on s’entortille dans leur sac à viande, à moi petit bonhomme il me faut de la place, demandez à ma femme, les bras en croix ! Des trains-couchettes, j’en ai pris des dizaines, je n’y ai jamais dormi, d’abord. Je dors mieux assis, à choisir.

En plus, c’était B. (Bénédicte, mais c’est vachement long à écrire, Bénédicte)(Et puis vous la connaissez sous son nom de code, maintenant, alors je vais continuer comme ça et puis merde) qui m’avait secoué juste au moment où le préposé annonçait notre arrivée en gare. Alarm ! Alarm ! Schnell !

 

Les yeux cimentés, semi-enculotté, le train qui repartait au moment où je posai le pied au sol… Chancelant, je le regardai à regret s’éloigner vers d’improbables aventures. Un sale moment.

 

Thierry, c’était un objecteur de conscience, comme moi. Plus récent. Un chevelu. Il aurait pu avoir des dreadlocks, mais avec le visage trop émacié, non. Je l’avais vu lors de sa première semaine, il était encore un peu timide. Il nous a expliqué qu’il venait tout juste d’obtenir son permis et que c’était la première fois qu’il prenait le volant tout seul : d’habitude sa copine lui servait de copilote. Il dit aussi qu’il n’avait passé son permis que sous la pression du chef du Crcrdia local, comme pour se dédouaner. Il a bien insisté la-dessus.

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Mes réactions au sujet de l'affaire Clearstream

3 Mai 2006 , Rédigé par Seb

   




Mes réactions au sujet de l'affaire Clearstream




Voilà
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DOUZE SECONDES 6

1 Mai 2006 , Rédigé par Seb Publié dans #NOUVELLES

Aparté (et mon cul, c'est du latin ?)

Ça ne t’arrive jamais, à toi, de n’avoir pas envie ? Moi, c’est souvent. Là, par exemple, je n’ai pas ouvert le blog pendant au moins cinq jours. Une lassitude soudaine. Je dois avoir peur de raconter mon histoire. Je pourrais invoquer le beau temps et l’aménagement de ma propriété, le franchissement d’une étape décisive dans mon jeu vidéo préféré, les vacances des enfants et le temps que je leur ai consacré, les réceptions et les invitations, mon travail de nuit qui m’ôte toute énergie constructive… Tout cela n’est pas faux. J’aurais pu invoquer dix mille bonnes et valables raisons pour expliquer ce silence, j’aurais pu, oui. Mais non : je n’avais pas envie. J’aurais très bien pu trouver une fenêtre de tir et me lancer à la poursuite de ma petite histoire. Mais je me suis adonné à la procrastination, car, depuis que je connais ce mot, j’en abuse.

Je n’en suis pas plus fier pour cela.

C’est comme ça et c’est tout. Il faudrait me connaître un peu dans la vie, et on comprendrait.

Aujourd’hui c’est dimanche matin, le soleil caresse de ses rayons mes plantations au travers des vitres, et je m’y remets. Mais ce n’est pas l’envie qui m’étouffe. Mais c’est en écrivant qu’on devient écrivaillon, et je sens que ça vient… Bon allez, plonge, coco, tu nous emmouscailles avec tes états d’âmes.

J’étais débranché, mais j’ai fait un songe cette nuit –un rêve d’écriture, et me revoici. Rien de grave. Bon, ce qui suit ne sera pas « nominé » -urk, comme la révélation de l’année, mais ça aura le mérite de m’avoir remis la plume à la main.

 

A Crcrdia, régulièrement, tous les deux ou trois mois, de grandes réunions étaient organisées en présence tous les notables de l’assos’, permanents, élus et membres actifs, environ une cinquantaine de personnes : les CIR, ça s’appelait, les Comités Interrégionaux. Je traînais derrière moi tous mes adeptes, celles et ceux – comme on dit dans la bouche de Marie-George Buffet, qui s’impliquaient dans les projets que j’initiais, le groupe du journal et celui de préparation aux stages de départs dans les PVD, pays en voie de développement, fallait bien leur attribuer un nom, à ces pays-là, et l’équipe des inscriptions.

On était début juin. La réunion se tenait dans la région de Pézenas, Hérault. J’aurais dû y aller en voiture depuis Paris avec mes disciples, mais B. avait souhaité me garder avec elle pour préparer ce fameux meeting. Pour elle, il s’agissait d’une épreuve de passage, pour moi, c’était déjà de la routine. Je m’étais ennuyé l’après-midi entière à la regarder enluminer en fluo son capharnaüm de dossiers. Elle me donna des directives ; je ne les compris pas. Je n’ai jamais su où elle voulait en venir. On dirait que je lui en veux. Cependant, le pire était à venir… Je n’étais pas très concerné par ce dont elle voulait me faire part. Mes objectifs étaient clairs, mais elle les mélangeait et je me demandais comment est-ce que je remettrais tout cela en ligne… On lui avait dit que j’étais son subordonné, en vertu de qui elle tenait à contrôler et diriger mes travaux. Normal, mais après avoir si longtemps géré mes propres petites affaires, c’était difficile. J'aimerais bien ne pas jouer l'éternelle victime, mais visiblement, en sus de tout, est-ce qu'elle ne faisait pas tout ça RIEN QUE pour me faire chier ?

Nous prîmes le train tous les deux en gare de Lyon, vers 22h. Train couchettes. Elle commença à sortir ses chemises cartonnées, une par sujet. Heureusement une parisienne lui intima de ranger ses affaires, car elle tenait à ses heures de sommeil. Merci madame… Les Parisiens sont des râleurs de première, et celle-ci m’a sauvé la mise, j’allais moi-même envoyer paître mon petit chef. J’étais plein de bonne volonté, mais B. commençait à sérieusement me courir sur le haricot.

La nuit se passa sans autre incident, et nous arrivâmes à l’heure à Pézenas. Thierry nous attendait sur le quai ; il allait nous conduire jusqu’au gîte…

 

A suivre…

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