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Aux poubelles de l'histoire

26 Décembre 2013 , Rédigé par Hagaär Dünor-Toxic Avenger Publié dans #LES JUSTES

 

"Responsable mais pas coupable" : c'est par ce genre de pirouette sémantique que la Cour Internationale de Justice (CIJ) dédouana la Serbie de sa culpabilité dans l'affaire de Srebrenica, qui fit huit mille morts et quelques quarante mille déportés en quelques semaines. La Serbie de l'époque n'a donc pas "orchestré" ce massacre, pourtant qualifié de "génocide" par cette même Cour. Un génocide, c'est un massacre orchestré en raison de l'origine ethnique d'une population, en droit international. C'est une circonstance aggravante du crime contre l'humanité. Ce qui n'est pas joli-joli, si vous voulez mon avis.

La cour parvint à ignorer la politique de Belgrade pendant le conflit en ex-Yougoslavie, ainsi que les discours de Milosevic qui promettait la purification ethnique de la "Grande Serbie". Ça en fait, des guillemets ! Et des majuscules !

Je dis que séparer la guerre nationaliste des Serbes et le massacre de Srebrenica revient à séparer les chambres à gaz de l'histoire de la seconde guerre mondiale : c'est du révisionnisme.

Ce n'est évidemment pas pour les seuls beaux yeux de la nouvelle administration yougoslave qu’a été rendu ce verdict, administration qui préfèrerait oublier ce "problème". Le génocide fut reconnue par le Tribunal Pénal International (TPI), et la Cour ne pouvait pas aller contre cette reconnaissance ; il y a donc bien eu un génocide, mais le coupable s’est fait la belle ! Peut-être a-t-on espéré que les Serbes adouciraient leur position sur le Kosovo ? Au contraire : Belgrade avait tout de même exigé de la communauté internationale qu’elle reconnût la souveraineté yougoslave sur la province. "Poignez vilain, il vous oindra. Oignez vilain, il vous poindra !"
L’avantage de ce verdict, c’est que l’affaire a été classée : plus d’investigations sur ces tragiques semaines.

Srebrenica était sous la protection de quatre-cents casques bleus Néerlandais. Ils demandèrent le soutien de l’aviation de l’OTAN, qui est une bonne grosse aviation qui aurait donné à réfléchir aux milliers de soudards qui s’apprêtaient à investir la ville. Le général Janvier, commandant Français de la force ONUsienne, refusa cet appui.
Pourquoi ?

Des notes confidentielles et des conversations secrètes ont été déterrées du bourbier secret-défense par l’association Médecins Sans Frontières (envoyez vos dons) : Chirac était en contact avec Milosevic, et avec Clinton, qui accepta de ne pas pratiquer ces frappes "inacceptables" pour le Président de la République Française -en notre nom, à nous Français, donc. Amitié séculaire, ancestrale… J’ai honte de mon pays, de sa scélératesse une fois de plus démontrée. Est-ce que François Hollande aurait agi de cette manière ?

Un peu dans la même veine, le juge Bruguière a rendu ses conclusions sur l'attentat qui coûta la vie au dictateur Rwandais Habyarimana, évènement désigné par le juge Français comme signal de départ du génocide rwandais. C'est Paul Kagamé, chef du FPR (Front Patriotique Rwandais), actuellement au pouvoir, le responsable. Et par là même et grâce à une habile interprétation, le vrai coupable du génocide. Cherchez l'erreur.
C'est à dire que Bruguière agissait sur ordre : il fallait dédouaner la France, qui a formé les génocidaires Hutus, qui les a armés et qui les a laissés faire. Souvenez-vous des images du JT montrant les troupes françaises de la force "Turquoise" accueillies en libératrices par la population rwandaise. Seulement, ce qui n'était pas précisé, c'est la composition de cette foule : c'étaient les massacreurs qui acclamaient la France, bien contents d'échapper au FPR, soutenu par les forces ougandaises, qui entraient victorieusement dans le pays. En renvoyant dos à dos le FPR et les maniaques de la machette -800 000 morts-, la France se livre au délicat exercice du négationnisme. Comme pour la Shoah, les massacreurs et leurs complices ont essayé de masquer leurs crimes dès leur perpétration - c'était la position des autorités rwandaises de l'époque. La France permis à la plupart des suspects de fuir au Congo voisin.

Une petite pelletée de terre et un dernier crachat sur la tombe des victimes du carnage. Z'avaient qu'à être moins musulmans, z'avaient qu'à mieux aimer la France !

Les tartufes de la politique se congratulent, et tout le monde est content ; une bonne chose de faite, allez hop ! Aux poubelles de l'Histoire !

Attention. Je ne dis pas que la France est coupable de génocide, ni à Srebrenica ni au Rwanda. Mais je dis qu'elle s'est fourvoyée dans ses choix d'alliances et qu'elle a manqué de discernement en s'impliquant partialement dans ces susdits conflits.

La démocratie a encore perdu des points dans ces régions, où le feu couve encore sous les cendres des victimes…

Joyeux Noël à tous

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mamalilou 10/04/2014 19:34


ouaip c'est tout pouakr... 


et on continue


on fait quoi en Syrie...??!!! mais enfin, ça peut pas continuer comme ça!!! 


mais y nous font quoi?!!!

Quichottine 26/12/2013 15:21


Il faudrait parfois réfléchir davantage, surtout quand on est en position de responsabilité, délégué par ceux qui ont voté.


 


Je te souhaite aussi un joyeux Noël, Seb....