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Légères perturbations au-dessus du tropique du Cancer

12 Septembre 2012 , Rédigé par Hagaär Dünor-Toxic Avenger

 

 

Le temps du poète n'est jamais à l'heure, trop pressé, ou trop épais : ses secondes s'encastrent et s'agglutinent les unes dans les autres…Il a du mal à écrire, aujourd'hui. C'est à dire que, rien que d'ouvrir le capot de sa machine, ça lui donne envie de cigarettes, car les volutes l'inspirent… Problème : il a arrêté de fumer. Cette mauvaise habitude le harcèle et le tourmente... Au réveil, au café, en voiture, dans la rue, dans les queues, à la pause, avant la réunion chez l'éditeur, pendant la réunion, après la réunion, au marché, au bistro, en sortant de la banque, du libraire, en balade… Comme ça, vingt fois par jour, la salope le tente au coin de la rue, de l'aube au crépuscule... "- Hého, lui dit l'envie, une petite cigarette ?"

Ses journées sont faites de petites victoires sur lui-même. Il a des crises de manque, bon, il gère, et puis il a aussi des crises d'angoisse, tu sais, quand le cerveau s'éparpille sans parvenir à se rassembler, l'impression de devenir dingue, d'un coup, on dit n'importe quoi, on a envie de se rouler en boule sous une couverture, tu vois le genre de truc ? Et puis il a peur : autour de lui, le cancer fait des ravages. Ça tombe comme des mouches, les babyboomers, surtout. Toutes sortes de cancers :non seulement les poumons et les voies respiratoires, mais aussi les seins, les ganglions, les pancréas, les oesophages, les testicules, les anus, les intestins, les ovaires, les utérus, les cerveaux... Toutes ces maladies créées par l'homme, lui, ça lui fout les foies. Ça le terrorise bien plus qu'AL-Qeiada.

Il ne se dit pas qu'il en réchappera, mais il sent que ce n'est pas la peine d'en rajouter.

Le déclic, c'est l'amour : il n'a pas envie que ses proches viennent pleurnicher au-dessus de son cadavre, en se disant que c'est injuste, que c'est trop tôt. Ça lui est arrivé récemment, et de voir quelqu'un partir trop jeune, trop vite... C'est sans doute trop dur, ça a beau être inacceptable, n'empêche que c'est là.

Lui, il veut partir comme la grand-mère, sans s'en apercevoir, le nez dans les casseroles.

Avec le pognon qu'il aura économisé, il ira aux Antilles.

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