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HUGGYHOME

Les belles vacances dont vous êtes le héros

19 Novembre 2012 , Rédigé par Hagaär Dünor-Toxic Avenger

 

1. Vous ne supportez plus le boulot ni ce temps pourri : il est temps de préparer vos vacances. Vous allez sur Internet dénicher la bonne affaire ? allez au 3. Si vous décidez d’aller rejoindre votre belle-famille à Berk-Plage, allez au 5.

2 Votre moitié vous fait remarquer que le parapluie, vous l'avez, comme un gros con, rangé tout au fond du coffre, et que c'est pas Dieu possib' d'être aussi abruti, et qu'il faut toujours écouter sa mère, qu'elle supporte pas qu'on arrive en retard, la voiture démarre en trombe, vous prenez le char à voile sur la gueule. Vous avez perdu !

3. Vous trouvez un hôtel ****, hammam, safari, buffet à volonté, vol compris - pour Monbasa, Kenya. Vous entrez vos coordonnées bancaires, mais la banque refuse le paiement. Allez au

4. Votre moitié dit que ça ne vous dérange pas toujours, un homme qui sent bon et qui ne pique pas. Vous faites vous-même le tri dans son merdier, et vous gardez le parapluie, sous ses œillades lascives. Allez au 6.

5. Vous préparez les bagages pour le Pas-de-Calais : bottes, pulls, cirés, épuisettes et cerf-volant… Votre moitié ajoute tout le nécessaire : vêtements de soleil, de pluie et mi-saison, chaussettes de tennis, de marche, de piscine, de pétanque, slips de bain, de sport, de soirée, un paquet de paquets de mouchoirs, un parapluie, une crème solaire, un après-soleil, un hydratant, une antiride, une crème de jour, une de nuit, un dépilatoire, un gommage… Vous l’engueulez parce qu’ « y a pas besoin de tout ce merdier » ? Allez au 7. Vous ironisez en lui disant que c'est vraiment une tarlouze ? Allez au 4.

6. La bagnole déborde, et pas moyen de fixer ce putain de char à voile sur la galerie ! Soudain, une goutte de pluie ! Pour trouver le parapluie, allez au 2. Pour demander à votre PACS si c'est vraiment une bonne idée d'aller à Berk, allez au 8.

7. Votre moitié sort de la pièce en vous accusant d’être un salaud sans-cœur. Vous faites le tri, mais vous gardez le parapluie, on sait jamais. Vous alllez au 6.

8Vous gueulez comme un veau : aller à Berck avec cet espèce de truc ? Tout émotionné, vous lâchez un tendeur qui manque de vous crever l'œil ! Vous vous précipitez dans l'appart,  hors de vous, vous vous connectez, vous videz le LEP et le livret A, vous achetez un aller-simple pour la Chine, un taxi vient vous chercher et vous refaites votre vie avec un éleveur de vers à soie, beau, compréhensif, cultivé et drôle à la fois. Vous avez gagné !

Clivillé

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EUREKA !

12 Novembre 2012 , Rédigé par Hagaär Dünor-Toxic Avenger

 

 

Au moment où je me collai le patch dans le creux du bras, des points rouges s'imprimèrent sur ma rétine, mon palpitant tenta de s’échapper de sa cage, et un avion Rafale qui avait choisi mes neurones comme piste d’envol me fit bourdonner pendant plusieurs minutes. J’avais arrêté les drogues dures depuis des années, et le patch me rappela de très mauvais souvenirs… Quand je décrivis ces symptômes à la pharmacienne, elle me flanqua une paire de baffes, et elle me donna deux-cents lignes à faire signer par mes parents : « je dois lire bien attentivement les étiquettes des substituts nicotiniques, écouter les conseils la pharmacienne et ne pas fumer pendant le traitement ».

Pendant qu’elle allait dans l’officine rapporter aux copines quel genre de connard elle avait en magasin, j’en profitai pour lui chourave des pastilles au miel d’acacia et à la camomille des montagnes. Après courte (mais mûre) réflexion, je renonçai aux patchs et je lui réclamai alors des gommes à la nicotine, mais la mastication à outrance me donne des airs d’Amerloque et des gaz délétères ; or, je déteste avoir l’air con - et a fortiori doublement con. En lui rôtant à la gueule, après qu’elle m’eût suggéré l’homéopathie et qu’en retour je lui eusse ri au nez (faut quand même pas me prendre pour un abruti), je mis le feu à l’officine en prenant congé poliment.

J’allai voir une auriculothérapeute héraultaise, mais la séance dégénéra dès qu'elle me titilla le lobe de l’oreille avec la langue, car je fus pris d’une bandaison aussi soudaine qu’inextinguible, aussi dus-je prendre les mesures nécessaires à la satisfaction des appels de la nature : la consultation finit donc dans un grand râle d’amour… Après l’acte, j’aime fumer une cigarette en regardant l’horizon depuis le septième ciel, mais je ne pus que contempler mon échec face à la force de ma tabagie.

Après un dernier passage par le cabinet d’un acupuncteur afghan et que je me fus souvenu que je craignais les piqûres, j'allais voir mon généraliste qui me prescrivit de la varénicline, une de ces molécules qui vous ôte l’envie de fumer… Depuis, je cauchemarde, la nuit, du gros cul de la Marine, de la fission nucléaire, de bêtes à chagrin, du soleil de Normandie et de nuages de chlore, j’insulte les flics en catalan, je colle les timbres Marianne la tête en bas, je me brosse les dents trois fois par jour, je traduis en verlan les tracts de l’UMP, je dors en chiant … mais surtout, et c’est bien là l’essentiel, JE NE FUME PLUS !

 

Clivillé

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Si vous êtes comme ça, allez consulter

11 Novembre 2012 , Rédigé par Hagaär Dünor-Toxic Avenger

B. Description clinique :

- sensibilité excessive aux échecs et aux rebuffades, - refus de pardonner les insultes ou les préjudices et tendance rancunière tenace, - caractère soupçonneux et tendance envahissante à déformer les événements en interprétant les actions impartiales ou amicales d’autrui comme hostiles ou méprisantes,

- sens tenace et combatif de ses propres droits légitimes hors de proportion avec la situation réelle, - doutes répétés et injustifiés sur la fidélité du conjoint ou du partenaire,

- tendance à surévaluer sa propre importance avec perpétuelles références à soi-même, - préoccupation par des explications sans fondement à type de conspiration.

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Manque d'oxygène à la naissance

9 Novembre 2012 , Rédigé par Hagaär Dünor-Toxic Avenger

 

 

- Tiens te voilà, toi ! Ça va ?

- Ha m'en parle pas, j'ai mal partout, je te serre pas la main, je ne sais pas si je suis contagieux. C'est surtout les jambes...

- Fais voir ? Lève les pieds, un peu pour voir ? Ça, je sais ce que c'est. : c'est le divorce, ça déforme la voûte plantaire. Tu sais, l'huile de hérisson, c'est idéal contre le mal du divorce. C'est un truc de ma grand-mère. T'as bien divorcé, récemment ?

- Pas récemment mais oui.

- Ah, tu vois ? Donne-moi 200 zeuros, j'm'en va t'en chercher un litre.

- Non je la ferai moi-même : temps vire au doux, si tu as remarqué. C'est la bonne saison pour aller ramasser les hérissons : les limaces se tortillent sur le bitume tiède, ça attire les hérissons, et les hérissons se font écraser sur les routes de campagne : y'a plus qu'à se pencher.

- Mais au moins tu sais comment la fabriquer ?

- Il faut presser les hérissons comme les olives, enfin, comme on fait de l'huile, quoi !

- Oui, mais les piquants ?

- Ils sont filtrés avec le reste, tiens! Mais bon à part ça, regarde, ça me démange, ici, là, et ici aussi...

- Fais voir ? Hhhhh ! Qu'est-ce que c'est que toutes ces plaques rouges ?

- Ha je sais pas. J'ai regardé sur le web : ils disent soit que j'ai manqué d'oxygène à la naissance, ou bien que c'est une petite leucémie…

- Tu sais que c'est grave, une leucémie ?

- Ça dépend laquelle. T'as fait médecine, toi ?

- Prépa kiné. Tu veux que je te regarde les plaques de plus près ?

- Je ne sais pas si j'oserai...

- On est entre nous : tu me connais.

- Justement.

 - Tu gardes ta culotte ?

- D'accord.

- Fais voir alors. Hm... Attends, je vais t'aider à ôter ta burqa....

- Hé ! Fais gaffe à où tu mets tes doigts, toi ! Popopop ! Touche à ton cul !

- Dis donc , tu serais pas allé à la piscine, toi ?

- Si. Avant-hier.

- Tu sais plonger ?

- Je suis en train d'apprendre.

- Ça fait chtrouf, quand tu plonges ?

- Non. Ça fait plaf !

- Cherche pas, c'est pas la leucémie, que tu as : ce sont les traces des plats que tu te fais en apprenant à plonger.

- Ha.

- Te voilà rassuré ?

- Bof... J'y ai vraiment cru, moi, à ma leucémie... C'est au moins la troisième fois que le docteur internet me diagnostique une maladie mortelle... Je suis déçu. La dernière fois, j'étais bien parti pour un diabète, mais j'ai été éliminé en demi-finale... La leucémie, tout de même, ça vous pose un bonhomme! J'aurais reçu plein de cadeaux et de messages de soutien. Et merde, tiens. Tu fais un loto avec moi ?

- Non.

- Crève, alors.

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trois millions de chômeurs !

7 Novembre 2012 , Rédigé par Hagaär Dünor-Toxic Avenger

Cette baisse de 9,3% de la part des salaires dans le PIB des pays développés, ça inquiète même Alan Greespan -ex-patron de la Federal Bank Of América- qui suggère une meilleure répartition entre le capital et le salaire : ça se voit trop ! Chaque année, 180 milliards s'envolent au profit des Profits. À comparer avec le déficit de 12 milliards de la Sécu. Les actionnaires, qui exigent jusqu'à 20% de rentabilité, provoquent suppressions d'emplois et stagnation des salaires. Depuis la création du CAC40, les bénéfices des actionnaires ont augmenté de 380 %, en même temps que la précarité : 31% des salariés sont « flexibles », jetables et obsolètes. Il paraît que quand on cherche du travail, on en trouve... pour quelques heures par semaine ; la France doit se remettre au travail, car trois millions de Français sont paresseux ! Ça fait partie de la croyance libérale, donc c'est vrai comme si c'était la Bible. En vrai c'est des conneries et leurs recettes ne profitent qu'à eux. A se demander comment il y a encore des citoyens pour voter pour eux. C'est que ces flatte-cons nous ont caressés dans le sens du poil, ils ont fait appel à notre réalisme, à notre sens des responsabilités. Regarde les me les, avec leurs tics et leurs yeux qui disent merde aux autres, qui accusent, qui invectivent, qui calomnient, qui vouent aux gémonies, qui séduisent pour mieux tromper et qui savent faire une bonne cause d'une mauvaise ! Ils ont rempli leurs hottes de paquets factices, ne nous fions pas à ces rubans colorés : dedans, c'est du vent, de l'Iphone qui nous empêche de penser à la révolution. Et ce n'est pas en votant à gauche que ça va changer : les voilà qui s'assoyent sur la promesse du changement, en se résignant au libéralisme économique, comme quoi il n'y aurait pas d'autre solution, c'est malheureux, mais comment les nantis se paieraient-ils des robinets en or dans leurs yachts, sinon ? Pauvres riches ! Mais enfin, ils prétendent tout de même tout savoir, tout pouvoir pour nous : la bonté, la nature, le chômage, l'humanité, l'art, la beauté, et même la cuisine au beurre ! Evidemment, ils ne savent rien de tout ça, sauf peut-être en ce qui concerne la cuisine au beurre, mais je n'ai jamais eu l'honneur d'être invité à leur table.

Ils noient la vérité sous des tombereaux de persuasion ; détestables, il se font cependant aimer, par la flagornerie, la menace ou la corruption… Trois millions de chômeurs ? Ça ne les dérangent pas plus que ça.

 

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26 ans dans le piège

5 Novembre 2012 , Rédigé par Hagaär Dünor-Toxic Avenger Publié dans #PERSONNELLEMENT -MOI - JE

Quand j'étais petit, mon père s'aspirait ses deux paquets de Goldos sans se poser la question de savoir si ça me gênait ou pas ; en vérité, ça ne me dérangeait pas plus que ça, sauf le matin dans la bagnole quand il faisait trop froid pour entrouvrir les fenêtres. Le soir, même, j'aimais monter sur ses genoux, nous dessinions tous les deux, des animaux, des personnages, des fleurs… J'aimais regarder les volutes épaisses du tabac brun former des arabesques, s'étirer et stagner en gros nuages autour du lustre constellé de chiasses de mouche, l'odeur de la cigarette, son haleine avinée, c'était le parfum des moments de tendresses que je partageais avec mon père.

N'empêche que quand j'ai eu 14 ans, quand il s'est arrêté de fumer (à sec!), j'ai dû être en manque, empoisonné que j'étais sans doute : J ai aussitôt commencé à fumer… J'adorais Jo le chameau, sa bonne bouille et sa dégaine à la cool. Les paquets de blondes valaient moins de 10 balles, (1€50 pour les trop jeunes), et qui plus est je passais cet été-là en Afrique, où les américaines ne dépassaient pas les 50 centimes (d'euro, soit : heu… Pff, laisse tomber).

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