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HUGGYHOME

LE TROISIEME HOMME

31 Janvier 2007 , Rédigé par Seb

Comme sur un monde qui naît, les météores ne nous détruisent pas ; mais elles nous enrichissent et nous complètent. « Ce que je sais, c’est que je ne sais rien », disait l’autre, habile discoureur, à plus savant que lui.

C’était la citation de la nuit, mais en fait, on va parler de politique, enfin, de mon vote. Encore trois mois.

Les anarchistes ne votent pas, par principe, puisqu’ils sont contre le système parlementaire. Quand j’étais à la fac, j’étais tenté par l’esprit libertaire, le droit à la paresse, l’égalitarisme, tout ça… J’étais punk. Je buvais de la bière en apeurant le bourgeois. Et puis j’ai connu le témoignage de mon grand-père Ramon au sujet des anarchistes –je ne sais pas comment mettre les accents toniques depuis mon clavier français… De toutes façons, mon grand-père il était Catalan, et en Catalan, on n’écrit pas les accents toniques.

Au village, ils avaient fait la révolution. Il était le représentant de ses camarades, une sorte de maire, quoi, et ça se passait plutôt bien. Un jour, des anarchistes sont descendus de Barcelone, en réclamant de fusiller les individualistes. Ici, on ne fusillait personne, et il n’y avait pas de nationalistes dans ce village-là ; il fallut que Ramon négocie longtemps. Pas commodes, des gars qui aimaient l’odeur du sang. Au final, ce sont les anarchistes qui se sont fait épurer. Par les communistes. C’est ça la guerre civile, c’est très compliqué, tout le monde est l’ennemi de tout le monde ; tu me diras, c’est aussi l’occasion de faire la peau de son voisin qui écoute Johnny Hallyday trop fort ou du cousin auquel on doit de l’argent, c’est selon les goûts et les besoins. Bon bon bon. Pas de guerre civile. Vous avez déjà vu des petits noirs avec des kalachnikov grosses comme eux ? Non, mais je veux dire, de près ? Franchement, si on pouvait éviter ça… Moi, j’aime bien la révolution, surtout quand elle est non-violente. Je me suis disputé un jour avec un copain, un ami, même. Je lui parlais du Mahatma Gandhi, agitateur non-violent notoire, et il me parlait d’Indira Gandhi, la fille de Nehru, présidente de l’Inde et autocrate sanglante en fin de carrière. C’était à celui qui parle le plus fort, on allait en venir aux mains, c’est pas Dieu possible d’être borné comme ça ! Soudain, nous réalisâmes l’erreur sémantique qui nous opposait : nous essayions de faire entrer des carrés dans des ronds ; je lui tombai dans les bras et il me paya une autre bière.

Bon. Je ne suis pas anarchiste.

A mes vingt ans, on m’a demandé de faire nombre sur une liste d’extrême gauche : aux méchouis, on parlait de collectivisation des infrastructures, de lutte contre le fascisme, d’infiltration des appareils… On déployait souvent les banderoles ; c’était pour les municipales. Je militais aussi à AC !, j’étais à la ligue de droits de l’homme, c’était Laurent Fabius le chef de la section. En fait, la tête de cette liste trotskiste  avait envie de me péter la rondelle, mais ça, je l’ai su plus tard. C’est complexe, les mouvements trotskistes : il y en a plein, ils se détestent entre eux, ils ont le sens de la nuance… On était censée réduire le score du FN, j’avais pas bien compris l’argumentaire, mais c’était là qu’on était censés piquer des voix. Six virgule n pour cent, qu’on a fait. Ha ! Si on était contents, mieux que le PC, dis donc ! Le FN ? Trente pour cent, à peine. Une fois qu’on eut fini les élections, je retournai à mes affaires. Je ne suis pas trotskiste non plus.

Un jour, j’avais dans les dix-huit ans, je vais à la fête de l’huma. Bonne pomme, je me fais signer par un camarade qui recrute pour le parti. Chiche ? Me voilà t’il pas quinze jours plus tard à arpenter la campagne, sous la pluie, à tracter les boîtes aux lettres pour la cellule, et que je vais avec les camarades vendre l’huma au porte à porte… Moi, j’ai beau être n normand, faut quand même pas exagérer, militer,je veux bien, mais sous la pluie, ça va bien cinq minutes. C’est l’inconvénient, quand on prend sa carte à la fête de l’huma, le mois de septembre. Et puis dans les réunions, on n’aimait pas trop les écolos piqueur de voix, on était pro nucléaire ; mais j’étais un enfant de Tchernobyl, moi ; le jour de Tchernobyl, j’étais en Allemagne, c’était la panique. Je ne m’inquiétais pas pour mes parents, vu que le nuage s’était arrêté à la frontière française, mais en Allemagne, là, on n’osait plus sortir, avec cette saloperie au-dessus de nos têtes. Bref : je faisais tache dans la cellule. Je ne voterai plus PCF, même si je les estime encore.

C’est vrai que je m’étais toujours senti concerné par l’écologie, j’étais le genre à clouer des nichoirs et à espionner tout ça à la jumelle. Et puis j’avais eu un prof d’histoire que je détestais et qui se revendiquait royaliste, qui nous tançait, c’était à cause que le KGB nous manipulait. Qu’il n’y avait pas eu de génocide des peuples d’Amérique, techniquement parlant. Que les USA auraient bien fait d’atomiser hanoi ! C’est bien. De nous méfier de Greenpeace, surtout. Dangereux terroristes, qui faisait le jeu de l’Union Soviétique. C’était 1989.

Pourtant, Greenpeace, à la télé, quel courage, quelles actions ! Ça, c’est de la résistance, de la non-violence à grand spectacle, bien musclée ! Et quelle com pour la cause ! J’ai souvent voté écolo, dans les années où je voyageais avec l’association. Cordoba, Minsk, Istanbul… Je retournais en Afrique, c’était pire qu’avant. Bon. Je votais Verts, j’avoue. Mais aujourd’hui, dans l’écologie politique, il y a les œufs, la farine, le lait, le beurre, le sucre, une pincée de sel, une goutte de fleur d’oranger, et tout le monde veut faire les crêpes. Tendance zanimos, commandos, Maos, bobos, zen-macrobios… Déjà, la dernière fois, je les avais laissés tomber pour le facteur. Ensuite j’ai voté socialo dès le premier tour. C’est bien ce que je me promettais de refaire aux présidentielles de cette année. J’étais même enthousiaste à l’idée de donner ma voix à une femme qui pouvait battre la droite ! Cependant,je la sens plus trop, la Ségo, depuis quelques semaines, mais bon, j’attends ses discours, son programme (11/02) j’aimerais réentendre Jaurès, Blum, sans barbes ni moustaches… On peut rêver, non ? On en a le droit. Elle EST socialiste, me dit-on en mettant bien l’accent tonique, encore lui. Ah ? Si elle le dit, tu peux la croire ! Ou pas, que je réponds-de-normand. J’attends.

Il y a qui, sinon, qui se présente ? Pour qui est-ce que je pourrais voter ? Bon, pas pour Le Pen ni Villiers, c’est évident, je ne suis pas xénophobe, ni catholique intégriste, et surtout pas d’extrême droite. Il faut pas croire tout ce qu’on raconte à mon sujet, je ne suis pas du tout fasciste, j’aime pas qu’on me casse les couilles, c’est tout. Ou alors (césure), je pèche par ignorance. Toujours est-il que ma voix ira toujours contre, dans l’isoloir. Ensuite. José Bové, je suis cent pour cent avec lui, mais en tant que syndicaliste. J’en lis des agitateurs qui se repaîtraient des incendies allumés par l’autoritarisme de M. Sarkozy. Brr. Bearp ! Non. Pas M. Sarkozy. Jamais. Pas moi.

Bon. Finalement, je crois que je vais prendre une carte à l’UDF. Je n’ai plus que ça à faire.

François ! Bérou ! François ! Bérou ! François ! Bérou !

 

 

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Nouvelles du front

29 Janvier 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #BIOSPHERIQUE

C'est aujourd'hui qu'aura lieu la conférence internationale sur le climat, mais les conclusions sont déjà publiées : le réchauffement est dû aux activités humaines. On attend un projet Mahatan de l'environnement ?
Le WWF fait appel du non-lieu accordé au chasseur qui a abattu l'ourse des Pyrénées, pauvre bête. Non mais.
Monsanto, vendeur du round-up, une game de pesticides domestiques, est condamné par le tribunal correctionnel de Lyon pour publicité mensongère. Bravo à l'association Eaux et rivières de Bretagne, David contre Goliath ! La publicité laissait penser que le produit n'est pas toxique, à ce qu'il paraît. Moi, quand il y a de la pub à la télé, je zappe.

"La justice a considéré que l'industriel savait parfaitement, et
«préalablement à la diffusion des messages publicitaires litigieux, que les produits visés présentaient un caractère écotoxique». Pour le porte-parole de Monsanto France, Yann Fichet, ce jugement «ne remet pas en cause l'utilité des produits de la gamme Roundup». «Il existe une relation de confiance entre nos produits et ses utilisateurs, et nous pensons que les consommateurs continueront à utiliser le Roundup», ajoutait-il vendredi. Monsanto étudie la possibilité de faire appel." Avec une combinaison NCB gratuite pour l'achat d'une boîte de round-up ?

http://www.liberation.fr/actualite/terre/231309.FR.php
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quatre ans

27 Janvier 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #PETIOTS

IronHill

 

En ce moment, mon fils est souvent un Indien. Un jour Sioux, Iroquois le lendemain, parfois Apache, Inuit... Il a tout l’équipement, tipi, tomahawks, canoë, il galope dans la prairie à la suite des bisons, puis il leur tanne la peau…  l'Indien des Grandes Plaines typique, la communion avec le Grand Esprit, tout, quoi... Il danse de guerre autour du feu, terriblement maquillé pour combattre les Tuniques Bleues, et il fume le calumet de la paix. Il affronte sa réalité personnelle, c'est normal, docteur ? J’aimerais bien, aussi, pouvoir en fumer, de ce calumet… Pour recouvrer l’équilibre, l'ordre des choses. J’aimerais bien avoir quatre ans, une heure par jour, après la sieste, par exemple. Ça vous tente ?

"Avec cette pipe sacrée vous marcherez sur la Terre ; car la Terre est votre Grand-Mère et Mère, et Elle est sacrée. Chaque pas qui est fait sur Elle devrait être comme une prière. Le fourneau de cette pipe est de pierre rouge ; il est la Terre. Ce jeune bison qui est gravé dans la pierre, et qui regarde vers le centre, représente les quadrupèdes qui vivent sur votre Mère. Le tuyau de la pipe est en bois, et ceci représente tout ce qui croît sur la Terre. Et ces douze plumes, qui pendent là où le tuyau pénètre dans le fourneau, sont de Wambali Galeshka, l'Aigle Tacheté, et elles représentent l'aigle et tous les êtres ailés de l'air Tous ces peuples et toutes les choses de l'univers s'unissent à vous qui fumez la pipe, tous envoient leurs voix à Wakan Tanka, le Grand Esprit. Quand vous prierez avec cette pipe, vous prierez pour toutes les choses et avec elles."

Madbear


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DEGONFLE

23 Janvier 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #FILE - Ô - SOPHIE !

Cher

Allez. Je jette l’éponge : tout à l’heure, en passant devant le restaurant asiatique, j’ai regardé le calendrier, et je me suis souvenu que, chinoisement parlant, j’étais du signe du cochon. Aussi, vous pourrez continuer à ma traiter de méchant et à piétiner ma petite dignité, je ne vous attaquerai pas. Comme le sale cabot sous le bâton de son maître, je montrais les crocs mais je ne voulais pas mordre. Il est donc naturel que je me dédise. Et je rengaine mon Code Civil. Je ne veux surtout envoyer personne en camp, sinon de vacances. Vous êtes un peu fatigué, en ce moment ?

Vous m’avez ouvert les yeux ; quand j’ai vu mon reflet dans la vitrine, j’ai sursauté d’effroi : un horrible crypto-écolo-stalino-nationalo-polpotiste ! Non non non, pas moi ! Au secours !

C’est vrai, c’est idiot de croire tout ce qu’on raconte sur les soi-disant problèmes environnementaux, mais les gens sont si méchants, vous savez. Désormais, je voterai pour Alain Madelin, qui avait bien raison de nous rassurer en affirmant que le nuage s’était arrêté à la frontière, je cesse de trier mes déchets, parce que non seulement je paye des impôts, mais faudrait que je bosse pour eux en plus ? Hé, ho, tu l’as vu ? Allez hop, tout en vrac ! Je vais aussi investir dans un beau 4X4, c’est plus pratique à la campagne, et puis je m’en vais me creuser une piscine, tiens, et puis revendre mon poêle, qui me fait de la poussière partout à la maison, et enfin signer la pétition contre les éoliennes, le nucléaire c’est tellement plus discret... Je vais renvoyer mon barbapapa dans son pays, c’est lui qui m’a inculqué ces idées pernicieuses, pendant que j’y suis. Si vous pensez à d’autres mesures, écrivez-moi.  

Allez.

Je suis pacifique, moi, rebouchons nos tranchées, reprenez vos serviettes, rendez moi mes torchons et faisons la paix ; je vous propose la méthode adoptée par nos cousins bonobos : je vous montre mon cul en signe de soumission, vous me l’embrassez en signe d’agrément, et on n’en parle plus. Ça marche.
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ATTENTION

23 Janvier 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #BIOSPHERIQUE

Pour whom is concerned : attention, mon petit bonhomme, m’attribuer péremptoirement des propos que je ne tiens pas et des idées ennemies des miennes, c’est de la malhonnêteté intellectuelle, du mensonge, c’est illégal ; bref : c’est de la diffamation. Je n’aime pas qu’on me chie dans les bottes, et je n’en tolèrerai pas plus. Vous êtes prévenu, je ne suis pas content.

De plus, c’est faire preuve de fausse naïveté et d’aveuglement imbécile que de prétendre que la planète est en excellent état : si on va au sud du Chili, on voit bien que la fameuse couche d’ozone est en piteux état et que les populations brûlent sous les UV qui ne sont plus filtrés. Je reprends cet exemple -que je n’avais pas évoqué- pour confirmer que des décisions politiques (en l’occurrence l’interdiction des CFC) peuvent ralentir les effets délétères de l’industrie humaine, car ce trou dans la couche d’ozone ne grandit plus. Il est nécessaire que les puissances publiques s’engagent dans la préservation de ce qui peut l’être encore. C’est tout. On s’est enflammé parce que je déplorais l’impunité de nos viandards nationaux. Je n’aime pas qu’on tue pour faire joujou, ni hommes, ni animaux ; je suis opposé à la chasse de loisir, à la corrida, à la guerre et aux extrémistes de tous poils. Chasseurs, snipers, même combat ! J’aime la démocratie, et je pense que les droits de l’homme sont une bénédiction pour l’humanité.

Pour tous les autres : vous qui me connaissez bien, vous qui me lisez attentivement, vous savez bien je suis tout le contraire de ce que prétendent ces arguments fallacieux.

A bon entendeur, salut.

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Le moi est haïssable. L'écologie aussi.

22 Janvier 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #BIOSPHERIQUE

Il paraît que l’écologie est détestable, qu’elle est incompatible avec la dignité, la Dignité, pardon, oui, cette même Dignité à majuscule dont Delacroix drape la république sur ses toiles : à la lecture de certains commentaires abasourdissants, l’inclination écologiste confine au ridicule et encourt la vindicte populaire.

A y regarder de plus près, de l’avis le plus partagé (à environ 82,7%, si ça vous rappelle quelque chose), chacun convient de la nécessité vitale de préserver l’environnement et d’envisager un développement durable ; c’est que nous avons des enfants et que nous avons la faiblesse de les aimer assez pour vouloir leur léguer un monde vivable. On m’objectera que les écologistes devraient s’occuper des maux qui accablent l’humanité plutôt que de se préoccuper des bacs à fleurs et de la réintroduction d’animaux dans des endroits où ils sont de toute façon condamnés. Certes, mais il faut savoir que la politique environnementale se soucie aussi et d’abord du devenir et du bien-être du genre humain : les mauvais exemples que je viens de citer sont des opérations de communication qui ne valent que pour ceux qui y croient (même si, à l’annonce de la mort du dernier ours ou du dernier bouquetin des Pyrénées, je reçois un coup à l’estomac, comme quand un taliban explose un bouddha millénaire. Réaction d’esthète, posture romantique…). Et il ne faut pas penser que BB soit écologiste : son truc, c’est plutôt la détestation de ses semblables et le nationalisme, qui vont bien ensembles.

Mais alors, me demanderez-vous, si l’écologie n’est pas haïssable, qu’est-ce qui explique ces étranges diatribes à son encontre ?

A moins d’être pollueur-payé, je ne vois que quelques réponses à cette judicieuse interrogation : soit, premièrement, on devient anti-écologiste par défi envers le politically correct comme on lit Garaudy ou comme on se vêt en punk anarchiste. C’est vrai que les visions universalistes peuvent paraître désuètes, aux temps de l’égotisme et du chacun-pour-soi. Soit deuxièmement on est encarté au parti communiste Français, donc stalinien de la vieille école, et, de ce fait, on pense que tout ce qui est anti-nucléaire est condamnable, soit, enfin et troisièmement, on se place au-dessus de la mêlée et on se situe à un niveau géologique ; en effet, notre belle planète a déjà percuté des comètes, elle a connu des ères glaciaires et elle a vécu des épisodes super-volcaniques qui ont déjà provoqué des extinctions massives, et on peut de ce point de vue considérer homo sapiens comme un épiphénomène supplémentaire aux cycles naturels, et que la vie ne s’arrêtera pas à ça. Nous sommes une catastrophe comme une autre, et puisqu’il nous faut tous crever, autant jouir par tous les trous et ne pas se tourmenter du réchauffement.

Ou alors c’est juste pour me faire chier, et c’est réussi. Ou encore, c’est de l’humour au second degré et je suis vraiment trop con pour y comprendre quelque chose. Pourtant j’adore Desproges -dont l’humour avait l’avantage de me faire rire, je le concède.

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Adieu Canelle

20 Janvier 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #BIOSPHERIQUE

illustration rioumajou

Vous vous promenez dans les Pyrénées. Soudain, vous apercevez un ourson des Pyrénées ! Danger : la mère n’est pas loin... Effectivement, surgissant d'un buisson d'airelles, l'ourse des Pyrénées vous attaque, et il faut la comprendre : vous êtes une menace pour son petit. Servez-vous de votre vaporisateur à gaz poivré, ou montrez lui votre cul. Si vous n'avez pas eu le temps de dégainer, jetez vous au sol, et faites le mort ! Couchez-vous face contre terre, les jambes écartées et croisez les mains sur la nuque. Vous vous protégerez ainsi le visage et l’arrière de la tête, et il sera plus difficile à l’ourse des Pyrénées de vous retourner. Parlez-lui doucement, mais ne lui proposez pas de bonbons, car L’ourse des Pyrénées est une gourmande. Demeurez immobile. Appelez au secours : les montagnards sont des êtres affables, à condition d'être originaire de la vallée. Ça y est, l'ourse des Pyrénées s'en va, c'est le moment : déchargez-lui un bon coup de fusil dans le dos. Vous serez jugé pour destruction d'espèce protégée, mais que celà ne vous retienne pas : vous obtiendrez un non-lieu, espèce de pourriture.

A la vôtre.

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F'est fe fer Vean-Franfois ! Fa va ?

19 Janvier 2007 , Rédigé par Marie, Hémiprésente et Seb

Il n’est pas très tard, encore… A peine une heure et demi du matin.  Ma nuit de travail commence à peine,  j’ai perdu mon clope et tout serait silencieux s’il n’y avait pas le vent qui s’engouffre et dans les conduits d’aération ; comme un fantôme qui veillerait avec moi. Ou alors j’ai une hulotte dans le plafond.

Oui, je sais, je suis silencieux depuis quelques jours… Mais je suis si fatigué… Je me lève, il est quinze ou seize heures, je me traîne un mal de crâne jusqu’à vingt-deux heures, et puis je repars au boulot. 

Je viens de finir ma petite ronde de surveillance, je me méfie, il y en a un qui est tombé de son lit la nuit dernière, il s’est pété la tête de l’humérus, j’ai eu la même blessure, ça fait mal.

Moi qui critiquais les nombrilistes, me voilà t’il pas en train de vous raconter ma petite vie professionnelle ? C’est pas très intéressant, d’ailleurs. Si vous voulez tout savoir, un peu plus tard, j’irais faire le ménage, les chiffonnettes,  les serpillières,  la merde sur la cuvette des chiottes, le pipi de la nuit, le sang menstruel, c’est pour ma pomme. J’ai eu une formation, pour ça. 

Je dois avouer que j’en ai un peu marre, ce soir. Mais je sais faire preuve d’abnégation ; ici, d’abord, du travail, il n’y en pas beaucoup. J’ai pris ce que trouvais. C’était l’industrie qui nous faisait vivre, nous autres, les gens d’ici.  Les usines sont parties ailleurs.  Ici on vote Le Pen à trente pour cent, si vous voyez ce que je veux dire. Pas moi.

Bref.

Les copines nous parlaient des fâcheux. Moi, en ce moment, celui qui me sort par les yeux, c’est Copé. Jean-François, de son petit nom, le sous ministre du budget, le porte-parole du gouvernement, vous savez, gros nez et regard chafouin. Je n’aime pas du tout ce type. Enarque ? Sans doute. Le Monsieur qui se gobergeait dans un très grand appartement des beaux quartiers de la capitale aux frais de la princesse, alors qu’il en possédait déjà un, de cent quatre-vingt quatre mètres carrés, même. Mais pourquoi se priver ? Le type aimerait bien nous voir avoir deux jobs (la liberté d’avoir deux jobs, pardon !), nous les fainéants, salauds de pauvres !

Dis donc, Jean-François ! T’arrête de mentir, oui ? Si la baisse de la dette de l’état a baissé (selon les propres propos de l’intéressé) c’est parce que tu as la tête en bas, ou bien ? Elle est passée de 55 à 66 % en cinq ans ! Et puis, hé ho, prétendre que les profs gagnent des milles et des cents, pour un ministre du budget, c’est un peu court ; moi, j’appelle ça un faute professionnelle.

Non, mais il l’a promis, il arrête la langue de bois.

Demain.

 

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Le courage

15 Janvier 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #LES JUSTES

L’autre jour, en allant sur un des sites amis de celui-ci, comme on dit dans le jargon chez le sieur Orlando De Rudder, j’ai lâché un com. Oups ! Je ne me souviens plus exactement du sujet, car je suis naturellement confus et dispersé, mais en gros, je prétendais que, pendant la guerre d’Espagne, les deux camps partageait le même cri de guerre viva la muerte, je ne sais pas faire les points d’exclamation inversés comme en castillan avec mon clavier d’ordinateur.

Orlando (Orlando, j’espère que vous ne m’en voudrez pas de rapporter ici cette petite conversation privée) me répond que mais non, pas du tout, et réfère toi à untel et untel et à Unamuno, aussi.

Unamuno?

J’avais reçu dans le même temps un mail sibyllin de Marie Rnnd qui me demandait si j’avais jamais lu le discours d’Unamuno. J’avais répondu avec une pirouette pour dissimuler mon ignorance crasse, car d’immenses trous traversent ma culture politique classique. Personne n’était dupe. Pourtant, je descends directement d’un républicain vaincu par les franquistes. La honte… J’ai attrapé le petit dictionnaire amoureux de l’Espagne (Michel Del Castillo) et j’en ai appris un peu plus sur le quidam. Voici ma synthèse, arrêtez moi si j’ai oublié ou mal interprété ma lecture :

 

Ecrivain et Philosophe, inspiré des idées de Nietzsche et de Dostoïevski, ces deux-là, je connaissais, c’est le chantre de la subjectivité. Nous mystifions nos existences pour dissimuler et rendre acceptable l’absurdité de la vie. Nous nous mentons, nous inventons des systèmes pour ne pas nous avouer qu’au bout là-bas, il n’y a rien à comprendre. Nous refusons la mort de toutes nos forces. Il ne nous reste que le désir d’immortalité, le besoin de Dieu, une foi personnelle et agnostique.

On nous apprend que l’homme était grincheux ; recteur de l’Université de Salamanque, il était républicain en exil sous Alphonse XIII, puis, dégoûté par les excès anticléricaux de la République et des révolutionnaires, décelant toutes les horreurs du stalinisme et du nazisme, il se retira et ne se mêla plus d’affaires publiques.

Lorsque le canon tonna, par réaction contre la brutalité anticléricale des anarchistes, il manifeste d’abord de la sympathie pour la cause nationaliste, mais l’ampleur des massacres commis par les franquistes l’en détourne rapidement.

Le 12 octobre 1936, fête de la Vierge du Pilar, la patronne de l’Espagne, un grand raout est organisé à l’université de Salamanque. Tout le monde est là, la femme de Franco, ses généraux, les évêques, bref, tout ce qui compte dans l’Espagne nationaliste. Les orateurs se succèdent à la tribune, enflammant l’assistance de discours de méchanceté et de haine.

Vient le tour du général Astray, borgne, amputé d’un bras et d’une jambe, s’en prenant dans un discours vitupérant et venimeux aux Basques et aux Catalans pour glorifier l’unité de la nation. Des hurlements hystériques de la Phalange saluent l’intervention : « Espagne, une ! Espagne, grande ! »

Livide, Unamuno attend que se calme le grondement de la foule et prend alors la parole :

« Vous attendez tous ce que je vais dire. Vous me connaissez et vous savez que je ne peux garder le silence. Je voudrais ajouter quelque chose au discours, si on peut l’appeler ainsi, du général Millan Astray, présent ici parmi nous. Ne parlons pas de l’affront personnel que m’a fait sa violente vitupération contre les basques et les Catalans. Je suis moi-même né à Bilbao, l’évêque aussi, , que cela lui plaise ou non est Catalan, de Barcelone… »

Silence stupéfait et tendu des participants… Après un long moment, sans doute à bout de nerfs, Astray s’écrie : « Vive la mort ! 

Unamuno fixe un instant le général et poursuit :

« Je viens d’entendre un cri morbide et dénué de sens : vive la mort !

«  Et moi, moi qui ai passé ma vie a façonner des paradoxes qui ont soulevé l’irritation de ceux qui ne les saisissent pas, je dois vous dire, en ma qualité d’expert, que ce paradoxe barbare est pour moi répugnant. Le général Millan Astray est un infirme. Disons-le sans arrière pensée discourtoise. Il est invalide de guerre. Cervantès l’était aussi. Malheureusement, il y a aujourd’hui beaucoup trop d’infirmes. Il y en aura bientôt encore plus, si Dieu ne nous vient pas en aide. Je souffre à la pensée que le général Millan Astray pourrait fixer les bases d’une psychologie de masse. Un infirme qui n’a pas la grandeur spirituelle d’un Cervantès recherche habituellement son soulagement dans les mutilations qu’il peut faire subir autour de lui. Cette université est le temple de l’intelligence. Et je suis son grand prêtre. C’est vous qui profanez son enceinte sacrée. Vous vaincrez, parce que vous disposez de la force brutale ; vous ne convaincrez pas car il vous manque la raison.

« Je considère comme inutile de vous exhorter à penser à l’Espagne. J’ai terminé. »

 

Défier la mort et ses bourreaux en face, courage, héroïsme. Unamuno qui porte l’estocade au franquisme. Olé.

N’empêche : si j’ai appris quelque chose sur la grandeur et découvert un auteur à lire absolument, je ne suis toujours pas sûr que mon assertion de départ soit fausse, à savoir que les antagonistes utilisaient cette même formule, « vive la mort ». Quelqu’un pourrait-il me démontrer le contraire – ça, c’est un sophisme ou je ne m’y connais pas- ?

 

 

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Welcome

14 Janvier 2007 , Rédigé par Seb Publié dans #PERSONNELLEMENT -MOI - JE

Je ne sais pas si aviez remarqué le nombre incalculable de pages narcissiques qui maculent la blogosphère. Des dizaines de millions. Et vazy que je te parle de moi, de ce que je pense, de ce que je fais, de ce que je dis, de ce que je bouffe, de mes vacances, mes morpions, mes bagnoles, mes collections, et papati, et patata. Ce que je fais EST important, comme le titre du chapitre sur les mômes de trois ans dans le bouquin de Brazelton, voilà. Ha, ces narcissiques ! Ils ne se prennent pas pour de la tourbe - j’aurais pu écrire « merde », mais nous nous interdisons ici, outre les calembours de seconde catégorie, la vulgarité- , hein ? Et toi, Ducon, tu y es pas, narcissique, peut-être ? me direz-vous.

Certes. J’ai même passé quelques pages à vous emmerder (on avait dit !) (arrêtez de m’interrompre tout le temps, je ne vais plus savoir ce que j’avais à vous dire, ça va m’énerver et je vais vraiment devenir grossier) avec mes angoisses existentielles, une catharsis, ça s’appelle, en grec, un défoulement.

Mais pas tant que ça. Pas que ça. Quand je me suis lancé dans l’aventure blogolistique, j’ai un peu surfé sur tout ce qui se faisait déjà en la matière. J’ai pris mon écumoire (un, une ?) et j’en ai retiré un peu de crème ; il restait beaucoup de petit lait. Comment faire pour un peu sortir du lot et ne pas ressembler à ces millions de nombrilistes qui nous racontent leurs vies quelconques et nous déclament leurs vers minables à longueurs de pages ?

Finalement, le blog que je comptais animer ressemblait beaucoup à ce que je voyais, ici et là, la technique en moins, parce qu’en plus je suis à peu près incapable de faire de fonds de pages inspirés et des animations en flash pour donner un peu de vie à tout ça. J’ai choisi un fond marron caca, bon, je mets des photos, je ne sais même pas si j’en ai le droit, je ne crois pas, mais je le fais quand même, sans vergogne.

J’étais condamné à rentrer dans le rang.

Oui, mais non : m’épancher tout seul, ça ne me servait pas à grand-chose sinon qu’à me gonfler l’ego. Autant aller reluquer des femmes fessues sur les sites spécialisés.

J’avais rencontré Marie Rnnd sur un petit site d’apprentis plumitifs, elle était meilleure que les gens qui fréquentaient l’endroit, il y a toujours un premier de la classe et c’était elle. Des chefs du site, j’avais l’impression que c’étaient des rombières qui se la jouaient « écrivains » ; bon, je ne suis plus adolescent depuis un bon bout de temps, même si j’ai du mal à l’admettre, mais j’avais affaire à d’authentiques vieux cons qui faisaient des critiques littéraires comme le tonton du réveillon parle des bougnoules. C’est pas parce qu’on se fait prendre en photo au milieu de piles de livres qu’on est qualifié pour parler belles-lettres.

Hm… Bref.

J’ai dit à Marie Rnnd, sur le site, là, c’est des nazes, viens chez moi, y’ a du feu, et puis comme ça à deux on essaiera de se tirer la bourre, on fera des efforts pour écrire mieux, y’a rien à gagner, mais on sera sûr d’avoir toujours AU MOINS un lecteur !

Non. C’est pas comme ça que ça c’est passé.

En fait, c’est François, alias Huggy, alias Chef, qui nous avait débauché, avec quelques autres, pour son site huggyhome.net (d’ailleurs vous pouvez y aller, nos textes les plus longs –les meilleurs- y sont publiés,les liens sont à gauche, là, voilà), qui a ouvert le blog pour moi, et moi j’ai demandé à Marie si elle voulait bien m’accompagner, elle a sauté à pieds joints dans la mare, et depuis on barbotte l’un à côté de l’autre. Je voulais pas rester tout seul, je suis très sociable, comme garçon. Narcissique, mais pas que. Tout ça pour dire que ce blog est aussi littéraire.

Et puis quelques blogueurs nous ont visités régulièrement, alors nous avons demandé à Marie-L, que nous avons reconnue comme taillée dans la même tranche de cake que nous, dite Hémiprésente, ou hemi pour les fainéants qui ne prennent même pas le temps de lui donner de la majuscule, de venir déconner sur notre page.

C’est pas si facile d’avoir des copains sur le net, malgré ce qu’on dit à la télé. Surtout au début. Il faut être précautionneux. A mes commencements sur Internet, j’allais directement à l’intime, mais avec les gens que l’on ne connaît pas, ça peut mener à des situations embarrassantes. Maintenant, je m’impose certaines limites et je ne veux pas en savoir plus que ce que l’on me donne. Et, pour ma part, quand je parle de ma vie privée, je mens effrontément (je ne suis jamais allé à l'armée, par exemple), à tout le moins je ne donne pas trop de détails. On commence par la camaraderie, qui suscitera peut-être l’amitié. On a toute la vie.

Hémiprésente, Elue à l’unanimité, même pas candidate, en plus. Alors maintenant, nous sommes trois, et ça fuse. Ha ! La saine compétition !

 

 

 

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