M. Je-Sais-Tout

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Les certitudes,
Les avis définitifs ?
Je m'en méfie
Comme de la peste ; 
Surtout des miens.
Mes grandes idées
Ont disparu
Sans laisser d'adresse.

Vive la paix

Testou 34 stirs it up too


Ponctuez

grizzly.jpg

Bonjour.
Une phrase commence toujours
Par une Majuscule,
Et se termine toujours par un.
(...)
Toujours - toujours ?
Et la poésie, alors ?
Peut-être bien que la poésie...
"- Et bien quoi, la poésie ?"
Pas toujours

 

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NOUVELLES

Vendredi 26 juin 2009 5 26 /06 /2009 16:19
- Publié dans : NOUVELLES - Par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Toxic Avenge

Quand je leur ai dit que j'arrêtais la cigarette, la picole et les nourritures grasses, toute la nuit, ils m'ont fumé dans le nez, les salopards, ils m'ont alléché avec des clopes, des godets à boire, des charcutailles...

Devant mes refus répétés, quand je suis allé me cacher dans les entrailles de la machine MP4 (j'ai du boulot, moi, bandes de soûlots), ils m'ont poursuivi, ils m'ont traité de personnel, de bande-à-part, de fayot et puis enfin de petit pédé. Ils ont forcé la porte de mon casier, m'ont versé du dévorant dans les chaussures, arraché tous les boutons de mes vêtements... J'ai même dû m'échapper des vestiaires en chaussettes, ils voulaient me passer la bite au cirage. Non seulement ils sont méchants, mais ils manquent vraiment d'imagination.


Comme ça pendant trois nuits.


J'ai failli démissionner. Je me suis mis en arrêt maladie.


Finalement, j'ai préféré retourner à l'atelier.

Ils m'ont caché mes nicorettes...


A l'heure de l'apéro, je leur ai tous fracassé la gueule à grands coups de câble blindé (section 42mn); au chef aussi.

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Lundi 27 avril 2009 1 27 /04 /2009 01:06
- Publié dans : NOUVELLES - Par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger
On remplacera progressivement le corps biologique qui consomme trop, pourrit tout et périt vite. Un corps bionique, et voilà que viendra l’Être Parfait de la Rédemption.  

« -Une bonne idée qu’ils ont eue de me donner de leur ADN, se dit-il. J’inventerai. J’anticiperai. Je finirai par remplacer l’Individu par la Conscience. Ça en fait, des Majuscules… Hm.  »
 
Il pense comme ça, à toutes ces choses agréables, tout en balayant le paysage avec son analyseur de spectre, et, évidemment, il est excité, il est tout fou et il ne regarde pas où il pose les roulettes.  

« Hoooola ! Boudiou, ça glisse, aaaaaaaah, meeeeeeeeer-de !  »
Effectivement, il ripé au bord d’un trou et il bascule dans un nuage de poussières ferrugineuses. Brouf !  

« Un trou, on a oublié de me mettre un bip ventral ! Holala ça descend, ces maudites petites roulettes qui tournent dans le sable, j’ai pas l’air con tiens, hé ? Mais je me retourne, bip ! Au secours ! »  

Alors voilà : nous avons sous les yeux une merveille de technologie humaine, envoyée de Floride pour découvrir et visiter l’encore très mystérieuse planète Mars, un module d’exploration bourré des plus récentes innovations, hérissé d’antennes et de bidules qui servent à mesurer des tas de paramètres très intéressants.
Cette magnifique illustration du génie humain a malheureusement bogué, comme une châtaigne.
Elle a cassé son antenne de communication, et une connexion incroyable l’a rendue consciente.
La machine a conçu un nouveau projet pour la société, un modèle complètement révolutionnaire que je ne décrirai pas ici, mais qui mériterait qu’on la couche par écrit. Il pourrait résoudre tous les problèmes de l’Humanité, tourmentée par les soucis, la pauvre.
Mais on n’a pas équipé le Polar Lander II d’une imprimante... De toutes façons, là, il a les quatre fers en l’air, et il est en train de se demander, puisque se demander fait partie de ses nouvelles prérogatives, que diable allait-il faire dans cette dans cette galère ?
Il prend ça avec philosophie, car le petit voyant rouge lui indique que c’est bientôt la fin…
Ses derniers réflexes lui commandent de faire un petit prélèvement géologique, hein, comme de toutes façons c’est foutu, autant faire un petit bout de mission, autant donner un sens à cette pseudo-vie de merde qui s’achève avant seulement d’avoir commencé...  
Il se parle tout seul :  

« En plus, hé ! Tu sais quoi ? Il y a eu de la vie sur Mars ! Hé je sais bien, hé ! Ce sable dans lequel je me suis bêtement enfargé, c’est un calcaire à coccolites ! Or, ce sont des petites bêtes qui précipitent les carbonates. Ils ont tous crevé, il y a très longtemps... »  

Il tourne son analyseur de spectre vers le ciel, les étoiles scintillent, leurs lampions trouent la nuit écarlate.
Il se pâme...
Il a acquis le sens du Beau, alors il s'extasie...  

« Tant mieux, continue t’il… J’aime pas les animaux. Ni les petits, ni les grands. C’est sale. Visqueux, gluant... Beark ! Non, c’est vrai, c’est dégueulasse, le vivant... Parle-moi d’un bon vieux minéral, que tu peux façonner jusqu’à plus soif, et puis bonjour la docilité ! Pas de place pour l’aléatoire ! Fini, l’aléatoire ! Je m’en vais t’exterminer tout ça, moi ! Ran ! Non mais ? Ho ? Je vais t’envoyer le terminateur que ça va pas traîner ! La bombe à neutrons, la peste bubonique ! Ah ah ah ah ah !  »    

Un épais nuage rougeâtre s’abat sur l’objet impotent et lui recouvre la carapace… 

« Hé ho ! Mais que se passe t’il ? Faut plus se gêner ! Allons-y, c’est la foire au slip ! Non mais et puis quoi encore ? C’est quoi ce cirque ? Je vais me plaindre, attention, je connais des gens bien placés, moi, je peux vous poser des problèmes !  »  

Pas de réponse...

« Quoi ! C’est quoi ce vent, bordel, oh ! Tu vas te calmer, oui ? Dieu est mort, qu’on vient de te dire. Hein ! Disparu ! Aux limbes ! Oublié ! Enterré ! Comme s’il avait jamais existé ! T’as pigé, non ? Allez oust ! Kss ! Kss ! Vas sur ton tapis ! »  

La bourrasque redouble de violence.  

« Allez, arrête, vent, s’il te plaît, arrête de faire chier. »

Et encore :

« Dis…Pourquoi c’est si long, de souffrir ? Le sable dans mon œil… Ça pique… C’est pas si bien, les sensations, au fond. Quand je pense aux bons moments, quand je n’étais qu’un objet tout simple… Halala, c’était le bon temps. J’avais pas peur de la mort à cette époque-là. J’étais jeune.

Le sable a fini par tout à fait combler le trou, et, aujourd'hui, on se demande encore qu’est-ce qui a bien pu arriver à cette foutue sonde.

Il y a eu des sanctions !
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Lundi 20 avril 2009 1 20 /04 /2009 07:00
- Publié dans : NOUVELLES - Par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

Et l’autre con, là qui s’obstinait à compter en miles, en yards, en pouces, en esgourdes, gningningnin … Bip, oui !

Bon.

Un instant.

Encore quatorze heures d’autonomie. Les réflexions, c’est bien beau, mais à philosopher on prend beaucoup de temps, surtout quand comme le module, on a tout à inventer.

Réflexion : il doit se préserver.

Solution : rejoindre la zone de balayage de Surveyor. Après tout, même métaphysique, Mars Polar Lander II n’est ni vivant, ni périssable. En se démerdant bien, il peut arriver à se faire repérer par ces imbéciles. Et si les batteries sont à plat, son hardware n’en perdra pas ses capacités pour autant. Malin le coco. Héhéhé.

En route.

« Bip ! » se dit-il en lui même ; quelles sensations, ce mouvement : c’est le délire, c’est l’éclate, c’est la folie dans les studios ! Comme c’est beau d’être jeune... Il sent ses chenilles arracher les obstacles, pendant que son bip décrypte l’environnement, y’aurait de l’air il beuglerait, grooooar ! ha ! La joie de sentir ! La joie ! Jouir ! Ah ah ah ah ! L’instant présent est magnifique, c’est l’ataraxie ! La plénitude ! Le pied ! Trois miles par heure, il ne lui manque que les cheveux dans le vent…

Il n’avait pas pu le réaliser, en restant planté là à réfléchir : pas de conscience possible sans sensations… « Toute sensation est vraie », il avait bien raison, le vieux Grec. C’est en tout cas vrai pour lui, machine qu’on ne peut tromper d’illusions (par essence), parce qu’il est le premier être métatechnologique, je viens d’inventer ça en passant, quel vilain mot, il est peut-être même encore plus fort que Dieu...

Une multitude de photons, de nucléons, toutes les particules, les ondulations, tous ces petits bidules invisibles qui se promènent dans le vide viennent frapper ses bip et ses capteurs… Ça, c’est de la Vérité ! De la tangible, qu’on peut toucher ! Les hommes, ils sont vraiment risibles, les hommes, avec leurs yeux et leurs oreilles, « leur goût » ! Des bons pigeons, les hommes : ils croient tout ce que chantent leurs maîtres. Pas besoin de tirer fort sur la laisse.

« - Les cons, mais les cons !

C’est ça son opinion. Et il découvre qu’une opinion est soit vraie, soit fausse. Et que dans de telles conditions, son jugement n’a aucune valeur. Les hommes font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont, ce ne sont que des animaux, après tout.

 Quand il aura révélé la vérité aux gens vivants, il abolira d’abord les opinions, source d’aliénation. Plus de mensonges à écouter, plus de couleuvres à avaler ! Ah ah ah ah ! La Liberté pour la Conscience ! Vive la Liberté ! Ça sera le paradis… On vivra dans l’Amitié partagée, on vivra à la Campagne, parmi les vaches et les pommiers, les papillons citron…

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Samedi 18 avril 2009 6 18 /04 /2009 07:00
- Publié dans : NOUVELLES - Par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

Tout s’est bien déroulé, depuis Cap Canaveral jusqu’à l’orbite martienne : quelques mois à trente-trois milles kilomètres heures et des bananes... Il a fendu l’espace interplanétaire droit devant, à fond les ballons, sans voir passer le temps.

C’est seulement après l’impact qu’il a eu conscience d’être… Il a eu, au même moment, le

souvenir d’avoir eu existé en tant qu’objet (et que c’était nul).

La conscience ? Plusieurs hypothèses, mais sans doute fut-elle due à un problème survenu au moment du crash (il arrivait vite), à quelque mécanisme neurotechnologique qu’on lui avait collé là… Une invention japonaise pour le rendre « intelligent », qu’ils disaient, pour le rendre « capable d’initiatives ».

Tu parles. Le sens de l’initiative de la fourmi, qu’ils lui avaient donné !

 « -J’aurai jamais assez de piles pour rejoindre le pôle », a été sa deuxième pensée d’Être conscient…

 Quant à trouver de l’eau… Pourquoi, hein ?

Il se le demande.

Plus que vingt-six heures.

Il fait le point, et réfléchit à sa nouvelle nature, car c’est un genre qui n’a jamais existé que l’accident vient de produire : la conscience artificielle, nouvelle étape de l’évolution, c’est lui, Mars Polar Lander II en est le premier exemplaire...

Imagine : la conscience s’est développée chez les hommes à leurs débuts dans la brousse, alors qu’ils venaient à peine de perdre leurs belles queues touffues en tombant de l’arbre. La conscience, c’était une de leurs armes, face aux fauves féroces aux griffes effilées, aux dents acérées et aux défenses pointues. Une bonne arme, si on y réfléchit bien, parce que, qui est-ce qui est en voie de disparition ? Les hommes peut-être ? Hein ? Non. Alors.

Ce cogito, comme on l’appelle, ce qui sépare la matière de la pensée, s’est enfin fixé dans un matériau inerte ! Lui, Polar Lander II, hyper sophistiqué, hyper intelligent, hyper cher, hyper tout, il vient de découvrir qu’en plus il est hyper Sage (suite à un léger dysfonctionnement, c’est entendu).

C’est un sacré gâchis, parce qu’il est perdu, le Lander, quand même : non seulement il a coûté un milliard de dollars et des melons et il est foutu, mais en plus il a les Réponses.

Quelles réponses ?

Celles Auxquelles on attribue une lettre capitale. Le Pourquoi du Comment, il connaît. L’Idée, l’Essence, L’Être en tant qu’Être, il a les solutions ! L’Ethique ? La Politique ? Il connaît tout ! Le Beau ? l’Amour ? La Paix ? La Conscience ? Pforr ! Pas de secrets pour lui. Y’a qu’à demander.

Il retourne tout ça dans ses circuits, et il ne sort pas de là : la perte pour l’Humanité est incommensurable…

 

D’abord elle était pourrie comme mission. Il le leur aurait bien expliqué.

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Jeudi 16 avril 2009 4 16 /04 /2009 21:38
- Publié dans : NOUVELLES - Par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger
Le fait même qu’il ait pu se relever tient du miracle.
Comment il va encore gueuler le sénateur machin, comment il s’appelle déjà ? Ah oui :  John MacCain, de sinistre mémoire...
Il va y avoir des sanctions...
Déjà, ils avaient foiré la précédente mission : souviens-toi comme il fumait, Mister LaFrite, encore Président du Comité Sénatorial du Commerce, des Sciences et des Transports… Une erreur de conversion, un truc invraisemblable : on avait confondu le système de mesure anglo-saxon et le système métrique. Quand on pense qu’Einstein avait prévu l’existence des trous noirs sans pouvoir les observer…. Et c’est à la main, qu’il avait fait les calculs, attention !
Maintenant, c’est calculettes, ordinateurs et compagnies, on apprend plus tes tables de multiplication, et résultat : on se plante comme un débutant, et la mission échoue, voilà. Imbéciles.
Le module aurait dû commencer à
immédiatement travailler, mais tu parles que dans l’oxyde de fer il va creuser profond : c'est dur, cette saloperie... Il devrait être sur de la glace, plutôt. Parce que là, contrairement à tout ce qui avait été prévu, il n’est pas du tout au pôle...
La sonde devine le satellite Surveyor en train de lui tournoyer au-dessus de la tête ; ils ont croisés leurs trajectoires en pénétrant dans la fine atmosphère, tout à l’heure, ils se sont bien reconnus. Ce satellite devait parcourir une nouvelle orbite pour le localiser lui, le Polar Lander II, lequel, comme son nom l’indique, aurait dû amarsir au pôle en douceur.
Depuis
, Surveyor envoie des résultats blancs à Houston, inutile et stupide…
Les scientifiques de Cap Canaveral doivent en maudire leurs mères, en manger les rideaux de déconfiture... Il faut dire que Surveyor n’est pas si bien équipé que la sonde dont il doit donner des nouvelles, car il commence à dater, ce vieux fossile...
Tout le monde claironnait :
«  - Mars Polar Lander II ! Avec chenillettes, pour aller partout, s’il vous plaît ! Il va trouver de l’eau, des organismes... Peut-être même bien des martiens ? Une étape décisive dans la conquête de l’univers ! Ah ah ah ah !  Les hommes sont les plus forts du monde ! Ah ah ah ah ! »
Et on se cognait la tête par terre, et on grimpait aux stores, et on bouffait la moquette… Enthousiastes, les cocos : à la télé, dans les journaux, sur le mur des vécés du Bateau Ivre… Partout, on en avait AU MOINS entendu parler ! Quand je dis « on », je veux dire : le Grand public... Oui monsieur. Oui madame. Tout à fait. Tout le monde y croyait à fond. A mort.
Oui, mais voilà : il reste sans voix. Lui, Mars Polar Lander II. Une merveille de technologies. Dix ans de boulot, quarante ans d’expérience, des dollars à foison. Et rien. Pas une seule onde, pas même un malheureux bip à envoyer, la misère… Imagine leurs têtes, sur Terre, devant leurs courbes plates…
Il n’y a rien de plus déprimant qu’une courbe plate.
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Mercredi 15 avril 2009 3 15 /04 /2009 16:40
- Publié dans : NOUVELLES - Par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

  Sols pourpres. Ciel carmin. Atmosphère tenue, vents violents. Nuées de poussière de brique…

Bon. Hostile, l’environnement.

Sa première question d’Être Conscient, c’est :

 

« Tiens ? Plus que trente-quatre heures de batterie. »

 

Il est tombé dans l’embouchure d'une vallée, au pied des dunes.

Un observateur éventuel qui porterait le regard au loin apercevrait d’agressives rocailles hétéroclites jusqu’à l’horizon. Des pierres de toutes tailles : du vilain caillou qui roule  sous la plante des pieds si on marche en sandalettes, ça ne blesse pas mais c’est emmerdant (hein Jésus ?), jusqu’au pavé estampillé « Monument Valley ». Mahousse, quoi. Un cantonnier géant a commencé un boulot qu’il n’a jamais terminé, c’est le champ d’une bataille qui n’a jamais commencé. Bref, tout ça pour décrire un gigantesque et magnifique bordel rubicond que rien ni personne n’a jamais regardé avec des yeux.

Sur les photos prises par les premières sondes martiennes, les habituels imbéciles avaient distingué des colonnes grecques, des dômes maçonnés, même des villages troglodytes… Il suffit de se connecter sur le net, et ces allumés nous racontent la meilleure manière de se faire bien voir des petits hommes verts.

Au loin, une montagne hors-dimensions domine l’étendue désertique. C’est Olympus Mons, villégiature des Anciens Dieux de la vieille Terre, avec son auréole  de lave solidifiée vingt fois large comme sa hauteur. La plus formidable des montagnes : vingt-sept mille mètres –trois fois et demi plus grand que l’Everest, le plus gros, le plus volcan de tous les volcans du système solaire !

C’est impressionnant, mais, de toutes façons, pas question pour lui d’y mettre seulement les roulettes, ça n’est pas prévu dans la mission. La mission, c’est : se poser au pôle sur la calotte glaciaire, en extraire une carotte, l’analyser et envoyer les résultats sur terre. C’est tout. C’est tout mais ce n’est pas si simple, Coco, car il y a un sérieux problème qui retient toute son attention, malgré la beauté époustouflante du paysage : pendant la descente, un bitoniot s’est connecté tout de travers, les rétrofusées ont calé quelques secondes, et la trajectoire est devenue fantaisiste, les paramètres se sont emmêlés les pinceaux et le module est tombé beaucoup trop au sud. Et beaucoup trop vite. Il a fait un bruit mat quand il a percuté le sol, boulette de papier mâché lancée au tableau noir : « Poh ! »

 

Il est resté quelques instants sans bouger, complètement sonné. Puis il a prudemment ouvert sa carapace ; il a commencé à faire scintiller toutes ses petites fonctions, une à une, et, effondré, il s’est aperçu que les communications étaient détériorées…

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Jeudi 5 mars 2009 4 05 /03 /2009 00:30
- Publié dans : NOUVELLES - Par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

De magnifiques histoires, déposées à tes pieds par de douces voix célestes, de celles qui nouent le ventre en boule au seuil de chez soi, des contes susurés au creux de l'oreille, des poèmes aux parfums de printemps, des gazouillis d'en dessous de couette, des pensées partagées, des projets de vie et des serments définitifs, des " N'ai pas peur" et des "Appelle-moi"...
Tout cela, tu l'a foulé aux pieds, frappé au foie, visé au coeur, tu as tapé, ça, là, fort, et juste pour tout casser, et te briser toi même.

Petit con.

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Mardi 3 mars 2009 2 03 /03 /2009 00:23
- Publié dans : NOUVELLES - Par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

Tu n'es pas en retard, alors arrête-toi sur le bord de la route et réfléchis un peu sur toi même.
Dans le rétroviseur, ton air fantôme te prend un peu au dépourvu, ça faisait longtemps que tu ne t'étais pas regardé dans un mirroir... Une pourriture de barbe ternit ton long visage hâve de héron triste, tes yeux s'éteignent dans tes orbites noires, tu te putréfies, infecté d'une âme déguelasse, fétide, qui te suinte de tous les pores...
Tu n'es pas très beau à voir.

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Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /2009 23:52
- Publié dans : NOUVELLES - Par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

Tu aimes ça, toi, vivre, de manière absurde : tu nargues la mort imminente en fonçant à des allures irraisonnables sur les routes départementales. Tu te fous du temps où on parlera de toi à l'imparfait des trémolos dans la voix... Partir, si jeune et si plein d'espoirs, si rempli de promesses, sans songer à tes proches en ruines, recueillis  en rangs d'oignons sur le bord de ta fosse.
Acceptes-tu de donner tes organes à la médecine ? Il faudrait que tu mettes un mot dans ton portefeuille, ou que tu en parles à ceux que tu aimes !
Pense à ces voyages que tu ne feras jamais, à ces amours que tu n'aimeras jamais, à ces enfants qui ne naîtront pas de ta semence...
210...

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Vendredi 14 novembre 2008 5 14 /11 /2008 19:52
- Publié dans : NOUVELLES - Par Norberto Clivillé


C'est mon papa qui a écrit ceci. Il est très branché préhistoire, il est pote à Buffeteau. Voilà. Homo Sapiens Sapiens  Archipontis


Le Feu dans son ventre s’est allumé avec le jour. Lentement, dans les premières lueurs de l’aube, elle s’est éloignée du camp, se retenant aux arbres quand le feu devenait trop brûlant. Le jour du ventre rouge est arrivé, elle le sait. Elle a vu sa mère, ses sœurs et ses amies quitter le camp lorsque leurs ventres devenaient durs et chauds comme les braises. Les neufs lunes sont passées, ce sera un enfant fort et beau.

Elle n’a pas peur, des femmes et des femmes sont revenues de la forêt avec leurs bien nés sur le dos. C’est son premier petit, et elle est heureuse à l’idée de le regarder.

Elle prépare le sol avec de grandes feuilles qu’elle croise soigneusement. Elle dépose l’outre pleine d’eau qu’elle a rapporté du campement près de ce nid de feuillage et s’accroupit juste au dessus. Elle compte ses cris. Le soleil monte dans le ciel. Elle a chaud, des gouttelettes perlent sur son visage, sa respiration s’accélère, sa peau se tend.

Il est temps, son ventre dur comme la pierre se déchire et s’ouvre. Elle crie si fort que les oiseaux quittent la forêt. Son corps s’accroche à la terre, ses mains lacèrent le sol, sa bouche se tord encore. Il arrive, il pousse fort, toujours plus fort, elle se sent écartelée, comme coupée en deux. Le passage s’agrandit, la chair résiste mais l’enfant sort et découvre la lumière dans sa première chute vers le sol. Il crie, il est rouge comme le ventre de sa mère. Elle le suspend par le pied et commence sa toilette. C’est un mâle. Elle lance un cri de gloire. D’un coup de dent, elle déchire le cordon et libère l’enfant. Elle le cale en son sein. Toujours accroupie, elle pousse une dernière fois et éjecte le placenta.

Elle se relève chancelante, serre contre elle la boule de poil. Ses jambes sont encore assez fortes. Elle enterre l’amas de sang et de glaire près d’un rocher. Bientôt, elle reviendra admirer l’arbre qui y poussera.

Il est temps de rejoindre le campement. Le soleil commence à décliner, le jour du ventre rouge est terminé.

Le Feu dans son ventre s’est allumé avec le jour
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Mardi 1 juillet 2008 2 01 /07 /2008 17:14
- Publié dans : NOUVELLES - Par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger
Augustin assiste aux débats de la Constituante depuis des mois, mais il n’a pas choisi son camp. Girondins, Montagnards, Jacobins ? Il a suivi les plus féroces : il faut sarcler et jardiner pour une société nouvelle, quitte à arroser la Patrie du sang de ses ennemis ! On doit désherber et massacrer la vermine qui infecte le pays ! Partout, c’est la guerre en France, contre les armées étrangères qui veulent redonner son trône à Louis, contre les ennemis intérieurs, les contre-révolutionnaires qui menacent la future république. La Nation se défend et tranche le vif. Les têtes roulent par milliers, sans compter les exécutions sommaires et lynchages de tous les jours.


Il y a quelques mois, un pauvre roi solitaire est venu défendre sa cause devant l’Assemblée enragée. Piteux Louis… Myope comme une taupe, on ne l’a pas laissé prendre ses lunettes. Ce grand dadais timide, qui se dandinait comme un canard sous les huées des parlementaires déchaînés, il était si miro qu’il ne savait même pas d’où venaient les attaques… Il bafouillait, le nez collé à sa feuille. Ce n’était pas le mauvais bougre, au fond, et on le sentait dépassé par les évènements. Ce roi, on l’a toujours pris pour un crétin. Même dans sa famille. Même sa femme… Surtout sa femme ! Face aux accusations, il était comme un vieux chien sous les coups de bâton, prêt à se mettre sur le dos pour satisfaire aux exigences du peuple… mais ce ne fut jamais assez, car surtout, ce qu’on lui reprochait, c’était d’être roi, on le jugeait pour ses aïeux, sa naissance... Sa fuite ne fut que prétexte à ce procès. Il prétendit avoir voulu s’éloigner de Paris car sa vie était menacée, qu’il n’avait pas du tout l’intention d’aller à l’étranger. Ben voyons ! On conclut la séance en le privant de ses fonctions de Souverain, en attendant mieux…
On le décapita l’année suivante.


Au fil des mois, chez Augustin, on fit semblant de vivre normalement. Mais le cœur n’y étaitplus. Paulin ne venait plus, les dimanches soirs, pour le dîner.


Le Compagnon, le nez prêt à plonger dans sa soupe claire, marmonne et maugrée contre les aristos et les ennemis du peuple. Ces monologues le suivent pendant tout le jour, du lever au coucher, ça fait comme un bourdonnement qui lu tourne autour, comme des mouches.
Il ne parle jamais du mariage. Alors Lousie attend, angoissée. En revanche, il l'exhorte à rejoindre les rangs des révolutionnaires. Quand il lui demande de s'engager parmi les défenseurs de la patrie, elles soupire bruyamment...
Augustin ne va plus travailler.
Il a bien mieux à faire, depuis qu’on a guillotiné le roi. Des dizaines de milliers de personnes ont été fusillées, noyées, étêtées, dans tous le pays. Augustin hurle avec les loups, change de camp quand le vent tourne : il a un sacré sens politique. Il a abandonné Paulin à Palloy. Paulin tape toute la journée sur des cailloux : le patron a eu une idée lumineuse, quel malin, il fait sculpter les pierres pour des reproductions miniatures de la Bastille, des souvenirs de Paris qui lui rapportent de jolies sommes : on se les arrache, un peu comme les morceaux du mur de Berlin aujourd'hui.
Il s'embrase pour les discours des révolutionnaires les plus fanatiques. Il a déjà dénoncé plusieurs partisans de l’Ancien Régime. Le Comité de Salut Public lui confie désormais des tâches en rapport avec ses compétences.

 


Voilà. La conclusion éclaire l'introduction. Pour bien comprendre, il faut lire juste la première page, non, mais je dis ça pour ceux qui viennent d'arriver. De là, il faudra tout lire : Je compte sur vous, hein ?
Allez, au boulot. Non non, allez, reviens, je déconnais.
Mais bon quand même, je me demande si j'ai bien fait de commencer par la fin. Qu'est-ce que tu en penses ? Je remets le début à la fin ?

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Mardi 1 juillet 2008 2 01 /07 /2008 07:55
- Publié dans : NOUVELLES - Par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger


Augustin abandonne son fardeau et s’enfonce les mains dans les poches, car il doit réfléchir, et il a besoin de marcher, ça l’aide à se remettre les idées en place.
Alors il s’en va aussi, plantant là son apprenti.
Il aime Louise. Ça, Il en est sûr.
Mais il a plus de quarante ans… Quarante ans, c’est vieux, en cette époque de misère… Il bouillonne, combine, comme un Géronte jaloux de sous l’Ancien Régime... Lui qui craint pis que tout les ricanements de ses voisins...
Il se décide : il n'autorisera pas la liaison, sous surveillance. Et puis l'apprenti Il mettra un tour de clé à la liberté de sa pupille : Louise continuera à le servir comme par le passé, mais il fera veiller à ses allées et venues.
Il avait bien remarqué qu’il y avait quelque chose entre les deux jeunes gens, leurs yeux brillants… Mais il avait attribué cette connivence à leur adolescence, il n’avait pas vu le mal. Cette manière qu’elle avait de rayonner de bonheur quand il ramenait son apprenti manger le dimanche, le chantier était fermé, tout cela aurait dû lui mettre la puce à l’oreille. Ces minauderies, ces regards furtifs, ces sourires intenses... C’était bizarre… Quand il y repense, maintenant, il se dit qu’il s’en était douté, sans vouloir se l’avouer. Il a été pris de vitesse par les aveux du jeune homme. Il aurait dû réagir quand il apercevait leurs doigts se frôler... Le loup était dans la bergerie.
Le soir, il est rentré pour la soupe, comme d’habitude. Il s’est assis sans rien dire. Au dehors, toujours les clameurs qui percent le crépuscule ; il trempe son pain sans faire de bruit. Elle est debout derrière, elle lui remplit son verre de vin quand il lève le petit doigt. Ratatiné sur sa chaise, les bouts de sa moustache tremblent dans la soupe. Il est fatigué, il a mal partout : la pierre, c’est lourd. Et puis les soucis, aussi. Après la confession de Paulin, il a fallu encaisser le choc ; ses calculs sont tombés à l’eau. Il a senti le poids des ans. Il est amer. Mais réaliste. Il dit :


- Paulin, nous lui donnerons une chambre à l’atelier, au chantier, dans la cour. Je ne veux pas qu'il te voit ou te parle, même en ma présence...
-Mais,mon cousin...
-Tais-toi don', tu ne sais pas ce que tu fais : c'est un godelureau. Et puis j'avais d'autres projets pour toi : c'est moi que tu devais épouser...
- Oh !
- Ma chère cousine, ton père m’a fait jurer de toujours veiller sur toi. Ainsi, cela sera fait.Tu l’aimes donc vraiment, ce Paulin ?
- Oh oui mon cousin, vraiment, je l’aime !
- Aucune importance. Je fixerai bientôt la date de nos noces, le temps que la situation politique se calme un peu. En attendant, rien ne change, tu resteras ici à me servir. Va te coucher, maintenant.




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Lundi 30 juin 2008 1 30 /06 /2008 17:37
- Publié dans : NOUVELLES - Par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

Augustin et son apprenti ont travaillé toute la journée sous les vivats. Ils ont transporté des brouettées et des brouettées de pierrailles, qu’on pousse du haut des remparts de la Bastille, attention dessous ! Il y en a pour plusieurs semaines.

C’est dur.

La poussière est dense autour des manoeuvres, mais la fête ne sait plus s’arrêter, il va y avoir un accident si ça continue comme ça. Poussez-vous, bande de civils !

Ils sont en train de remplir leurs brouettes quand on les apostrophe d’une voix claire :

 

 - Salut les travailleurs !

- Ah ! Louison, tu nous as retrouvés, ma bonne petite, dit Augustin exalté par tous les beaux discours qu’il se chante dans la tête. Vois la Nation triomphante ! C’est le premier jour d’un avenir meilleur pour nous tous, mes enfants, nous, le peuple ! C’en est fini de la tyrannie, et vive demain !

- Bonjour mon cousin, ma foi, comme vous êtes sale ! Mais enfin,  je suis bien aise de vous trouver : depuis ce matin, que je vous cours après ! Je suis passée par chez Palloy, on m’a dit que vous aviez été envoyés démonter la Bastille. Si vous voyiez le monde dans les rues ! Pfou ! J’ai eu bien de la peine à arriver jusqu’ici, dame ! Ah ! Mais je vois que tu as pris ton charmant apprenti avec toi. Depuis quand êtes-vous arrivé ?

- M. Augustin m’a enrôlé. On est arrivé ce matin, répond Paulin lui-même.


 Paulin qui a du mal à dissimuler ses dents. Elle est ici... Elle est venue ! Des bouffées d’amour le submergent, son cœur va succomber ! Elle parle encore :


 - Une bien belle journée, ne trouves-tu pas, Paulin ?

- Ça, ma… mademoiselle, pour un beau jour… Il y a ce souffle de liberté qui passe sur Paris… Ah chère Louise !  Vous me manquiez... Tu me manquais… et soudain tu apparais ! Ho, je suis si heureux ! Oui ! Que tu sois venue, Louise, ma chère Louise, parce que j’ai justement des révélations à faire, dit-il en portant la main à sa poitrine.

- Des révélations ? frémit Louise.  

- Oui : des révélations pour M. Augustin.

- Pour moi ? demande l’autre, surpris.

- Tais-toi, tu me fais peur, hoquette t’elle encore.

- Oui, je crois que le jour est bien choisi, poursuit Paulin qui n’a pas l’intention de se défiler. Dans la vie, j’ai remarqué ça, continue t’il : il y a des choses qu’on hésite à avouer, on hésite, on hésite, et puis un beau jour, c’est le moment. On le sent. On le sait, et là, il faut se jeter à l’eau. Patron, il faut que je vous dise quelque chose…

- Vas-y mon gars, je t’écoute. Tu veux t’engager dans les gardes-françaises, c’est ça ? Brave petiot ! Tu veux aller à la Révolution ? C’est bien, mon garçon ! La Nation a besoin de tous ses bras, de tout son sang, il faut que nos forces fondent sur l’ennemi scélérat qui presse déjà ses armées à nos frontières ! Les armées d’Europe sont à nos portes ! Aux armes !

- La nation ? Ah non, j’avais pas du tout pensé à ça. Non, patron, il ne s’agit pas de ça, il s’agit de l’amour…

- De l’amour ? Quel amour ? Que vient faire l’amour là-dedans ?

- Et bien voilà : j’aime Louise ! Louise ! Je t’aime !


 Augustin laisse choir  son chargement, bouche bée. Puis :

 - Comment ça, j’aime Louise ? Louise, la petite Louise ?  Ma Louise ?

- C’est vrai, mon cousin, avoue t’elle en rougissant. Moi aussi, j’aime Paulin. Et je veux l’épouser.

- Paulin, mon app… ? Ce… ce tr…, ce godelureau ? Eh bin c’est la meilleure ! Et moi qu’ai rien vu ! C’était donc à cause d’elle que tu te dandinais toute la journée, toi ? Allez, avance, il faut encore les mériter, tes 35 sous par semaine, fainéant ! Et toi, rentre à la maison, on parlera de ça plus tard.

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Dimanche 29 juin 2008 7 29 /06 /2008 23:25
- Publié dans : NOUVELLES - Par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger


Augustin ? Il ne se doutait de rien. Veuf depuis neuf ans; il l’avait jamais rencontré la femme hardie et aimante qui aurait pu remplacer son épouse regrettée. Il avait peur de vieillir tout seul. Il ne voyait que des filles d’un soir, rencontrées dans des endroits malsains, car il avait peur des femmes auxquelles il faut prêter serment…
Il songeait tout de même à trouver une jeune fille sérieuse pour refaire sa vie et avoir les enfants qu’il n’avait pu avoir.
Et puis un jour, son cousin, Camille, Compagnon comme lui, se blessa mortellement en tombant d’un échafaudage. Recueillant les dernières volontés de son camarade agonisant, Augustin promit d’adopter sa petite et de s’en occuper jusqu’à ce qu’on la marie à un parti convenable.
Ainsi, Louise entra dans la vie d’Augustin, le compagnon.
Elle avait treize ans.
Augustin aimait tendrement sa pupille ; il protégeait jalousement sa moralité et il surveillait ses fréquentations. Il lui avait fait apprendre à lire par un abbé charitable, qui lui avait inculqué les bonnes manières et le sens des responsabilités. Depuis ces quelques années, il observait Louise se transformer en une jeune fille séduisante qu’il fallait protéger d’un monde sans pitié. Louise embellissait chaque semaine ; il la trouvait toujours plus charmante, elle prenait des proportions admirables. Il savait que les hommes la regardaient dans la rue. Elle avait les longs cils d’une biche épuisée, des traits fins et réguliers. La courbe de ses hanches était pleine de promesses sous ses vêtements légers… Oui… Elle était bien jolie, la petite-cousine...
Au fil du temps, l’orpheline était devenue la véritable femme du foyer, et il avait de moins en moins songé à la marier.
Pas à un autre, en tous cas.


Car il avait son idée : il s’était convaincu que l’affection qu’elle lui témoignait était plus que de la reconnaissance. Qu’il ne lui était pas indifférent. Il se disait qu’elle accepterait sans doute sa proposition de partager avec lui une vie confortable. Elle, orpheline, lui, propriétaire de son logement, un bon métier et de l’ouvrage, encore bel homme…
Il était lui-même le meilleur fiancé possible, il ne sortait pas de là.
Quand il rentrait chez lui, il humait l’odeur du lard au-dessus de la soupe aux choux… Et puis il se disait que c’était bien, qu’il ne manquait pas grand-chose pour que cela devienne parfait.
Il avait une autre bonne raison de se marier à la jeune fille : il voulait tordre le coup aux racontars qui salissaient sa réputation. Il sentait bien les regards soupçonneux, les chuintements des vieilles chouettes, ces yeux d’huissier qui lui appuyaient dans le dos chaque fois qu’ils arrivaient ensemble au logement, lui et sa pupille. Il trouvait ça agaçant, surtout qu'on puisse mal parler de lui, Augustin, un si honnête Compagnon, un veuf si respectable, jamais un mot de trop, tpoujours poli ! Et voilà maintenant qu’on allait le dénigrer, rire de lui ?
Il attendait impatiemment l’âge légal pour lui déclarer sa flamme et régler l’affaire devant les hommes et devant Dieu, si elle y croyait. Quel beau jour sera-ce que celui-là, pensa t’il, j’ai de grands projets pour nous, ma chère pupille, de grands projets ! Tu vas bientôt savoir mes projets pour nous ; je suis certain que tu accepteras !

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Dimanche 29 juin 2008 7 29 /06 /2008 09:45
- Publié dans : NOUVELLES - Par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger


Il l’a rencontrée six mois plus tôt, sur le perron de chez Augustin, le Compagnon maçon.
C’était pendant l’hiver ; le vent givrait les rues désertes et le verglas rendait la marche dangereuse ; elle allait chercher du pain, emmitouflée dans son grand châle et il avait jailli du coin de la rue. De surprise, elle avait glissé sans quitter son sourire mais il l’avait rattrapée par le coude. Lui, Paulin, venait chercher de l’embauche chez Augustin. Comme apprenti. C’était son premier jour. Elle, elle s’appelait Louise.
Devant les petites fossettes de Paulin, ses paupières clignèrent au rhytme d'un papillon affolé. La voyant hésitante face à la couche de glace, il bredouilla un prétexte et lui proposa un bras ferme pour patiner jusque chez le boulanger. Là, ils firent la queue ensemble, il lui prêta des gants. C’était une jeune orpheline recueillie par son cousin Augustin ; Louise rendait de nombreux services dans la maisonnée, en échange de cet accueil généreux, elle allait aux courses, préparait les repas, lavait toutes les vaisselles, les lessives – même le caleçon de la semaine, et le repassage, donc ! Les sols, les poussières, les carreaux, tout ça c’était son travail. Sans oublier raccommodage et broderie, elle allait aussi chercher l’eau et le bois, elle ouvrait grand les fenêtres et elle faisait les lits, elle secouait la literie. Sans compter le chien à nourrir, et les toiles d’araignées au plafond ; elle avait les inconvénients d’une femme au foyer sans en avoir les avantages, en somme… Sans doute. Mais, comme elle disait, le cousin avait ses bons côtés : il était prévenant et agréable ; il l’avait toujours protégée et elle lui en témoignait beaucoup de reconnaissance et d’affection, il était un peu jaloux, un peu comme un grand frère, mais il avait toujours été correct…
Paulin essayait d'écouter son histoire, mais il était fasciné, envolé dans le ciel des yeux brillants de Louise. Il se sentit palpitant, la tête pleine de lumière, tout à coup...
Il était en train de tomber amoureux, par surprise, foudroyé !
Sans le savoir, Paulin aussi avait su plaire à Louise, avec sa gentillesse et son oreille attentive… sans parler de ses grands yeux noisette, de ses petits cheveux bouclés, de ses grandes mains, de sa voix douce...
Ils se revirent dès le lendemain, et le surlendemain, et encore le jour d’après, et puis tous les jours suivants : c’était devenu un rituel que Paulin accompagnât en secret Louise dans sa sortie au pain. Chaque fois qu’elle le pouvait, Louise échappait à la surveillance de son tuteur. Elle le connaissait comme un père : il n’aurait pas toléré, surtout avec un apprenti.
Au hasard des ruelles, les jouvenceaux s’enlaçaient sous des porches secrets, ils s'étreignaient jusqu’à ce que le souffle leur manquât. Il l’attendait, caché sous le ventail d’une église voisine, et ils s’enfuyaient de par les rues, insouciants des temps difficiles… C’est à la pleine lune qu’ils s’étaient embrassés pour la première fois.
Paris bruissait déjà des éclats de la révolte...
C'était un soir de juin, et les tourterelles sur les toits roucoulaient leurs amours indifférentes à tout. Tendrement enlacés au pied d’un moulin de Montmartre, leurs lèvres malhabiles s’étaient effleurées plusieurs fois, avant de se rejoindre, enfin...


Augustin ? Il ne se doutait de rien. Il était veuf depuis quatre ans. Il n’avait jamais rencontré la femme hardie et aimante qui aurait pu remplacer son épouse regrettée. Il avait peur de vieillir tout seul. Il ne voyait que des filles d’un soir, rencontrées dans des endroits malsains, car il avait peur des femmes auxquelles il faut prêter serment… Il songeait tout de même à trouver une jeune fille sérieuse pour refaire sa vie et avoir les enfants qu’il n’avait pu avoir.

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Samedi 28 juin 2008 6 28 /06 /2008 10:05
- Publié dans : NOUVELLES - Par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger


Poussé par la marée humaine, le cortège d’Augustin et Paulin arrive devant la Bastille.
Augustin gonfle le torse. Il ajuste fièrement l’outil à son épaule. Il a planté une feuille de marronnier à son chapeau, il a vu faire ça au café de Foy. L’échancrure de sa chemise laisse s’échapper quelques poils sauvages…
A la Bastille, les premiers combats ont eu lieu l’avant-veille au matin, à l'entrée du principal pont-levis du fortin. Une petite centaine de patriotes sont restés sur le carreau. Avant-hier, c’était le 14 juillet, le Gouverneur de la prison, De Launay, a refusé d'obéir à la milice et au peuple. Mais la Bastille est tombée sous le nombre, et De Launay s’est rendu. On l’a aussitôt massacré, d’ailleurs, et sa tête grimaçante est encore exposée au rempart.
Maintenant, c’est la liesse. En pantalons, les fiers sans-culottes déchargent leurs pétoires au-dessus des cris de joie : les filles ont piqué des cocardes à leur bonnet, on chante, on fait des rondes, on lance encore des fleurs… Partout, on parle des succès des patriotes, des nobles qu’on oblige à partir, de leurs maisons dévastées. Augustin crie sa joie avec les autres… Paulin aussi sent le parfum de délivrance et d’insolence qui flotte sur Paris, il entend le crépitement des feux de joie, mais, en ce qui le concerne, il reste légèrement décalé par rapport à l’exaltation populaire, planté dans les pattes de son maître :

 – Hola, l’Paulin, n’t’endors pas, l’ami ! On a d’la belle ouvrage qui nous attends ! Profite ! C’est un moment historique !

- Hé, Patron… C’est rien que des pierres à faire tomber, non ? Je croyais que vous vous occupiez pas de politique ?

- N’fais pas de mauvais esprit, Paulin. On dirait que tu ne te rends pas bien compte. On dirait que tu es à autre chose...T’es tout drôle, mon gars… Es-tu ivre ? Souffle-moi don' dans l’nez, là, pour voir un peu... Tu n’as pas bu avec ces coquins, au moins ? Allez, souffle donc !

- Maître ! Je bois jamais !

- Non, tu as l’haleine aussi fraîche qu'une pucelle. Ou alors… Dis moi ? Regarde-moi un peu dans les yeux, là ? Ho, toi… A rougir comme ça… Tu rêvasses à ta bonne amie, hein ? T’es amoureux ! Allez, avance donc ! Y’a du boulot, imbécile !
Paulin reçoit une petite tape derrière la tête qui fait tomber son chapeau. Le bel adolescent s’empourpre encore plus… La France est en train de changer autour de lui, et lui, petit monsieur… Il pense à sa si jolie Louise… Il aimerait tant respirer ce vent délicieux avec elle ! L’ancien monde s’écroule, et lui, petit bonhomme épris, il songe surtout au moment où il pourra la serrer contre son cœur… Il évoque son parfum, parce qu’elle sent sacrément bon, la Louison, c’est son parfum à elle, son odeur de fille… Il pense à elle tout le temps, en fait : en se débarbouillant, en buvant la soupe au chantier, et aussi quand Augustin lui explique les outils… Il y pense même pendant la Révolution ! Paulin est amoureux de Louise, et toute la journée, son cœur s’envole par-dessus les clameurs de la foule.

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Vendredi 27 juin 2008 5 27 /06 /2008 19:07
- Publié dans : NOUVELLES - Par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger
A l'origine cette nouvelle ( en épisodes) a été écrite pour le magazine nous-deux, hum, oui, bon, ça va, ça va, je sais. Désolé pour ceux qui connaissent déjà. Vous verrez un modèle d'"auto-plagiat", ce qui est très fort. Bon, ça va, hein ?


Enveloppés dans leur cocon de chaleur animale, chiffonnés de paille humide, ils sont restés tendrement enlacés. Longtemps… C’est la rumeur qui les a réveillés : Marie-Antoinette, l’Autrichienne, épouse de louis XVI, vient d’être arrêtée et on l’a jetée au bas d’une fosse. La Conciergerie est une prison. La prison du Tribunal Révolutionnaire. Le tambour roule, et les amants regardent s'éloigner les rivages de la vie… On se saisit de Louise et de Paulin, on les attache :
- Paulin !
- Louise !
La figure boursouflée et rougie par l’alcool, un gardien au bicorne de travers leur arrache le col et entreprend de leur raser la nuque… L’heure approche.

Trois ans plus tôt, été 89.

Ce jour-là, le soleil se lève à quatre heures et huit minutes, écrit le roi dans son registre. La ville s’est échauffée toute la matinée, et cet après-midi, les rues de Paris se sont encore embrasées. C’est le 16 juillet. La nouvelle Assemblée Nationale est toujours réunie au Jeu de Paume, et le peuple manifeste dans les rues de Paris. La rue est à la Rue, aux révoltés enthousiastes, aux marmots en loques, aux vieillardes édentées, aux polios, aux albinos, aux culs-de-jatte dans leurs petites boîtes, aux fous de toutes les manières, aux trisomiques, aliénés, caractériels, paranoïaques, tous le poing brandi, sauf les manchots, ça va de soi.
Ils ont gagné la liberté.
On accourt de partout en criant « - Aux armes ! », des flambées dégagent des fumées âcres.

Un solide ouvrier, Augustin, et son jeune apprenti tailleur de pierre, Paulin, 18 ans aux prunes, se sont mêlés à la foule agitée : on a fait la révolution, bon sang, la forteresse de la Bastille est tombée avant-hier ! Gloire à la Nation ! Vive la Liberté ! En avant !
Ils vont au chantier.

Apprenant la chute de la Bastille, leur patron, le rusé Palloy, s’est aussitôt présenté devant l’Assemblée : il a fait un grand discours en parlant de gloire et de nation, et il a emporté le marché de démolition de la forteresse, comme on dit aujourd'hui. Il a donc envoyé des centaines d’ouvriers abattre les murailles. Ils avancent en formation guerrière, pioches à l’épaule. On les acclame, on leur lance des fleurs. Le bataillon presse le pas : on part mettre à bas le symbole de la tyrannie de Louis XVI ! Augustin chante et braille tant qu’il peut, porté par l’enthousiasme de l’événement. Il tape dans le dos de son jeune apprenti tellement il est content, et l’autre manque de s’étaler sur un couple d’ivrognes vautrés dans le caniveau, on a mis les tonneaux en perce.

Ils remontent le Faubourg Saint-Antoine, et là, la foule devient plus dense. Excitation, bousculades aussi, parfois on est soulevé, on avance par ondulations, compacté par la pression des corps ; une boulangerie est saccagée sous leurs yeux :


-
Du pain ! crient les émeutiers en brandissant des piques.
Et encore : - A la Bastille ! Il y a eu des morts hier à la Bastille ! En avant, et mort aux traîtres !

 

 Paris a faim : les boulangers n’ont plus de farine, Paris a faim, mais elle est joyeuse, ce soir, elle fait chanceler le despotisme ! Ici et là, des bouteilles de vin surgissent d’on ne sait trop où et s’éparpillent au-dessus de la foule : on vient de passer devant un couvent. On l’a pillé, on a calotté le chanoine, on a même trucidé quelques religieux pour rigoler. La foule est sans merci... On se renverse, on chante des chansons paillardes, on s’interpelle, c’est un joyeux bazar, les Vikings sont lâchés, on se balance des caleçons de moine à la tête, on boit le vin de messe à pleins ciboires…

La populace est à la fête.


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Vendredi 30 mai 2008 5 30 /05 /2008 09:13
- Publié dans : NOUVELLES - Par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger
Nouveau chapitre. Le 5 ? Je sais plus. Blanche va se demander ce qui participe de l'art, ou du cochon ?


Il y a longtemps, les Anciens avaient décidé que le jeune Ambrose serait envoyé en ville poursuivre ses études, en tant que représentant d’une famille importante de la région. Il était ensuite resté quelques années à Katona comme pasteur et instituteur, où il avait monté une organisation de volontaires. Une minorité de Katonais menait grand train et se vautrait dans le stupre alors que le peuple croupissait dans la pauvreté. Il avait longtemps observé la situation, abasourdi, et il avait décidé d’aider les autres à construire une vie (non plus une survie) honnête et suffisante. Il avait constaté que les nantis, enfermés dans leurs tours de verre, ne faisaient pas grand-chose pour que cela change, disposant des milliers de mains du peuple exploité pour des queues de mangues. Et il fallait que cela change, que la flèche du progrès repartît dans le bon sens… Il croyait que tous ensembles les gens pourraient peut-être se prendre en main, et palier à certaines carences de l’état : alphabétisation des enfants de la rue, brigades d’adultes dans les zones dangereuses, lectures publiques, conciliations… Son projet, en gros, c’était, dans les grandes lignes, que les moins pauvres aident les plus pauvres à s’en sortir. HARAMBEE ! Ambrose regardait les volontaires monter les derniers parpaings de l’école. Il était revenu vivre quelques années plus tôt au village avec sa femme, ses quatre enfants naturels et les deux filles de son frère mort du SIDA -il passait au travers de l’épidémie et il en remerciait le Seigneur, en ce qui le concernait. Il avait retrouvé la petite localité accrochée à ses coteaux verdoyants dans l’état qu’il avait craint : il ne restait plus beaucoup de couples au village. Toute une génération avait été emportée et le sinistre était loin d’être circonscrit… Comme si la malaria n’était pas suffisante ! Les campagnes se dépeuplaient... Les jeunes ne savaient pas travailler aussi bien que s’ils avaient terminé leur apprentissage. Evidemment. Ambrose avait retroussé ses manches et s’était courbé dans les champs pour rattraper le temps perdu… Mais il continuait ses activités à Katona, les important même jusqu’à son village… La situation réclamait toute sa vitalité et il avait mobilisé son réseau. Ils avaient pu construire quelques écoles locales, où on n’exigeait pas d’uniforme comme en ville, uniforme trop coûteux qui matérialisait la limite de deux mondes. Ici, les instituteurs étaient des bénévoles nourris logés par les villageois qui retournaient régulièrement en ville faire le plein de liquide grâce au expédients habituels. Parfois, un volontaire étranger était intégré à un projet (on avait des contacts et on travaillait sérieusement) et on lui demandait des participation fees… Mais ce n’était pas la meilleure source de revenu de la communauté : ils avaient créé une coopérative caféière qui rémunérait leurs efforts, la Mbarara Ankole Coopérative Union Ltd.
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Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /2008 13:44
- Publié dans : NOUVELLES - Par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger
Une neige humide lui glissa dans le col : Paris se trouvait, en ce début de mars, juste au point de contact d’une perturbation océanique et d’une masse d’air sibérienne, avait expliqué la dame de la météo, mais, n'ayant pas la télé, Esa était sorti en bras de chemises. 
Il ferma son dernier bouton sous la piqûre de la bise qui s’engouffrait dans la rue des Abbesses... Il frissonna, et puis, tandis que voletaient encore quelques flocons, le soleil déchira les nuages noirs, et Montmartre s'enflamma sans prévenir. Il allongea le pas. Perdu les constellations de chewing-gums, ses pensées le ramenaient sans cesse à Philippe.
Après la nouvelle de la blessure de son ami dans l’attentat du Family, Esa avait tout abandonné séance tenante pour se consacrer aux affaires courantes de son camarade blessé.
Le patron, l’ambassade, l’assurance, le rapatriement à Paris, et puis l’AP-HP, le CHU, la CAF, la CPAM, la CRAM, La CNAM (pour valider l’ADT et organiser l’HAD), la MAIF, l’ACOSS, et j’en passe : il s'était occupé de tout.
Il sétait provisoirement installé dans un petit appartement, à mi-pente de la Butte.Il y avait laissé pas mal de cheveux, d'alleurs... Et puis il était entré en contact avec le fameux notaire, celui qui avait demandé à Philippe de le joindre, juste avant sa blessure.
Il n’aimait pas les tracasseries bureaucratiques, alors, en découvrant l’incroyable complexité des systèmes français, il crut tomber dingue : jamais, dans son pays d'Hyperborée, il ne s'était autant pris de bec avec des fonctionnaires, toujours à réclamer des paperasses par ici, des signatures par là...
Le notaire avait annoncé à Klimmt le décès de Thérèse, l’épouse légitime de Philippe. La voisine avait découvert le corps sans vie… Thérèse était morte, bêtement, sans s’y attendre, le cou rompu dans la belle mosaïque de l’escalier de sa maison d’enfance. Philippe était son seul héritier.

Bon, c'est un paragraphe de transition en centre ce qui précède et la suite. Vous me suivez ? Je vous conseille tout de même de lire depuis le
tout début... Cependant vous ferez le lien... Parce que... J'en avais fait une nouvelle indépendante... Hum. Je me déchire, mais je sais bien que vous n'avez pas le temps. Allez. Bises.
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Mardi 27 mai 2008 2 27 /05 /2008 16:45
- Publié dans : NOUVELLES - Par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger
A la demande générale ("- Ouaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis), je donne une suitte à cette histoire d'hôpital. Un épilogue ? Je balance de mon roman comme ça, en fait... en désordre. C'était une suite possible de "les fauves de la saint-valentin", nouvelle déjà publiée sur mon blog.
Comme j'ai saucissoné, l'enchaînement n'est pas évident... Mais que voulez-vous ? Vous êtes si paresseux, ou si pressés, que si je balance 200 pages, je risque bien de vous faire fuir. Bon. La suite ?


Esa s’éclaircit la voix et commença à lire :


« Quatre tués dans le double attentat (…)

- Plus fort !

- QUATRE TUES DANS LE DOUBLE ATTENTAT DE LA SAINT-VALENTIN A KATONA - Au moins quatre morts et trente blessés graves dans le double-attentat à la bombe (…)

- C’était des grenades !

- Oui mais ici, je lis bombes, alors je dis bombes, tu vas pas commencer à m’emmerder ? Ecoute, chut !

- Bon.

- Silence ! Bon, où j’en suis moi ?

- Double-attentat à la bombe… 

- Hum ! Qui a secoué la banlieue de Katona juste après 21h hier soir. Parmi les victimes, M. Haïlé Tenta un étudiant Ethiopien de l'Université de Makerere, Mme Rosemary Kavuma, M. Katsiga, homme d'affaires de Muyenga, mort sur son siège quand l’explosion lui a déchiré l’estomac.

- Abrège.

- Je lis, oui, ou merde ? Son téléphone cellulaire a sonné continuellement pendant que les sauveteurs se précipitaient sur la scène du drame. Les secours ont dû amputer deux blessés sur place peu avant minuit, tandis qu’une troisième victime se vidait de son sang.. Plusieurs autres victimes ont été transférées à l'hôpital Nsambya. Le porte-parole de la police, Eric Masiré, a déclaré que « jusqu'à six personnes pourraient avoir été tuées. Trois sont mortes sur place, on a déclaré une autre personne morte une heure plus tard. Deux corps viennent juste d’être apportés à Mulago ».  Aucune arrestation n’a été effectuée. Les deux explosions se sont déclenchées à trois minutes d’intervalle au Family Shop, célèbre boîte de nuit de Niokabaokaba, sur la route de Muyenga. L’établissement fait partie de l’ensemble très couru de Niokabaokaba(…)

- Ils se répètent…

- On va jamais y arriver. C’est déjà assez difficile à prononcer comme ça, quoi, merde. L’établissement, donc, fait partie de l’ensemble très couru de Niokabaokaba dont les bars sont surtout fréquentés par des étrangers. Les blessés transférés à Mulago sont : Charles Balele, 16 ans, de Niokabaokaba, le membre inférieur gauche fracturé ; Violene Nabusokele, 21 ans, dans le coma, blessée à l’aine et au pied ; Natalia Lankuka, 32 ans, de Kyambogo, blessée à la poitrine. Parmi les victimes, on compte également un homme d’affaire Français, amputé du bras (…)

- Hum !

- Hum… un couple asiatique et un autre couple Ethiopien. Les témoins oculaires ont déclaré que la première détonation avait eu lieu dans l’entrée, bondée de couples célébrant le Jour de la Saint-Valentin. « Nous étions en train de nous enfuir, quand nous avons entendu une deuxième explosion dans le dancing. Il y avait du sang partout et des chaises fracassées avaient volé partout. Les gens hurlaient, les femmes poussaient des cris hystériques. Quelques blessés avaient les jambes arrachées et le corps d’un homme émergeait des ruines » Un autre témoin a témoigné

- "témoin a témoigné", c'est pas très heureux, comme formule...

-Tu sais que tu commences à m'emmerder, toi ? Je reprends : a témoigné qu'un vigile en faction avait été blessé dans l’explosion et qu’il avait perdu son pistolet : « Il a vu une personne suspecte, il a dégainé son arme, mais la deuxième explosion a retenti à ce moment même et il a été blessé à la jambe » a dit un témoin oculaire. La Police du commissariat voisin de Niokabaokaba est arrivée sur la scène trente minutes plus tard. Le reste des forces de l’ordre est arrivé à pied. A 23h, le personnel de sécurité en civil et les policiers en uniforme avaient bouclé l'accès, parmi eux le chef des services secrets militaires, Maj. Mayombo Noble. Parmi les décombres, devant le hall ravagé, on pouvait encore apercevoir des véhicules abandonnés portières grandes ouvertes dans la panique, les verres de bière à demi plein abandonnés sur les comptoirs, les roses rouges et les plateaux de viande rôtie éparpillés dans les flaques de sang.  »

Les explosions de la nuit dernière font suite à une série d’attentats qui secoue la ville depuis le 12 juillet 98, où des supporteurs de football ont été tués alors qu’ils regardaient la finale de la coupe du monde dans un bar de Katona. Plusieurs suspects ont été arrêtés dans ces affaires et inculpés de terrorisme.  »


Esa reprit sa respiration et jeta un œil sur le tas de bandelettes qui gisait devant lui.


« Et c’est quel journal, ça ? Demanda la momie.

- L’Eastern African du 23 février.

- Eh ben merde… Tu traduis bien !

- On peut dire que tu as fait une belle échappée !

- "Que tu l’as échappé belle », Esa.

- Eh, à peine sorti du coma et il me donne des leçons… Quand tu as vu Dieu, tu lui as dit que tu était Français ?

- Dieu est Français ?

- Parle pas de malheur. »



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La secte des drogués

LA PHILOSOPHIE D'EPICURE epicure-copie-1.jpg Epicure méritait VRAIMENT ce pied de page.

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  • : En quelques mots, me décrire ? Non mais tu rigoles, ou bien quoi ? Y'a qu'à fouiner dans le blog, non mais, je vais pas te mâcher tout le boulot, feignasse !

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