Je crois qu'il est temps de relire La Peste.
Vite !
Hagne don'
Huggy Home saute sur le blog
Les certitudes,
Les avis définitifs ?
Je m'en méfie
Comme de la peste ;
Surtout des miens.
Mes grandes idées
Ont disparu
Sans laisser d'adresse.
Bonjour.
Une phrase commence toujours
Par une Majuscule,
Et se termine toujours par un.
(...)
Toujours - toujours ?
Et la poésie, alors ?
Peut-être bien que la poésie...
"- Et bien quoi, la poésie ?"
Pas toujours
Le diable de Tasmanie ou sarcophile.Copé dit : si le conseil constitutionnel retoque la loi HADOPI, c'est pour punir encore plus sévèrement le contrevenant en le faisant passer devant des juges pour le punir.
Non.
Le conseil constitutionnel s'en bat les noix (car il ne comporte pas de femmes), ou si peu : Jacqueline de Guillenchmidt est la seule réprésentante du sexe), de la sévérité de la sanction : son job, c'est que la législation respecte la constitution ; or, la constitution est tout de même basée sur cette fameuse déclaration de droits de l'homme, je ne sais pas si le président de la république en a jamais entendu parler. Tout ça dit que la justice doit être rendue par des institutions judiciaires, pas par des bougres payés au rendement.
Et le travail du conseil constitutionnel, c'est de faire respecter la constitution, et non pas d'aggraver je ne sais quelle sanction. HADOPI est inconstitutionnelle telle quelle. Point. Moi, je m'en tape, je ne télécharge pas.
Copé avait écrit un bouquin, promis, demain j'arrête la langue de bois, ou quelque chose dans le genre. C'est comme la promesse d'un toxico d'arrêter la came : il y a des rechutes.
Le 7 -10 de France Inter, c'est très instructif. L'autre jour,
c'était Bayrou. Il était mal, le man.
Je m'ennuie, parfois. Je préfèrerais m'amuser à écrire, mais ma Muse est fâchée, je l'ai un peu
malmenée. je lui ferai les yeux doux et j'attendrai patiemment qu'elle cesse de bouder.
L'ennui m'ennuie.
En plus, il n'y a rien à la télé.
De toutes façons, j'ai pas la télé.
"- Allô patron ? C'est moi, Mr Liver Side, ton actionnaire.
- Glups...
- Ça va pas du tout. On a beau avoir eu fait monter l'action en licenciant la moitié de tes ouvriers, tu ne dégages que 19 % de bénéfices, chenapan !
- Heu...
- On avait dit 20% ! Fainéant non-profitable ! Racailles franco-socialisante ! Et qui est-ce qui va me
payer mes robinets en or, mon papier de cul en soie ? Allez hop, on ferme ton usine.
- Mais, heu !
- Ta gueule : c'est décidé. On envoie tes machines en Tunisie, là, au moins, les syndicats sont interdits, fini de s'emmerder avec des contestataires. Toi, tu auras ton parachute doré, comme ça tu la boucleras. T'es pas content ?
- Non, j'aurais préféré garder mon usine avec ses ouvriers, parce que tout ça marche bien. 19%, ça m'allait. Mais bon. Je peux prendre ma retraite, alors ?"
Les chefs d'entreprises traditionnels, nos braves vieux patrons exploiteurs, pensent qu'il va vraiment falloir pendre les fonds de pension avec leurs intestins, et faire sortir aux financiers leurs tripes par le trou de cul, rendre leurs usines aux entrepreneurs, avec des bénéfices suffisants à continuer l'activité, à investir dans la recherche, à donner des primes aux travailleurs ! Si on en est rendu à considérer que le capitalisme industriel - le capitalisme à la papa - comme un modèle social, c'est vraiment que la situation est devenue désespérée...
" -Tous ensemble, tous ensemble, ouais ! Ouais ! Tous ensemble, tous ensemble, ouais ! Ouais ! Tous
ensemble, tous ensemble, ouais ! Ouais ! Tous ensemble, tous ensemble, ouais ! Ouais ! Tous ensemble, tous ensemble, ouais ! Ouais !"
François Ruffin (encore lui) a expliqué que, comme les nazis, les vrais commanditaires de la violence économiques font exécuter leurs basses oeuvres par d'autres, mais que ces autres se rebellent et sont en train de notre côté de la barrière, dos à la falaise... Et de citer l'ironique sentence de Warren Buffet, l’homme désormais le plus riche du monde, qui a déclaré : "La guerre des classes existe, c'est un fait, mais c'est la mienne, la classe des riches, qui mène cette guerre et nous sommes en train de la remporter" ; c'était une boutade.
Soudain, je me réveille en sursaut.
Je lance un oeil méfiant en direction de mon radio-réveil : un 12:34 est en train de ricaner à mon attention... Mon appartement est plongé dans une inquiétante lueur rougeâtre. N'avais-je pas éteint les lumières du labo-photo, hier soir ? La dernière fois que j'ai vu l'heure, il était 04:20. Mon réveil est un bon vieux réveil de fabrication est-allemande, pas toujours fiable, toujours prêt à tomber en panne à quelques minutes de la sirène, capable de se mettre à chanter au milieu de la nuit sans que personne ne lui ai rien demande ; je crois qu'il aurait voulu être un chanteur, comme celui-là qui a préféré devenir homme d'affaires, le fumier.
Bref.
Aux fils de d'araignée qui zèbrent le ciel de mon logement sèche une série de clichés en noir et blanc que j'ai développée hier soir, jusqu'à ce que les yeux me brûlent : à l'heure du numérique instantané, je préfère encore le grain poudreux des photos révélées au nitrate d'argent. Moi aussi j'ai un côté artiste... Ici, c'est le Belarus, comme pays. Le dernier pays européen encore aux mains d'un authentique Stalinien. Oui, le Belarus, tu sais bien, si ? Mais si, on l'appelle aussi « Biélorussie », ou encore « Russie Blanche »... Non ? Pff... Espèce d'inculte... Et c'est ça qui veut faire l'Europe... Non mais c'est vrai, t'avais jamais entendu parler de ce bled ? Capitale : Minsk. Ça y est, tu le remets ? Non ? Bon tant pis... Pour ta gouverne, le Belarus est coincé entre la Russie à l'est, la Pologne à l'ouest, l'Ukraine au sud et au nord, peut-être bien un pays Balte. Quoi, un pays blatte ? Allez, dégage de là, tu me gonfles, retourne t'asseoir devant TF1, tiens, ils te prennent bien pour ce que tu es, va... Va, va ! C'est l'heure du pastis ! Oust !
Je manque de m'étaler sur une bouteille de Vodka, merde, je sais pas ce qu'il foutent dedans, mais bien gelée au congélateur, hier soir, c'est descendu tout seul.
C'est mon journal qui m'a envoyé au vert dans ce pays où personne n'aura l'idée de me trouver.
« Allez écrire des poèmes et envoyez-les moi par courrier, on les publiera en pages culturelles, m'a dit le patron. Vos enquêtes sur les
affaires du pouvoir vous ont mis en danger, la sécurité militaire vous a dans le pif. Un accident de la route est si vite arrivé... Faites-vous oublier, tenez, voilà des billets pour un coin
tranquille, vous partez à midi. Prenez : vos nouveaux papiers. Désormais, vous vous appelez Sébastien Cliville...
- Llé, précisai-je.
Voilà ce qu'il m'a dit, et puis il m'a fourré une enveloppe pleine de billets de 50 $ US dans la poche, un petit papier d'instructions manuscrites, et il m'a planté là.
En deux heures, j'ai dû faire le plein de Subutex, sauvegarder mes données sur deux DVD, formater mes disques durs, je n'ai pas oublié mon vieux Nikkon argentique, quelques péloches...
À 15:OO je me sifflai un brandy tiédasse à l'aéroport miteux de Yérévan... Là un contact moustachu m'a fourré dans le train pour Kiev, enfin, j'ai fini le trajet dans un autocar aux toilettes fermées, une chaleur à crever, les mouches vertes commençaient à butiner mon cadavre, pourtant la route était toute juste refaite, un vrai billard... J'étais mal, mal, mal, et mes intestins faisaient des noeuds, j'avais des courbatures comme après une étape du tour de France sans entraînement, et je suais, je suais, à chaque pause j'allais me vider aux chiottes dégueulasses de la station service, j'avais oublié mes seringues à Paris, alors je croquais mes petits comprimés, faute de mieux, ça atténuait un peu les symptômes du manque. Je maudissais ce connard de Goeffroy Yquaille et son héritage toxicomane... A la gare routière de Minsk, j'allais trouver une adresse et une clef à la consigne comme il était écrit dans les instructions, il fallait que je mange le papier, je sautai dans un taxi, et voilà.
J'ôte les pinces à linge patiemment, une par une, je range les photos dans une petite boîte à chaussures. Je verse mes révélateurs et fixateurs dans leurs récipients, que je case bien au noir dans un placard... Je tire les rideau et le soleil, enfin, entre à flots dans la pièce, c'est vrai, il fait grand jour sur la steppe... L'été est brûlant dans la grande plaine eurasiatique... Un gros chat blanc (toujours le même) se pointe à la fenêtre, je ne l'aime pas celui-là, il pisse partout, alors je lui lance une chaussure.
Je suis à Minsk depuis trois semaines. Mon appartement se trouve sous les toits, aux huitième étage d'un immeuble à l'ascenseur souvent en panne... J'ai une belle terrasse, une salle d'eau large comme un couloir, la porte ferme mal, une grande pièce traversée par deux poutres de soutènement, une mezzanine, un lit dessus. Une fois par semaine, une baba passe mettre un peu d'ordre dans mon bazar d'alcoolique (je me suis mis à la vodka, la meilleure du monde qu'ils disent -j'ai fini mon sevrage d'héroïnomane), elle remplace mon linge sale par du linge propre, j'ai bien essayé de lui palper son gros cul, j'aime ça, moi, les gros culs, son sourire caché dans la main et ses yeux panthère, j'étais un peu bourré, elle m'a plu, mais elle m'a retourné une belle gifle, et puis elle a essayé de m'arracher les yeux, je me suis enfui entre mes bras, elle m'a tapé dessus avec une bouteille vide, j'ai dit ok ok ok, pitié, j'ai imploré, elle a ri, j'ai osé un petit sourire contri, elle a fait tfou ! Et puis elle a continué son petit travail, je me suis mis à la télé, je ne comprends pas encore très bien le russe, c'est complètement débile, les paillettes pleuvent à chaque jingle, mais j'aime bien le look des présentatrices, avec leurs gros nibards...
Dans la journée, je me balade en ville, il n'y a plus de ces militaires AK47 en bandoulière comme j'ai connu le coin, je bois des coups au hasard des bistros, du vin français, car l'étiquette attire les rouquines en minjupe, je ne sais pas quoi faire de mes liasses, à la banque le mec était bien emmerdé, il n'avait pas assez de roubles biélorusses pour changer tous mes dollars américains, j'ai pris ce que je pouvais, heureusement il y a des fermetures Éclair à mon futale, et puis, je suis me suis payé un petit attaché-case, et d'établissement de change en maison de crédit, je l'ai rempli de biffetons. Personne ne m'a attaqué. Je mange des pizzas, ou un alors Macdo, là où la faim me prend ; c'est joli, Minsk, détruite et reconstruite à l'identique, repeinte toute fraîche toute pimpante toute colorée... Je prends des photos, de-ci, delà... Dans les bars et les pubs, des groupes jouent du rock slave, du reggae slave, de la salsa slave, congas et bandonéons, ça donne à la ville un air de Dysneyland pour grandes personnes qui vont tous les jours à la messe, il y a des églises partout... J'étais déjà venu, dans les années 80, c'était à la toute fin de l'époque soviétique, des bistros, il n'y en avait pas, aucun, nulle part, la dictature les interdisait, c'était triste, mais triste ! Et il y avait toujours un connard sourcilleux pour te faire la morale au moindre écart de conduit ; maintenant, les moralistes ont été relégués au ramassage des poubelles. Encore moins de petits cafés-concerts comme j'en trouve partout aujourd'hui... En France, dans le monde où j'ai atterri après cette fameuse nuit, la sarcoïde dictature écolo-hygiéniste a interdit tous ces lieux de perdition : au fond, perdu pour perdu, je me sens bien mieux ici.
J'attends qu'on me contacte.
Je me souviens, au matin du 22 avril 2002. J'avais des envies de barricades, de drapeaux noirs... Le téléphone n'arrêtait pas de sonner : il
fallait préparer la manif. Voilà, j'avais fait des slogans, pour préparer des panneaux. Peut-être que je passerai à la télé ?
Pas de bol : Nous étions des millions.
Ensuite... Chirac remporta l'élection. J'ai encore les boules.
J'ai retrouvé un fichier de ces slogans. Je vous les balance, à boire et à manger. Bruts de décoffrage.
Marie-Jeannne contre Jean-Marie
Après l’homme du passif
L’homme du pastis
L’affront Nazional
Front contre Front
L’insécurité c’est eux
La France à la peine
Evidemment qu’il ne passera pas…Comme il était évident que Jospin serait présent au second tour
Prière de ne pas voter sur le bord de la cuvette
Veuillez laisser la France comme vous l’avez trouvée en entrant
Veuillez laisser la France comme vous souhaiteriez l’avoir trouvée en entrant
Au royaume des aveugles les Borgnes sont rois
A bas l’affront national
F comme J’ai soif
N comme Pinard
Les Français sont des veaux
d’extrême droite
2002 : année têtes de veaux
On criait déjà quand on était jeune
Ils coupent les mains des petits enfants
Non au gouvernement des nigauds
La 8ème compagnie + La 7ème colonne = La 6ème république
Mourrons pour des idées
D’accord, mais de mort lente…
Jean-marie, vous êtes le maillon faible : au revoir.
Dépénalise le fouf, Délepenise la France
Pour Le Pen pas l’état nazi, mais l’euthanasie
C'est vrai, je respire tout à coup plus fort. Je pense à elle...
Je l'ai rencontrée !
J'ai franchi la France, les genoux en coton. Je l'ai reconnue comme je posai le pied sur le quai de la gare : là-bas, elle rougissait sous l'horloge... Elle m'a claqué une bise, nous avons fait
deux pas, et puis elle a chuchoté que ce n'était pas assez. Alors, nous nous sommes enlacés, et puis je lui ai susurré à l'oreille qu'elle sentait bon, je crois. Elle était douce, si chaude...
Nous avons ri innocemment à notre rencontre, improbable et pourtant authentique, là, moi, elle, ses yeux dans les miens : soudain, nous sommes entrés dans une sublime parenthèse.
Au moment où je bascule dans la nuit, des fantômes mal assassinés choisissent de se rappeler à mon souvenir... Ils me châtient, ils me zèbrent de leur lanières culpabilisantes : « - Tu aurais dû... Tu aurais dû ! », hululent-ils à mes oreilles, « - Il faut parler... Il faut parler ! » Ils tirent sur le fils de mes balafres. En sueur, je me débats, ils tentent alors de m'étouffer dans leurs suaires. Ces spectres me tourmentent jusqu'à ce que mon corps rende finalement grâce, emporté par ses propres limites... Seul dans mon lit, je souffre le martyr ; alors que des millions de gens meurent de faim dans le monde. Quel luxe.
Avril voit bourgeonner les ceps et s’épanouir les lilas bleus…
Quand les ruisseaux gonflent sous l’ondée, les oliviers corrigent la couleur de leurs feuillages battus. Les fleurettes bariolées se recroquevillent... Les bourgognes s’extirpent de leurs coquilles en quête d’un exploit. La terre qui boit, boit, se soûle du divin liquide présage de la sécheresse estivale. L’eau des nuées flagelle aussi les peupliers, tandis que siffle le rossignol, toujours amoureux, malgré les vents de l’ouest. Des alésiennes des trois âges, inquiètes, scrutent aux carreaux les obscurs cumulo-nimbus, elles accumulent les textiles pour se colleter la bourrasque. Espiègle, je les observe s’effrayer de l’averse, les ciels océaniques ne me sont pas exceptionnels : de Normandie, j’ai non seulement le goût des aventures lointaines, et l’habitude de boire le calva dans le crâne de mes ennemis tués au combat, mais aussi la pluie ne me dérange pas tant. Surtout quand s’exhalent les senteurs cévenoles, pins, thyms et romarins…
Rincé, rincé, rincé...
Vous savez ce que c'est que l'épuisement ?
Vous savez ?
S'endormir au volant, malgré la musique à fond, malgré les vitres baissées et l'air froid du ventilo poussé à bloc ?
Pauvre de moi...
Bienvenue en Sarkosie, travaillez plus pour financer le paquet fiscal !
LA PHILOSOPHIE D'EPICURE
Epicure méritait VRAIMENT ce pied de page.
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