Little things

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Les certitudes,
Les avis définitifs ?
Je m'en méfie
Comme de la peste ; 
Surtout des miens.
Mes grandes idées
Ont disparu
Sans laisser d'adresse.

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Samedi 17 mai 2008
publié dans : VIVE LA FRANCE par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger
Je voyage. Partout en France, du nord au sud. De l'ouest à l'est. Au centre, en haut, en bas. De Lille à Montpellier, de Strasbourg à Pau. Partout; j'entends : Rivoluchione ! D'Olivier Besancenot à Laetitia Casta, de Renaud Séchan jusqu'à Jean-françois Kahn : Rivoluchione ! Mai 68 ! Eté 36 ! 14 juillet ! El pipol is gronding... Rivoluchione !
Le pouvoir d'achat (accrochez-vous bien) a AUGMENTE de 3,3 %.
J'y crois : les riches s'enrichissent. Toute honte bue. Pour 100 €, je remplis un tiers de mon pauvre caddie. Des flics partout. Des patrons qui se bourrent les poches. Des heures aux urgences. Des classes de 40 élèves. Un président à plat ventre devans les pires salauds... Vous complèterez la liste.
Mais qui veut commencer ? Je vous suis !
REVOLUCHIONE !
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Samedi 17 mai 2008
publié dans : VIVE LA FRANCE par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger
En revanche, la C.G.T. obtient de l’armée en 1947 l’autorisation d’installer sur le site un « centre de formation professionnelle accélérée pour les ouvriers du bâtiment des P.O. Destiné finalement aux Nord-Africains, il provoque de profondes tensions avec les populations environnantes. Aux dénonciations de chapardage et vandalisme dans les vignes alentours par certains élèves, aux affrontements physiques entres groupes de jeunes gens du centre et de la commune, s’ajoutent les tensions socio-politiques suscitées par l’écho de la Guerre d’Algérie - la partie strictement militaire du camp reçoit d’ailleurs les troupes en partance pour l’Algérie. Afin d’y remédier, est décidé en janvier 1955 de créer six classes d’élèves métropolitains censées "équilibrer" les six classes de stagiaires nord-africains. Deux ans plus tard, les métropolitains représentent les deux tiers des effectifs. Néanmoins, le camp de Rivesaltes n’est pas pour autant devenu un moyen d’inclusion sociale… Dans le cadre du raidissement de l’Etat provoqué par la Guerre d’Algérie, l’Etat envisage en 1957 de créer ici un « camp d’internement ». Le préfet fait d’autant plus tout pour l’en dissuader que les lieux contiennent, outre le centre de formation déjà évoqué, un Centre de Formation Professionnelle Militaire destiné aux Nord-Africains et un centre de passage des jeunes soldats mobilisés pour la guerre. Une fois encore le projet ne va pas jusqu’au bout mais va néanmoins être créé une prison très spéciale et très discrète. S’installe, en parfaite discrétion, un centre pénitentiaire. A cet effet, les plans d’aménagement des îlots J et N sont établis entre octobre 1961 et février 1962. Les prisonniers intègrent le centre entre le neuf mars et le dix-huit avril 1962. Le registre d’écrou comptabilise 527 prisonniers dont 487 sont des Français musulmans – soit 92.4 %. Parmi ceux-ci les peines de mort commuées représentent 12% des cas. Les motifs de condamnation sont avant tout l’atteinte à la sûreté extérieure de l’Etat, l’assassinat et tentative d’assassinat, l’association de malfaiteurs ; ces données laissent clairement à penser que sont regroupés des internés engagés dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie. Une note de la Direction Générale de la Sûreté Nationale indique quant à elle que le camp est destiné aux « Nord-Africains condamnés pour activités anti-nationales ». Courant juin, est rapatrié au Camp Joffre le Premier Régiment Tirailleur Algérien. Il a emporté avec lui plusieurs centaines de civils, femmes et enfants. En octobre 1962, environ 8 000 membres du groupe social « Harkis » séjournent au camp de Rivesaltes (dont ceux en provenance du camp du Larzac). En tout à peu près 20 000 personnes vont passer et s’entasser ici. Le séjour est souvent très court mais néanmoins les dernières familles ne quittent les lieux qu’en février 1977. D’autres supplétifs coloniaux sont venus, accompagnés de civils : en 1964 parviennent au camp environ 600 Guinéens, anciens militaires français, et leurs familles. Ils sont présents jusqu’en février 1966, non sans que gendarmerie et CRS soient intervenus suite à leur insoumission . Aux mêmes dates est également présent un petit camp de familles d’anciens militaires français rapatriées du Nord-Vietnam… La partie civile du camp Joffre entre en sommeil jusqu’à la décennie 1980. Quand, en 1984, l’Etat demande au préfet des Pyrénnées Orientales d’effectuer une étude pour savoir où installer un centre regroupant les immigrés clandestins, ce dernier lui répond que le plus mauvais choix serait le site du camp de Rivesaltes. Le Centre de Rétention Administrative y sera donc installé… Fondé en 1986, le Centre de Rétention Administrative a d’abord pour objet de regrouper les ressortissants espagnols en situation irrégulière sur le territoire français – soit l’année même où l’Espagne entre en la Communauté Economique Européenne et où est signé un Acte Unique européen qui rend libres d’installation les seuls capitaux. Les personnes sont considérées comme « retenues » et non détenues : elles sont gardées par l’armée, n’ont pas le droit de sortir de leurs chambres – hormis pour les repas et les trois promenades quotidiennes à l’intérieur du centre, d’une demi-heure chacune – mais il n’est pas possible aux gendarmes de faire feu sur un retenu tentant une évasion. La capacité est de quatorze lits pour les hommes et quatre pour les femmes. Ayant dépassé les mille entrées annuelles depuis 1994, il est, sur le territoire français, l’un de plus importants centres de rétention des immigrés clandestins. Si les internés sont surtout de nationalité marocaine (environ un cinquième des effectifs) le centre dispose d’une liste de traducteurs accrédités qui démontre la grande variété des cas individuels : quinze pour l’Anglais et l’Espagnol, quatorze pour l’Arabe, six pour le Polonais, cinq pour l’Italien et le Russe, trois pour le Chinois, etc. : le camp de Rivesaltes demeure une ruine de la tour de Babel.

[1] Peu auparavant on leur donne des pelles pour enfouir leurs ordures, en râlant que depuis des années celles-ci s’ammoncellent au milieu du camp… Pas une fois on ne songe à leur donner un service de ramassage…
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Jeudi 15 mai 2008
publié dans : VIVE LA FRANCE par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

Parmi les Espagnols sont donc mises en avant diverses options : « grève de la faim, menace d'évasion collective, etc. ». En août, les prisonniers sont dirigés sur le camp de Noé. Le centre est quasiment vidée, treize gardiens encadrant « 26 internés, presque tous des Espagnols détenus pour franchissement de frontière ». En conséquence, une nouvelle reconversion est étudiée. Imaginant semble-t-il, un effet domino provoqué par la chute des puissances de l’Axe, les autorités travaillent sur un scénario d’écroulement du régime franquiste. Pour accueillir les réfugiés de cette "Retirade de droite" qui pourrait s’ensuivre, les partisans du régime du Caudillo franchissant les Pyrénées, est mis en place un plan de reconversion du camp de Rivesaltes, destiné à regrouper les éventuels exilés.  La dissolution du centre intervient le dix décembre 1945, et sa liquidation est achevée aux premiers jours d’octobre 1946. L’annonce de la disparition du centre s’est faite dans la quasi-indifférence : selon le commissaire de police local, hormis la vingtaine de Rivesaltais en tirant leurs subsides, elle « passera inaperçue en ville ». Elle ne provoque in fine qu’une manifestation du personnel du camp, organisée par la Confédération Générale du Travail, devant la préfecture de Perpignan. Se développe, sous l’autorité militaire, le Dépôt n°162 des Prisonniers de Guerre. Regroupant des militaires allemands et italiens, ce camp compte moins de 10 000 prisonniers en octobre 1944, entre 6 000 et 7 000 hommes en mai 1945, et est fermé le premier mai 1948. Les prisonniers sont utilisés d’abondance dans les travaux de reconstruction des Pyrénées-Orientales : 1 814 prisonniers de guerre allemands travaillent dans des Kommandos en décembre 1946.
Ce travail hors du camp provoque des protestations :

a) de la population roussillonnaise qui considère qu’il s’agit là d’un régime trop libéral pour des prisonniers trop arrogants ;

b) des syndicats qui observent comment certains employeurs trouvent là une main d’œuvre remplaçant avantageusement les travailleurs libres (le syndicalisme redirigeant ainsi la polémique présente en son sein depuis la fin du XIXe sur l’usage patronal de substitution de la main d’œuvre étrangère à la française) ;

c) du préfet qui estime que la circulation et la concentration de prisonniers de guerre si près d’une frontière est une gageure.

On peut toutefois observer qu'il existe manifestement un dysfonctionnement dans le traitement des Prisonniers de Guerre Allemands. Alors même que la structure démographique du groupe est tout à fait normale, entre mai 1945 et 1946, 412 prisonniers de guerre allemands décèdent. Le mois de septembre 1945 à lui seul comptabilise 159 décès.
La guerre achevée, le camp cherche son devenir. En 1948, deux projets avortent coup sur coup quant à l’îlot Q : la mairie de Perpignan en récupère la jouissance, dans le but d’y réaliser un programme immobilier, puis l’abandonne ; l’Etat envisage un temps d’y créer un centre regroupant les clandestins espagnols.

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Mardi 13 mai 2008
publié dans : VIVE LA FRANCE par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

En novembre 1942, dans le cadre de l’invasion de la Zone libre, les troupes allemandes s’installent au camp Joffre. En conséquence, le centre d’hébergement est liquidé au 25 novembre. A cette date, il comptait 277 membres du personnel. Durant deux années, le camp de Rivesaltes a interné environ 21 000 individus, dont environ 5 714 au camp spécial, 2 313 ont rejoint Drancy, 2 251 ont été exclues par la commission de criblage (estimation chiffrées d’Anne Boitel).
Sur le site sont décédés 215 internés, dont 51 enfants d'un an et moins.
En janvier 1944, Vichy imaginait encore pouvoir réutiliser les îlots Q et J pour un éventuel « internement massif ».
L’armée allemande quitte Rivesaltes le 19 août 1944.  Suite à la Libération, les arrestations dans les Pyrénées Orientales représentèrent le triple de ce qui avait été prévu par les réseaux locaux de Résistance (un millier dans les premiers jours vs. 300 ; 1 807 au total, plus de la moitié de l’effectif étant rapidement libérée). Les personnes arrêtéees sont d’abord concentrées sur la Citadelle de Perpignan. 
Tandis que la partie militaire du camp de Rivesaltes reprend sa vocation initiale, est instauré le Centre de séjour surveillé de Rivesaltes (12 septembre 1944). Concentrant sur l’îlot Q les personnes internées dans le cadre de l’Epuration, ce nouveau camp dispose d’une capacité maximum de 1 080 internés.
Les huit baraques des femmes sont entourées d’une clôture de barbelés.
La qualité des baraques est celle du centre d’hébergement précédent (où cet îlot était l’administratif) : manque de plafonds, grande sensibilité aux températures extrêmes. Début 1945 le préfet les juge « lamentables »
Au départ site devait servir de centre de regroupement d’épurés du Sud ; hormis quelques transferts cela ne se fit pas.Le matériel manque, ainsi des barbelés amplement percés permettant évasions, sorties d’hommes et entrées de nourriture. Les gardiens sont des troupes malgaches usées (présentes sur le site antérieurement, y compris lorsque stationnent les unités allemandes – des Sénégalais à la Citadelle). La fatigue d’une part et l’animosité autour de la question raciale d’autre part rendent le climat entre militaires et prisonniers assez tendu
. La population rivesaltaise se plaint quant à elle de ses soldats noirs accusés de consommer trop d’alcool et de prostituées. En ce qui concerne les gardiens proprement dits la direction du CSSR ne cesse de se plaindre que nombre d’entre eux sont inaptes, corrompus, incompétents.
Fort turn-over et nombreuses révocations.
Nombreuses traces de marché noir (prix selon divers documents : de 120 à 180 francs le paquet de cigarettes, la tablette de chocolat à 200 francs ; vin à 70 francs le litre alors que moyenne nationale à 19 francs) mais les traces écrites d’abus sexuels sur les internées ne se trouve qu’au départ (ceci dit problème archives sur ce sujet, cf. thèse d’Etat de Denis Peschanski).
Le centre continue de recevoir des ressortissants d’autres pays européens : les Espagnols, internés pour passage clandestin de la frontière, assurent ainsi les travaux nécessaires à la sécurisation du centre ; en janvier et mars 1945 viennent plusieurs centaines de réfugiés soviétiques ; sont là des collaborateurs belges ; se trouve aussi une ressortissante polonaise, internée jusqu’en mars 1945 suite à sa condamnation le vingt-six juin 1944 pour avortement...
L’écroulement du IIIe Reich est source de tensions. En effet, les prisonniers ne comprennent pas pourquoi ils ne sont pas relâchés, puisque nombre d’internements ont été proclamés « jusqu’à la cessation des hostilités ». Or, celle-ci n’est officiellement proclamée que le 12 mai 1946.

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Samedi 10 mai 2008
publié dans : VIVE LA FRANCE par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger


L’année 1942 qui commence, celle qui voit le monde basculer dans la guerre totale, transforme Rivesaltes en nœud du dispositif antisémite européen.
Le 26 août 1942 à cinq heures du matin commencent les opérations de ramassage des Juifs étrangers de la zone sud et leur regroupement au Centre inter-régional de Rassemblement des Israélites de Rivesaltes. Ordre est donné d’interner toute personne qui entraverait l’opération de regroupement sur le site.


L’établissement du camp spécial le voit passer en quelques semaines du statut de « Centre de rassemblement familial » à celui de « Centre Régional de Rassemblement des Israélites » pour finalement devenir à la fin de l’été le camp rassemblant les juifs du Sud. Il est installé aux îlots J (femmes et enfants) F (hommes ; antérieurement dédié aux travailleurs) et K (réception, criblage et triage). Il est prévu pour un effectif de 10 000 internés composé de familles et une durée de 15 jours. Y sont d’abord regroupés les 1 176 juifs déjà au centre. Les transferts depuis d’autres camps se font par trains jusqu’à la gare de Rivesaltes, puis, de là, par camions jusqu’au centre, de même manière en sens inverse pour les convois direction Drancy – et, de là, vers Auschwitz.
Au tout début la desserte ferroviaire entre le camp et la gare avait été utilisée, mais elle fut rapidement abandonnée pour réaliser des économies d'énergie. Les convois partent le onze août (400 personnes), le vingt-trois août (175 personnes), le premier septembre (173 personnes), le quatre septembre (621 personnes), le quatorze septembre (594 personnes), le vingt-et-un septembre (72 personnes), le vingt-huit septembre (70 personnes), le cinq octobre (101 personnes) et le vingt octobre (107 personnes) - chiffres à prendre avec des pincettes, variations selon les archives. Les femmes et enfants (ces derniers étant absents des deux premiers convois) sont transportés dans des wagons de voyageurs, les hommes dans des wagons à bestiaux pourvus chacun de paille, d’une lanterne, d’un seau contenant de l’eau potable et d’un seau hygiénique. La faible et mauvaise alimentation des déportés dans le camp puis durant le transport provoque des dysenteries. La ration individuelle ne représente que la moitié de celle des gardiens qui les escortent.
Faisant le bilan, le secrétaire-général de la préfecture conclue : « nous pûmes constater beaucoup de résignation, et même de dignité. Peu de tentatives de suicide ou d’évasion ont été portés à notre connaissance. (…) Mais l’opinion publique, même chez les partisans les plus convaincus de la collaboration, s’est émue et son émotion est loin d’être calmée »
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Vendredi 9 mai 2008
publié dans : VIVE LA FRANCE par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

En 1937 et 1938, environ 70 000 Espagnols trouvent refuge en France. Au vu de l’évolution de la guerre d’Espagne, la consigne du ministre de la Défense est de préparer l’accueil de 15 000 nouveaux arrivants. In fine, ce sont plus de 450 000 républicains qui traversent les Pyrénées en février 1939. En mars, 264 000 Espagnols se serrent dans les camps du Roussillon, – quand la population départementale s’élève à moins de 240 000 personnes, dont 37 000 Espagnols, et que Rivesaltes est une bourgade de 5 000 âmes. Face à l’engorgement du réseau des camps provoqué par un tel exode, est envisagé de verser au Camp Joffre plus de 15 000 réfugiés catalans. Cela reste à l’état de projet, même si de plus faibles flux ont lieu. Ainsi un millier de miliciens internés au camp du Vernet (Ariège) sont envoyés à Rivesaltes à la fin du mois de juillet 1939.

Le destin du site est scellé lorsque le 10 décembre 1940, la Défense met à disposition 600 hectares au Sud du camp militaire, afin de regrouper les individus expulsés d’Allemagne. La partie militaire du camp fonctionne ensuite parallèlement aux camps civils. L’annonce de la création du camp n’est pas sans provoquer une certaine anxiété dans la population locale.

Alors même qu’arrivent les premiers internés le 14 janvier 1941 le statut du camp et des hommes qui y sont adressés n’est pas encore fixé. Il est décidé qu’il s’agit d’un « centre d’hébergement » pour familles. D’abord envisagé pour un maximum de 17 000 « hébergés », il aligne 150 grandes baraques d’habitation – certaines plafonnées, d’autres non – permettant chacune de rassembler environ 70 personnes, soit une contenance de 10 000 individus. La particularité du lieu est de rassembler des familles mais sans les regrouper : il est des baraques pour les hommes, d’autres pour les femmes et les enfants. Pourtant, dans le rapport qui lui avait été demandé, quant à savoir si le lieu était propice à l’accueil des enfants, le médecin-chef responsable avait estimé qu’il était « formellement contre-indiqué ».
A compter du quinze mai, des écoles sont installées aux îlots B, K et J. Bientôt, 1 550 enfants sont encadrés dans 17 classes, dont une réservée aux enfants gitans. Il ne s'agit certes pas de les éduquer mais de les occuper pour faciliter le fonctionnement quotidien du camp. Un temple, une église et une synagogue sont installés.
Rapidement, le camp devient une tour de Babel. Au 31 mai 1941, le camp compte 6 475 internés de 16 nationalités principales ; plus de la moitié est espagnole, les juifs étrangers représentent plus du tiers.
Sévissent une faim extrême et les conditions climatiques particulières du plateau : un froid insoutenable l’hiver, une chaleur intolérable l’été (la combinaison chaleur-faim aboutissant à de mortelles épidémies).En juin, les services sanitaires constatent que les travailleurs pèsent en moyenne une vingtaine de kilos de moins que ce qu’ils devraient faire relativement à leur taille, et il suffit d’une simple épidémie de diarrhée pour qu’en une semaine meurent sept d’entre eux. L’eau consommée est souillée par le rejet des matières fécales à proximité de l’un des deux puits d’approvisionnement, manque tant que la douche, collective, n’est assurée que tous les quinze jours. Seules les pouponnières (et les bureaux) sont chauffés.
De par les nécessités de subsistance, un marché noir intensif sévit, des femmes se prostituent, y compris à l’extérieur, par exemple au café situé à proximité de la gare. Le 31 décembre, un tiers de l’effectif est cachectique, 200 personnes sont en risque d’en mourir de façon imminente.
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Mercredi 7 mai 2008
publié dans : VIVE LA FRANCE par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger
Bonjour tout le monde.
Ha ! Les hasards de la toile !
Un anonyme m'avait laissé un lien pour préciser et approfondir mon propos au sujet du camp de Rivesaltes. J'ai mis ce lien en avant. Et puis l'auteur m'a contacté. La veine !
En accord avec
Nicolas Lebourg, historien spécialiste de la période contemporaine et des extrèmes-droites au XXème siècle, je publie le rapport de sa conférence donnée aux Journées du Patrimoine, au Camp de Rivesaltes, les 15 et 16 septembre derniers. Parce que je trouve qu'il est important que nous sachions. J'ai appris beaucoup de choses, et je crois que je vais me plonger dans ses écrits, parce que j'adore les histoires dansl'Histoire ; celle-ci me concerne, et ça m'intéresse, tout simplement, alors mes amis et chers visiteurs, j'aimerais vous faire partager cet intérêt.

Vive la science ! Vive la liberté d'expression !

En vous souhaitant une bonne lecture.

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Mardi 29 avril 2008
publié dans : VIVE LA FRANCE par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger
Merci O.A. pour ce lien qui retrace toute l'histoire du camp Joffre.
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Mercredi 9 avril 2008
publié dans : VIVE LA FRANCE par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

Quel scandale !  Opprobe sur la France  ! La honte ! LA HONTE ! Bouhhhhhhhhh... Aux chiottes !
Embêter comme ça l'avancée de la flamme olympique...
Voyous ! Vandales ! Droitdelhommistes !
Et l'esprit sportif, alors, et l'esprit d'équipe ? Hein ? La belle et franche (mas)camaraderie des activités de plein air, dans une saine  ambiance de compétition, c'est quand même pas du pipi de chat , si ? La paix entre les peuples, bordel, la paix entre les peuples ! Merde !
Et puis... Imaginez ces millions de jeunes corps musclés... Bronzés... Huilés... Hm... Il ne faut pas gâcher la fête du sport, bon sang, symbole de paix et de fraternité entre les peuples, Palestiniens y compris ! Et que vont dire nos amis Chinois, qui savent si bien allier les avantages du communisme aux avantages du capitalisme ? Ce nouveau modèle économique ? Nos futurs clients !
Au fait... Vous savez si l'équipe du Tibet a une chance de médaille ?

 

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Jeudi 27 mars 2008
publié dans : VIVE LA FRANCE par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

Je me baladais entre les baraques et je me sentais vraiment découragé. Parmi les décombres du camp de Rivesaltes, je pensais aux pieds-nickelés Sarkosy, Hortefeux et Dati, qui font bégayer l’histoire en piégeant les étrangers qu’on aura prié de bien vouloir se présenter à la préfecture, aux enfants emprisonnés dans les centres de rétention, aux gens punis, non pas pour ce qu’ils font, mais pour ce qu’ils sont … Vous lisez les journaux, vous compléterez la liste. Je pensais à mon grand-père… Il n’a passé que quelques mois, ici, grâce à l’opiniâtreté de ma grand-mère, mais il en est tout de même crevé, de cette guerre… Et pas seulement à cause de l’épisode concentrationnaire : il avait tout perdu, sa maison, son pays, la guerre contre les fascistes… Il avait aussi vu s’envoler ses rêves de révolution fraternelle, tous ses espoirs d’un monde meilleur s’étaient évaporés dans les hurlements des Stukas allemands. Il avait vécu dans une Espagne où la terre était partagée équitablement, où le fruit du travail était réparti entre tous, une société où chacun avait droit à l’éducation, à la culture, aux loisirs… Le communisme réel, ça s’appelait. Oui, je sais, communisme, c’est un gros mot, surtout depuis que l’on sait comment les dictatures parmi les pires ont exploité le concept… J’idéalise la république espagnole, mais je sais bien que du côté des anarchistes aussi, on avait la balle dans la nuque facile… Je sais…

Bienvenus en France
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La chute du Mur de Berlin, c’était la fin de l’histoire, laissez faire, laisser aller, qu’ils disaient. Les gentils avaient enfin gagné. Ils signèrent des accords de libre échange, et toutes les industries se précipitèrent dans les Birmanie et autres Chine, où les salaires sont, comme on dit, de misère et les syndicats, interdits – ou obligatoires et uniques, ce qui revient au même. Non, capitalisme ne rime pas avec bonheur, ni avec liberté, je suis poète, je sais de quoi je parle. Demandez aux millions d’Américains qui sont en train de se faire expulser de leur jolis rêves de propriétaires, vous verrez que je ne dis pas de mensonges.  Pourtant, à l’heure du libéralisme roi, quand la lutte de chacun contre chacun est devenue la règle, quand la main invisible du marché nous fait les poches et nous jette à la rue, au moment où seuls les plus performants (syn. : fils à papa) s’en sortent, il est peut-être l’heure de relire Marx, arg ! C’est plein de gros mots, Marx : Exploitation ! Aliénation ! Télévision !

Hein ? Pas télévision, non, je sais, mais ça aurait pu.

Jamais les exploitations et les aliénations n’ont été aussi pesantes, ni l’accroissement des inégalités, sur tous les terrains, dans tous les pays. La lutte des classes, ça nous fera marrer tant que nous aurons de la viande à tous les repas grâce à notre pouvoir d’achat. Faites vos courses vous-même, une fois pour voir, donnez un jour de congé à la bonne : nous nous appauvrissons. Un jour, ça deviendra trop, et nous dirons : « -C’est inacceptable ! » ; à ce moment là, on nous enverra la police, ou l’armée, si nous vraiment très en colère : ce sera tout ce qu’il restera de l’Etat, les fonctions régaliennes… Un bon coup de pied au cul, et on nous remettra au boulot. Le marxisme, ça va bien, oui, et pourquoi pas la révolution, tant qu’on y est ?

 

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Jeudi 27 mars 2008
publié dans : VIVE LA FRANCE par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

"- Allô, papa ?
- Allô, fiston ? Tu sais d'où est-ce que je t'appelle ?
- Non, d'où ?
- D'Espagne !
- D'Espagne, wao !"

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Mon fils aîné, malgré sa blondeur et ses cinq ans, sait que son arrière-grand-père était Espagnol, et qu'il est venu en France après avoir perdu la guerre. Au fur et à mesure qu'ils grandissent, j'apprendrai leurs origines à mes enfants, ce qu'il en fut de cette aventure qui mena notre aïeul des montagnes catalanes de la Siurana jusqu'à Elbeuf, ville ouvrière des bords de Seine.
Non, je ne suis pas allé en Espagne me recueillir, pas du tout : j'étais près de la frontière, alors je suis allé faire le plein de clopes, de charcutailles et de carburant, parce que tout ça est moins cher là-bas, vous connaissez les problèmes du pouvoir d'achat, comme quoi on travaille autant pour gagner moins, payer plus... Madame Lagarde, notre lumineuse ministre des l'économie a eu beau nous sous-entendre que c'est de notre faute et qu'on n'a qu'à consommer plus intelligent,  je ne fume, ne bois, ni ne roule plus qu'avant.

C'est la veille que j’étais allé pérégriner du côté de Rivesaltes, dans les Pyrénées Orientales. Non, je ne me suis pas rendu dans la riante plaine du Roussillon m'approvisionner en muscat de Rivesaltes, d'abord, du muscat de Rivesaltes, j'en ai encore une bouteille entamée dans le frigo, et puis dans le sac à dos, les bouteilles risquent de casser. Et puis c'est lourd.
Non, ce qui m'intéressait, c'était le camp de concentration, beaucoup moins fameux que le muscat. Depuis des années, je voulais visiter ce camp (le camp Joffre), symbole du pire de l'état français.
Nous (ma douce amie et moi) avons un peu tourné en rond, avant de trouver l'endroit, car rien n'est indiqué, il faut chercher. Les gens de Rivesaltes ne sont pourtant pas responsables de cette verrue qui a sali notre pays dans son ensemble, mais on dirait que c’est caché. Sur la Grand-Place de Rivesaltes (le syndicat d'initiative était fermé), j'ai avisé un vieux bonhomme ; je lui ai demandé le camp des Espagnols, il m'a rétorqué le camp des juifs ? je n'ai rien répondu parce que j'étais en train d'apprendre quelque chose, et puis il sentait le Pernod...
Le camp se trouve à quelques encablures de la ville, au pied des éoliennes,

rivesaltes-013-copie-2.JPGsur un plateau tellement venteux qu'il faut élever la voix pour s'entendre penser, tellement sec que même les caillasses ont soif, couvert de thym et de genets... Les internés avaient de quoi parfumer leur eau chaude quotidienne... Le camp est immense, c'est ce qui m'a le plus surpris, et j'ai imaginé les masses humaines enfermées ici... rivesaltes-017-copie-2.JPGC'était d'abord un camp militaire, construit en 1938. Il a vite trouvé un usage plus utile : c'est là qu'on a enfermé les milliers de républicains espagnols (et leurs familles) vaincus par les franquistes. Parmi ceux-là, mon grand-père, libéré après quelques mois d’internement. Le camp aussi servit à enfermer des milliers de juifs avant qu’on ne les envoyât à Auschwitz… Finalement, il a encore servi jusqu’en 1970, pour « accueillir » les harkis de la guerre d’Algérie ; drôle de façon pour la France de remercier ceux qui s’étaient battus pour elle… J’ai erré parmi les baraques effondrées, empathique avec les fantômes dont je devinais les faces haves, qui rôdaient encore, ça et là… rivesaltes-016.JPGDes panneaux vantent l’action du département pour la restauration du camp et la préservation de la mémoire… Sauf, que RIEN n’est fait, AUCUN chantier n’est mis en route. Même le site internet n’existe pas. La honte. Ils ont quand même inauguré des stèles, et puis ils sont retournés chez eux, tous penauds. Enfin, moi, si j’avais été à leur place, c’est comme ça que je me serais senti, honteux.

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Jeudi 31 janvier 2008
publié dans : VIVE LA FRANCE par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

Dans la constitution présentée par Giscard (il nous avait dit au revoir, et le revoilà, effectivement…), c’est la théorie libérale néo classique telle qu’elle est présentée par le philosophe Gilles Châtelet dans vivre et penser comme des porcs qui prévaut.

Je sais pas vous, mais moi j'avais essayé de lire le livret ; il a fini par allumer les poele. 
Dès les premiers articles, l’Union était présentée comme étant avant tout, constutitionnellement (presque) « un marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée ». Soumettons-nous à la bourse, et la « Main Invisible du marché » s’occupera du reste. C’est comme ça, dans cette théorie imbécile : il faut supprimer les « viscosités du marché » (minima salariaux, -pour les latinistes débutants, en latin, c’est un minimum, des minima-, droit du travail…) et l’autorégulation rendra les peuples heureux. Ce qui est bon pour le marché est bon pour nous. Et en plus c'est facile, pas besoin de se casser la noix avec des règlements, tout marche tout seul et tout le monde est content comme ça ! Vous ne saviez pas ? Ah ? La main invisible du marché, qui vous fait des grosses papouilles... Qui vous fait les poches dès que vous n'êtes plus attentif. 
Un exemple de dérégulation, c’est la rupture de l'accord International du Café. 
On a interdit aux états producteurs de financer des aides et de soutenir des politiques de prix : c'est l'OMC, vous avez signé ! 
Une fois l’accord cassé, le grands groupes de l’agroalimentaire ont dit : « - Nous payions 25$ la tonne, désormais ce sera 10$ la tonne et si vous n’êtes pas contents, trouvez d’autres acheteurs. » 
Évidemment, il n’y a pas d’autres acheteurs. 
Le prix du café a t’il baissé au bistrot du coin ? Non. 
C’est la libéralisation. C'est le libéralisme. 
On nous dit oui, la concurrence fait baisser les prix, tout ça... Ah ? Vos factures de renseignements téléphoniques, elles ont plutôt baissé, ou augmenté, depuis qu'il y a la libre concurrence ?
La
soumission au marché qui ferait le bonheur des peuples, c’est du foin ; ne le répetez pas, mais on dirait que le marché se fout du bonheur des peuples. Et puis quoi ? Quelle est cette constitution qui définit par avance une politique économique ? Bon, je sais, on a bien le droit de faire une politique économique de droite, si on est de droite, c’est la démocratie, on est d’accord ou pas, il y a l’alternance et le vote, pour ceux qui ne sont pas contents. Mais, là, ce sera interdit de faire autrement qu’il est dit dans la constitution, sinon, ce serait agir anticonstitutionnellement (ça y est je l’ai placé !) que de faire une politique économique de gauche ! 
Heureusement qu'on a voté non, non mais t'imagines cette enculerie ?
Quoi, le minitraité du maxiprésident ? Ben... C'est la même chose, mais approuvée par le parlement.
Et le référendum, alors ?
Penche toi en avant. Encore. Encore, encore... Stop ! Demande à une bonne âme de regarder : il est là, bien profond. T'avais rien senti ?

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Mercredi 23 janvier 2008
publié dans : VIVE LA FRANCE par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger
(si vous n'avez pas la télé, vous êtes dispensé de la lecture de cette chronique)

 

Vous savez, chez moi, j'ai pas la télé. Peut-être que sinon, je ne serais pas en train de vous écrire, aussi ne me plaignez pas trop ; je le vis bien. Bon, je suis pas toujours calé sur la météo, mais j'en profite pour occuper tout ce temps libéré à autre chose, à dormir, par exemple... Qu'est-ce que ça repose, le sommeil, plus fort que la méditation Zen, ooooooooooooooommmmmmmm...

N'ayant pas les mêmes infos, nous sommes en décalage l'un par rapport à l'autre. Vous allez vite, je creuse plus profond. Vous êtes au courant avant moi, j'ai toujours l'air surpris quand on me souhaite la bonne année.

« -QUOI ? TU VAS PASSER UNE SEMAINE CHEZ SEB, QUI N'A PAS LA TELE ? MAIS COMMENT VAS-TU FAIRE ? »

Écoutez, apparemment, elle se débrouille très bien sans. Pour une semaine, ça va bien. Plus, on ne sait pas comment c'est encore possible.

Toujours est-il que j'ai eu un scoop, parce qu'après tout la radio ça va largement aussi vite que la télé (alors là vous voyez je vous ai bien eus, là, hein ?), il y a quelques jours -n'empêche que je suis déjà en retard d'une soucoupe, dont vous n'eûtes pas connaissance si vous vous infusez du TF1 du soir jusqu'au matin ; vous êtes gravement atteints si les prochaines nominations de la Satrac vous angoissent.

Non parce que la télé, c'est au boulot que je la regarde.

Eh oui : j'ai un boulot tranquille que je peux même regarder TF1 aussi, après tout j'ai le droit, pourquoi se priver ?

Le voilà, donc, ce scoop, tel qu'il m'est arrivé dans la tronche et qui m'a fait manger mon balais (deuxième indice) car je ne porte plus de chapeau depuis près de vingt ans, ce qui ne nous rajeunit pas.

Bref.

Non, je sais, je sais, j'ai tendance à tergiverser, mais on n'est pas à la télé, là, coco, on a le temps, flânons tranquillement, pour une fois, oublions un le stress du lendemain qui nous oblige toujours à tout toujours devoir faire tout tout de suite et ceci tous les jours.

Cool.

Quand même : deux militants (activists, en anglais, ce qui prête à confusion, car les traductions françaises d'activists nous donnent en retour d'ignobles « activistes » aux couteaux entre les dents) de l'association France Terre d'Asile sont mis en examen pour aide au séjour d'étrangers en situation irrégulière. Ceci est une nouvelle loi tout exprès mise en place pour faire plaisir à l'électorat que Sarkozy a raflé à Le Pen, on les avaient oubliés, ceux-là, avec leurs costumes de démocrates repassés de frais. Et ce qu'ont commis ces deux militants est un crime très grave et très honteux au regard de cette nouvelle loi aux accents extrémistes. Quand j'ai appris cette magnifique avancée du populisme, je me suis aperçu qu'au pays des droits de l'homme, il y a des méchants et des gentils. Il y a des moments difficiles, avoir des amis c'est très utile, quand on est sans papiers...

Attaquer des adhérents de l'Association France Terre d'Asile est vraiment symptomatique de cette volonté sarkosyenne d'affronter -d'abattre- les grands symboles d'une certaine conception de la France, d'une France accueillante pour ceux qui souffrent, d'un Peuple partageur, d'une Loi juste. Cette France, la France de ce paysan qui accueillit mon aïeul Clivillé et le garda au frais pendant toute l'occupation, lui communiste espagnol vaincu et ayant fui l'arrivée des franquistes, lui passé en 1939 par les camps de concentration de Rivesaltes, enfermé par cette France que je n'aime pas, il s'est trouvé des gens pour protéger ce pauvre garçon infréquentable, sans demander ni merci ni merde...

La belle France.

Mauvaise tête bon coeur.

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Mercredi 5 décembre 2007
publié dans : VIVE LA FRANCE par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger
Je vais bientôt aller me coucher. Il est 9h27, c'est le matin. Enfin, pour moi, je sais pas ; on pourrait me souhaiter bonne nuit, non ? Oui, mais il n'y a pas d'éclipses de prévues aujourd'hui, si ? Je sais pas. Qu'est-ce qu'ils disent à la météo ?
Je vais récupérer un document que je mettrai en ligne bientôt : du courrier écrit sur des écorces de bouleau, c'est très joli, il y a même des petits dessins : une casemate, des caillebotis... C'est Adrien Perrier, mon arrière grand-père, qui les avaient adressés à sa femme. Ces courriers datent de 1916. Adrien Perrier a toujours été jeune, il est mort d'une balle dans le front, pendant la bataille de la Somme. Il avait 26 ans. Mort pour la France, les marchands de canons et la gloire de nos généraux.
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Samedi 17 novembre 2007
publié dans : VIVE LA FRANCE par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

D'abord, je tiens à vous remercier tous pour m'avoir si spontanément souhaité un joyeux anniversaire ; mais on vous avait donc prévenus ? Vous vous en souveniez ? Merci en particulier à ma tendre Margot qui me sussura tout à coup un "happy birthday to you, Mr Clivillé" (prononcez comme recroquevillé) digne de Marylin, alors que sonnaient les douze coups de minuit...

Attends. 
Alors... Je regarde ma liste, je biffe, voilà, c'est fait : "remerciements anniversaire", allez hop, ok, c'est bon, alors c'était quoi ensuite ? Mmmm... Nanana, nanana... Ah oui : "la grève".
Foyayaïe ! J'ai rien préparé, moi, pas potassé ; je suis parti dans un truc, là, un truc de passion, et l'actu, en ce moment, j'y suis pas, dans l'actu. Pas du tout.
Bon, allez, je me lance tout de même, je vais bien réussir à improviser un petit quelque chose.

Oui, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais les Sarkolandais ne sont pas contents, ces jours-ci. Les mouvements de mécontentement s'agrégent les uns aux autres et dérivent en un rassemblement d'anti-sarkozisme primaire : salariés des transports publics, étudiants et bientôt lycéens, magistrats, avocats, flics, fonctionnaires, pêcheurs, poissonnières, charrons, putains, branleurs de dindons, photographes, boulangers, tireurs de câbles, égorgeurs de cochons, éjaculateurs précoces, clowns tristes, veilleurs de nuit, commères ménopausées, masochistes de première ligne... et tous leurs supplétifs.
Aux infos de la télé, sur lesquelles je suis tombé hier, les présentateurs ont bien entendu réduit les citoyens à leurs indissociables qualités d'usagers et de consommateurs, lesquels sont "pris en otage". Les chefs de rédaction devraient interroger leurs collègues qui ont un jour été réellement pris en otage, enchaînés, bâillonnés, le pétard sur la tempe, dans la nuit permanente, questionner leur chiasse, leur faim et leurs stratégies de survie...Ils constateraient la violence du propos, et parleraient de gêne temporaire. Ça serait plus objectif, non ? Ah oui, mais non, les clients empêchés de consommer et les usagers embarrassés sont blessés dans leur être même, privés de leur cher "tout, tout de suite". Malgré la diffamation évidente des mouvements sociaux, les colères se cristalisent dans la rue. On lance des codes civils à la (jolie) tête du (de la?) Garde des Sceaux, on se propose, les yeux dans les yeux, de donner du coup de boule au Président de la République en personne, qui est une sorte de roi de France sans couronne sur la tête, bref, on ne peut plus discuter. 
Oui, mais les sondages disent que.
Finis tes phrases, s'il te plaît.
Que... Les français sont contre la grève. 
Alors attention, on peut faire dire n'importe quoi aux sondés, et on sait leur faire répondre ce que l'on a envie d'entendre. Comment ça ? Oui, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais personne ne se pose la question de la qualité démocratique du sondage. D'après moi, il s'agit simplement de propagande, plus subtile que du temps des Marion, Laval et Henriot sous Vichy, mais les objectifs sont analogues ; on n'en était qu'aux prémisses de la communication.
Bref.
"Pensez-vous que les grèves dans les transport publics gênent les usagers ?"
Réponse à rédiger soi-même. Je ramasse les copies dans une seconde, le temps de vous trouver un crayon à papier...
Attention... Top ! La réponse est... Oui ! à 85%. Donc la grève est impopulaire. Et sans vous rendre compte, vous vous êtes faits piéger par un magnifique syllogisme de quantité, tas de bons cons, se disent-ils. Ha ha ha, ils ne savent même pas pas la différence entre l'apparence de la vérité et la vérité elle même.
Mais pas du tout : vous êtes vous-même dans la rue, ou de coeur avec les manifestants. Vous n'avez pas envie de travailler jusqu'à 70 ans ni de confier vos cotisations à des spéculateurs en bourse. Si ?
Parce que nous aussi, nous savons en faire, d'abord, des syllogismes. Mais de qualité, attention, et même de première bourre : acheter peu, mais acheter bien.
A la question : "Monsieur D'Arvor, laisseriez-vous égorger votre grand-mère par ces bandes de racailles ?", vous répondrez désormais : "Monsieur le Pésident, trouvez moralement acceptable d'emprisonner des enfants de maternelle parce que leurs parents n'ont pas leurs papiers en règle ?"
Allez, circulez, y'a rien à voir.

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Samedi 27 octobre 2007
publié dans : VIVE LA FRANCE par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger
DSC04890.JPG
Aujourd'hui, je suis très calme, vous avez de la chance.
Bon.
Alors, je vous présente Fabien ; c'est mon neveu, et il me doit le respect : j'ai huit ans de plus que lui. C'est le deuxième fils de mon frère François, l'aîné de ma fratrie. Je vais pas vous faire tout le descriptif de toute ma famille*, il faut juste que vous sachiez que des neveux et des nièces, j'en ai une palanquée. Ah oui, quelque chose de très important : sur la photo, c'est celui qui est au premier plan ; derrière lui, c'est moi, qui passais justement par là, "qu'est-ce que tu branles avec mon numérique, sale gosse?", que j'étais en train de lui demander. Il faut pas laisser les enfants jouer avec le matériel, vous serez d'accord avec moi. J'espère qu'il saura mettre de sa musique en ligne, car il en compose, et de la bonne.


Ah oui aussi, je sais que je me répète, mais c'est capital : Clivillé, il faut bien le prononcer. Que ce soient mes ascendants ou bien les générations suivantes, le monde entier nous gonfle depuis des siècles à ne pas savoir articuler correctement notre nom de famille...
C'est quand même pas compliqué : Cli-vi-llé. Même les rosbifs y arrivent.
Ha mais je sais, c'est à cause de ces philologues à la con qui trouvent toujours plus malin de nous emberlificoter dans des règlements imbitables : en français, les majuscules ne prennent pas d'accent, résultat, nous, les Clivillé, nous voilà CLIVILLE pour bien entrer dans les cases, et vulgairement fancisés en Cliville, non, oui, ça sonne bien français, non mais je vous demande un peu ? Et notre fierté catalane, alors ? On a perdu une guerre, nous, vous nous avez  mis en camp à Rivesaltes comme nous sommes arrivés dans votre beau pays, faudrait pas l'oublier, alors un peu de putain de bordel de respect, c'est pas trop demander, j'espère ???
Je vous aime bien quand même, allez, vive la France, le pays du droit de l'homme et du cynisme institutionnel.
Désormais Fabien Clivillé écrira sur ce blog quand bon lui semblera, car je lui ai donné les clefs, oui, avec un f mais arrêtez de m'embrouiller avec des détails, vous commencez vraiment à me courrir sur l'haricot à tout le temps pinailler comme ça.
Bref, regardez bien la signature, et ne confondez pas nos prénoms non plus, parce que là ce serait le comble ; pour le coup, je serais vraiment capable de péter un plomb.
Vous aurez été prévenus.






Si vous voulez découvrir une famille, allez donc faire un tour en suivant le crocodi-lien.
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Samedi 27 octobre 2007
publié dans : VIVE LA FRANCE par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger
Salut les copains
Pff. J'ai squatté le PC portable à mon frangin... J'aime pas dire du mal des gens, mais là, il est vraiment trop petit, son clavier ; j'ai l'impression d'avoir trop de doigts ! Je laisserai une plainte par écrit en partant.
Ici,  c'est Berk. Prononcez Beark, ou Beurk, selon votre accent. Mon fils aîné  apprend à faire du vélo sans roulettes, comme il sait faire à l'école ; seulement,  à l'école  maternelle, les byclous sont à pignon fixe,  tandis qu'ici, il est à chaîne. Dire que les mecs des premiers tours de France ne connaissaient pas les vitesses...  Ils se dopaient-déjà- au calva -surtout les Normands. La chaîne, ça a ses inconvénients :  mon fiston est en train de se bleuir les tibias. C'est le métier qui rentre.
Ici,  c'est chez mon frère Laurent.  J'aime bien y venir, retrouver ma tribu. Nous ne sommes pas originaires du Pas de Calais, mais bon, la vie a fait que. 
(Tiens !  une phrase à compléter soi-même !)
Berk, c'est la plage, les dunes, la tranquilité, le vélo à deux roues.
Je vous bise fort.plage3.jpg
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Mardi 16 octobre 2007
publié dans : VIVE LA FRANCE par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

UNE FOULE EXITEE DEFILE DE LA BASTILLE A LA NATION. BANDEROLLES, DRAPEAUX NOIRS, MEGAPHONES, ET PIPES EN BOIS.


"
- Laissez-nous ?
- Fumer !
- A la terrasse des ?
- Cafés !"

LES ESPRITS S'ECHAUFFENT. LA MULTITUDE ECHEVELEE ONDULE SOUS LA HOLA.

"- Laissez-nous ?
- Crever ! 
- Nous into ?
- Xiquer !
- On ne veut plus ?
-
Payer !
- Nous sommes de pauvres enfants ?
- Drogués !"


LA FOULE CHARGE LES CRS PLACES EN FACTION DEVANT LES BUREAUX DE TABAC ; LES PAVES SURGISSENT DES ECRANS DE FUMEE NICOTINIQUE, ON NE SAIT PAS QUI A COMMENCE.

"- Un paquet par jour !
- Remboursé par la sé-curité  ?
- Sociale !"

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Vendredi 14 septembre 2007
publié dans : VIVE LA FRANCE par Seb

pigeon.jpg


Nouveau : les sachets de riz estampillés "coins froids".

"- Hey ? Ducon ?
- Yes ?
- Comment veux-tu que je te les choppe, tes "coins froids", une fois plongés dans l'eau bouillante ? 
- Et bien t'as qu'à verser le sachet dans l'égouttoire (un ou une?), neuneu !
- Dis donc, mords-la-paille, tu serais pas en train de me dire que j'aurais obtenu le même résultat en cuisant mon riz directos dans la casserole ? Que j'aurais fait le même taf avec du basmiti en vrac premier prix ?
- Heu... Justement, mon pigeon, je ne voulais pas que tu fasses ça ; et ma valeur ajoutée, alors ? Qui est-ce qui va rémunérer mes actionnaires, si je n'arrive pas à te vendre du vent, avec mon riz ? Le riz nature, ça ne rapporte rien ! Le vent est très bien côté en bourse !
- Fumier de capitaliste ! Sophiste de merde !
- Salaud de pauvre !"

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Dimanche 2 septembre 2007
publié dans : VIVE LA FRANCE par Seb
dsc04456.jpgJe loge ici, à Maleval le Haut, entre deux habitants et trente brebis.

L'ardéchois se plaint du manque d'intérêt que suscite son département auprès des autorités. C'est vrai que dès que l'on passe en Haute-Loire, les routes s'enrobent aussitôt de bitume frais et bien lisse, le long de pimpantes lignes discontinues, témoins du retour de la civilisation après trois semaines passées en Ardèche. L'Ardèche... Hmpf ! Où les pandores se méfient d'une population réputée farouche et réfractaire. J'aime ces partisans dans leurs retranchements... La montagne, ses vallées secrètes et ses lacets de Moebius, d'où l'on se lance à l'assaut de la montagne ancienne (comme c'est dit dans le guide) et de ses plateaux imprenables. Vercingétorix aurait pu se retrancher ici. Il ne l'a pas fait, va savoir pourquoi il est allé s'enfarger sur celui d'Alésia, non mais franchement, je vous demande un peu ?
C'est ici que commença le monde, le Monde, pardon, et même, le Fils de l'Homme (ou son frère) se serait arrêté ici. Il mangea une châtaigne ; c'est ainsi que naquit le Mont Gerbier de Jonc, source (authentique, unique et véritable) de tant d'inspiration. J'aime aussi l'Ardèche de la rivière, entre le frais des gorges profondes -hm- et le froufrou brûlant des criquets séducteurs, la quéquette à l'air. Le monde fantasmé... 
Je vous aurais bien fait une belle description de paysage, mais je suis bloqué depuis que j'ai compris comment Léonard peignait le sfumato... Pas au niveau, Totoseb ! J'aurais pas la patience. Je ne sais pas faire les descriptions de paysages. Trop distrait. Les petites choses sous mon nez, là oui, je peux éventuellement vous les faire surgir, le cul des bourdons dans les liserons, par exemple, et même tous ceux qui s'offrent à mon regard, je pourrais vous les refaire. Rien n'est, tout est devenir ; seulement,  je ne sais pas dire le chamboulement de la montagne, je ne connais pas l'avenir du lit de la rivière, mais voici un tourbillon sous le rocher en pente douce, l'hélicoptère du platane s'y engloutit, puis jaillit, là ! voyez les méduses des hautes sphères qui s'effilochent en cotonneux filaments ; roulez-le dans la paume,
humez ce parfum pimenté des serpolets de dessous le genêt.
Les pieds au frais, à l'ombre constellée des grands aulnes, je suis bien, en Ardèche. Aussi le moment est venu de se taire  : je ne sais rien dire du beau, mais je suis heureux d'exister près de lui.

Mmmmmmmmmm.

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