(si vous n'avez pas la télé, vous êtes dispensé de la lecture de cette chronique)
Vous savez, chez moi, j'ai pas la télé. Peut-être que sinon, je ne serais pas en train de vous écrire, aussi ne me plaignez pas trop ; je le vis bien. Bon, je
suis pas toujours calé sur la météo, mais j'en profite pour occuper tout ce temps libéré à autre chose, à dormir, par exemple... Qu'est-ce que ça repose, le sommeil, plus fort que la méditation
Zen, ooooooooooooooommmmmmmm...
N'ayant pas les mêmes infos, nous sommes en décalage l'un par rapport à l'autre. Vous allez vite, je creuse plus profond. Vous êtes au courant avant moi, j'ai
toujours l'air surpris quand on me souhaite la bonne année.
« -QUOI ? TU VAS PASSER UNE SEMAINE CHEZ SEB, QUI N'A PAS LA TELE ? MAIS COMMENT VAS-TU FAIRE ? »
Écoutez, apparemment, elle se débrouille très bien sans. Pour une semaine, ça va bien. Plus, on ne sait pas comment c'est encore possible.
Toujours est-il que j'ai eu un scoop, parce qu'après tout la radio ça va largement aussi vite que la télé (alors là vous voyez je vous ai bien eus, là, hein ?),
il y a quelques jours -n'empêche que je suis déjà en retard d'une soucoupe, dont vous n'eûtes pas connaissance si vous vous infusez du TF1 du soir jusqu'au matin ; vous êtes gravement atteints si
les prochaines nominations de la Satrac vous angoissent.
Non parce que la télé, c'est au boulot que je la regarde.
Eh oui : j'ai un boulot tranquille que je peux même regarder TF1 aussi, après tout j'ai le droit, pourquoi se priver ?
Le voilà, donc, ce scoop, tel qu'il m'est arrivé dans la tronche et qui m'a fait manger mon balais (deuxième indice) car je ne porte plus de chapeau depuis près
de vingt ans, ce qui ne nous rajeunit pas.
Bref.
Non, je sais, je sais, j'ai tendance à tergiverser, mais on n'est pas à la télé, là, coco, on a le temps, flânons tranquillement, pour une fois, oublions un le
stress du lendemain qui nous oblige toujours à tout toujours devoir faire tout tout de suite et ceci tous les jours.
Cool.
Quand même : deux militants (activists, en anglais, ce qui prête à confusion, car les traductions françaises d'activists nous donnent en retour d'ignobles « activistes » aux couteaux entre les dents) de l'association France Terre d'Asile sont mis en examen pour aide au séjour
d'étrangers en situation irrégulière. Ceci est une nouvelle loi tout exprès mise en place pour faire plaisir à l'électorat que Sarkozy a raflé à Le Pen, on les avaient oubliés, ceux-là, avec
leurs costumes de démocrates repassés de frais. Et ce qu'ont commis ces deux militants est un crime très grave et très honteux au regard de cette nouvelle loi aux accents extrémistes. Quand j'ai
appris cette magnifique avancée du populisme, je me suis aperçu qu'au pays des droits de l'homme, il y a des méchants et des gentils. Il y a des moments difficiles, avoir des amis c'est très
utile, quand on est sans papiers...
Attaquer des adhérents de l'Association France Terre d'Asile est vraiment symptomatique de cette volonté sarkosyenne d'affronter -d'abattre- les grands symboles
d'une certaine conception de la France, d'une France accueillante pour ceux qui souffrent, d'un Peuple partageur, d'une Loi juste. Cette France, la France de ce paysan qui accueillit mon aïeul
Clivillé et le garda au frais pendant toute l'occupation, lui communiste espagnol vaincu et ayant fui l'arrivée des franquistes, lui passé en 1939 par les camps de concentration de Rivesaltes,
enfermé par cette France que je n'aime pas, il s'est trouvé des gens pour protéger ce pauvre garçon infréquentable, sans demander ni merci ni merde...
La belle France.
Mauvaise tête bon coeur.