Little things

  DSC04857.JPG
Les certitudes,
Les avis définitifs ?
Je m'en méfie
Comme de la peste ; 
Surtout des miens.
Mes grandes idées
Ont disparu
Sans laisser d'adresse.

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Samedi 9 février 2008
publié dans : LES JUSTES par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

La réponse était
cavanna1.jpg

CAVANNA

Bravo  à Quichottine, qui a débusqué le lièvre grâce à son instinc légendaire.
Bon, je suis pressé, mon dealer ferme à 19H00, mais je ne resiste pas à l'envie de vous en servir une autre, très fine et délicate, du même auteur, distinguée, parfumée, même : 
Sur le bûcher, Jeanne d'Arc dit : 
"- Je vous parie que je fais sortir la fumée par les yeux."
Et elle le fit.
C'est pourquoi les Anglais crièrent :
"- Nous avons brûlé une sainte !"

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Vendredi 25 janvier 2008
publié dans : LES JUSTES par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

- T'as bonne mine, toi, avec ton crayon cassé. Ousqué ton taille-crayons ? Hein ? Tu l'as encore perdu, vaurien ! Je m'en doutais de toutes façons : même pas capable d'avoir du matériel en bon état. Ha ! Elle aurait été belle, la guerre, avec des soldats de cet acabit !

- Quoi ?

- Je dis : elle aurait été belle, la guerre, avec des poilus dans ton genre ! T'es sourd, ou quoi ? Tu imagines ? Comment tu aurais fait, si les ressorts de ton lebel avaient sauté dans la boue de l'Argonne ? La gueule des héros !

- Quoi ? Mais de quelle trempe crois-tu qu'ils étaient, les pauvres gars qui se sont fait étriper pour la patrie ? De la mienne, bouffon, de la mienne, des pauvres cons qui se sont vite rendus compte qu'ils auraient été mieux ailleurs. D'ailleurs avec QUE des gars de mon genre, on l'aurait perdue vite fait, cette putain de guerre, et peut-être que l'humanité s'en serait pas plus mal portée, Salaud, avec des mecs comme moi, on n'aurait jamais recommencé vingt ans plus tard, dans un autre genre mais encore pire. A bas la guerre ! A bas l'armée ! J'emmerde les galonnés, je plains les décorés, j'applaudis les mutinés, j'admire les déserteurs. Et en plus, mon crayon, je le taille au couteau. Allez, dégage !

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Vendredi 19 octobre 2007
publié dans : LES JUSTES par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger

lucky-dube.jpg
Different colours
One people
Vous connaissez l'Afrique ? 
Oui, les éléphants, les gorilles...
Mais aussi
La misère
La violence
La faim
La peur
Le SIDA
Je pourrais vous raconter les bidonvilles, les barbelés, les heures de marche pour trouver maigre pitance, les kalachnokov, les pneus enflammés en guise de collier.
Je pourrais.
Rastas never die.

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Vendredi 12 octobre 2007
publié dans : LES JUSTES par Seb
"- Alors, mon petit Seb ? Ça fait moment que tu traînes moins sur les blogs... Tu es sûr que ça va ?
- Mm... Mal à la tête... Pas dormi avant deux heures du mat'...
- Eh oui, je comprends, tu dois être perturbé, après que ta nana t'as largué. Tu dois être très malheureux.
- Non non, je suis juste fatigué. Je suis en arrêt maladie.
- Attention à toi, hein, ne te cachetonne pas trop, la dépression, faut essayer de s'en sortir autrement qu'avec de la chimie. Comme je te plains !
- Ma qué, dépression ? J'ai la crève, c'est tout !
- Allez, allez, ne te voile pas la face, tu sais bien que tu peux tout me dire. T'es pas le premier à qui ça arrive...
- Pff.
- Halala. Comme tu dis. C'est bien triste.
- Non, je ne soupire pas parce que je suis triste. Je ne suis pas triste. Mais il va falloir que je t'explique, car je vais bien. Très bien, même.
- ?
- Si je suis fatigué, c'est parce que j'ai rencontré quelqu'un, et que nous nous emportons jusqu'au bout de nos nuits. Je me sens... LIBRE ! "

 

Aujourd'hui, j'avais envie de vous faire partager cet extrait de l’œil du lapin de CAVANNA, qui ne le sait peut-être pas, mais que j'aime beaucoup. Un cri de révolte. Moi non plus, je n'aime pas donner la mort ; pas même aux araignées.

« Cette chose, c’est l’épouvante que j’avais quand ma tante, placide, souriante, arrachait d’un couteau preste l’œil du lapin vivant pendu par les pattes au –dessus de la bassine, PARCE QUE C’EST MEILLEUR : il faut que le lapin soit vivant jusqu’au bout afin que les veines se vident bien de tout leur sang. […]Et moi je hurlais, je courais loin loin, je courais, mais ce lapin était dans ma tête, au bout de ses pattes de lapin qu’étirait la ficelle, je n’étais qu’horreur et hurlement, je comprenais pas qu’on PUISSE faire ça je ne comprenais pas qu’on puisse avoir vu ça et vivre. […]

 

Et aujourd’hui, je sais. Je HAIS la mort. Voilà.. C’est tout. Je suis un sensiblard, une gonzesse, et je hais la mort. Je hais ceux qui la donnent, ceux qui la donne légèrement, ceux qui la donne distraitement, ceux qui la donnent pour que la sauce du civet soit meilleure, ceux qui la donnent pour faire joujou, ou pour se prouver qu’ils sont des hommes et qu’ils ont des couilles au cul, ou pour la Cause (il y a toujours une Cause qui vaille qu’on tue, et qu’on meure), ceux qui la donnent parce que c’est le seul moyen, ceux qui la donnent pour le sport, pour la coquetterie, pour tuer le temps… Ceux qui la donnent pour le fric, ceux qui la donnent pour l’honneur. […]

 

Je hais ceux qui l’acceptent et ceux qui l’exaltent, ceux qui l’honorent comme « l’autre face de la vie, son complément obligatoire » -paradoxe miteux- et ceux qui la parent des prestiges de l’héroïsme du « don suprême. La mort est une saleté, un point c’est tout. La mort est l’horreur absolue.[…] Si un dieu a vraiment crée cela, je hais ce Dieu, je lui réserve la totalité de ma capacité de haine et je le haïrai à chaque seconde de ce piège à con qu’est ma putain de vie mortelle… Mais un dieu ne PEUT PAS avoir VOULU une telle insanité. Il n’y pas de dieu.. Seuls des hommes, des petits hommes dévorés de peur, ont pu imaginer dans leur esprit tordu, dans leur impuissance à comprendre et à admettre, qu’un dieu tout puissant ait pu vouloir ça, un dieu à leur image, à leur sale merdeuse image, un dieu capable d’attacher le lapin vivant par les pattes de derrière et de lui arracher l’œil pour que la sauce du civet soit bien réussie.

 

Il n’y pas de dieu. Heureusement.

 

Mais il y a les hommes. Hélas. […] »

 
 
 

« Mon horreur grandissait, et ma rage, et mon dégoût. Toujours l’œil du lapin. Des hommes FONT ça. Des hommes ACCEPTENT ça. Ceux qui n’acceptent pas, on les laisse gueuler tant que ça n’a pas d’importance. Le jour où ils gênent, on les tue. Comme Jaurès. La guerre, au fond, ILS AIMENT ÇA. Ils proclament le contraire, mais ils mentent, ou ils ne se connaissent pas vraiment. Ils aiment ça. Ils aiment gagner, ils aiment risquer, ils aiment avoir peur, ils aiment s’exciter la gueule tous ensemble, en foule, et perdre les pédales, et laisser la responsabilité aux chefs, et quitter la femme, les gosses et le travail chiant, ils aiment se faire des souvenirs formidables pour quand ils seront vieux, ils aiment les médailles et les cérémonies, ILS AIMENT LA MORT. […]

 

Je hais la guerre. Elle est la preuve hurlante que nous ne sommes que des sous-hommes, aussi arriérés mentalement qu’à l’âge des cavernes, des brutes avec en main de formidables moyens de destruction. […]On n’a pas besoin de héros. On a besoin de dirigeants qui ne nous mettent pas dans le cas d’en avoir besoin. Or, toute le politique entre pays est dominée par la guerre. […]

 

La guerre est une institution parmi nos institutions, elle est un métier plus qu’honorable, un métier prestigieux. Elle s’enseigne dans des écoles spéciales. C’est la guerre qui provoque la gloire la plus haute, c’est à des généraux qu’on dédie nos plus belles avenues. Ils aiment la mort. […]

 

« Plutôt mourir dans l’honneur que vivre lâche ». Voilà le poison qu’on nous fait entrer dans les réflexes. On fait de nous des machines à tuer et à mourir. La mystique de l’honneur… L’œil du lapin, oui ! Et moi, j’affirme que quand on est mort on est mort, et que rien ne peut être pire. Alors que vivre lâche, infâme, bourrelé de remords… C’est sans doute inconfortable, mais çA vaut le coup d’essayer. Rien que pour voir. Il sera toujours temps de me suicider si c’est vraiment insupportable. Le maréchal Bazaine, à ce que j’ai appris en cours d’histoire, après avoir trahi de la façon la plus répugnante et avoir certainement causé volontairement, par pure ambition merdeuse, la défaite française de 1870 avec toutes ses épouvantables conséquences, est mort tranquillement dans son lit. Il semble donc bien que l’épouvantable remord du traître ne ronge que le simple soldat[…]

 

Je n’ai aucune vocation à trahir, simplement je ne veux pas me battre. Je préfère vivre esclave humilié, mutilé, volé, vaincu, battu, cocu que de ne pas vivre. Les gens parlent légèrement de la mort, de leur mort, parce qu’ils ne l’imaginent pas. Pas vraiment. Ils se voient étant morts, honorablement morts, ils oublient qu’ils ne verront rien du tout. […]

 

Mais si tu ne tues pas les méchants, ce sont eux qui te tuent ! Si un méchant m’attaque, c’est mon affaire. SI l’on me dit qu’il y a en face soixante millions de méchants et qu’ils m’attaquent, moi, personnellement, je demande à voir. […]

 

Ils en arrivent à se persuader que ce qui fait mal et qu’on est forcé de subir est une friandise délicieuse. Que la virilité se prouve en marchant à la rencontre des mitrailleuses et en enfonçant sa baïonnette dans un ventre tout chaud. […] C’est ça l’héroïsme ?

 

Les héros ce sont les journaux qui les fabriquent, après coup, et les discours devant les monuments aux morts. La guerre est une monstruosité, une honte que rien, jamais, ne justifie. Tous les gouvernements, sous prétexte de défense, préparent la guerre, comme ils l’ont toujours préparée, et ils la feront comme ils finissent toujours par la faire. […]

 

Pourquoi les nations d’Europe n’ont-elles jamais été aussi formidablement armées qu’actuellement ? […]

 

Je suis un lâche, j’aime ma peau par-dessus tout, je suis douillet, avant même que l’on commence à me torturer je donne tous les noms. Je suis imperméable à la religion de l’honneur qui n’est qu’un attrape-nigaud destiné à faire de nous de la chair à canon docile et même enthousiaste. Mon échelle de valeurs n’est pas la vôtre.

 
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Jeudi 11 octobre 2007
publié dans : LES JUSTES par Seb
 
Quand je lui ai demandé pourquoi il allait faire ça, payer pour tout le monde et être puni pour avoir refusé de mentir, il a dit que son Père l’avait préparé à endosser la scélératesse et la férocité de l’humanité, et que, de toute façon son Père, il n'en avait rien à foutre, du moment qu'il n'aurait rien à payer…
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Jeudi 6 septembre 2007
publié dans : LES JUSTES par Seb

DSC04549.JPGC'est juste un vilain garnement, mais ne t'inquiète pas, Mimi : installe toi bien confortablement dans ton fauteuil préféré, mains croisées sur le ventre. Ferme les yeux ; inspire par le nez, et compte mentalement : un. Deux. Trois. Quatre. Bloque ta respiration. Compte encore jusqu'à quatre. Expire doucement, un, deux, trois, quatre. Bloque ta respiration. Va gentiement jusqu'à quatre. Recommence l'exercice autant de fois que tu le sens : 
Et hop ! Tu es relaxée !
Parti, le méchant monsieur ! 

Ne pas avoir la haine. 
Faire preuve de compassion. De mansuétude pour un drame de la solitude. Débusquer les commentaires différents.

Sinon, un bon coup de pompe dans le cul. Trop couvé, cet enfant-là.

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Mercredi 29 août 2007
publié dans : LES JUSTES par Seb
Mumia Abu Jamal est toujours dans le couloir de la mort. L'Amérique est-elle toujours raciste ?mumia.jpg
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Mardi 28 août 2007
publié dans : LES JUSTES par Seb
sex-pistols.jpgT'as vu tous les petits punks qui se baladent en liberté ?
C'est chouette, parce qu'enfin (enfin !) se vérifie l'adage populaire :  "punk not dead, never mind the bollocks !"
Ah ! Enfin ! Les jeunes, en ricanant bêtement, vont se remettre à adresser des doigts d'honneur à la population effrayée et à tirer la langue à ceux qui pensent droit.
Ouaich !
Quoi, leurs fringues ?
Ah oui, c'est vrai ça, tiens. Quid des futales usés jusqu'à la trame, des  bombers constellés de taches de gras ? Et leurs chiens jaunes ? ET qu'est ce qu'ils boivent ? DU COCA ??? SANS VIN ROUGE ??? Bon sang : ils portent des marques ! Des gucci, des diesel ! Pas un poil qui dépasse, pas de crètes dressées à la fiente de pigeon !
Par Sid Vicious, ce ne sont pas des punks !
ILS SONT PROPRES ! ! !
CE SONT DES AVATARS !
Johnny Rotten, au secours !
 
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Lundi 30 juillet 2007
publié dans : LES JUSTES par Seb

Bon.

Voici mes trois frères et moi.DSC04220.JPG

Question:  le(s)quel(s) est-ce que je pourrais battre au ping-pong ?
Exercice : Imprimez la photo. Munissez-vous de crayons de couleur. 
En rouge : François.
En bleu : Vincent.
En orange : Laurent.
En vert : Sébastien.
Scannez le résultat.
Envoyez-moi.
Si vous avez bon, je vous le dirai.
Sinon, je vous le dirai aussi.
Bonne récompense assurée pour le premier arrivé !

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Jeudi 12 juillet 2007
publié dans : LES JUSTES par Seb

Entre ici Totoseb ! Avec ton terrible cortège... Avec ceux qui sont morts dans les blogs...

Totoseb n’est plus. Un coup d’oeil à droite et un coup d’oeil à gauche n’ont pas suffit : c’est par derrière qu’est arrivé le coup fatal.

Totoseb ! Sa petite fumée ne pollue plus, retournée au néant des choses incréées... Et vlan, passe-moi l’éponge.

ours.jpgForce et légèreté

 

"L’être est. Le non-être n’est pas," dit Parménide au sortir du Balto. "Néanmoins", ajouta t’il l’air entendu, "un seul hêtre vous manque et tout est peupliers." Seulement, Totoseb était une suite logique de 1 et de 0, participant ainsi de l’être ET du non-être. Mais n’en voulons pas à Parménide : il ne connaissait pas le zéro, et il n’avait pas d’ordinateur. Deux handicaps.
 

Le faire-part disait : « Vous ne bloguez plus ».

 

"Totoseb !" Comme disait l’autre en s’essuyant le jaune d’oeuf qu’il lui restait dans la barbe, le doigt accusateur, l’oeil vitreux et la bouche en cul-de-poule ! "Totoseb ! "

 

Toujours debout malgré les injures, les coups de bambous et les pannes informatiques, dressé face au harcèlement intellectuel, tel que défini dans les articles de la loi du 31/02, et puni d’une amende de 7 kawris et d’une peine de 1 heure de piquet bonnet d’âne en tête, toujours vaillant, ventre en avant et bière en main ! Certes, tu as été submergé par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi. Infiniment plus que son nombre, ce sont les acrostiches, les insultes, la duplicité des contempteurs, la lâcheté des « amies » ralliées au bête immonde, sociales-traîtres sensibles aux sirènes quasi-sarkoziques, qui t’ont fait d’abord reculer. Mais tu as su, Totoseb, rester fier et digne, Totoseb, bougre de chenapan ! Tu as excité, ridiculisé, taloché des intellos trop balourds pour comprendre l'autodérision et le second degré ; tu as tenu la position, jusqu’à l’arrivée de la cavalerie : vous avez finalement repoussé les procureurs dans leurs frontières.

 

Retenez la leçon de Totoseb : c’est le démagogue qui dénoncera votre démagogie, c’est celui qui le dit qui y est !

 

Totoseb, t’étais un sacré emmerdeur, absolu et superbe, mais ton blog n’est plus, et tu n’es plus non plus, même si des cafards profanateurs salissent encore ta sépulture. Tu n’avais plus de raison d’être : je t’ai moi-même exécuté d’un clic dans la nuque. Comme au bon vieux temps de la collectivisation.

 

Non mais.

 
 

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Dimanche 15 avril 2007
publié dans : LES JUSTES par Seb
http://www.geocities.com/ganesha_gate/gandhi2.jpg



"Un homme ne peut vivre pleinement que s'il a connu au moins une fois la mort"


Et vous ?
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Lundi 15 janvier 2007
publié dans : LES JUSTES par Seb

L’autre jour, en allant sur un des sites amis de celui-ci, comme on dit dans le jargon chez le sieur Orlando De Rudder, j’ai lâché un com. Oups ! Je ne me souviens plus exactement du sujet, car je suis naturellement confus et dispersé, mais en gros, je prétendais que, pendant la guerre d’Espagne, les deux camps partageait le même cri de guerre viva la muerte, je ne sais pas faire les points d’exclamation inversés comme en castillan avec mon clavier d’ordinateur.

Orlando (Orlando, j’espère que vous ne m’en voudrez pas de rapporter ici cette petite conversation privée) me répond que mais non, pas du tout, et réfère toi à untel et untel et à Unamuno, aussi.

Unamuno?

J’avais reçu dans le même temps un mail sibyllin de Marie Rnnd qui me demandait si j’avais jamais lu le discours d’Unamuno. J’avais répondu avec une pirouette pour dissimuler mon ignorance crasse, car d’immenses trous traversent ma culture politique classique. Personne n’était dupe. Pourtant, je descends directement d’un républicain vaincu par les franquistes. La honte… J’ai attrapé le petit dictionnaire amoureux de l’Espagne (Michel Del Castillo) et j’en ai appris un peu plus sur le quidam. Voici ma synthèse, arrêtez moi si j’ai oublié ou mal interprété ma lecture :

 

Ecrivain et Philosophe, inspiré des idées de Nietzsche et de Dostoïevski, ces deux-là, je connaissais, c’est le chantre de la subjectivité. Nous mystifions nos existences pour dissimuler et rendre acceptable l’absurdité de la vie. Nous nous mentons, nous inventons des systèmes pour ne pas nous avouer qu’au bout là-bas, il n’y a rien à comprendre. Nous refusons la mort de toutes nos forces. Il ne nous reste que le désir d’immortalité, le besoin de Dieu, une foi personnelle et agnostique.

On nous apprend que l’homme était grincheux ; recteur de l’Université de Salamanque, il était républicain en exil sous Alphonse XIII, puis, dégoûté par les excès anticléricaux de la République et des révolutionnaires, décelant toutes les horreurs du stalinisme et du nazisme, il se retira et ne se mêla plus d’affaires publiques.

Lorsque le canon tonna, par réaction contre la brutalité anticléricale des anarchistes, il manifeste d’abord de la sympathie pour la cause nationaliste, mais l’ampleur des massacres commis par les franquistes l’en détourne rapidement.

Le 12 octobre 1936, fête de la Vierge du Pilar, la patronne de l’Espagne, un grand raout est organisé à l’université de Salamanque. Tout le monde est là, la femme de Franco, ses généraux, les évêques, bref, tout ce qui compte dans l’Espagne nationaliste. Les orateurs se succèdent à la tribune, enflammant l’assistance de discours de méchanceté et de haine.

Vient le tour du général Astray, borgne, amputé d’un bras et d’une jambe, s’en prenant dans un discours vitupérant et venimeux aux Basques et aux Catalans pour glorifier l’unité de la nation. Des hurlements hystériques de la Phalange saluent l’intervention : « Espagne, une ! Espagne, grande ! »

Livide, Unamuno attend que se calme le grondement de la foule et prend alors la parole :

« Vous attendez tous ce que je vais dire. Vous me connaissez et vous savez que je ne peux garder le silence. Je voudrais ajouter quelque chose au discours, si on peut l’appeler ainsi, du général Millan Astray, présent ici parmi nous. Ne parlons pas de l’affront personnel que m’a fait sa violente vitupération contre les basques et les Catalans. Je suis moi-même né à Bilbao, l’évêque aussi, , que cela lui plaise ou non est Catalan, de Barcelone… »

Silence stupéfait et tendu des participants… Après un long moment, sans doute à bout de nerfs, Astray s’écrie : « Vive la mort ! 

Unamuno fixe un instant le général et poursuit :

« Je viens d’entendre un cri morbide et dénué de sens : vive la mort !

«  Et moi, moi qui ai passé ma vie a façonner des paradoxes qui ont soulevé l’irritation de ceux qui ne les saisissent pas, je dois vous dire, en ma qualité d’expert, que ce paradoxe barbare est pour moi répugnant. Le général Millan Astray est un infirme. Disons-le sans arrière pensée discourtoise. Il est invalide de guerre. Cervantès l’était aussi. Malheureusement, il y a aujourd’hui beaucoup trop d’infirmes. Il y en aura bientôt encore plus, si Dieu ne nous vient pas en aide. Je souffre à la pensée que le général Millan Astray pourrait fixer les bases d’une psychologie de masse. Un infirme qui n’a pas la grandeur spirituelle d’un Cervantès recherche habituellement son soulagement dans les mutilations qu’il peut faire subir autour de lui. Cette université est le temple de l’intelligence. Et je suis son grand prêtre. C’est vous qui profanez son enceinte sacrée. Vous vaincrez, parce que vous disposez de la force brutale ; vous ne convaincrez pas car il vous manque la raison.

« Je considère comme inutile de vous exhorter à penser à l’Espagne. J’ai terminé. »

 

Défier la mort et ses bourreaux en face, courage, héroïsme. Unamuno qui porte l’estocade au franquisme. Olé.

N’empêche : si j’ai appris quelque chose sur la grandeur et découvert un auteur à lire absolument, je ne suis toujours pas sûr que mon assertion de départ soit fausse, à savoir que les antagonistes utilisaient cette même formule, « vive la mort ». Quelqu’un pourrait-il me démontrer le contraire – ça, c’est un sophisme ou je ne m’y connais pas- ?

 

 

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Jeudi 19 octobre 2006
publié dans : LES JUSTES par Seb

 

Pendant que vous vaquiez à vos saines occupations, moi j’étais en train de lire. Contrairement à certaines mauvaises langues qui s’autorisent à signer des articles en mon nom, et dont la simple lecture me fait monter le rouge au front, ce livre n'est pas plus rébarbatif qu'un ouvrage de grammaire, par exemple ; j’ai fini Des Voix Sous la Cendre, manuscrits des Sonderkommandos d’Auchwitz-Birkenau, publié en association avec le Mémorial de la Shoah, édité au Livre de Poche.

Voici ma fiche de lecture. Aujourd’hui, je ne rechercherai pas le style littéraire, parce que je déteste cet exercice. D’ailleurs, je le fais mal.

 

 

« -Je ne dis pas que les chambres à gaz n’ont pas existé, je dis qu’il s’agit simplement d’un point de détail de l’histoire de la seconde guerre mondiale » Jean-Marie Le Pen, politicien professionnel, raciste et xénophobe.

 

Le Sonderkommando (unité spéciale) était constitué de détenus –juifs ou pas- qui se relayaient nuit et jour pour extraire et brûler les victimes des chambres à gaz. Ces gens étaient condamnés à mort dès leur intégration à ce Kommando : en effet, le négationnisme n’est pas seulement le fait de quelques nostalgiques du nazisme, mais il fut intégré au crime dès son exécution : les SS, malgré toutes les justifications qu’ils accordaient à leurs actes, savaient qu’ils commettaient la plus abominable des atrocités et, comme tous criminels sensés, prenaient grand soin d’effacer les traces de leurs forfaits et d’en éliminer les témoins.

Ces déportés ont donc été les témoins directs et actifs de l’extermination industrielle de centaines de milliers de juifs d’Europe. « Il fallait imaginer une installation à circuit continu dans laquelle les juifs [et les Tziganes] entraient à pied et sortaient en cendres (salles de déshabillage, chambres à gaz et four) »

Les bandits avaient besoin de travailleurs en bonne santé pour effectuer ce travail essentiel à leurs criminels desseins. En attendant la mort, les Sonderkommandos étaient mieux traités que n’importe quels détenus des camps, (Outre l’extermination, Auchwitz était aussi un camp de concentration « classique », pour ceux sélectionnés dans la bonne colonne) ils pouvaient récupérer certains biens que les victimes laissaient à l’entrée de la chambre à gaz, la nourriture et les vêtements chauds. Ils dormaient dans des chambres individuelles, priaient à leur guise, disposaient de chauffage, de livres, d’instruments de musique… Ils leur arrivaient même de pousser la chansonnette avec les SS qu’ils côtoyaient en dehors des heures de travail…  étrange instinct qui pousse les hommes à vivre à tout prix, même aux côtés des assassins des êtres aimés, qui vous mettront une balle dans la tête quand l’envie les prendra ou quand l’ordre leur en sera donné.

Les Sonderkommandos eurent quelques alternatives pour se sortir de leur condition immonde de collaborateurs à l’abomination.

Le suicide est la première des solutions pour échapper à cet enfer. Mais on veut vivre à n’importe quel prix, et, finalement, peu d’entre eux ont mis fin à leurs jours : l’espoir fait vivre. Se sachant condamnés, ils ont pris deux décisions : cacher leurs témoignages écrits sur le site même de l’extermination, et déclencher une insurrection armée dans le camp d’Auschwitz.

Bon.

Peu de manuscrits nous sont parvenus, car, avant d’évacuer le camp, les nazis ont détruit les sites de gazage,  mais pas assez méticuleusement cependant : l’Armée Rouge leur poussait au cul.

Quant à la révolte, elle eut bien lieu, mais elle ne fut pas généralisée au camp : les dissensions au sein des différents mouvements de résistance à Auchwitz, et l’arrivée inopinée de 2000 SS ne le permirent pas. C’est quand le Sonderkommando commença à être liquidé en octobre 44 que les survivants prirent les armes qu’ils avaient accumulées ; il détruisirent une chambre à gaz et tuèrent quelques Allemands, mais l’opération fut un fiasco. Peu après, le camp fut évacué vers le Reich et les survivants parvinrent à se fondre dans la masse des prisonniers. Certains s’évadèrent, d’autres survécurent jusqu’à la libération.

Ils n’étaient plus qu’une dizaine.

 

Quelques citations tirées du livre, celles que j’ai stabylotées, en fait. Je vous conseille de le lire en entier, j’aurais pu tout colorier en fait ; en plus, au début de l’ouvrage, je n’avais pas de stabylo. Je ne sais pas pourquoi j’ai choisi celles-ci, mais bon, elles y sont. Ou alors faites le lire à vos ados.

 

Quant au processus de gazage lui-même, il faut ajouter que lorsque l’on amène au crématoire des gens âgés, infirmes, des enfants ou des malades, on ne leur dit pas de descendre du camion. En soulevant sa partie avant, on les fait tomber dans la cour, comme on le fait lorsqu’on décharge des ordures.

 

Le fait d’embarquer les vieillards, les malades, les infirmes dans des camions est un des moyens de mystifier ceux qui restent en vie.

 

Si Auchwitz doit être comparé à l’enfer, cet enfer doit comprendre au moins sept cercles. Le septième et le plus terrible étant assurément les chambres à gaz et les crématoires – où les membres du Sonderkommando sont condamnés à servir les forces du mal qui apportent l’enfer dans la vie. Leur tâche consiste à exécuter la phase terminale du processus d’extermination et à en faire disparaître les preuves : raser les cheveux des femmes et les désinfecter en vue de leur expédition en Allemagne, arracher les dents des mâchoires des victimes, et ensuite, faire brûler les corps, enfin jeter les cendres dans la Vistule.

 

Les condamnés à la vie

 

Auteurs des manuscrits publiés dans ce livre : Zalmen Gradowski, Zalmen Lewental et Lebj Langfus, morts à Auchwitz-Birkenau, merci à eux et paix à leur âme.

Pour répondre à Jean-Marie : non, les chambres à gaz ne sont pas un point de détail de la seconde guerre mondiale : elles en sont la pierre angulaire.

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Dimanche 15 octobre 2006
publié dans : LES JUSTES par Totoseb
Alors, le latin ?
Trop exigeant pour entamer ma gangue de paresse, la latin. C'est intéressant pour l'éthymologie, mais je laisse les autres travailler pour moi.
Non, là, c'est juste pour dire que je vais disparaître un peu, j'ai trois bouquins à lire : Des voix sous la cendre, traduction de témoignages des Sonderkommandos, "commandos spéciaux" de déportés chargés d'assister les nazis dans la mise à mort industrielle des races inférieures. Ces textes ont été retrouvés dissimulés dans les vestiges d'Auchwitz-Birkenau, site de chambre à gaz.
Le deuxième : "Les Bienveillantes", de Jonathan Little, qu'on dirait qu'il fait un tabac, le journal fictif d'un SS. Un amériacin qui écrit en français.
Et puis "Vercingétorix", de Georges Bordonove, à cause de Zorra qui m'a fait pleurer en pointant mes incompétences du doigt ; il y est dit que bon nombre de Gaulois étaient bien des collabos. Le temps que je lise tout ça, et je reviendrai bien choqué, bien révolté.
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Samedi 28 janvier 2006
publié dans : LES JUSTES par Seb

MASSOUD


Pour l'amour de Massoud
de Sediqa Massoud, XO éditions

Je viens de finir ce livre. Evidemment, je suis ecoeuré. Quel sale monde que celui qui sait réduire à néant les meilleures volontés !
Massoud, grand commandant Afghan, héros et artisan de la défaite des soviétiques, dernier résistant face aux talibans armés et formés par le Pakistan et la CIA, abandonné du monde, dernier rempart contre le terrorisme djihadiste, assassiné par des lâches.
Voyez comme il était beau !
Sadiqa , sa veuve, témoigne de sa vie auprès de ce grand homme, bon père, mari aimant et atentionné, démocrate, haïssant la guerre et sachant pardonner à ses ennemis.
Jusqu'au dernier moment, il a tenté d'ouvrir les yeux de la communauté internationale : ses afghans étaient le dernier rempart face au terrorisme. Il a été tué par traîtrise le 9 septembre 2001. Le 11, vous savez ce qu'il advint. On l'aurait écouté et soutenu, la pâtée aurait été mise aux talibans bien à temps. Mais non. On a laissé courir la peste barbue. Trop indépendant, grand leader, les puissances ne voulaient pas de lui. Même si on avait les moyens d'écraser cette vermine. Quand il est mort, quelques semaines ont suffi.
Résultat :
Ttwin Towers
Bali
Madrid
Londres
Et surtout guerre en Irak : 2000 américains tués et de 40 000 à 100 000 irakiens tués -selon les sources.
Massoud me manque. A vous aussi ?
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La secte des drogués

LA PHILOSOPHIE D'EPICUREepicure-copie-1.jpgEpicure méritait VRAIMENT ce pied de page.

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Florentines

grizzly.jpg Allegro, ergo sum ;
Cogito, ma non troppo.
Gnothi seauton,
Sinon on se téléphone.
Les femmes et les enfants über alles,
Save Our Soul,
Pourvu qu'on ait l'ivresse...

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Profil

  • : Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger
  • huggyhome
  • : Homme
  • : 16/11/1971
  • : nord ouest
  • : En quelques mots, me décrire ? Non mais tu rigoles, ou bien quoi ? Y'a qu'à fouiner dans le blog, non mais, je vais pas te mâcher tout le boulot, feignasse !
 
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