Viens avec nous, petit frère... Ne crains rien, nous sommes gentils, nous ne te ferons rien : nous sommes courageux.
Hagne don'
Huggy Home saute sur le blog
Les certitudes,
Les avis définitifs ?
Je m'en méfie
Comme de la peste ;
Surtout des miens.
Mes grandes idées
Ont disparu
Sans laisser d'adresse.
Viens avec nous, petit frère... Ne crains rien, nous sommes gentils, nous ne te ferons rien : nous sommes courageux.
Une plume de perroquet
Un brin de ciboulette
Une fleur porte-bonheur
Une canette de soda
De la crème solaire
Un cristal de roche
Bien mélanger avec une cuillère en or
Faire chauffer jusqu'à ce que ça sonne
Elles montèrent au rez-de-forêt ; alors quelques étoiles convièrent un nuage, et la lune cligna son croissant, les genoux entreprirent de jouer des castagnettes ; le gnou se réchauffa parmi les hiboux, les cailloux jouèrent des maracas, les joujoux trompetèrent avec les paons, les poux, les canettes, les choux, et toutes les autres bêtes des bois caquetèrent légèrement jusqu’à ce que la nuit n’envoyât tout le monde se coucher. Sauf Grand-Père l’Arbre, qui s’était déjà assoupi depuis longtemps...
La souris verte partit négocier. On ne la revit jamais ; sans doute trempa t’elle dans l’huile. Ensuite, on envoya deux mésanges charbonnières apporter des cerises ; deux chacune. Les voisins acceptèrent le cadeau, bien que ce fussent deux taupes qui avaient mal entendu l’invitation.
Les voisins, dérangés, cognèrent au plafond avec un balai russe, puis, voyant que la fête continuait, appelèrent le garde-champêtre, les policiers, les douaniers, les gendarmes, et un avion à
réaction.
Arrivés
sur place, les forces de l’ordre furent impressionnées par Grand-Père l’Arbre, châtaignier plus ancien que les toutes les pyramides. Ils présentèrent donc leurs excuses, et demandèrent gentiment
une légère retenue au niveau des préjudices acoustiques, parce que les voisins s’étaient plaints, halala, les voisins…
Les cannettes s‘égayèrent sur leurs palmes pour une ronde emplumée autour de l’auguste ancêtre. Les hiboux réveillèrent la forêt en chantant « Debout, hou ! Debout, hou ! ». Toute la nuit commença à fredonner… Non seulement les hiboux, mais aussi les cailloux, les joujoux, les poux, les choux, les genoux et même un gnou, bien prononcé, frigorifié.
Tous les amis s’étaient rassemblés pour célébrer l’anniversaire de Grand-Père l’Arbre, un châtaignier plusieurs fois millénaire qui pouvait encore agiter ses vieilles
branches dépouillées aux rythmes des cri-cri, cui-cui, et autres grat-grat des petites bestioles.
Hm... Il est tôt, encore, huit heures du matin... Debout depuis six heures... L'horizon ensanglanté annonce une bien funeste journée. Non, je dis cela seulement
parce que je suis en colère, grr, pff : j'ai très mal dormi, ces derniers temps ; réveillé, hier matin d'une part, par mon voisin qui joue de la tronçonneuse à dix heures du mat
(on se demande un peu !), et cette nuit par des rêves inconfortables et la gamberge qui en résulte. J'aurais dû prendre un cacheton qui m'aurait aidé à glisser dans les bras de qui vous
savez*, mais bon. Lire ? Non : ça m'empêche de dormir, on peut pas faire deux choses à la fois. La sophrologie ? Je sais pas ousque j'ai perdu la cassette. L'alcool ? Il me donne la
nausée.
Oui, le travailleur de nuit a des problèmes de gestion de sommeil. J'ai appris, pourtant, mais cette fois j'ai tété dépassé.
C'est beau, néanmoins, le spectacle de la nature qui s'éveille : mon grand (cinq ans aux nèfles) me demandait l'autre jour, en attendant le car scolaire, parce qu'ici, on est à la
campagne :
Merci Mrcafe pour la
photo
"- Pourquoi est-ce que le ciel, il est rouge, le matin ?
- Ha. Hm... Qu'est-ce que tu préfères connaître ? La cause magique, ou la vraie cause ?
- La cause magique.
- Alors : on dit que, si, à l'aube, qu'on appelle aussi l'aurore (...)
- Je connais une fille qui s'appelle Aurore, à mon école !
- Une fille de ta classe ?
- Non, elle a changé d'école.
- C'est un très joli prénom, en tout cas. "Petit matin"...
- C'est comme un nom d'Indienne ?
- Oui. Bref, si le ciel est rouge, c'est parce qu'il y a la guerre quelque part : c'est les sang des innocents qui colore les nuages.
- Mais le ciel est rouge tous les matins !
- C'est qu'il y a toujours la guerre, quelque part...
- Et qui c'est qui gagne ?
- C'est pas nous, en tous cas."
Mouais. Je me demande si c'est le genre de conneries à raconter à un gamin de quatre ans et demi. Mais je suis partisan de dire la vérité aux enfants.
"- Et pourquoi il est rouge, en vrai ?"
C'est vrai qu'il y a une vraie raison. Et de partir dans les explications de la composition de la lumière blanche, petit exemple de l'arc en ciel, la loupe, la diffraction, bref, il n'y a que le
rouge qui passe selon l'inclinaison de la terre. C'est scientifique. Je me suis un peu embrouillé, parce que la science ne laisse que peu de place à la poésie dans sa démonstration.
*De Morphée, vous pensiez à qui ? Seulement, je n'aime pas les expressions toutes faites. Confucius disait : "- Méfie toi des expressions toutes faites. Confucius, ou
Steinbeck ? Je sais plus.
"- A quel âge est-on vieux ?
- Ce sera comment ?
- Ça sera quand ?
- Serons-nous vieux
Quand tu seras mort ?
- Quand nous serons morts,
Toi,
Tu seras vieux ?
- A quel âge on est vieux ?
- A quel âge on est mort ?
- Et c'est comment ?
- Et c'est quand,
Qu'on est mort ?
- Et qu'est-ce que tu feras,
Quand tu seras mort ?"
"- Hm. Mes chers fistons...
J'écris pour vous.
Pour vous alors
Je ne serai jamais mort."


En vacances, et je me promène, je baguenaude, me voilà t'il pas en train de solliloquer ? Maximes de labour et des aphorismes de comptoir, j'aimerais en faire
profiter. Seulement, une fois passées, ces belles pensées retournent au néant, et pchit ! Sans filet à papillons ni carnet à souche, perdues pour l'humanité, qu'elles sont. Quel gâchis... Ah ! Si j'avais pu les noter toutes ! Je serais déjà passé à la postérité, tout simplement ; j'aurais plein de pognon. Bon, c'est
décidé : j'écris !
On peut avoir beaucoup de surface, mais aucune profondeur. Mon fils m'a dit que j'en avais beaucoup ;
il entendait par là que je savais nager jusqu'au fond de la rivière : à chaque fois qu'il aperçoit une pépite d'or ou une pierre précieuse depuis la lucarne transparente de son bateau, c'est
moi qui s'y colle pour aller récolter le trésor. Il ne sait pas nager , mais il n'a que quatre ans (et demi), aussi lui pardonné-je cette petite imperfection. En revanche, c'est un grand
contemplateur.
Ensuite, il n'a plus qu'à construire un coffre en galets, y cacher ses valeurs, le repérer sur une carte. Demain, il sera pirate.
photo www.famili.fr
" - Nt ! Tt, tt !
L’autre jour, j’étais dans la salle de bain, occupée à pratiquer l’art millénaire consistant à ôter les poils disgracieux, lorsque mon fils aîné, 4 ans, fit irruption, attiré par le bruit de l’engin de torture.
- Qu’est-ce que tu fais, maman ?
- j’enlève les poils de mes jambes
- Pourquoi ?
- (oui, tiens pourquoi ?) Eh bien, parce que les filles s’épilent, voilà
Oui, oui, je reconnais que, déjà, la qualité de la réponse laisse à désirer…
A ce moment là, il y a un blanc, il me fixe, je peux presque voir les rouages de son cerveau se mettre en branle, et là, je sais, je sais avec certitude, qu’il va me poser une question qui va me sécher
« Mais, pourquoi les filles elles s’enlèvent les poils des jambes et pas les garçons ?
Je l’ai fixé d’un air jambonneux et une explication m’est venue à l’esprit : mon fils, c’est à cause de dieu, parce qu’il est égoïste, comme la fourmi : un jour il y a une dinde qui a mangé sa pomme, probablement une blonde ; dieu, il était pas content parce que bon c’était sa pomme et il aime pas prêter puis elle lui avait rien laissé donc il lui a dit : tu enfanteras dans la douleur, tu n’auras jamais le sens de l’orientation même avec une carte, et tu seras condamnée jusqu’à la fin de ta vie à raser des poils récalcitrants et inutiles qui repousseront sans arrêt, à peine auras-tu le dos tourné (Vous me direz, ça aurait pu être pire, d’autres se sont retrouvés avec des rochers à pousser…).
Oui, mon fils a 4 ans a déjà compris l’inégalité des sexes : tu vois mon fils, nous les femmes, nous le charme, nous sommes traitées injustement par la société. Notre pilosité est toujours inférieure à celle du plus glabre des hommes et nous sommes condamnées à chasser la moindre (enfin presque) protubérance poilue ; car, si je gardais le dixième de la couche de poil de ton père (qui ne se rase même pas la barbe !), les gens me jetterait des pierres à la piscine en hurlant des imprécations et en me poursuivant avec des croix. Oui, bon, j’exagère un peu mais ils riraient bien.
Alors, nous sommes obligées d’utiliser toute une artillerie plus ou moins douloureuse pour éradiquer le mal à la racine ; c’est d’autant plus injuste que nous devons acheter ces armes de destruction massive à un prix prohibitif alors qu’il est bien connu qu’à travail égal, nous sommes moins payée que des hommes qui peuvent se pavaner avec des poils et une barbe. Je suis sûre qu’aucun homme politique n’a jamais utilisé cet argument en campagne.
Je n’ai pas eu le loisir d’expliquer cela à mon fils ; en effet, le petit dernier, 18 mois, ayant subtilisé mes clefs afin de les mettre dans les toilettes, je suis arrivée juste avant qu'elles ne disparaissent dans la fosse septique.
Oui, oui, je sais ce que vous allez me dire : à 18 mois, il voulait me faire comprendre que la propriété c’est du vol.
Je connais des chansons
En ce moment, mon fils est souvent un Indien. Un jour Sioux, Iroquois le lendemain, parfois Apache, Inuit... Il a tout l’équipement, tipi, tomahawks, canoë, il galope dans la prairie à la suite des bisons, puis il leur tanne la peau… l'Indien des Grandes Plaines typique, la communion avec le Grand Esprit, tout, quoi... Il danse de guerre autour du feu, terriblement maquillé pour combattre les Tuniques Bleues, et il fume le calumet de la paix. Il affronte sa réalité personnelle, c'est normal, docteur ? J’aimerais bien, aussi, pouvoir en fumer, de ce calumet… Pour recouvrer l’équilibre, l'ordre des choses. J’aimerais bien avoir quatre ans, une heure par jour, après la sieste, par exemple. Ça vous tente ?
"Avec cette pipe sacrée vous marcherez sur la Terre ; car la Terre est votre Grand-Mère et Mère, et Elle est sacrée. Chaque pas qui est fait sur Elle devrait être comme une prière. Le fourneau de cette pipe est de pierre rouge ; il est la Terre. Ce jeune bison qui est gravé dans la pierre, et qui regarde vers le centre, représente les quadrupèdes qui vivent sur votre Mère. Le tuyau de la pipe est en bois, et ceci représente tout ce qui croît sur la Terre. Et ces douze plumes, qui pendent là où le tuyau pénètre dans le fourneau, sont de Wambali Galeshka, l'Aigle Tacheté, et elles représentent l'aigle et tous les êtres ailés de l'air Tous ces peuples et toutes les choses de l'univers s'unissent à vous qui fumez la pipe, tous envoient leurs voix à Wakan Tanka, le Grand Esprit. Quand vous prierez avec cette pipe, vous prierez pour toutes les choses et avec elles."
Madbear
J'ai deux petits enfants. Parfois je m'agace et je braille comme un veau après qu'un de ces jeunes malotrus m'aura poussé dans mes derniers retranchements. A croire qu'ils en font exprès, les sales gosses.
Et ça commence à vous faire enrager dès tout petit, ces bêtes-là.
Alors que l'aîné approchait ses dix-huit mois, il y eut une période où il refusa de dormir dans son lit ; pendant trois semaines, nous passâmes des nuits de dingues. Moi, je voulais le rendre au magasin : il avait toujours fait ses nuits et voilà que tout à coup Monsieur décidait de briser cette belle harmonie ! Et puis un jour ma tendre moitié sorti un bouquin de sa grande poche secrète : Points forts, de 0 à 2 ans (1), de Brazelton et Sparrow. Non, ce n'est pas un livre de magie, mais dedans, on a trouvé un truc pour arriver à le faire dormir. C'est à dire qu'il y avait un malentendu : il avait eu la grippe, et, tout le temps de la maladie, il avait dormi avec nous? Et lui, il avait pensé que c'était devenu la règle, que de dormir entre nous. Le deuxième a été soumis au même traitement, pour les même raisons, sauf que cette fois nous avons réagi après quatre jours : après un petit bobo, il n'a plus voulu dormir seul.
La méthode ? Facile : zénitude, café, tendresse, réveil-matin et fermeté. Il faut être prêt à passer une nuit blanche avec le sourire. Ça tombait bien : c'est ma profession !
L'enfant pleure : compter cinq minutes, aller le voir, le rassurer, lui expliquer qu'à son âge, on dort dans son lit et pas blotti contre sa maman, c'est dur, c'est la vie, bisous, bisous.
S'en retourner à son bouquin, sa télé ou son ordi, c'est selon, faire couler du café. L'enfant repleure, c'est humain. Revenir au bout de dix minutes. Même topo. Câlins. Repartir. Pleurs. Rappliquer un quart d'heure après. Sanglots longs de l'automne. Rebelote. Toujours avec la tendresse, gouzi-gouzi, ne toujours pas prendre l'enfant dans ses bras, voilà, voilà, doucement, doucement...
Ensuite, sortir et revenir toutes les vingt minutes, jusqu'à épuisement du (petit) sujet et jusqu'à la fin de la cafetière.
Laisser dormir papa dimanche matin. Dimanche : sommeil de plomb pour tout le monde.
Mon aîné aura quatre ans dans quelques jours. L'occasion d'attaquer le chapitre de Points forts, de 3 à 6 ans (2) : quatre ans, nouveau pouvoir, nouvelles frayeurs. C'est de la psychologie de l'enfant.
C'est du boulot.
LA PHILOSOPHIE D'EPICURE
Epicure méritait VRAIMENT ce pied de page.
Allegro, ergo sum ;
Vous répondîtes