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Nanautzin

6 Décembre 2006 , Rédigé par Seb Publié dans #NOUVELLES


En ce temps là, l’univers était plongé dans une nuit éternelle. Voyant cela, les quatre plus puissants des dieux se réunir et décidèrent de créer le soleil. Ils étaient tous d'accord, mais sans savoir quelle en serait la couleur. Serait-il bleu, rouge, blanc, noir ? Chacun prônait sa couleur préférée, aussi décidèrent-ils de faire chacun une expérience.

Le premier fut Tlaloc, le dieu de la pluie, qui siégeait au sud des cieux. Il tira son soleil des eaux, il était bleu et voici ce qui arriva: la pluie se mit à tomber… Elle tombait, elle tombait… Le monde entier était magnifiquement bleu mais il y eut tellement d'eau que le soleil lui-même se noya, et seuls les poissons survécurent à ce terrible déluge. Ensuite, se présenta Xipe Totec, le dieu du feu, qui siège à l'ouest des cieux. Il avait vu ce qu'il était advenu de la première expérience et il espérait que son soleil rouge-feu brillerait plus longtemps. Le monde, sous les flamboyants rayons, se mit à brûler en une flamme immense, si grande le soleil lui-même se consuma. Cette fois, seuls les oiseaux qui avaient pu s'envoler à temps survécurent. Et les ténèbres revinrent jusqu'à ce que le blanc Quetzalcoatl, le dieu de l'orient, ait créé son soleil. Cette fois, tout se passa bien: il ne fit pas trop chaud, il ne plut pas. Toutefois, quelques instants après, le vent se mit à souffler. Il souffla d'abord doucement puis se changea en un tourbillon qui balaya de la terre toutes les créatures vivantes,  et le soleil lui-même fut chassé on ne sait où. Pour dire vrai, Quetzalcoatl n'était pas responsable de cette catastrophe : Tezcatlipoca, le dieu du septentrion, jaloux, avait chassé le soleil de Quetzalcoatl pour imposer le sien, noir le soleil des jaguars. Et comme ses rayons noirs envahissaient la terre, apparut dans le monde une multitude de jaguars. Ils égorgèrent et massacrèrent sans pitié toutes les autres créatures vivantes, Tezcatlipoca en riait de satisfaction, mais il dut vite déchanter : les jaguars s'en prirent aussi à son soleil et ils le mirent en pièces.

 

Les ténèbres réapparurent plus obscurs que jamais ; les dieux se réfléchirent : comment s'y prendre pour créer un cinquième soleil qui soit meilleur que les autres ? Ils tinrent donc de nouveau conseil, mais ils invitèrent fois les dieux de moindre puissance. C'était, avec ces neuf cents quatre-vingt dix-neuf dieux, une imposante assemblée, et  tous se rallièrent à cette dernière proposition : l’un d'eux devait se jeter dans le feu pour se transformer en soleil et les flammes l'élèveraient jusqu'aux cieux sous la forme d'un disque flamboyant. Même si les dieux ne brûlent pas vraiment, personne n'avait envie de se trouver une deuxième fois mordu par les flammes.
Enfin, Teucciztecatl se présenta : « - Moi, je donnerai la lumière à la terre et vous verrez comme ce sera magnifique. » Mais les autres dieux étaient sceptiques, car Teucciztecatl avait une réputation de hâbleur, et on doutait de sa sincérité. Ne valait-il pas mieux, pour plus de sûreté, le faire accompagner d'un autre ? Il y eut un moment de silence, puis tous les regards convergèrent vers Nanautzin : c’était un petit dieu timide qui ne refusait jamais un service. Aussi, cette fois encore, il devança leurs pensées : « - Pourquoi ne me jetterais-je pas dans le feu ? Je serais très heureux de devenir le soleil. » Satisfaits, les dieux s'attaquèrent immédiatement aux préparatifs.

Teucciztecatl et Nanautzin passèrent quatre jours en prières et en sacrifices. Teucciztecatl apporta en offrande les riches plumes de l'oiseau quetzal, de l'or, des pierres précieuses et d’admirables coraux rouges. Le pauvre Nanautzin, quant à lui, présenta des offrandes modestes, selon ses moyens : des roseaux, une épée de paille et les feuilles dures et acérées de l'agave qu'il avait arrosées de son propre sang. Puis tous deux passèrent encore quatre jours dans le temple que les autres leur avaient édifié. Pendant ce temps, on préparait le feu. Quand vint l'instant décisif, Teucciztecatl se montra, revêtu d'une armure de plumes d'oiseaux, tandis que Nanautzin portait son simple manteau de paille.

Tous deux se dirigèrent vers le feu.

Là les attendaient les autres dieux, rangés sur deux files. Ils se tournèrent tous ensemble vers Teucciztecatl et lui crièrent : « - Saute, saute dans le feu! »

Teucciztecatl s'avança, s’avança, et au dernier instant, quand il fut tout au bord, il tourna honteusement le dos à l'énorme brasier. Trois fois encore, sa peur domina son courage et les dieux se tournèrent alors vers Nanautzin pour l'encourager: « - Saute, saute dans le feu! »

Sans une seconde d'hésitation, le petit dieu se jeta dans les flammes, le foyer gronda, les étincelles jaillirent de tous les côtés comme des fleurs de feu et l'engloutirent. A la minute même, Teucciztecatl retrouva son courage perdu et se jeta aussi dans les flammes. Il se fit un grand silence. Les dieux attendaient de voir le soleil se lever pour la première fois... et ils virent Nanautzin se transformer en soleil et s’élever dans les cieux. Et, d'un coup, les rayons rougeoyant de l'aurore embrasèrent le monde. La clarté grandissait et, à l'orient, apparaissait un anneau d'or. Il monta dans le ciel et, bientôt, y resplendit en un disque parfait qui éblouissait les yeux. Les modestes offrandes de Nanautzin avaient porté leurs fruits.
Mais, qu'arrivait-il ? Voilà que se mettait à luire un deuxième soleil ! « - C'est Teucciztecatl ! », s'écrièrent les dieux et la fureur les envahit : pourquoi ce de lâche brillerait-il d'une lumière aussi éclatante que celle de Nanautzin ?

« - Non! Non! Jamais ! Il ne deviendra que la lune ! » Et l'un d'eux jeta un lièvre à la tête de Teucciztecatl pour diminuer son éclat, et c’est pourquoi on distingue encore aujourd’hui la silhouette de cet animal se dessiner sur le disque lunaire quand il est plein.

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orlando de rudder 08/12/2006 09:41

Quand je veux diminuer l'éclat de quelqu'un, je lui jette un lièvre à la figure! Ca marche à tout les coups, sauf s'il me pose un lapin! MAis le serpent à plumes n'est pas foutu à poil, contrairement au lièvre, poutre dans l'oeil de la voisine...
A mon avis, y a du symbolique là-dessous...
Inca d'urgence? Aztèque au poivre!

Seb 07/12/2006 21:41

le serpent à plumes, Quetzacoalt, participe à de nombreuses légendes Aztèques

amel 06/12/2006 23:49

c'est aussi léfgzndaire que le serpent à plume!
Amitiés,
Amel