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Garde-à-vous !

22 Août 2006 , Rédigé par Seb Publié dans #NOUVELLES

« - Dis donc ? T’as fait l’armée toi ?

-         Pff… La galère l’armée. J’avais pas de boulot, pas d’écoles, dix-huit ans, bref, ils avaient besoin d’hommes pour servir dans le Larzac. Dans les paras, qu’ils m’avaient envoyé.

-         C’est toi qui avais choisi ?

-         Non.

-         T’as sauté en parachute ?

-         Deux fois en tout ; il faut bien réussir son roulé-boulé : impeccable. C’était à l’époque de la chasse contre les écolos, c’est là que José Bové a fait ses débuts.

-         T’as fait du trou, toi, hein ? Au bout de combien de temps ?

-         On disait : arrêt de rigueur ! Trente jours, qu'ils mont collé. Ça faisait deux jours que j’étais à la caserne.Tu parles ! C'est une usine à mouton, ce truc-là, obéir, obéir, ils ne pensent qu'à ça, ils te font la leçon de morale, le cours de garde-à-vous « -Gadawoo ! »/ repos « -Weupoo-hô ! », fallait courir tout le temps, la vraie galère, tu peux pas imaginer... Moi, tu me connais, ça me faisait chier, je traînais des pieds. Il fallait ranger toutes ses affaires au carré… T’avais le lit de 90 centimètres, c’est pas large, comme ça -90 centimètres entre les mains-, il fallait que tout soit nickel, il fallait replier sa serviette à angle droit autour de ses chaussettes, des vrais malades mentaux. Moi j’avais tassé tout ça c’était un vrai bordel, j’en avais rien à foutre. Quand l’aspirant est entré entre ses deux molosses, tu sais, le casque sur les yeux (nez froncé), la matraque, l’air méchant, quoi, toi, t’es en survêtement bleu, la boule à z... Des gros durs à la con. Les mecs dans la piaule ils jouent le jeu, des vrais ptits toutous, là ! h h h, c’était à celui qui serait le plus au garde-à-vous… Pff… Moi, tout chiffonné, la cravate de travers… J’ai jamais su faire un nœud de cravate (parce qu’ils m’avaient demandé la cravate, n’importe quoi). C’est pas moi qui l’avais fait, et d’ailleurs, je sais toujours pas faire un nœud de cravate.

-         Moi non plus. Je me rappelle jamais. Hé là-bas ! Tu veux pas baisser le son de ta télé, là, on s’entend plus !

-         Bref : l’aspirant,  il rentre dans la piaule.

-         L’aspirant, c’est un appelé, comme toi, c’est ça ?

-         Oui, c’est un étudiant. Il est lieutenant, si tu veux, enfin, c’est comme ça que tu dois l’appeler, en tout cas…Pff ! Un merdaillon, oui ! Il arrive droit sur moi, il me regarde comme ça dans les yeux à 10 cm, j’ai pas baissé le regard, crois-moi ! Il m’a détaillé de la tête aux pieds… Quand il a ouvert le placard, ma serviette au carré s’est ouverte et mes chaussettes lui ont glissé sur les ranjos. « Comment est-ce que vous vous appelez ? » qu’il me demande. « - Lejeune », que je lui réponds ; il me pousse comme ça avec son doigt sur le sternum : « - Lejeune, vous êtes un pôrrc !

-         Holala…

-         Je lui ai donné un sacré coup de boule, ici, juste entre les deux yeux. Même mon père ne m’a jamais parlé comme ça ! Mon gars, hé hé, j’ai senti son nez craquer, je me suis même fait une grosse bosse au front. C’est resté rouge au moins trois jours. Il est tombé comme un château de cartes ! J’ai pris mon élan il se penche en arrière comme Depardieu dans le film, là, avec l’autre frisaplat. Vlan !

-         Ah oui : la Chèvre !

-         Tu crois ? Hm… En tout cas j’ai dégusté, hola : les deux pitbouls m’ont coincé dans un coin, j’ai fait le hérisson, il y en a un qui a glissé qui s’est retrouvé par terre à 10 centimètres de ma gueule, je l’ai regardé dans les yeux grands yeux bleus fous je crois qu’après il était encore plus enragé…

-         Faut le comprendre.

-         Mon gars, ce jour-là, je crois bien que j’ai pris la plus belle gifle de ma vie. Un sergent, de carrière, des mains comme des battoirs. Il m’a fait mettre au garde-à-vous, et vlan ! »


 Plus tard dans la soirée, je recroise Lejeune. Je lui demande :

« - Dis, est-ce que je pourrais l’écrire, ton histoire de coup de boule ?

-Ah oui, tiens, c’est une bonne idée, il y a des anecdotes marrantes, dans la prison, comme la fois du gars qui me braquait avec son famas pendant qu’on me donnait à manger…

-         Non non, je pensais l’écrire comme ça juste comme tu me l’as racontée.

-         Vas-y, c’est une bonne idée.  Un petit ping-pong ? »

 

Voilà. Merci.

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MARIE 23/08/2006 18:29

ouarf, du rock rançais et impertinent. on ne me l'avait jamais faite.as tu déjà entendu un rocker français faire preuve de pertinence, dis moi ?

HagaÀr Dunor (2) 22/08/2006 16:23

C'est du rock français et impernitent, insolente !

marie 22/08/2006 10:19

la faute, tu voulais dire.qui c'est cet erwan, un qui chante la marseillaise en breton?

HagaÀr Dunor (2) 22/08/2006 09:45

Le remake

seb 22/08/2006 09:42

Tiens, ça me fait penser : avez-vous entendu le ramke de laisse béton par Erwan ?Trop de la balle atomique !