Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
HUGGYHOME

DOUZE SECONDES 10

12 Juin 2006 , Rédigé par Seb Publié dans #NOUVELLES

Il y a deux jours, un de mes neveux a été victime d’un grave accident de la circulation ; je n’en connais pas encore les circonstances exactes, tout ce que je sais c’est qu’il est fracturé aux deux jambes et aux deux bras. Il revenait de la pêche.

Dire que je me promettais de lui donner une correction au ping-pong… Ça ne serait pas sport de le défier maintenant, si ? En tout cas, il n’est pas touché à un endroit qui l’aurait laissé gogol ni paralytique. Il faut bien se contenter de ce qu’on nous donne. Se réjouir du fait que ça aurait pu être pire. Florian, je te souhaite bon courage et je te défie quand même pour le jour où tu seras sur pieds ; le 21 – 3 de la dernière fois m’est resté en travers de la gorge et je ne peux pas laisser (je suis sûr que cet petit prétentieux serait capable de me foutre une tôle même assis dans une petit e chaise à roulettes) passer ça. Je peux attendre. Hé hé hé…

 

Pour nous, les pompiers sont arrivés après trois quarts d’heures passés au fond du trou. J’ai même eu le temps de me griller une cigarette, et de boire un coup d’eau. J’y suis allé mollo sur la flotte, je savais que j’allais être opéré et que les chirurgiens aiment bien quand leurs patients sont à jeun ; c’est à dire qu’ils n’aiment pas se faire vomir dessus, et on les comprend.

Je me souviens d’être resté extrêmement lucide pendant toute l’attente, assez scandalisé par le fait que les gens nous regardaient du haut du pont sans songer à venir aux nouvelles.

Un petit conseil d’humanité pour vous les amis : si jamais un jour vous assistez à un accident de la circulation (et c’est valable pour n’importe quel accident), et même si vous êtes une brêle en secourisme, restez avec les victimes, ne le regardez pas de loin comme des bœufs qui auraient trouvé un hérisson. On ne vous réclame pas de premiers soins, on vous demande juste un petit sourire, un peu de réconfort, quoi. Surtout si vous connaissez les blessés, si ce sont des collègues de travail, par exemple ; là, oui, vous seriez un vrai salaud, un lâche, un fumier. Mettez tout ça au féminin si vous êtes une fille. Oui, vous avez appelé les pompiers – c’est bien le moins- je sais. Oui, ça n’est pas beau à voir, des membres en mauvaise position et des gueules en sang… Mais vous n’avez pas plus mal que ça, si vous n’êtes pas phobique du sang.

Pensez-y.

Ce jour-là, si les pompiers sont arrivés si tard, c’est parce qu’ils étaient en débrayage. Je me souviens d’une vieille camionnette peinturlurée « en grève » sur la photo dans le journal… C’était assez comique. C’est un jeune de mon âge qui s’est approché de moi en premier, je lui ai montré mon épaule cassée, à ce moment-là, j’avais gagné le don de lire les pensées sur les visages : c’était pas beau à voir ; il a eu de cet air du type surpris par l’odeur d’une charogne. Il s’est vite repris (c’est le métier qui rentre, me suis-je dit). La douleur commençait à se faire vive, et elle me déchirait la moitié supérieure gauche du corps à chaque pulsation cardiaque. J’ai demandé aux sauveteurs si je pouvais boire une gorgée d’eau, j’avais vraiment le gosier sec, le soleil cognait déjà bien fort… Dans l’héraut en juin, passé huit heures et demi, petit Normand a chaud. Le médecin a dit oui, mais juste pour se rincer la bouche, c’était toujours ça de pris. J’ai demandé une piqûre. On me l’a donnée aussi. On m’a ficelé dans la civière, la pente jusqu’à la route était à-pic, j’ai mesuré la hauteur de l’accident : pas mal. La voiture ressemblait à une compression de César.

Le médicament faisait son effet et je recommençais à voir la vie en rose. Dans le camion rouge, B. est réapparue. On m’a mis le masque à oxygène, et roulez jeunesse ! B. m’a dit que j’avais des yeux magnifiques, il était bien temps de s’en apercevoir… Enfin, après ce que nous venions de vivre, j’espérai fugacement que nous allions devenir plus proches… Ça faisait mes affaires.

Elle me tint la main jusqu’aux urgences de l’hôpital de Béziers.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

marie 13/06/2006 17:53

je te rassure, c'était bien un cas d'uzurpassion.

Seb 13/06/2006 16:12

On m'usurpe ! Ou alors je blogue en dormant...

hagard dunord 13/06/2006 15:36

oui, ben tu montres le diplôme avant.

bakapulu 13/06/2006 14:05

c'est uhne coincidence, je viens juste d'avoir un stage de secourisme