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Amour à l'échafaud 6

1 Juillet 2008 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #NOUVELLES


Augustin abandonne son fardeau et s’enfonce les mains dans les poches, car il doit réfléchir, et il a besoin de marcher, ça l’aide à se remettre les idées en place.
Alors il s’en va aussi, plantant là son apprenti.
Il aime Louise. Ça, Il en est sûr.
Mais il a plus de quarante ans… Quarante ans, c’est vieux, en cette époque de misère… Il bouillonne, combine, comme un Géronte jaloux de sous l’Ancien Régime... Lui qui craint pis que tout les ricanements de ses voisins...
Il se décide : il n'autorisera pas la liaison, sous surveillance. Et puis l'apprenti Il mettra un tour de clé à la liberté de sa pupille : Louise continuera à le servir comme par le passé, mais il fera veiller à ses allées et venues.
Il avait bien remarqué qu’il y avait quelque chose entre les deux jeunes gens, leurs yeux brillants… Mais il avait attribué cette connivence à leur adolescence, il n’avait pas vu le mal. Cette manière qu’elle avait de rayonner de bonheur quand il ramenait son apprenti manger le dimanche, le chantier était fermé, tout cela aurait dû lui mettre la puce à l’oreille. Ces minauderies, ces regards furtifs, ces sourires intenses... C’était bizarre… Quand il y repense, maintenant, il se dit qu’il s’en était douté, sans vouloir se l’avouer. Il a été pris de vitesse par les aveux du jeune homme. Il aurait dû réagir quand il apercevait leurs doigts se frôler... Le loup était dans la bergerie.
Le soir, il est rentré pour la soupe, comme d’habitude. Il s’est assis sans rien dire. Au dehors, toujours les clameurs qui percent le crépuscule ; il trempe son pain sans faire de bruit. Elle est debout derrière, elle lui remplit son verre de vin quand il lève le petit doigt. Ratatiné sur sa chaise, les bouts de sa moustache tremblent dans la soupe. Il est fatigué, il a mal partout : la pierre, c’est lourd. Et puis les soucis, aussi. Après la confession de Paulin, il a fallu encaisser le choc ; ses calculs sont tombés à l’eau. Il a senti le poids des ans. Il est amer. Mais réaliste. Il dit :


- Paulin, nous lui donnerons une chambre à l’atelier, au chantier, dans la cour. Je ne veux pas qu'il te voit ou te parle, même en ma présence...
-Mais,mon cousin...
-Tais-toi don', tu ne sais pas ce que tu fais : c'est un godelureau. Et puis j'avais d'autres projets pour toi : c'est moi que tu devais épouser...
- Oh !
- Ma chère cousine, ton père m’a fait jurer de toujours veiller sur toi. Ainsi, cela sera fait.Tu l’aimes donc vraiment, ce Paulin ?
- Oh oui mon cousin, vraiment, je l’aime !
- Aucune importance. Je fixerai bientôt la date de nos noces, le temps que la situation politique se calme un peu. En attendant, rien ne change, tu resteras ici à me servir. Va te coucher, maintenant.




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