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Le plus grand jardin du monde

4 Décembre 2007 , Rédigé par Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger Publié dans #PETIOTS

J'ai faim. Des pâtes, tiens...
Onze minutes, les pâtes ? Quoi ?
Non mais ça va bien, oui ? Huit minutes suffiront. J'ai beau être Français, il y a des traditions sacrées à respecter, dans l'univers. Merde alors.
Bonjour. Il est bientôt huit heures. Je rentre du boulot. C'est la matin, et les alouettes chantent au-dessus du champ de blé qui s'étale au pied de mon logement. Le soleil inonde ma table de travail à gros bouillon, me réchauffe le dos.. Mmm... Comme c'est agréable...
J'ai le plus grand jardin du monde : tout le Vexin rien que pour mes gosses : les matins frais nous emportent pour de longues balades, sur les petits chemins qui serpentent à flanc de colline...
A chaque promenade, quelque chose de nouveau : des chevaux ont été mis à l'herbe, le rose d'orchidées rares mouchettent la pelouse, un crapaud alyte chasse à l'orée de son antre, le chapeau de morilles
n'attendait plus que nous, le lièvre nous file entre les jambes, un troupeau de génisses vient se faire caresser la tête...
C'est très doux, une vache...
Quand je pense qu'il y en a qui ne pensent qu'à leur voir passer des épées au travers du corps... Oui, je comprends bien que les cuivres assourdissants, les uniformes rutilants, les paillettes éblouissantes, le froufroutement des banderilles, l'excitation du groupe, la sauvagerie de l'animal, la vue du sang, la fièvre culturiste, l'odeur du cuir... puissent susciter de la fièvre, une ardeur morbide et délétère, un peu comme celle qui exalta les foules de Nuremberg... J'exagère ? Je ne sais pas. Évidemment, le rapprochement est léger, car suscité par la colère, l'incompréhension. Mais ces événements participent d'une logique analogue. La coutume a bon dos : si on veut aller par-là, avec ce raisonnement, par exemple, les Papous mangeraient encore les missionnaires, de nos jours, non ? Quoiqu'en ragoût, le missionnaire, c'est très délicat, le gras se détache tout seul. Ou alors mieux : cuit sous la cendre, avec des patates douces, des petits piments-oiseau, le on aura au préalable enrobé le religieux dans des feuilles de bananier... Vous m'en diriez des nouvelles, mmmm,  ça donne un petit croquant à la peau... Miam ! Et puis c'est la tradition, hein ?

Les pelouses calcaires sont désertes... Qui viendra ici, sentir croustiller avec nous le sel de la vie ?
Ils ne savent pas ce qu'ils manquent.
Tant mieux pour nous, et nos leçons de choses.

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Heureuse 09/06/2008 09:32

Français ou pas les pâtes c'est al dente (orthographe incertaine) et c'est non négociable. Jette ta montre, la cuisine ça se fait à l'instinct, à l'oeil. Essaye de couper une pâte avec le côté de la fourchette sur le bord de ta casserole. Si tu y arrives c'est qu'elles sont cuites.Je ne comprends pas non plus l'honneur, la bravoure qu'on peut trouver dans un combat. Il paraît que c'est parce que je suis une femme (supériorité intellectuelle de la femme démontrée dans ce cas).Va voir du côté de chez Céline (pas moi : Louis-Ferdinand). Si tu as la chance d'être aussi inculte que moi pour ne pas t'arrêter aux "faut pas lire Céline : il est antisémite" tu trouveras un magnifique pamphlet antimilitariste dans "voyage au bout de la nuit". Il y dénonce justement ce "patriotisme", cet "héroïsme" qui permet de déculpabiliser ceux qui envoient des pauvres types se faire battre en leur faisant croire qu'ils font acte de bravoure.Repose-toi bien.

Sébastien Clivillé, Hagaär Dünor, Totoseb, the Toxic Avenger 09/06/2008 17:33


La tra-di-tion