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Articles récents

Réfugiés

4 Novembre 2015 , Rédigé par Hagaär Dünor-Toxic Avenger

Ces trois-là, ça fait longtemps, déjà, qu’ils sont vieux…. Hélène, fille d’Aimée et Ramon, est toujours l’aînée de ses petits frères, Norberto et Joan, assez espiègles encore à se tirer la moustache. Français va-de-la-gueule, ils ont pourtant fui leur Espagne natale, il y a soixante-quinze ans. Le comité révolutionnaire avait élu Ramon porte-parole ; à l’été 36, ils ont réquisitionné les forces de production, les terres, proclamé l’égalité. Quelle belle gueule il avait, cet été du bonheur d’y croire ! On avait caché le curé dans une grotte des montagnes alentour. On ne tua personne, au village. Et puis Franco franchit le Détroit de Gibraltar, soutenu par Hitler et Mussolini. A l’automne, les staliniens auront épuré anarchistes et gauchistes, tandis que les démocraties seront courageusement restées neutres… Les méchants fermeront cette belle parenthèse dans le sang en janvier 39 : la république espagnole vint, vit, mais ne vainquit ni ne vécut, de trop de sève ou de trop de trahisons. Les armées nationalistes avançaient. Premier départ pour Barcelone, encore aux mains de la république agonisante. « Mon premier souvenir d’enfance», soupire le plus jeune des trois, Norberto, « c’est le hurlement des stukas hurlant qui piquent sur la ville.» Et puis quand, le 26 janvier 1939, Barcelone tombe entres les blanches et catholiques mains franquistes, Ramon décide de partir pour la France. La « retirada » : cinq-cents milles hommes, femmes et enfants, affaiblis par trois ans de privations et d’espoirs déçus, franchissent les Pyrénées dans des conditions d’épouvante : dans les cols enneigés, les franquistes bombardent virilement les réfugiés sur les routes catalanes. Tiraillés (déjà) entre la crainte du déferlement des hordes révolutionnaires et l’observation du droit d’asile aux persécutés, l’accueil sera plutôt mitigé la frontière franchie … Avec Aimée, Française, les petits prennent un train pour la Normandie, tandis que Ramon est interné au camp de concentration de Rivesaltes. C’est l’hiver, le vent du Roussillon s’en souvient, du travail forcé, lui aussi, qui encore aujourd’hui, fait tournoyer gratis les grandes ailes éoliennes. Aujourd’hui, ils sont sur un banc, avec les autres vieux, sur la place du village. Les gosses courent derrière un ballon, les coulées de capucines se répandent aux fenêtres… Barbelés, baraquements, humiliation, peur, froid, faim, tristesse et mélancolie font à nouveau partie du paysage, délétères parfums du vent mauvais des années trente.

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Tout ou presque sur les champignons comestibles

1 Novembre 2015 , Rédigé par Hagaär Dünor-Toxic Avenger

S’il y a un bien truc important dans la vie, ce sont les champignons. Non, je ne parle pas des mycoses, ni des mérules dévastatrices de charpentes : je parle de ceux qu’on mange, les sauvages qu’on aura ramassés, débarrassés de leurs limaces invisibles, de leurs minuscules araignées bleues orangées sur leurs longues pattes de verre… De leurs dérisoires scolopendres encore non répertoriés la systématique. D’aucun traversent les océans dans la plupart des dimensions de l’espace, sondent les marigots délétères, vont se noircir les orteils sur les Aconcaga, alors que la nature s’étale, sous nos pieds. Ici. Il y a de tout ça dans le champignon, petites merveilles gustatives et /ou visuelle.

C’est facile, pour la nature, d’être belle. C’est comme ça depuis, pfiou ! Un paquet d’années. Si ça se trouve, c’est même un animal qui a trouvé un truc beau pour la première fois… Mouais. Déjà, un animal, c’est beau. A-t-on jamais vu une belette laide ? Un corbeau sans reflets navals, un nuage disgracieux, une étoile adipeuse ? Le champignon, dans toute son abscondité, est une splendeur. Je te le dis tout net, tel que je le pense. En tant que poète, je n’irai pas par quatre chemins : c’est beau. Tiens, prenons, le premier qui nous tombe sous la main. Sortons dans le jardin, ou allons jusqu’à la pelouse devant l’immeuble… Amis de centre-ville, fermez les yeux et contentez-vous d’imaginer… Marchez jusqu’au prochissime square. Les brins d’herbes humides d’une fin d’après-midi d’automne. Fin octobre, précisément, à la sortie de l’été indien. Oh ! Des petits champignons ! C’est quoi, papa, ça, ces champignons-là ?

Approchons-les prudemment. mon petit chapeaux crème, pralinés au centre, caramel au bord, retournez moi avec toute la délicatesse due à ma fragilité : mes lamelles bien détachées café-au-lait, ma tige de même couleurs je pousse en lignes en bosquets ou en rond sur les pelouses rases et les prés récemment broutés on me trouve même sur la place de la mairie je suis je suis je suis ? Le petit mousseron ! Oh ! un petit mousseron, comme disait mon tonton Guy qui est un grand mycologue devant l’Eternel : et hop, il le cueille il le gobe ! J’en suis resté : baba, comme disait Marguerite. Cherchez pas, il n’y pas de calembours, je déteste ça les calembours, les contrepèteries, les acrostiches et tout ce qui te fout de ta gueule avec son air de ne pas y toucher. C’est de l’humour vicié. Dans la pelouse, on trouve aussi des coprins, de deux variétés. Le noir d’encre, et son petit coprin (bon des fois on peut se laisser aller, allez…), le chevelu. Ils vont parfois ensemble. Le coprin noir d’encre est un excellent comestible, il n’y a pas plus fin plus goûtu. Mais il présente un petit inconvénient, c’est qu’il est diurétique, astringent, émétique et hallucinogène quand on le consomme avec un verre de Sancerre ou tout autre alcool, avec ou sans raisin… Mieux vaut ne manger que son cousin ébouriffé, qui doit être cueilli quand il est encore en œuf, quand il ouvre son parasol au soleil blafard de fin octobre, aussitôt il noircit et disparaît en quelques heures. J’en ai mis dans la soupe récemment, des que j’avais ramassés au bord de la route, oh putain j’ai vu surgir comme un pouce blanc d’écume sur le bas-côté, j’ai fait une embardée et je me suis garé en catastrophe à cheval sur la circulation : je suis descendu affolé de ma voiture (diesel) et ouf : ils étaient encore-là, mes petits coprins… C’est comme ça, les acharnés des champignons, ils en repèrent et ils se jettent sur leurs proies comme des morts-de-faim. Toujours à l’affût, ils scrutent les sols, l’orientation, la végétation, la météo… C’est comme ça qu’ils viennent te gober des mousserons sous le nez, alors que tu savais même pas que c’était comestible, ces petites bêtes-là. T’aurais même jamais imaginé que. Dans les herbes, on trouve aussi d’excellentes coulemelles, ou lépiotes élevées, qui montent au soleil les pieds dans l’eau jusqu’à des trente-trente-cinq centimètres. Une petite alvéole autour du pied, un large chapeau brun clair, il ne faut récolter que les champignons les plus gros, tout nanisme révélant une toxicité pas piquée des hannetons : mon cousin Patrick, qui pourtant s’y connaît en chapeaux ronds, s’est empoisonné avec des petites coulemelles, qui n’en sont pas. En français, on les appelle petites lépiotes, pour ta gouverne. Et il est bien connu que plus c’est petit, plus c’est méchant, en tout cas pour les lépiotes, c’est prouvé. On ne l’y prendra plus ( c’est ça qu’est difficile à dire dans la morale de la fable), diarrhées, maux de tête, boutons sur le cuir chevelu qu’il a luisant (c’est de famille), bref : malade à s’en foutre partout, dégueulasse. Il y a aussi les vesses-de-loup géantes, qui servent de maison aux schtroumpfs, si quelqu’un vous dit le contraire, c’est son droit mais méfiez-vous : il n’a pas l’esprit scientifique ni rationnel, c’est un faiseur-de-prendre-les-vessies-pour-des-lanternes, un politicien. Méfiez-vous : il ne sert que ses propres intérêts. Sachant qu’un schtroumpf moyen mesure onze centimètres environ, seule de la vesse-de-loup il peut faire son logis. Blanche et grosse comme un œuf de diplodocus, les schtroumpfs les plus schtroumpfs peuvent même y installer un étage. Les petits être bleus (j’en ai marre d’écrire schtroumpf) ont trouvé un moyen pour conserver la vesse-de-loup en état. Sinon, en quelques jours elle jaunit de l’intérieur et se transmue en poussière de spores ; c’est alors qu’on peut shooter dedans et disperser ses promesses aux quatre vents. Non seulement c’est rigolo, mais c’est utile. Bien vérifier la maturité du champignon, sinon on frappera dans un masse compacte de plusieurs dizaines de kilos. Comestible et même pas mauvais, d’ailleurs. Ça continuera à être rigolo, mais ça fera mal au pied. On n’a pas idée de taper dans les champignons, sacrilège ! Sauvage ! On peut encore trouver des roses des prés, agarics champêtres de leur petit nom, un gros tu le retournes lamelles vieux rose ; il est délicieux. Il n’y pas si longtemps, j’ai même croisé des psilos. Je passais devant un champ en poussant la poussette, un peu poussif, j’avais un peu poussé la veille sur le poussin, c’est la campagne, les gamins, faut que ça respire, les bonnes joues rouges sous la cagoule, après on viendra me dire que la nature n’est pas belle ! Tiens ! Un psilo (une chasse aux champignons, ça commence toujours par un « tiens ! ») ! A quoi.. trois, quatre-cents mètres de chez moi. Je n’ai plus dix-huit ans. Je ne me sens plus pour ce genre de voyage… C’est comme si je retournais à Karabane… Ça n’aurait plus la même saveur Prendre un chat qui ronronne sur les genoux, ça me suffit. Il y en avait des centaines.

Finies, les grandes ambitions !

En revanche j'ai trouvé des chanterelles

En revanche j'ai trouvé des chanterelles

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Solidarité voyageurs

26 Octobre 2015 , Rédigé par Hagaär Dünor-Toxic Avenger

« Tololong ! Tololong ! Nous informons nos aimables voyageurs que le trafic est momentanément interrompu pour une durée indéterminée en raison d’un incident de voyageur. » «Roah nan pff, encore un connard qui se jette sous le train un vendredi soir ! Merde alors ! » « Vous avez raison, il y en a qui ne pensent qu’à leur gueule et qui font chier les autres exprès ! Pourraient pas se tirer une balle dans la baignoire, hop, propre, rapide, plus qu’à emballer dans le rideau de douche ! » « En plein cœur, c’est ça qu’est le plus propre… » « Tololong ! Tololong ! Les sympathiques voyageurs sont invités à descendre sur les voies sous la conduite des agents SNCF » « Roah nan pff, il va falloir marcher sur le tarmac, en plus ! Je vais bousiller mes talons…» « Ils nous donneraient même pas une bouteille d’eau, ces rats ! » « Pensez donc, ça leur ferait trop mal de nous payer l’apéro…». On arrive sur le quai, et je suis ému par tous ces témoignages de compassion, l’expression de tant d’humanité… J’ai croché une vieille qui m’a agrippé d’autorité, en fait : « Je vous prends le bras, jeune homme, vous avez une bonne tête », qu’elle m’a dit. Des ados bouleversés sont en train de crier, de pleurer et de s’arracher les cheveux… De ce que je comprends de la rumeur, des jeunes chahutaient sur le quai du RER, et il y en a un qui est tombé alors que la rame entrait en gare. A quelques mètres, les pompiers sont en train de ramasser. Je me hausse un peu sur la pointe des pieds, et puis je me dis que ça serait pas correct… Rien que d’imaginer ce qu’ils sont en train de récolter, des frissons me courent l’échine. Mais non : les bruits disent aussi que la victime serait encore en vie. « Leurs parents ne savent plus les tenir, les jeunes d’aujourd’hui… » « Ah ça, quand il s’agit de jeux vidéos, il y a du monde, mais quand il faut se tenir derrière la ligne jaune des quais du RER, y’a plus personne ! » « Moi, je dis qu’il faudrait leur remettre le service militaire, c’est ça qui leur mettrait un peu de plomb dans la tête ! » « Comme ça, ils sauraient y faire pour mettre proprement fin à leurs jours, hu hu ! » « Hu hu ! » Les agents SNCF tentent de remettre un peu d’ordre dans la confusion. La vieille et moi, on reste ensemble. Un bus nous emporte jusqu’à Mairie d’Issy, je l’accompagne jusqu’à la Madeleine, et je pousse jusqu’à Mairie des Lilas. J’arrive pour la fin de Loh Kanta. Je m’en fous, je regarderai en Replay.

Le RER ne fonctionne plus à la vapeur

Le RER ne fonctionne plus à la vapeur

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Caramba ! Encore raté !

21 Octobre 2015 , Rédigé par Hagaär Dünor-Toxic Avenger

ma gueule de louze
ma gueule de louze

Boah putain, non, encore ! Et merde et merde et encore merde ! J’ai raté la date, ça va être mort pour ma page, j’ai encore confondu le 14, qu’était avant-hier, et le 21, qui sera bientôt… C’est pas vrai mais quel con ! Y’a vraiment des jours où je voudrais me foutre des torgnoles dans la gueule ! En plus, j’étais carrément dans le sujet, bordel de Dieu, si y’a un truc qu’est mon truc, c’est bien la louze ! J’aurais pu parler de toutes ces couilles qui me sont tombées dans le pâté… Tiens, rien que cette nuit. J’arrivais pas à dormir, à remâcher mes occasions manquées. Descendant l’escalier, je me suis dit « Le chat est malade, je vais lui laisser la porte-fenêtre entrouverte sur le jardin, s’il a envie de gerber il pourra aller faire ça dehors ». Voilà-ti pas que je glisse dans une flaque en passant près de la litière dudit félin qui avait copieusement pissé à côté. Dès que je le chasse du lit (il me gêne pour dormir), cet enculé se venge. Je prends sur moi et j’allume la lumière: il était tellement roulé en boule sur le paillasson qu’on n’aurait pas su distinguer le côté qui chie du côté qui mort. J’ai résisté à l’envie de lui zlataner les côtes, au matou, il a 18 ans, ce vieux con, il m’a suivi dans toutes mes galères, ça sera bête d’en arriver là, après avoir fait tout ça… Même si à deux heures du matin, j’aime personne, sa petite oreille qui a bougé quand je lui ai gueulé dessus m’a bien attendri… « Espèce de vieille saloperie… » Je me suis ensuite souvenu, du pourquoi que j’étais descendu en pleine nuit. C’était pas vraiment pour m’occuper du greffier, ni marcher dans sa pisse ou de nettoyer sa merde. C’était parce que j’avais besoin d’un somnifère ; ça fait des années que j’ai des insomnies : je gamberge, ça tourne, ça tourne... Du coup, mon toubib m’a donné des hypnotiques. Pourtant, ça faisait un bail que j’avais arrêté la drogue. Au moins, celle-là est remboursée par la sécu. A chaque fois, c’est le même scénario qui s’installe, je pense à tout ce que j’aurais aimé changer dans la passé. Partir autour du monde. Ne pas perdre mon temps à la fac. Ne pas prendre Amélie en autostop. Fermer la fenêtre le jour où Gribouille est tombé du sixième. Choisir d’apprendre l’espagnol plutôt que l’allemand. Casser la gueule à ce grand con de Lilian. Ne pas fumer. Découvrir le petit mot d’amour de Prune tout de suite, plutôt que des années plus tard, dans mon grand cahier à dessin, une feuille qui m’est tombée sur les genoux un jour de nostalgie… La louze.

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Déontologie bien ordonnée

30 Mai 2014 , Rédigé par Hagaär Dünor-Toxic Avenger

Entre journalistes et politiques, ça couche. Et savoir qui couche avec qui, ça nous intéresse : François Hollande et Valérie Trierweiller. Arnaud Montebourg et Audrey Pulvar. DSK et Anne Sinclair. Valérie de Senneville (Les Echos)et Michel Sapin. Vincent Peillon, et Nathalie Bensahel (du Nouvel Obs). Béatrice Schonberg et Jean-Louis Borloo… Voilà, pour quelques couples officiels, passés ou actuels. On s’en tape le coquillard, de savoir qu’ils soient ou fussent ensemble, au fond, même si notre voyeurisme aimerait en savoir plus sur le processus de séduction : il faut voir comme on se jette sur les « Voici » dans les salles d’attente des médecins !


Mais tout de même : on imagine que les conversations politiques ne s’arrêtent pas au seuil de la chambre à coucher. Une promiscuité qui pose certainement un problème d'objectivité à la journaliste, même si elle s’en défend. Mais comment expliquer une question vraiment méchante à un opposant de son conjoint ? En général ces femmes sont contraintes à se mettre en retrait du journalisme politique, mais personne ne les avait forcées, non plus.


En fait, y’a que moi qui ai pas le droit de croquer. Bon, je ne vais pas trop m’en plaindre, parce que je me verrais mal fouetter les fesses du gros maire de ma petite commune, même si je suis rémunéré. Il y en a qui aiment, mais moi, c’est pas ma came. Ça n’a pas l’air d’être son genre non plus, au maire. Quand je leur brandis mon micro sous le nez, je sens bien leurs regards lubriques, leurs haleines fétides, mais c’est pare qu’ils sortent de repas bien arrosés… Déjà que je refuse les bouteilles de cidres du paysan parce que je n’ai pas le droit aux cadeaux des interviewés, c’est pas pour aller récolter des faveurs sexuelles des élus qui espèrent que je parle d’eux en bien dans mon canard. S’ils veulent que je parle d’eux en bien, ils n’ont qu’à bien travailler pour leur communauté. Na. En plus, ma femme est très jalouse, et, dans les villages, tout se sait.


Non mais quand même, quand on veut être crédible auprès du public, il faut faire attention à son comportement. Un politicien et une journaliste qui couchent ensemble, ça fait mauvais genre. On se dit que ces deux deux-là s’entendent pour nous la faire à l’envers. En même temps, on ne peut pas faire de loi qui interdirait de telles unions. Ça ferait penser au statut des juifs sous le régime de Vichy, un peu, non ? Et puis les législateur ont plutôt tendance à s’amnistier qu’à s’amender, de toutes façons.

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Le FN enfin responsable !

22 Mai 2014 , Rédigé par Hagaär Dünor-Toxic Avenger Publié dans #LES JUSTES

 

Des Français, il y en a qui ont des problèmes, réels ou ressentis, qui ont l’impression que les responsables politiques n’arrivent pas à les aider. Alors ils ont peur. Peur du chômage, de l’avenir, de la mondialisation et surtout des bronzés. Y’a rien de mieux que de haïr les étrangers pour exorciser ses propres peurs, que de se sentir entre soi. Des Français en sont donc venus à détester l’ensemble de la classe politique, qu’ils juge incompétente.  Alors ils en viennent à voter pour le Front national, sans se souvenir des municipalités conquises par l’extrême droite dans les années 90, ressorties exsangues de l’aventure, avec un monde associatif anéanti, les livres expurgés des bibliothèques, les indésirables licenciés, les affaires de corruption. Ces Français-là ont la mémoire courte…


Pour un parti mené d’une main de fer, pas une oreille qui dépasse, avec à sa tête une clique familiale dont la fortune s’est faite sur des héritages qui ont donné lieu à plusieurs procès. Pierrette Le Pen, divorcée du vieux, parlait des millions de ces héritages bien planqués en Suisse. Oublions le soutien à Bachar El Assad, à Vladimir Poutine, à Saddam Hussein en son temps… Si le discours du front national est officiellement expurgé d’extrémisme, il pratique un autre langage en interne, toujours teinté de racisme, d'antisémitisme et de nostalgie pour le nazisme, témoin l’Internet envahi par les trolls fachos.


Revenons sur Hénin-Beaumont, où le maire Steeve Briois s’est bien implanté. Il peut remercier la gauche locale qui s’est démenée, à force de magouilles et petites trahisons entre amis, à pousser ses électeurs dans les filets du FN. Pour résoudre les problèmes économiques c’est un drôle de choix que cet épouvantail, inquiétant et isolé : qui va investir dans de ce territoire ? 


À moins d’ôter les mots « liberté, égalité, fraternité » de notre devise, le FN ne sera jamais un parti républicain, même s’il n’a rien contre les arabes ou les noirs, du moment qu’ils s’appellent Bachar el Assad ou Dieudonné M’Bala M’Bala.


On les verra à l’usage, les fascistes. Mais que ceux qui attendent de voir pour croire ne s’attendent pas à des miracles.

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Toxic avengeance

31 Décembre 2013 , Rédigé par Hagaär Dünor-Toxic Avenger Publié dans #COPAINS

Les gars, a dit le patron. Si vous mettez un bonnet rouge, je vous propose d'étudier la possibilité de régler la pointeuse à l'heure d'RTL… Et d'ajouter une tranche de mortadelle dans les sandwiches au thon à  la cantine ! Y'en a marre, j'ai trop de charges, j'ai trop de taxes, j'ai trop de frais. Et pourtant, j'ai fait des efforts : je ne vous ai jamais augmentés ! Jamais ! J'ai touché toutes les aides possibles, j'ai optimisé mes impôts au Lichtenstein, j'ai fraudé la TVA, j'ai bouffé à tous les râteliers !

Ouuuais, qu'ils ont gueulé de joie, les collègues, intérimaires comme moi. Sauf Toufik, qui n'a rien dit :  il aime pas la mortadelle va savoir pourquoi. Et moi non plus, j'ai rien dit. Non pas que j'aime pas la mortadelle : j'étais en train de nettoyer mes scies. J'étais content : c'est le trichlo, que j'utilise, pour enlever les impuretés, les bouts de gras, les tripailles, ça me mets de bonne humeur, j'ai jamais compris pourquoi !

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Aux poubelles de l'histoire

26 Décembre 2013 , Rédigé par Hagaär Dünor-Toxic Avenger Publié dans #LES JUSTES

 

"Responsable mais pas coupable" : c'est par ce genre de pirouette sémantique que la Cour Internationale de Justice (CIJ) dédouana la Serbie de sa culpabilité dans l'affaire de Srebrenica, qui fit huit mille morts et quelques quarante mille déportés en quelques semaines. La Serbie de l'époque n'a donc pas "orchestré" ce massacre, pourtant qualifié de "génocide" par cette même Cour. Un génocide, c'est un massacre orchestré en raison de l'origine ethnique d'une population, en droit international. C'est une circonstance aggravante du crime contre l'humanité. Ce qui n'est pas joli-joli, si vous voulez mon avis.

La cour parvint à ignorer la politique de Belgrade pendant le conflit en ex-Yougoslavie, ainsi que les discours de Milosevic qui promettait la purification ethnique de la "Grande Serbie". Ça en fait, des guillemets ! Et des majuscules !

Je dis que séparer la guerre nationaliste des Serbes et le massacre de Srebrenica revient à séparer les chambres à gaz de l'histoire de la seconde guerre mondiale : c'est du révisionnisme.

Ce n'est évidemment pas pour les seuls beaux yeux de la nouvelle administration yougoslave qu’a été rendu ce verdict, administration qui préfèrerait oublier ce "problème". Le génocide fut reconnue par le Tribunal Pénal International (TPI), et la Cour ne pouvait pas aller contre cette reconnaissance ; il y a donc bien eu un génocide, mais le coupable s’est fait la belle ! Peut-être a-t-on espéré que les Serbes adouciraient leur position sur le Kosovo ? Au contraire : Belgrade avait tout de même exigé de la communauté internationale qu’elle reconnût la souveraineté yougoslave sur la province. "Poignez vilain, il vous oindra. Oignez vilain, il vous poindra !"
L’avantage de ce verdict, c’est que l’affaire a été classée : plus d’investigations sur ces tragiques semaines.

Srebrenica était sous la protection de quatre-cents casques bleus Néerlandais. Ils demandèrent le soutien de l’aviation de l’OTAN, qui est une bonne grosse aviation qui aurait donné à réfléchir aux milliers de soudards qui s’apprêtaient à investir la ville. Le général Janvier, commandant Français de la force ONUsienne, refusa cet appui.
Pourquoi ?

Des notes confidentielles et des conversations secrètes ont été déterrées du bourbier secret-défense par l’association Médecins Sans Frontières (envoyez vos dons) : Chirac était en contact avec Milosevic, et avec Clinton, qui accepta de ne pas pratiquer ces frappes "inacceptables" pour le Président de la République Française -en notre nom, à nous Français, donc. Amitié séculaire, ancestrale… J’ai honte de mon pays, de sa scélératesse une fois de plus démontrée. Est-ce que François Hollande aurait agi de cette manière ?

Un peu dans la même veine, le juge Bruguière a rendu ses conclusions sur l'attentat qui coûta la vie au dictateur Rwandais Habyarimana, évènement désigné par le juge Français comme signal de départ du génocide rwandais. C'est Paul Kagamé, chef du FPR (Front Patriotique Rwandais), actuellement au pouvoir, le responsable. Et par là même et grâce à une habile interprétation, le vrai coupable du génocide. Cherchez l'erreur.
C'est à dire que Bruguière agissait sur ordre : il fallait dédouaner la France, qui a formé les génocidaires Hutus, qui les a armés et qui les a laissés faire. Souvenez-vous des images du JT montrant les troupes françaises de la force "Turquoise" accueillies en libératrices par la population rwandaise. Seulement, ce qui n'était pas précisé, c'est la composition de cette foule : c'étaient les massacreurs qui acclamaient la France, bien contents d'échapper au FPR, soutenu par les forces ougandaises, qui entraient victorieusement dans le pays. En renvoyant dos à dos le FPR et les maniaques de la machette -800 000 morts-, la France se livre au délicat exercice du négationnisme. Comme pour la Shoah, les massacreurs et leurs complices ont essayé de masquer leurs crimes dès leur perpétration - c'était la position des autorités rwandaises de l'époque. La France permis à la plupart des suspects de fuir au Congo voisin.

Une petite pelletée de terre et un dernier crachat sur la tombe des victimes du carnage. Z'avaient qu'à être moins musulmans, z'avaient qu'à mieux aimer la France !

Les tartufes de la politique se congratulent, et tout le monde est content ; une bonne chose de faite, allez hop ! Aux poubelles de l'Histoire !

Attention. Je ne dis pas que la France est coupable de génocide, ni à Srebrenica ni au Rwanda. Mais je dis qu'elle s'est fourvoyée dans ses choix d'alliances et qu'elle a manqué de discernement en s'impliquant partialement dans ces susdits conflits.

La démocratie a encore perdu des points dans ces régions, où le feu couve encore sous les cendres des victimes…

Joyeux Noël à tous

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Nacht und Nebel après l'averse

19 Décembre 2013 , Rédigé par Hagaär Dünor-Toxic Avenger Publié dans #FILE - Ô - SOPHIE !

 

Nos rêves semblent révéler nos peurs enfouies. La France a subi le joug d'un régime fasciste, d'extrême droite, raciste et xénophobe, dans les années quarante, traumatisme  pas si ancien qui hante encore l'inconscient de son peuple. Le Psikopat est allé à la rencontre de Sigmund Voltaire, explorateur intrépide de retour de voyage dans notre inconscient collectif.

 

Totoseb : "Sigmund Voltaire, vous revenez des territoires de la peur du fascisme. Comment s'est passée votre préparation ? Vous avez assisté à un match dans la tribune Boulogne ?

Sigmund Voltaire : - Absolument pas. Nous sommes allés nous imprégner des idées du Front National dans leur milieu habituel. Vers 11h, nous nous sommes installés au comptoir du Balto, sous des déguisements de Français ordinaires, que nous appelons "moyens" dans notre jargon scientifique. Il pouvait s'agir de n'importe qui : environ 25% de la population a l'intention de voter pour le parti lepéniste, d'après nos études. Nous aurions pu aussi bien arpenter le Marché aux Fleurs, la Ballade des Anglais, ou nous incruster à la pause café à l'usine : "ils" sont partout. Mais nous avons choisi un lieu propice à la diffusion des idées d'extrême droite. Nous avons participé à la conversation en alternant vins blancs sec, bières pression et petits jaunes. Après un couscous arrosé de Boulaouane, le plat préféré des Français d'après nos recherches, nous sommes allés à la sieste. Je précise que notre équipe est constituée de démocrates aguerris, pour limiter les risques de contagion. Les tests ont montré que nous faisions partie des 75% de Français qui craignent le fascisme. Le but était de nous mettre en condition pour rêver d'une France sous l'emprise de l'extrême droite. Le but n'était pas démontrer que les "solutions" du FN ne sont pas les bonnes, malgré l'impuissance apparente de la classe politique ordinaire, car tout le monde sait dans quelles catastrophes plongerait le pays si on le confiait à ces Diafoirus : ça serait achever le malade.

T. : Vous êtes donc allés à la sieste. De quelle nature fut votre cauchemar ?

S. V. : - D'abord, nous flottâmes dans une atmosphère de nuit et brouillard. Puis nous aperçûmes une femme blonde, menton en avant, qui gravissait fièrotement un escalier monumental entre deux rangs de supporters de foot, avec étendards et brassards tricolores frappé d'une flamme. Une foule en délire tendait le bras. Une écœurante odeur de cochons grillés flottait au-dessus des clameurs de la foule. Des monceaux de livres étaient la proie des flammes. Les indésirables décharnés agonisaient derrière des barbelés ; en haut des marches un gouvernement attendait la chef : Roucas à l'Education Nazionale, M'Bala M'Bala aux Affaires Juives et Etrangères, Delon à la Kulture, Bardot à l'Environnement et Bacs à Fleurs… Quand des sbires nous ont poursuivis avec des tenailles, nous nous sommes enfuis en courant, mais nos Mouvements étaient lents, et dérisoires. C'est à ce moment que nous nous sommes réveillés en sursaut, et en sueur.

T. : Heureusement, ceci n'était qu'un cauchemar. Que pensez-vous qu'il faille faire contre la montée du Front National d'extrême droite ?

S. V. : - Je vous remercie de rappeler que le premier mouvement a avoir porté ce nom, désormais usurpé, était une organisation de résistants communistes antinazis, justement. Quoi faire ? Brailler "F comme fascistes, N comme Nazis" ne semble pas efficace. L'enseignement depuis la maternelle, de la Shoa, mais aussi des aventures de Mussolini, Franco… pourrait porter ses fruits. Et puis interdire la propagande du "Tous pourris" à la télé. Mais ce qui semblait inconcevable il y a quinze ans paraît se rapprocher inexorablement. Je ne veux pas vous faire peur, mais il va falloir relire Madeleine Chapsal pour savoir comment s'organiser. Il va y avoir du chômage dans une certaine presse ; vous feriez bien de vous recycler dans les mots fléchés, dans les horoscopes ou les recettes de cuisines.

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"Le triomphe de la cupidité"

12 Décembre 2013 , Rédigé par Hagaär Dünor-Toxic Avenger Publié dans #Deep ecology

La crise de la dette... L'Europe et les USA ont donné environ un quart de leur PIB aux banques : trop aimables ! Messieurs les banquiers sont sans pitié avec les faibles. Les hedges funds attaquent l'euro (c'est pas si mauvais de le faire baisser, c'est bon pour nos exportations). Et les agences de notation notent mal les pays, leur font la leçon ! Mais d'où ils sortent, ces guignols experts auto-proclamés ? Je te nationaliserais tout ça, moi ! Un salaire (normal) fixe pour les traders, un (gros) impôt sur les bénéfices financiers, l'interdiction du secret bancaire, et puis encore, je suis gentil : on les exemptera des crocs de boucher, c'est pas notre genre.

Mais non, ne paniquez pas, et enlevez donc cette bouée : les grandes banques françaises sont solides. La main invisible du marché va tout arranger... Quand elle aura fini de se gratter les couilles en or ! Depuis novembre 1989, ils nous serinent que c'est la fin de l'histoire et des idéologies, alors que la chute du mur de Berlin n'était que le signe de la fin des dictatures soi-disant communistes… S'il fallait bien se réjouir des avancées de la liberté, ce n'était pas la fin des droits sociaux acquis par la lutte des générations précédentes. Les banquiers, ce qu'ils voulaient, ce n'était pas forcément la fin de ces dictatures (ils s'accommodent très bien des dictatures), c'était la fin de la régulation et des droits du travail : c'était une occasion pour programmer la fin des contrats de travail, c'était l'ouverture des marchés internationaux, la fin des entraves à la liberté d'entreprendre…

C'est vers ceci qu'ils tendent, les banquiers, à supprimer tout ce qui pourrait leur rogner un peu de leurs marges immenses, de leurs pouvoir sans limites. Seulement, leur idéologie à eux est submergée par la crise financière. Le danger, étant que, comme d'habitude, c'est nous, les petits, qu'ils désignent comme responsables. Il faut accélérer les réformes, nationaliser leurs pertes, en attendant de re-privatiser quand les banques re-gagneront de l'argent... Ce qu'ils aimeraient, c'est que nous soyons tous des ouvriers chinois, 75 heures par semaine à 20 yuans de l'heure, et pas de syndicats ! Ça vous troue pas le cul, à vous, de voir qu'on pleure les douze milliards de déficit de la sécu depuis des années pendant que quelques minutes de crise spéculative ont suffi à débloquer des milliers de milliards ? ELLE EST OÚ, LA JUSTICE ?

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